CHAPITRE CINQUIEME
| La profession agricole à cause de sa dignité
et des services qu’elle rend devrait être plus estimée.
D. La profession agricole est-elle généralement
s4 estimée et appréciée suivant son mérite ?
R. Non, elle n’est pas assez estimée. On croit
plutôt que le travail agricole est humiliant et +qu'il manque de dignité, ou que ceux qui sont + obligés de cultiver la terre n’ont pas les talents, 2 ni les aptitudes, ni les moyens qui leur permet- ‘traient de remplir des fonctions réputées injus- .1tement plus honorables.
D. D'où vient cette fausse opinion ?
R. Cette fausse opinion ; ‘ent du manque de
| sagesse et de réflexion.
D. Où trouvons-nous surtout cette fausse opi-
R. On la rencontre partout, dans toutes les “lasses de la société, mais surtout parmi la clas-
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D. Quel est ce mal?
R. Certains cultivateurs s'im tort que leur état est inférieur aux autres.
se dégoûtent du travail de la terre, ils ne appliquent plus en attendant qu'ils vend leurs terres pour aller avec leurs familles ‘ailler à la ville ou dans les manufactures.
D. Cette fausse Opinion est-elle aussi autren manifestée ?
R. Oui. Souvent des fils de cultiv s'efforcent d’
aginent bie
ate acquérir une instruction comn ciale, croyant vivre ensuite plus honorablem et espérant vivre plus facileme vant la terre.
D. Vous dites que c’est un mal ?
R. Oui, c’est un grand mal.
D. Qui souffre de ce mal ?
R. Ce sont d'abord ceux qui | L'expérience appre
nt qu'en cu
aissent la ter nd que presque toujoi l'abandon de la terre est suivi de regrets et
chagrins amers, parce que la vie est plus diffi le qu'on ne l'avait pensé.
D. Est-ce que d’autres souffrent aussi ?
R. Oui, quand des cultivateurs abandonne de cultiver la terre, les produits de la terre 1 cessaires à la vie sont plus rares. Tout le mon: souffre, mais surtout les ouvriers.
nt bien à tres. Ils ls ne s'y vendent illes trares.
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la terre.
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ciété rendent justice qu'elles lui donnent au moins l'encouragement
D. Est-il nécessaire qu'on en rienne à estimer
datantage et à apprécier mieux la profession agricole ?
R. Oui, pour que toutes les classes de la soà l'état agricole, et pour
du respect.
D. Quel bien résulterait-il de là ?
R. Il résulterait que les cultivateurs auraient À lus de confiance dans leur profession, si elle était regardée comme honorable autant qu'elle le mérite et qu'ils s'y attacheraient de plus en plus.
D. L'agriculture en général serait-elle plus prospère?
R. Oui, les cultivateurs s'appliqueraient plus à leur travail, les produits de la terre seraient plus abondants et il y aurait moins de gêne et plus de bonheur parmi les hommes. En un mot la richesse publique serait plus grande.
“ Je saisis cette occasion où toutes les classes de la société sont réunies, en cette fête de l’agriculture et de ses lauréats, pour demander à tous ceux qui exercent une
«tion dirigeante quelconque, magistrats ou professionnels
+" soi
Commerçants ou industriels, qu'ils mettent leur influ au service de la ceuse agricole, qu'ils s'y intéressent, q l'aiment et qu'ils la fassent aimer. Qu'on enseigne tout le respect de la professi igricole et que les enf grandissent dans l'amour du sol. Je fais particulièrer cette demande à tous les membres de notre clergé qui jamais manqué de soutenir et de défendre nos causes tionales,.
“ Qu'on proclame partout que l'agriculture est l'occt tion maîtresse d'où découlent toutes les autres et qu occupe dans l'organisme social et économique le ro] plus prépondérant et vraiment indispenssble. Qt proclame aussi que la noblesse de sa mission comme |’ portance de ses travaux et de ses efforts lui donnent d) à l'encouragement et au respect de tous les bons citoy quelle que soit la position au'ils occupent
“ La satisfaction des besoins matériels ne peut suffire cultivateur. Son âme est d'autant plus sensible qu est en rapports immédiats et constants avec l’œuvre de création dans le travail quotidien. Il a des aspiratic vers le bien et vers la beauté. Il a aussi besoin de |’: préciation favorable et juste de ceux qui l'entourent po
s'attacher À sa profession et jouir du bonheur qu'elle do ne toujours À ceux qui l’aiment.””
Extrait du discours de l'honorable J.-Ed. Caron, minis!
de l'Agriculture de la Province de Québec, aux lauréats mérite agricole, 1915.
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ir influence = — D ———
ssent, qu'ils signe par les enfant; culièreme:
rgé qui n'a causes na-