SUR LE RESPECT DANS LES TEMPLES
L'univers entier est un temple que Dieu remplit de sa gloire et de sa présence. Quelque part que nous soyons, dit l'Apôtre, il est toujours prés de nous ; nous vivons en lui , nous agissons en lui , nous sommes en lui. Si nous nous élevons dans les cieux , il y est ; si nous creusons dans les abîmes, nous l'y trouverons ; si nous montons sur les ailes des vents, et que nous traversions les mers, c'est sa main qui nous guide; et il est le Dieu dos îles éloignées où l'on ne le connaît pas, comme des royauaies et des régions qui l'invoquent.
A la naissance de l'Évangile , les maisons des fidèles furent d'abord des églises domestiques. La cruauté des tyrans obligeait ces premiers disciples de la foi h chercher des lieux obscurs et cachés , pour se dérober à la fureur des persécutions , y célébrer les saints mystères , et invoquer le nom du Seigneur. La majesté des cérémonies n'entra dans l'Église qu'avec celle des Césars : la religion eut ses David et ses Salomon , qui rougirent d'habiter des palais superbes , tandis que le Seigneur n'avait pas où reposer sa télé : de somptueux édifices s'élevèrent peu à peu dans nos villes : le Dieu du ciel et de la terre rentra , si je l'ose dire , dans ses droits ; et les temples mêmes où le démon avait été si longtemps invoqué , lui furent rendus comme à leur légitime maitre , consacres à son culte, et devinrent sa demeure.
En effet , mes frères , la sainteté de Dieu répandue dans tout l'univers , est un des plus grands motifs que la religion nous propose , pour nous porter à marcher partout devant lui dans la pureté et dans l'innocence. Comme toutes les créatures sont sanctifiées par la résidence intime de la Divinité qui habite en elles , et que tous les lieux sont pleins de sa gloire et de son immensité, les divines Écritures nous avertissent sans cesse de respecter partout la présence de Dieu , qui nous voit et qui nous regarde ; de n'offrir partout a ses yeux rien qui puisse blesser la sainteté de ses regards ; et de ne pas souiller, par nos crimes , la terre qui tout entière est son temple et la demeure de sa gloire. Le pécheur qui porte une conscience impure est donc une espèce de profanateur, indigne de vivre sur lu terre ; parce qu'il déshonore partout , par l'état seul de son cœur con-ompu , la présence du Dieu saint
qui est sans cesse près do lui, et qu'il profane tous les lieux où il porte ses crimes , parce qu'ils sont tous sanctifiés par l'immensitc du Dieu qui les remplit et qui les consacre.
Mais si la présence de Dieu répandue sur toute la terre , est une raison qui nous oblige de paraître partout purs et sans tache à ses yeux , sans doute les lieux qui dans cet univers lui sont particulièrement consacrés , nos temples saints , où la Divinité elle-même réside corporellement, pour ainsi dire, demandent à plus forte raison que nous y paraissions purs et sans tache , de peur de déshonorer la sainteté de Dieu qui les remplit et qui les habite.
Aussi , mes frères , lorsque le Seigneur eut permis à Salomon d'élever à sa gloire ce temple si fameux par sa magnificence, et si vénérable par l'éclat de son culte et la majesté de ses cérémonies, que de précautions sévères ne prit-il pas, de peur que les hommes n'abusassent de la bonté qu'il avait de se choisir une demeure spéciale au milieu d'eux , et qu'ils n'osassent y paraître en sa présence couverts de taches et de souillures? que de barrières ne mit-il point encore entre lui et l'homme , pour ainsi dire? Et en s'approchant de nous , quel intervalle sa sainteté ne laissa-t-clle point entre le lieu qu'elle remplissait de sa présence , et les vœux des peuples qui venaient l'invoquer?
Oui , mes frères , écoutez-le. Dans l'enceinte de ce vaste édifice que Salomon consacra à la majesté du Dieu de ses pères , le Seigneur ne choisit pour sa demeure que le lieu le plus reculé et le plus inaccessible; c'était là le Saint des saints , c'est-îi-dire le seul lieu de ce temple immense qu'on regardât comme la demeure et lo temple du Seigneur sur la terre. Et encore que de précautions terribles en défendaient l'entrée! Une enceinte extérieure et fdi't éloignée l'environnait; et là seulement les gentils et les étrangers qui voulaient s'instruire de la loi pouvaient aborder. Secondement , une autre enceinte encore fort éloignée le cachait encore ; et là les seuls Israélites avaient droit d'entrer : encore fallait-il qu'ils ne fussent souillés d'aucune tache , et qu'ils eussent pris soin de se purifier par la vertu des jeûnes et des ablutions prescrites, avant que d'oser approcher d'un lieu si loin encore du Saint des saints. Troisièmement, une autre enceinte plus avancée le séparait encore du reste du temple; et là les seuls prêtres entraient chaque jour pour offrir des sacrifices, et renouveler les
pains sacrés exposés sur l'autel. Tout autre Israélite qui eut osé on approcher, la loi voulait qu'on le lapidât comme un profanateur et un sacrilège ; et un roi même d'Israël , le téméraire Ozias, qui crut pouvoir, à la faveur de sa dignité royale , y venir offrir de l'encens, fut à l'instant couvert de lèpre, dégradé de sa royauté , et sépare pour le reste de ses jours de toute société et de tout commerce avec les hommes. Enfin , après tant de barrières et de séparations , se présentait le Saint des saints ; ce lieu si terrible et si caché, couvert d'un voile impénétrable , inaccessible à tout mortel , à tout juste, à tout prophète, à tout ministre même du Seigneur, excepté au seul souverain pontife ; encore n'avait-ii droit de s'y présenter qu'une fois dans l'année, après mille pré cautions sévères et religieuses, et portant dans ses mains le sang de la victime, qui seule lui ouvrait les portes de ce lieu sacré.
Et cependant, que renfermait ce Saint des saints, ce lieu si formidable et si inaccessible .' les tables de la loi , la manne , la verge d'Aaron , des figures vides, et les ombres de l'avenir. Le Dieu saint lui-même, qui y rendait quelquefois ses oracles, n'y résidait pas encore comme dans le sanctuaire des chrétiens, dont les portes s'ouvrent indifféremment à tout fidèle.
Or, mes frères , si la bonté de Dieu , dans une loi d'amour et de grâce, n'a plus misées barrières terribles entre lui et nous; s'il a détruit ce mur de séparation qui l'éloignait si fort de l'homme, et permis à tout fidèle d'approcher du Saint des saints, où il habite maintenant lui-même, ce n'est pas que sa sainteté exige moins de pureté et d'innocence de ceux qui viennent se présenter devant lui. Son dessein a été seulement de nous rendre plus purs, plus saints et plus fidèles , et de nous faire sentir quelle doit être la sainteté du chrétien, puisqu'il est obligé de soutenir tous les jours, au pied de l'autel et du sanctuaire terrible , la présence du Dieu qu'il invoque et qu'il adore.
Et voilà pourquoi un apôtre appelle tous les chrétiens une nation sainte, Gens sancta (I Petr. Il , 9) , parce qu'ils ont tous droit de venir se présenter à l'autel saint : une race choisie , parce qu'ils sont tous séparés du monde et de tout usage profane , consacrés au Seigneur, et uniquement destinés à son culte et à son service, genus electum (ibid. ) ; et enfin , un sacerdoce royal , parce qu'ils participent tous en un sens au sacerdoce de son fils , le grand
prcHre île la loi nouvelle ; et que le privilège accordé autrefois au seul souverain pontife, d'entrer dans le Saint des saints, est devenu comme le droit commun et journalier de chaque fidèle , rcgab sacerdotiiiin.{\b[(\. )
C'est donc la sainteté seule de notre baptême et de notre consécration qui nous ouvre ces portes sacrées. Si nous sommes des chrétiens impurs , nous sommes en quelque sorte déchus de ce droit ; nous n'avons plus de part à l'autel ; noift ne sommes plus dignes de l'assemblée des saints, elle temple de Dieu n'est plus pour nous.
Nos temples , mes frères , ne devraient donc être que la maison des justes : tout ce qui s'y passe suppose la justice et la sainteté dans les spectateurs ; les mystères que nous y célébrons sont des mystères saints et redoutables , et qui demandent des yeux purs; l'hostie qu'on y offre est la réconciliation des pénitents, ou le pain des forts et des parfaits; les cantiques sacrés qu'on y entend sont les gémissements d'un cœur touché, ou les soupirs d'une âme chaste et fidèle. Et voilà pourquoi l'Église prend soin de purifier même tout ce qui doit paraître sur l'autel : elle consacre par des paroles de bénédiction les pierres mêmes de ces édifices saints, comme pour les rendre dignes de soutenir la présence etles regards du Dieu qui les habite : elle expose aux portes de nos temples une eau sanctifiée par ses prières, et recommande aux fidèles d'en répandre sur leurs têtes avant d'entrer dans ce lieu saint , comme pour achever de les purifier de quelques légères souillures qui pourraient leur rester encore, de peur que la sainteté du Dieu devant qui ils viennent paraître n'en soit blessée.
Autrefois même , l'Église n'accordait point dans l'enceinte de ses murs sacrés des tombeaux aux corps des fidèles; elle ne recevait point dans ce lieu saint les dépouilles de leur mortalité : les seuls restes précieux des martyrs avaient droit d'y être placés : et elle ne croyait pas que le temple de Dieu , que ce nouveau ciel qu'il remplit de sa présence et de sa gloire , dût servir d'asile aux cendres de ceux qu'elle ne comptait pas encore au nombre des bienheureux.
Les pénitents publics eux-mêmes étaient exclus durant longtemps de l'assistance aux saints mystères. Prosternés aux portos du temple, couverts de cendre et de ciliée, l'assemblée même
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des fidèles leur était d'abord interdite comme à des anathèmes ; ce n'étaient que leurs larmes et leurs macérations , qui leur ouvraient enfin ces portes sacrées. Aussi , quelle joie , lorsqu'après avoir longtemps gémi et demandé leur réconciliation, ils se retrouvaient dans le temple, parmi leurs frères; ils revoyaient ces autels, ce sanctuaire , ces mémoires des martyrs, ces ministres occupés avec tant de recueillement aux mystères redoutables ; ils entendaient leursjioms prononcés à l'autel avec ceux des litlèles , et chantaient avec eux des hymnes et des cantiques ! Quelles larmes de joie et de religion ne répandaient-ils pas alors ! quel regret de s'être privés si longtemps d'une si douce consolation ! Un seul jour, ô mon Dieu , passé dans votre maison sainte , s'écriaientils sans doute avec le Prophète, console plus le cœur, que des années entières passées dans les plaisirs et dans les tentes des pécheurs ! Tels étaient autrefois les temples des chrétiens. Loin de ces murs sacrés , disaitalors à haute voix le ministre , du haut de j'autel , à toute l'assemblée des fidèles , loin de ces murs sacrés , les immondes , les impurs , les sectateurs des démons , les adorateurs des idoles , les âmes cent fois revenues à leur vomissement , les partisans du mensonge et de la vanité : Foris ranes, et venifici, et Unpudici , et homicidœ , etidoUs scrvicntcs , et omnis qui amat et facit mendacium. (Apoc, xxil, 15. )
L'Église, il est vrai, ne fait plus ce discernement sévère. La multitude des fidèles et la dépravation des mœurs l'aj^ant rendu impossible , elle ouvre indifféremment les portes de nos temples aux justes et aux pécheurs : elle tire le voile de son sanctuaire devant même des yeux profanes; et ses ministres n'attendent plus que les pécheurs et les immondes soient sortis, pour commencer les mystères redoutables. Mais l'Église suppose que si vous n'êtes pas juste en venant ici paraître devant la majesté d'un Dieu saint, vous y portez du moins des désirs de justice et de pénitence : elle suppose que si vous n'êtes pas encore tout à tait purifié de vos crimes, vous en êtes du moins touché ; que vous venez en sémir au pied des autels ; et que votre confusion , et le regret sincèr'^ de vos fautes, vont commencer ici votre justification et votre innocence.
Dieu est esprit et vérité ; et c'est en esprit et en vérité qu'il veut principalement qu'on l'honore. Cette disposition d'anéantissement
profond , que nous lui devons dans nos temples , ne consisle donc pas seulement dans la posture extérieure de nos corps; elle renferme encore , comme celle des bienheureux dans le ciel , un esprit d'adoratiou , de louange , de prière , d'action de grâces : Be- 7iccUctio , et claritas, et gratiarum actio (Apoc, vu, 12); et c'est là cet esprit de religion et d'anéantissement que Dieu demande de nous dans le temple saint, semblable à celui des bienheureux dans le temple céleste : Et ceciderunt in cons2)ectu throni in faciès suas. (Ibid.)
Je dis un esprit d'adoration; car comme c'est ici où Dieu raanifesle ses merveilles et sa grandeur suprême , et où il descend du ciel pour recevoir nos hommages , le premier sentiment qui doit se former en nous, lorsque nous entrons dans ce lieu saint , est un sentiment de terreur, de silence et de recueillement profond, d'anéantissement intérieur à la vue do la majesté du Très-Haut , et de notre propre bassesse; n'être occupés que du Dieu qui se montre à nous ; sentir tout le poids de sa gloire et de sa présence ; recueillir toute notre attention, toutes nos pensées, tous nos désirs, toute notre àme pour en faire hommage, et la mettre tout entière aux pieds du Dieu que nous adorons; oublier toutes les grandeurs de la terre ; ne voir plus que lui, n'être occupés que de lui, ne reconnailre plus rien de grand que lui ; et, par notre profond anéantissement, avouer, comme les bienheureux dans le ciel, que lui seul est puissant, seul immortel, seul grand, seul digne de tout notre amour et de nos hommages.
Mais , hélas ! mes frères , où sont dans nos temples ces âmes respectueuses, qui, saisies d'une sainte terreur à la vue de ces lieux sacrés, sentent tout le poids de la majesté du Dieu qui les habite, et ne trouvent point d'autre situation , pour soutenir l'éclat de sa présence, que l'immobilité d'un corps anéanti, et la profonde religion d'une àme qui adore ? Où sont ceux que la gi'andeur de Dieu toute seule occupe, et qui perdent ici de vue toutes celles de la terre i* Disons-le hardiment devant un roi dont le profond respect au pied des autels honore la religion : on vient dans ce temple saint, non pas honorer le Dieu qui l'habite, mais s'honorer souvent soi-même d'un vain extérieur de piété , et le faire servir à des vues et à des intérêts que la piété sincère condamne : on vient fléchir le genou , comme Naaman le fléchissait devant
l'aulcl profane , pour s'atlircr les regards et suivre l'exemple du prince qui adore : on vient y chercher un autre Dieu que celui qui parait sur nos autels; y faire sa cour à un autre maître qu'au Maître suprême ; y chercher d'autres grâces que les grâces du ciel ; et s'y attirer les regards d'un autre rémunérateur que du Rémunérateur immortel. Au milieu même d'une foule d'adorateurs , il est dans son temple un Dieu inconnu , comme il était autrefois au milieu d'Athènes la païenne. Tous les regards sont ici pour le prince , qui n'en a lui-même que pour Dieu : tous les vœux s'alivessent à lui ; et son profond anéantissement au pied des autels, loin de nous apprendre à respecter ici le Seigneur devant lequel un grand roi lui-niome, qui porte pour ainsi dire l'univers , courbe sa tète, et oublie toute sa grandeur, nous apprend seulement a nous servir de sa religion, et des faveurs dont il honore la vertu, pour en emprunter les apparences, et nous élever par là à de nouveaux degrés de grandeur sur la terre. 0 mor>Dicu ! n'est-ce pas la ce que vous annonciez à vos disciples , que viendraient des temps où la foi serait étemte , ou la piété deviendrait un trafic honteux, et où les hommes, vivant sans Dieu sur la terre, ne vous connaîtraient plus que pour vous faire servir à leurs cupi» dites injustes?
Cette disposition d'anéantissement renferme encore un esprit de prière : car plus nous sommes frappés ici de la grandeur et de la puissance du Dieu que nous adorons, plus nos besoins infinis nous avertissent de recourir à lui, de qui seul nouspou\tons en obtenir la délivrance et le remède. Aussi le temple est la maison de prière où chacun doit venir exposer au Seigneur ses plus secrètes misères; où on l'apaise sur les calamités publiques par des vœux communs; où les ministres assemblés lèvent les mains pour les péchés du peuple; et où les yeux du Seigneur sont toujours ouverts à nos besoins , et ses oreilles attentives à nos cris.
Ce n'est pas qu'on ne puisse le prier en tout lieu , comme dit l'Apôtre ; mais le temple est l'endroit où il se rend le plus propice, et où il nous a promis d'être toujours présent , pour exaucer nos vœux et recevoir nos hommages. Oui, mes frères, c'est ici où nous devons venir gémir avec l'Égiise sur les scandales qui l'affligent , sur les divisions qui la déchirenf, sur les périls qui l'environnent, sur rondurcissemeiil des pécheurs, sur le refroidissement de ia
charité parmi les fidèles : nous y venons solliciter avec elle les miséricordes du Seigneur sur son peuple, sa protection sur celte monarchie où le titre auguste de la foi honore ses souverains , et sur le prince qui en est et 1& protecteur et le modèle ; lui demander la cessation des guerres et des fléaux publics , l'extinction des schismes et des erreurs , la connaissance et l'amour de la justice et de la vérité, pour les pécheurs; la persévérance, pour les justes. Vous devez donc y venir avec un esprit attentif et recueilli, un cœur préparé , et qui n'offre rien aux yeux de Dieu qui puisse éloigner les grâces que l'Église sollicite pour vous; et y paraître avec un extérieur de suppliant , et dont le seul spectacle prie et adore.
Cependant , mes frères , tandis que les ministres autour de l'autel lèvent ici les mains pour vous; qu'ils demandent la prospérité de vos maisons , l'abondance de vos campagnes , le succès de nos armes, la conservation de vos proches et de vos enfants, qui s'exposent pour le salut de l'État , la fin des guerres , des dissensions, et de tous les malheurs qui nous affligent; qu'ils demandent les remèdes de vos chutes, et les secours de votre faiblesse ; tandis qu'ils parlent au Dieu saint en votre faveur, vous ne daignez pas même accompagner leurs prières de votre attention et de votre respect. Vous déshonorez la sainte gravité des gémissements de l'Église par un esprit de dissipation, et par des indécences qui conviendraient à peine à ces lieux criminels où vous entendez des chants profanes; et toute la différence que vous y faites, c'est qu'une harmonie lascive vous a])plique et vous touche , et qu'ici vous souffrez impatiemment la sainte harmonie dos cantiques divins; et qu'il faut, pour vous y rendre attentifs, employer les mêmes agréments , et souvent les mêmes bouches , qui corrompent tous les jours les cœurs sur des théâtres impurs et lascifs.
Aussi , mes frères , au lieu que les prières publiques devraient arrêter le bras du Seigneur, depuis longtemps levé sur nos télés ; au lieu que les supplications demandées par le prince, et ordonnées par les pasteurs, et qui retentissent de toutes parts dans nos temples , devraient , comme autrefois , suspendre les fléaux du ciel , nous ramener des jours sereins et tranquilles, réconcilier les peuples et les rois , et faire descendre la paix du ciel sur la terre : hélas! les jours mauvais durent encore ; les temps de trouble, de
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deuil et de désolation ne finissent pas; la guerre et la fureur semblent avoir établi pour toujours leur demeure parmi les bommes ; l'épouse désolée redemande son époux ; le père aftligé attend en vain son enfant ; le frère est séparé de son frère ; nos succès mêmes répandent le deuil parmi nous; et nous sommes obligés de pleurer nos propres victoires. D'où vient cela, mes frères? ab 1 c'est que les prières de l'Église , les seules sources des grâces (jue Dieu répand sur les royaumes et sur les empires , ne sont plus écoutées ; et que vous forcez le Seigneur d'en détourner ses oreilles et ses yeux , par les irrévérences dont vous les accompagnez , et qui les rendent inutiles à la terre.
Mais non-seulement, mes frères, vous devez paraître ici comme des suppliants et dans un esprit de prière , puisque c'est ici où le Seigneur répand ses faveurs et ses grâces ; comme c'est encore jci où tout vous renouvelle le souvenir de celles que vous avez reçues , vous devez encore y porter un esprit de reconnaissance et d'action de grâces , puisque, de quelque côté que vous jetiez les yeux , tout vous y rappelle le souvenir des bienfaits de Dieu , et le spectacle de ses miséricordes éternelles sur votre âme.
Et premièrement , c'est ici où , dans le sacrement qui nous régénère, vous êtes devenus fidèles : c'est ici où la bonté de Dieu , en vous associant par le baptême à l'espérance de Jésus-Christ, vous a discernés de tant de barbares qui ne le connaissent pas ; de tant d'hérétiques qui, le connaissant, ne le gloritîent pas comme il faut : c'est ici où vous avez engagé votre foi au Seigneur ; ou y conserve encore sous l'autel vos promesses écrites. Ici, mon cher auditeur, est le livre de l'alliance que vous avez contractée avec le Dieu de vos pères : vous ne devez donc plus y paraître que pour ratifier les engagements de votre baptême , et pour remercier le Seigneur du bienfait inestimable qui vous a associé à son peuple , et honoré du nom de chrétien : vous devez conserver une tendresse et un respect d'enfant pour le sein heureux où vous êtes né en Jésus-Christ ; et la gloire de cette maison doit être la vôtre.
Ce n'est pas tout. C'est dans ce lieu saint, en second lieu, où sont élevés de toutes parts des tribunaux de réconciliation et de miséricorde , où vous avez mis si souvent le dépôt honteux de tant d'infidélités dont vous avez souillé la grâce de votre baptême, et baissé humblement la tête sous la main sacrée qui vous a jus-
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tific par la vertu du saint ministère. C'est ici où Jésus-Ciirist vous a (lit mille fois, par la bouche de ses ministres : Mon fils , vos péchés vous sont remis; allez , et ne péchez plus désormais, de peur qu'il ne vous arrive pis. C'est ici où, fondant en larmes , vous lui avez dit si souvent : Mon père, j'ai péché contre le ciel et devant vous. Or, mes frères , là même où vous avez trouvé tant de fois la grâce du pardon , non-seulement vous oubliez le bienfait, mais vous venez y recommencer de nouvelles offenses : là même où vous avez détesté tant de regards funestes à votre innocence, vous venez .les renouveler : là même enfin , où vous avez paru tant de fois pénitent , vous paraissez encore mondain et profane. Ah ! loin d'y venir relire sur ces tribunaux sacrés les désordres de votre vie , loin d'y venir renouveler à leur aspect ces promesses de pénitence, ces sentiments de componction , ces mouvements de honle et de confusion dont ils ont été si souvent dépositaires ; vous y venez la tête levée , les yeux errants çà et là , pleins peut-être de crime et d'adultère, comme parle un apôtre, renouveler en leur présence les mêmes inlidélités que vos larmes y avaient expiées , et les rendre spectateurs publics des mêmes prévarications, dont ils avaient été les confidents secrets et les heureux remèdes !
Que dirai-je encore , mes frères? Le temple est, en troisième lieu , la maison de la doctrine et de la vérité ; et c'est ici où , par la bouche des pasteurs, l'Église vous annonce les maximes du salut , et les mystères du royaume des cieux , cachés à tant de nations infidèles : nouveau motif de reconnaissance pour vous. Mais, hélas ! c'est plutôt un nouveau sujet de condamnation : et ici même, où du haut de ces chaires chréliennes nous vous disons tous les jours, de la part de Jésus-Christ, que les impurs ne posséderont pas le royaume de Dieu, vous y venez former des désiis profanes ; ici même, où l'on vous avertit que vous rendrez compte d'une parole oiseuse , vous vous en permettez de criminelles ; ici enfin, où nous vous annonçons que malheur à celui qui scandalise, vous y devenez vous mêmes une pierre d'achoppement et de scandale. Aussi , mes frères , pourquoi croyez-vous que la parole de l'Evangile , que nous prêchons aux princes et aux grands de la terre, ne soit plus qu'un airain sonnant, et que notre ministère soit presque devenu inutile ? Il se peut faire que nos faiblesses se-
crêtes me Uenl obstacle au fruit et au progrès de l'Évangile, et que Dieu ne bénisse pas un ministère, dont les ministres ne sont pas agréables à ses yeux; mais outre cette raison bumiiianle pour nous , et que nous ne pouvons pourtant ni vous dissimuler, ni nous dissimulera nous-mêmes, c'est sans doute la profanation des temples , et la manière indécente et peu respectueuse dont vous vous y assemblez pour nous écouter, (jui achève d'oter sa force et sa vertu à la parole dont nous sommes les ministres. Le Seigneur, éloigné de ce lieu saint par vos profanations , n'y donne plus l'accroissement à nos travaux , et n'y répand plus les grâces qui seules font fructitier sa doctrine et sa parole : il ne regarde plus ces assemblées , autrefois saintes , que comme une assemblée de niondaii.s, de voluptueux, d'ambitieux, de profanateurs. Et comment voulez-vous qu'il n'en détourne pas ses regards, et que la parole de son Évangile y fructilic.^ Réconciliez premièrement avec lui par vos hommages, par votre recueillement et votre piélé , ces maisons de vérité et de doctrine : alors il suppléera même à nos défauts; il ouvrira vos cœurs à nos instructions, et sa parole ne retournera pas à lui vide.
Et certes, mes frères , que servent les dédicaces des temples , et les prières si solennelles que l'Église emploie pour les consacrei-, si vous les profanez tous les jours en y assistant , et si vous efface/, de ces murs ces caractères de sainteté et de grâce que les bénédictions du pontife y avaient laissés , et qui attiraient sur les assistants les regards propices du Dieu qu'on y invoque ?
Mais enfin , un dernier motif qui rend encore vos irrévérences plus criminelles et plus honteuses à la religion , c'est dans le temple , où vous venez offrir, en un sens avec le prêtre , le sacrifice redoutable , renouveler l'oblation de la croix , et présenter à Dieu le sang de son lils comme le prix de vos péchés. Or, mes fi ères , pendant que des mystères si augustes se célèbrent; durant ces moments redoutables où le ciel s'ouvre sur nos autels; dans un temps où se traite l'affaire de votre salut entre Jésus-Christ et son Père; pendant que le sang de l'Agneau coule sur l'autel pour vous laver de vos souillures ; que les anges du ciel tremblent et adorent; (jue la gravité des ministres , la majesté des cérémonies , la piété même des vrais fidèles , que tout inspire la terreur, la reconnaissance et le respect , à peine (léchissez-vous le genou ; à peine re-
gardez-vous l'autel saint , où des mystères si heureux pour vous so consomment : vous n'êtes même dans le temple qu'avec contrainte; vous mesurez la durée et la langueur du sacritice salutaire; vous comptez les moments d'un temps si précieux à la terre , et si plein de merveilles et de grâces pour les hommes. Vous qui êtes si embarrassé de votre temjjs, qui le perdez en une inutilité continuelle , et qui ne savez presque quel usage en faire , vous vous plaignez de la sainte gravité du ministre , et de la circonspection avec laquelle il traite les choses saintes? Eh ! vous exigez que vos esclaves vous servent avec tant de respect et de précaution : et vous voudriez qu'un prêtre revêtu de toute sa dignité , qu'un prêtre représentant Jésus-Christ, et faisant sonofticede médiateur et de pontife auprès de son Père , traitât les mystères saints avec précipitation, et déshonorât la présencedu Dieu qu'il sert et qu'il immole, par une célérité scandaleuse ? Dans quel temps, ô mon Dieu , sommes-nous venus ! et fallait-il s'attendre que vos bienfaits les plus précieux, les plus signalés, deviendraient à charge aux chrétiens de nos siècles !
Hélas! les premiers fidèles , qui, aux indifférentes heures de la journée, s'assemblaient dans le temple saint sous les yc«x du pasteur, pour y célébrer les louanges du Seigneur dans dos hymnes et des cantiques, et qui ne sortaient presque pas de ces demeures sacrées, ne s'en éloignaient qu'à regret, pour vaquer aux affaires du siècle et aux devoirs de leur état. Qu'il était beau , mes frères, de voir dans ce temps heureux l'assemblée sainte des fidèles dans la maison de prière, chacun à la place qui convenait à son état; d'un côté, les solitaires , les saints confesseurs , les simples fidèles ; de l'autre , les vierges , les veuves , les femmes engagées sous le joug du mariage ; tous attentifs aux mystères saints , tous voyant couler avec des larmes de joie et de religion , sur l'autel , le sang de l'Agneau encore fumant , pour ainsi dire , et depuis peu crucilié à leurs yeux; priant pour les princes, pour les césars, pour leurs persécuteurs, pour leurs frères; s'entr'exhortant au martyre, goûtant la consolation des divines Écritures expliquées par leurs saints pasteurs , et retraçant dans l'Église de la terre, la joie , la paix , l'innocence , et le profond recueillement de l'Église du ciel 1 (|uc les tentes de Jacob étaient alors belles et éclatantes , quoique l'Église fut encore dans l'oppression et dans l'obscurité; cl que
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les ennemis de la foi , les propliètcs mêmes des idoles , en voyant leur bel ordre, leur innocence et leur majesté, avaient de peine à leur refuser leur admiration et leurs hommages! Hélas! et aujourd'hui les moments rapides que vous consacrez ici à la religion, et qui devraient sanctifier le reste de vos jours , en deviennent souvent eux-mêmes les plus grands crimes.
Enfin, mes frcres,à toutes ces dispositions intérieures de prière, d'adoration, de reconnaissance, que la sainteté de nos temples exige de vous , il faut encore ajouter la modestie extérieure , et la décence des ornements et des parures; dernière disposition des bienheureux dans le temple céleste : Amicli stolis albis ( Apoc, vu, 9) ; mais je n'en dis qu'un mot.
Et en effet , faudrait-il même que nous fussions obligés de vous instruire là-dessus , femmes du monde ? car c'est vous principalement que cet endroit de mon discours regarde. A quoi bon tout cet appareil , je ne dis pas seulement de faste et de vanité , mais d'immodestie et d'impudence , avec lequel vous venez paraître dans cette maison de larmes et de prières? Venez-vous y disputer à Jésus-Christ les regards et les hommages de ceux qui l'adorent ? Venez-vous insulter aux mystères qui opèrent le salut des fidèles , en cherchant h corrompre leur cœur au pied même des autels où ces mystères s'offrent pour eux ? Voulez-vous qu'il n'y ait pas un lieu sur la terre, le temple même , l'asile de là religion et de la piété, où l'innocence puisse être a couvert de vos nudités profanes et lascives? Le monde ne vous fournit-il pas assez de théâtres impurs , assez d'assemblées de plaisirs, où vous pouvez faire gloire d'être une pierre de scandale à vos frères? Vos maisons mêmes , ouvertes à la dissipation et à la joie , ne suffisent-elles pas pour vous y montrer avec une indécence qui n'aurait convenu autrefois qu'à des maisons de crime et de débauche ; et qui fait que, ne vous respectant pas vous-mêmes, on perd pour vous ce respect dont la politesse de la nation a toujours été si jalouse , parce que la pudeur seule est estiniable? Numquid domos non liabetis ud mandnrandum et bibendum? ( i CoR., xi, 22), comme le reprochait autrefois saint Paul aux fidèles. Faut-il que le temple saint soit encore souillé par vos immodesties ? Ah ! quand vous paraissez dans les palais où le souverain se trouve , vous marquez, par la dignité et par la décence d'un habilleraent grave et sérieux, le respect
que vous devez à la majesté de sa présence ; et devant le souverain du ciel et de la terre , vous venez paraître sans précaution , sans décence, sans pudeur ; et vous portez sous ses yeux une effronterie qui blesse même des yeux sages et raisonnables ! Vous venez troubler l'attention des fidèles qui avaient cru trouver ici un lieu de paix et do silence , et un asile contre tous les objets de la vanité , troubler même le profond recueillement et la sainte gravité des ministres appliqués autour de l'autel , et blesser, par l'indécence de vos parures , la pureté de leurs regards attentifs aux choses saintes.
Aussi l'Apôtre voulait que les femmes chrétiennes fussent couvertes d'un voile dans le temple , à cause des anges , c'est-à-dire des prêtres qui y sont sans cesse présents devant Dieu , et dont l'innocence et la pureté doivent égaler celles des esprits célestes. Il est vrai que par là vous nous avertissez , 6 mon Dieu , quelles doivent être dans nos temples la sainte gravité et le recueillement inviolable de vos ministres ; que c'est à nous à porter ici gravée sur notre front la sainte terreur des mystères que nous offrons , et le sentiment vif et intime de votre présence ; que c'est à nous à inspirer ici le respect au peuple qui nous environne , par le seul spectacle de notre modestie ; que c'est à nous à ne pas paraître autour de l'autel , occupés au saint ministère , plus ennuyés souvent, plus inappliqués, plus précipités que la multitude même qui y assiste ; et à ne pas autoriser leurs irrévérences par les nôtres. Car, ô mon Dieu , la désolation du lieu saint a commencé par le sanctuaire même ; le respect des peuples ne s'y est affaibli que parce que la sainte gravité du culte et la majesté des cérémonies ne l'a plus soutenu ; et votre maison n'a commencé à devenir un lieu de dissipation et de scandale que depuis que vos ministres eux-mêmes en ont fait une maison de trafic , d'ennui et d'avarice. Mais nos exemples , en autorisant vos profanations , ne les excusent pas , mes frères.
Et en effet , il semble que Dieu ne les a jamais laissées impunies. Les indécences honteuses des enfants d'Iléli , qui avaient durant si longtemps profané sa maison , furent suivies dos plus tristes calamités : l'arche sainte devint la proie des Philistins; elle fut placée à côté de Dagon dans un temple infâme: la gloire d'Israël fut flélrie; le Seigneur se relira du milieu de son i)euple ; la lampe de Juda s'éteignit; le pontife man(]ua; et Jacob se trouva tout à coup sans autel et sans sacrifice.
N'en (Joutons pas , mes frères , que les malheurs du siècle p.issc, la fureur dos hérésies, le renversement des autels, la démohtion de tant de temples augustes , n'aient été les suites funestes des profanations et des irrévérences de nos pères. Il était juste que le Seigneur abandonnât des temples où il avait été si longtemps outragé. Craignons , mes frères , de préparer à nos neveux les mêmes calamités , en imitant les désordres de ceux qui nous ont précédés. < raigr.ons que le Seigneur irrité n'abandonne enlin un jour ces temples que nous profanons , et qu'ils ne deviennent à leur tour la proie de l'erreur et l'asile de l'hérésie. Que sais-je même s'il ne commence pas déjà à nous préparer ces malheurs, en permettant que la pureté de la simplicité de la foi s'altère dans les esprits, en multipliant ces hommes sages à leurs propres yeux, et si communs en ce siècle , qui mesurent tout sur les lumières d'une faible raison , qui voudrait voir clair dans les secrets de Dieu, et qui , loin de faire de la religion le sujet de leur culte et de leurs actions de grâces , en font le sujet de leurs doutes et de leurs censures ? Vous êtes terrible dans vos jugements, ô mon Dieu! et quelquefois vos punitions sont d'autant plus rigoureuses , qu'elles ont été plus lentes et plus tardives.
Rappelons donc j mes frères, tous ces grands motifs de religion : portons dans ce lieu saint une piété tendre et attentive, un esprit de prière , de componction , de recueillement , d'action de grâces , d'adoration et de louanges ; ne sortons jamais de nos temples sans en remporter quelque nouvelle grâce , puisque c'est ici le trône de miséricorde d'où elles se répandent sur les hommes : n'en sortez jamais sans un nouveau goût pour le ciel , sans de nouveaux désirs de finir vos égarements , et de vous attacher uniquement à Dieu ; sans envier le bonheur de ceux qui le servent , qui peuvent l'adorer sans cesse au pied de l'autel , et que leur état et leurs fondions consacrent parliculièrementà ce saint ministère. Dites-lui, comme cette reine étrangère disait autrefois à Salomon : Bienheureux vos serviteurs, qui sont toujours présents devant vous, et qui n'ont [toint d'autre demeure que votre maison sainte, Bcati servi Un qui stant coram te semper ! (iii Reg.,x, 8.) Et si les devoirs de votre état ne vous permettent pas de venir ici adorer le Seigneur aux différentes heures de la journée , où ses ministres s'assemblent pour k louer; ah ! du moins tournez sans cesse vers le lieu saint, comme autrefois les Israélites , vos vœux et vos désirs. Que nos
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temples soient la plus douce consolation de vos peines, le seul asile de vos afflictions , la seule ressource de vos besoins , le délassement le plus sur des gènes , des I)ienséances , et des assujettissements pénibles du monde : en un mot , trouvez-y les commencements de cette paix inaU«'rable, dont vous ne trouverez ia plénitude et la consommation qu'avec les bienheureux dans le temple tternel de la céleste Jérusalem. Ainsi soil-il.
(Sermon pour le mardi de la l" semaine de Carême. )