CHAPITRE HUITIEME
Encouragement à l'Agriculture. — L'opinion et la science agricole
D. Vous avez dit dans les chapitres précédents que l’agriculture a été créée par Dieu pour entretenir la vie qui est le plus grand bien ; vous avez dit que le travail agricole est le plus noble de tous les travaux et qu’il est absolument nécessaire aux particuliers, aux familles et aux nations ; vous avez dit que la prospérité publique dépend de l’ugriculture et que la classe agricole est celle qui jouit de plus de bonheur, Puisqu’il en est ainsi, qu'est ce qu’il y a à faire en tous les pays et particulièrement pour nous dans la province de Québec ?
R. Il faut que l’agriculture reçoive les plus sûrs et les plus forts encouragements.
D. Le sol de notre province est-il par lui-même favorable à l’agriculture?
R. Oui, le sol de notre province est même plus favorable qu’en certains pays où l’agriculture est prospère.
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D. Quel est le premier encouragement qu'il faut donner à l’agriculture?
R. Le premier encouragement à donner à l'agriculture c’est la formation d'une opinion publique qui lui soit favorable pour que sa dignité et sa noblesse soient reconnues de tous et pour qu’elle soit estimée comme elle le mérite.
D. Est-ce que déjà cet encouragement ne lui est pas donné ?
R. Oui, et avec assez de succès par un grand nombre d'hommes, mais il faut que cette bonne opinion pénètre partout, dans toutes les familles et dans toutes les classes, pour qu’on en vienne à dire et à croire que la profession agricole est la plus noble des professions, et qu’un jeune homme instruit ne saurait mieux faire que d’embrasser la carrière agricole ; pour que les fils de cultivateurs s’estiment heureux de continuer les traditions de leurs familles, et pour que les jeunes filles soient fières de pouvoir ur leur vie à celle d'un travailleur du sol.
“ Votre patriotisme messieurs, apparaît moins éclatant que celui déployé sur les champs de bataille, mais il u'en est pas moins efficace et glorieux. Et, si pour vous
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récompenser vous n’avez pas la médaille militaire, vous avez celle du Mérite Agricole dont vous devez être fiers comme d’un titre de noblesse.
Le vénérable curé Labelle, qui fut l’apôtre de la colonisation dans cette province, avait été à même d'apprécier les bienfaits du Mérite Agricole en France. Il avait attiré sur cette chevalerie de ,’agriculture, créée dans notre ancienne mère-pat:ie, l'attention de l'honorable M. Mercier. Celui-ci s'était épris de l’idée et, ayant lui-même un jour assisté à une cérémonie du Mérite Agricole, en France, il en avait été tellement impressionné qu'il décidât sur le champde doter la province de Québec d’une institution semblable. …
‘“ C’est maintenant plus que jamais le temps de rappeler publiquement que l’agriculture est la première source de toute prospérité, et que c’est dans le travail libte ct paisible de la terre que s trouve la plus grande somme de vrai bonheur.”
Extrait du discours de Son Hondkeur le lieutenant-gouvrerneur de la Province de Québec. l'honorable P.-E. Leblanc. aux lauréats du Mérite Agricole, 1915.