‹ Petit catechisme electoral, a l'usage du peupleChapitre 3 sur 4 · DE L OBLIGATION DU VOTE CONSCIENCIEUX · texte numérisé non relu

DE L OBLIGATION DU VOTE CONSCIENCIEUX

D. Qu'appelle-t-on vote consciencieux ? R. Un vote dicté ou permis par la conscience dûment éclairée.

D. Le vote électoral relève-t-il de la conscience ? R. Oui, comme tous les actes publics ou privés du citoyen.

Exp. Il n'y a que le sommeil et la folie qui échappent au contrôle de la conscience chrétienne et catholique. Tout ce qu'on fait éveillé et sain d'esprit, qu'on le fasse comme individu ou en tant qu'homme public, à la maison ou dans un parlement, à l'église ou dans un bureau de votation, doit être réglé par la conscience chrétienne et catholique. La prétention contraire, une fois généralisée, conduirait bientôt nos gouvernants à ne tenir aucun compte, dans les institutions et les lois, de la foi et de la morale révélées.

D. Comment donc faut-il voter ?

R. Le votant consciencieux devra s'efforcer, par son suffrage, de favoriser les causes justes et les candidats méritants.

D. Comment apprécier la justice d'une cause ou la valeur d'un programme politique ?

R. Par l'étude personnelle, l'audition des témoignages et la consultation auprès d'hommes éclairés et intègres.

Exp. Quand il s'agit d'une cause à la fois politique et religieuse, on doit s'en tenir à la direction des évêques» Quand il s'agit d'une cause purement politique, il faut y réfléchir à part soi, suivre avec attention et sans parti-pris les débats auxquels elle donne lieu, et ne pas accorder une confiance aveugle à tel journal qui dénature les faits et n<* cherche qu'à tromper le lecteur. " S'il y a dans votre milieu un homme sage, instruit, consciencieux, que vous aimeriez à consulter dans toute affaire qui intéresserait gravement votre honneur ou l'avenir de votre famille, svirtout si cet homme est religieux et craignant Dieu et ne vous semble point passionné ni engagé dans des intrigues de basse politique, c'est auprès de lui que vous chercherez les explications et renseignements dont vous aurez besoin pour former votre jugement. " (Cardinal Bégin)

D. Quelles qualités doit-on exiger d'un candidat f R. La sincérité patriotique et religieuse, l'honnê* teto personnelle et l'aptitude aux affaires.

I). Que penser d'un candidat qui ne réunit point toutes ces qualités ?

R. Qu'il est un candidat indigne.

D. Est-il permis de lui accorder son suffrage ?

11. Voter pour ce candidat serait faire acte de mauvais citoyen, et, par conséquent, de mauvais catholique.

D. Est ce un péché grave ?

11. Oui, c'est approuver d'avance et en bloc tous les manquements officiels qu'il pourra commettre pendant la durée de son mandat.

D. Comment distinguer le mérite et la valeuï des aspirants aux fonctions parlementaires ?

R. Il faut examiner avec soin les antécédents, le caractère, la conduite, les principes et les aptitudes des divers candidats.

Exp. C'est ici qu'il faut se garer des apparences, des beaux discours et des belles promesses, comparer surtout la couduite ordinaire des hommes publics avec leurs déclarations officielles, et, tout en faisant bon visage aux professions de foi, se réserver un sourire et un clin d'œil pour l'avenir. Mais voici un plus grave avertissement : " L'Eglise, en vertu d'une mission divine, doit faire de continuels efforts pour pénétrer de la vertu de l'Evangile les lois et les institutions des peuples Et comme le sort des Etats dépend principalement des dispositions de ceux qui sont à la tête du gouvernement, l'Eglise ne saurait accorder ni son patronage ni sa faveur aux hommes qu'elle sait lui être hostiles, qui refusent de faire respecter ses droits et qui cherchent à briser l'alliance établie par la nature même des choses entre les intérêts religieux et les intérêts de l'ordre civil. Et telle est la règle à laquelle un catholique doit conformer sa vie publique En définitive, il doit soutenir les hommes d'une probité reconnue, pouvant mériter de la cause chrétienne, et pour aucun motif il ne serait permis de }eur préférer des hommes indifférents ou hostiles à la religion. " (Léon XIIJ)

D. Est-il permis d'accorder ce qu'on appelle un vote de parti ?

R. Oui, car l'existence des partis politiques est légitime, et même jugée nécessaire par un grand nombre.

D. Y a-t-il des circonstances où il faille renoncer au vote de parti ?

R. Oui: 1° Quand ce vote est sollicité par un candidat indigne, car on ne doit point mettre le parti au-dessus des hommes ; 2° Quand un parti sacrifie ou méprise les droits de l'Eglise, car le bien de la religion passe avant les intérêts d'un groupe ; 3° Quand une question étrangère par elle même à la politique est soumise au jugement du peuple.

Exp. " Il n'est pas douteux que dans la sphère de la politique il y ait matière à de légitimes dissentiments et que, toute réserve faite des droits de la vérité et de la jus-

tice, on puisse chercher à introduire dans les faits les idées que l'on estime devoir contribuer mieux que les autres au bien général . . . Mais tous les partis doivent s'entendre pour entourer la religion du même respect et la garantir

contre toute atteinte Aussi, dès qu'on voit menacés les

intérêts du catholicisme, tout dissentiment doit cesser entre catholiques, afin que, unis dans les mêmes pensées et les mêmes conseils, ils se portent au secours de la religion, bien général et suprême auquel tout le reste doit être rapporté. " (Léon XIII)

Page 1