‹ petit carrillonneur, Volume 4Chapitre 8 sur 10 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

L'atsembtet de-froiille.

Au souper , font le monde étant réuni, Dorainiquç.dcraarida, d'un air «ans conséquence, ce qu'on faisait' dans la galerie des bosquets fermés.

Demain, répondit le baron en &#& riant, demain, mon neveu, vous te* .

saurez. Je reçois le cher beau-frère de ma sœur; il faut bien que je luf fa*e les honneurs (Je nfon châteaa.

— Quoi! c!est pem monsieur le ' comte d'AUnvil que...?- — Oui, mça' ami, c'est pour monsieur le comte d\Aiinvil.*. Quoiqu'on soit btouîllé, oïtpeut v toujoars**e recevoir réciproquement avec les égards dont les

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gens titrés ne doivent jamais s'écarter; Je vous ménage d'ailleurs une surprise à laquelle vous ne vous attendez guère. $e tous prie, mon* cher Dominique , de me permettre de ne vous introduire aveo vos amis dans cette galerie, que lorsqu'elle sera terminée; cçst tous dire que j'ose vous engager à réprimer votre eu* riosité,

Dominique, monsieur Paterne et

ftf jîthieu Robineau protestèrent qu'ils

» n'y entreraient que lorsqu'on leur

en accorderait la permission j et tout

Iç monde se retira,

Qn avait placé monsieur Pater»

dans un appartement voisin de celui de t Dorcûok|ue, afin que le b<m curé se trouvât moins isolé. Ils causèrent ensemble une partie 4e la nuit; car le. tapage qu'on faisait dans la. galerie dçs"bo$qjueU le^âpdiqittftasscc qu'il*

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ne pourraient goûter les douceurs du sommeil. Le bruit cessa néanmoins, et ils se mirent au lit.

L'heure était très-avancée quand ils se réveillèrent. On vint leur dire que monsieur le baron les attendait* Dominique sentit son cœur se serrer h Tidée des grands évèncmens que cette journée allait amener. Monsieur Paterne l'encouragea , et tous deux se rendirent aux vœux du baron.

Ils le trouvèrent , ainsi que la ba~ ronne et leurs fils , habillés de ce m- ' ment, mais simplement, comme à leur ordinaire, ce qui semblait contraster avec les grands' préparatifs de la galerie.

On déjeuna sans \parkfjr de ce qui devait se passer.

Le baron avait envoyé Victor. Pénon, à cheval, au-devant de messieurs d'Alinvil ; afin qu'il pût venir

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annoncer le moment où ils arriveraient.

Les voici ! s'écrie Victor Pénon en entrant tout essoufflé; leur berline est à un» quart de lieue du château.

J ai crevé mon cheval pour vous donner le temps de vous préparer.

Suivez-moi tous, dit le frardn, à l'exception de Victor et d'Adrien ne, ^lorit la présence- est inutile là.

On le suit ; on descend un escalier condamné jusqu'alors, et tous nos amis entrent dans fe galerie mystérieuse, dont l'aspect lugubre «les glace d'effroi.

Au milieu, de cette vaste pièce, on avait élevé un tombeau recouvert d un drap mortuaire richement décoré d'armoiries en lames d'or et d'argent.

Cinq, lampes brûlaient au-dessus de ce sarcophage; et, devant, on voyait un bureau circulaire formant presque

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k tout dût tombeau* Ott avait pfiréé sur cebureau , plumes , papier, tout ce qu'il faut pour écrire ; et un homme £ravey vêtu eu noir, était assis là, avant même que la compagnie ftU entrée. Des siégea, de* meubles * des tapisseries, des lustres, ornaient, comme Ion sait , le reste de celte galerie* ,

Que signifie, tout ceci ? demanda Dominique étonné* — Un moment encore , de giâce , mon neveu , lui répandit Saint-Erbin, et mon dernier secret va vous *jélre dévoilé. Vous verres au surplus que je suis un homme de* précaution j car j'ai été, hier, mander, pour ce matin, un notaire que voicL Monsieur est probe, honnête , discret , sûr , en uo mot ; il nous sera trèfr»flëce*Saire pour rédiger nos actes. — Nos actes! Mon oncle me Jfera donc sîgfter*..? —Vous

signerez saqj peine, mon neveu , j'en suis Uès-pmaadé. -

Adolphe de Saint-Ecbin déposa sur le bureau un. carton plein de vieux parchemin* que le notaire se mit à examiner— pui&on annonça h famille d-Àlinvil. '>

Le comte, sa femme et ses deux fils entrent et reculent d'effroi à la vue du tombeau éclairé par des lampes funèbres.

Pourquoi cet appareil? demande le comte * en fronçant le sourcil. ■•*- N'en soye^nuHffnept effrayé, comte, lui répond avec douceur le baron; je vais vous en instruire, si vous voulez tous donner la peine devons asseoir. — Il y a bien du monde ici ; suis -je en sàreté? — •■ Gomtâe chez vous. — Que fait là le curé Paterne?

; — Il nous sera utile» — Et ce mené*- , trier? — C'est le second pere-de vo-

CARRILLOJNNEUR. mS tre neveu. — De mon neveu !. •. Oui/ il est prouvé enfin qu'il est mon neveu, ce cher Dominique!....

Il grimace, feint de la tendresse, et veut prendre la main de Dominique, qui la retire. Je ne sais, continue le comte, mais tout ici me parait suspect! Serais- je venu, comme Athalie, dans le temple de Joab ? Y manque* rait-t-on à la foi qu'on m'a donnée?

Vous allez voir que nous tiendrons à la lettre tout ce que nous vous avons promis, que vous n'êtes point tombé ni attiré dans un piège , que bientôt enfin vous serez le premier à désirer de signer le contrat d'union que monsieur, qui est notaire, va rédiger.

— Ah ! vous avez un notaire 1 {Il se radoucit.) Mais est* H . prudent ....?

— Je vous réponds de h discrétion comme de la probité de monsieur»

La laide comtesse d'Alinvil est»

pâle. Elle s écrie : Encore «ne fois ; que signifie ce tombeau ? Cette mascarade me fait un mal affreux !

Nous jolie t-oto ici ? Qu on s'explique, ou je sofs et je remporte mes papiers*

Elle portait «n effet un carton plein aussi dç titres de famille.

Le Won deSaint-Erl^ la prie de la manière la plus affable de s'asseoir et de déposer sans crainte ses papiers sur le bureau.

Bile y consent ; mais elle ïance des regard» d'indignation à madame de Samt«£rbin, qui détourne les siens, pour ne pas les remarquer.

De leur rôté, Charles et Julien d' A liû vil toisent avec colère les jeunes de Saint-Erbin et Dominique, qui imitent l'indulgence de la baronne.

Tout te monde piénd place , et monêieur de Saint -*Erbin prononce ces

CARRILLONKEUR. m 7 mets d'un* voix ferme et assurée:

Messieura et madame d'Alinvil , on vous a dit de ma part /et moo billet d'hier a dû vous le certifier, que voua pou vies venir ici sans redouter la moin cire perfidie. Vous y voilà; et, je vous le répète, vous y èles aussi en sûreté que daq$ votre propre château ♦ li s'agit de terminée nos différends : .c'est le but de cette réunion ; 9 espère que nous y par* viendrons sans effort. Voilà notre neveu , comte d'AHnvfl , .ét*i-».. — Je< le sais. Avant tout, apprenez -moi pourquoi ce tombeau se trouvé dan* cette^ salle? Sa vue me fait un mal que jle ne puis exprimer. — Ce tombeau, d'Alinvil, je l'ai* fait ériger en mémoire de votre pène^ qui* comme vouale^vez^utmhittné dans la chapelle souterraine dé x&t *nlk}tte château f auprès eu vieux, baron de Saint-;

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Erbto , mon père et son ami. -f~Qi^é~ tait-il besoin de frapper mes jeux de ce lugubre spectacle ? — Pour vous rappeler vas torts, d'Attnvil, et pour.

tous engager à les expier. — Moyen de roman qui ne produira aucuneffet sur moi, je tous le jure, à moins que Ton ne me fasse des avait* tages rfels. — Quels avantages vouleztous ? — N'est-ce pas pour éteindre nos haines réciproques, pour assurer notre seeret que nous sommes rassemblés ici ? Ne m'a-f»on pas promis que Dominique consen tirai t.»*.? — * A quoi? — 4Vlais..... à tout ce que j'exigerais de lui. — Cest selon.

Voyons, faites vos propositions. Que demandez-vous? — D'abord je de* mande si ion Fa instruit de ce qui concerne sa famille ? -^- II sait tout.

— Tout ! Uar moment. Je présume que vous m'avez ménagé, qae vous

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voua êtes ménagé assez tous -même (plus bas) pour hii taire*....? — Il sait tout , vous dis je. Vos » torts, si je puis les appeler ainsi / ks miens , il n'ignore pas la plus petite particularité. — Excepté pourtant (plus

bas encore) ce ce qui a causé la

mort de ses parens ? — Je vous proteste qu'on ne lui a rien déguisé. — Ciel ! quelle imprudence ! Et d^ quel oeil vous regarde-t-il? Que pense t il . de nous? —C'est ce qu'il vous apprendra lui-même dans un instant. — Il me sera difficile maintenant d'obtenir de lui ce que je désirais. — Que dé* sites- vous ? parlez. — Mats.... ce que Surval ma promis. — Que vous a-t-ii promis? Répétez -le, et vous serea satisfait.

Le comte d'Àljnvil se recueille, consulte des yeux sa méchante femme > et reprend la parole : 11 faut ici

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de la franchise et de la fermeté : j'erf aurai. Vous n ignores pas que depuis long -temps je regrette qu'on ait abandonné imprudemment Je fils de mon frère dans une promenade publique , où il devait être rencontré , adopté; ce qui est arrivé. Non que j aie voulu jamais la mort de cet or-* phelin ; mais on aurait pu le feire élever au loin, sous d'autres noms, dans l'ignorance complète du secret de sa naissance , et alors il n'aurait pas pu nous nuire» Mais ces acte»

mortuaires, cette lettre qu'une gouvernante indiscrète avait cachés dan»

ses vétemens, tout cela me donnait des craintes que je n'ai jamais pu dissimuler» C'est ce qui pi a fait cent fois pâlir au seul nom de Dominique prondnoé'devant moi } c'est ce qui m'a fait' poursuivre, persécuter te jeune homme, pour savoir s'il était ou-

CARtULLONNEUR. aSï ttoii mon infortuné neveu. N'osant pas l'interroger trop directement, dans Ja crainte de lui apprendre ce qu'il pouvait ignorer, jetais sans cesse retenu par l'incertitude ou la terreur. Voilà quelle fut ma funeste existence, depuis le moment où j'appris qu'il courait sur les places pudiques de Paris un petit carr il tanneur de làge, de la figure du jeune d'Àiinvil, et portant comme lui le nom de Dominique. Notre désunion ensuite, vos scrupules, que vous ap~ peliez des remords, me faisaient redouter, baron , que roue ne vou»

unissiez à lui pour me perdre, fia vain pensais- je que vous étiez vous* même compromis dans ces tristes secrets; je croyais vous toirnaUre assez pour être sûr que votre* booneo/^ votre vie , voué auriez, tout sacrifié pour vous venger de moi. Jugez de

. mon. effroi! de celui de ma famille?

Le marquis , mon frère, n'a pu y résister. Ses terreurs , moins que ses remords, 1 ont porté au dernier acte du désespoir. Il n est plus; et si j'avais eu le courage de Ti mi ter, je ne

-souffrirai s plus Aujourd'hui, tout

est découvert, tout est changé. Voilà notre neveu, nous en sommes fgr« tains* Il sait les intrigues que nous avons employées pour lui ravir yo héritage; il doit nous abhorrer!....

Cependant, s il est prudent, s'il cotisent à ce que je vais exiger de lui, il peut nous rendre le repos à tous, et faire son propre bonheur. Ecoutez , Dominique.

Dominique se rapproche du comte.

. « Ecoutes; et pesez bien ce que je vais vous dire : vous êtes notre neveu ; mais il vous jest impossible de le prouver. Né dans les souterrains

CAKRILLONtfEUR. *35 de ce cbâteaa, vous ne reçûtes ni nos nom, ni aucun titre qui puisse constater votre état civil. Quand vous au* riez recours aux tribunaux, vous sentez bien que nous serions tous là pour vous traiter d'imposteur, ce qui nous serait très • facile à démontrer.

Vous susciteriez un procès scandaleux, infamant pour vous, quelle que soit son issue* Déclaré imposteur, vous seriez déshonoré. Reconnu pour ce que vous êtes, vous attireriez à vos oncles des peines qui vous déshonoreraient encore ï de toutes les"i»ainières, vous deviendriez l'objet du ;raépris public. Voici donc le seul parti que vous ayez & prendre.

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