‹ Petit catéchisme agricole [microforme]Chapitre 19 sur 30 · LES CHARMES DE LA VIE RURALE · texte numérisé non relu

LES CHARMES DE LA VIE RURALE

Jamais je n'oublierai l'impression profonde que me laissèrent les nombreux voyages que je fis dans l'été de 187$, dès le petit matin ; ‘“ au moulin de Stintenne ”’, comme l'on désiguaic alors la scierie de M. Stanton, située dans le haut de Ja Grande Rivière du Loup. En compagnie de mon oncle Denis Béland, conduisant moi-même une voiture, nous nous mettions en route vers 4 heures du matin, afin d’être de retour assez tôt pour me permettre d'être en classe à 9 heures. Le trajet était joli : après avoir traverst le village encore endormi, nous longions, jusqu’au moulin. la grande rivière dont les eaux noires et profondes coulaient entre deux rangées de grands arbres où les oiseaux annonçaient sur tous les tons le retour du jour. L'air vi’ et pur du matin, bientôt tempéré par les éclatants rayons du soleil levant ; l'aspect des riches fermes qui bordent le chemin de la Grande Rivière et qui s’éveillaient l’une après l’autre, semblait-il, sur notre passage ; la riche verdure des champs bordant la route ; les vaches ruminant dans l’enclos en attendant la traite du matin : les autres bêtes se remettant à paître dans les friches, enfonçant leurs piei: dans le vert des pâturages ; le parfum des fleurs s'échappant des jardins au premier contact du soleil ; les cheminées der maisons laissant échapper en délicates volutes une fumée embaumée de cèdre, annonçant ainsi qu'une mère vaillante et dévouée préparait le repas du matin ; la tranquillité des choses contrastant avec la splendeur de |: renaissance d’ur beau jour, tout me révélait les beautés infinies que Dieu a rép :ndues dans la nature, beautés, hélas :

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que trop peu savent admirer. Quand les clochers de Louiseville et de Saint-Léon sonnaïient les notes pieuses de l’Angelus, nous étious sur le point d’arriver dans la grande 2 cour du moulin, où l’odeur du bois fraîchement scié nous 1e lais- %Æ annonçait que nos grand'charrettes ne pourraient, en 1875, M dépit de leurs hautes “ haridelles ”’, épuiser le monumental

:omme tas de crodtes qui servit naguère à réchauffer tant de molans le destes foyers à Louiseville. Et le retour se faisait, sous nie de un soleil ardent, avec une sage lenteur que nous imposaient

1e voi- ; les lourdes charges. Durant le trajet, je pouvais, tout à matin, 4 loisir, goûter le charme du paysage qui se déroulait sous tre en : mes yeux. Les fermes en pleine activité, le va-et-vient des aversé ÊÆ gens, le bruit joyeux des faucheuses, le chant des cigales, noulin, ES Ja brise parfumée des senteurs des trèfles blancs ou des sarilaient Æ razins en fleurs, tout m'enthousiasmait, élevait mon esprit innon- ES au-dessus du terre-à-terre et transportait mon âme dans et pur EN cette région de l’idéal qui double le prix de la vie. — C.-J. du so Maanax. (Extrait d’un discours prononcé à Louiseville, le che- À je 27 juin 1916.)

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