CHAPITRE III
De la Messe solennelle avec Diacre et Sous-Diacre*
De r Aspersion de PEau bénite (l).
1. L'aspersion de l'eau bénile se fait tous les dimanches, ainsi que le prescrivent le Missel et le Cérémonial des Evêques : il n'y a d'exception que quand l'Evêque doit célébrer la messe solennelle (Cœr. Ep., lib. ii, cap. XXXI, û. 4).
2. Comme le Prêtre qui fait cette aspersion est celui qui doit célébrer la P>Iesse (Ruhr, Miss,, de Bened,), on prépare au coin de l'épître, sur la banquette du Célébrant, le manipule et la chasuble du jour, et aussi les manipules du Diacre et du Sous-Diacre, afin que les Officiers sacrés puissent, après que l'aspersion sera terminée, achever de s'habiller sans revenir à la sacristie.
3. Le Diacr3 et le Sous-Diacre se revêtent à la sacristie de leurs ornements de la couleur du jour, à l'exception du manipule ; le Célébrant, aidé par eux, se revêt aussi des ornements sacrés. 11 prend l'amict, l'aube, la ceinture, l'étole croisée sur la poitrine, et la chape de la couleur du jour (Caer^ Ep.^ ib, n. 3),
4. Ils se placent à la sacristie ainsi qu'il suit : le Célébrant au milieu, le Diacre à sa droite, et le Sous-Diacre à sa gauche ; les Acolytes, avec leurs chandeliers, un peu derrière, le premier du côté du Diacre, le second du côté du Sous-Diacre ; l'Acolyte portant le bénitier avec Paspersoir, à la gauche du premier Acolyte : c'est naturellement le Thuriféraire qui remplit cet office. Quant au Cérémoniaire, on ne lui assigne pas de place, attendu qu'il se met là où sa présence peut être utile; mais, lorsqu'il n'est pas occupé, il est convenablement placé à la droite du Diacre.
(1) La bénédiction de Peau se fait à la sacristie, ainsi qu'il est porté dans le Missel, par un Prêtre revêtu d'un surplis ou d'une aube, et d'une étole par-dessus. S'il est revêtu d'une aube, l'étole doit être croisée devant sa poitrine : c'est une règle générale pour les simples Prêtres toutes les fois qu'ils portent l'étole par-dessus l'aube. L'eau bénite peut se faire aussi dans l'église, aux termes du Rituel romain, In EcQlma vel in SacrisHa,
DE l'eau bénite.
5. Après avoir tous ensemble fait, la tête découverte, la révérence à la croix ou à l'image de la sacristie, les Ministres sacrés saluent le Célébrant, qui répond à ce salut en inclinant la tête, d'abord vers le côté droit puis vers le côté gauche. Ensuite le Célébrant, le Diacre et le Sous-Diacre se couvrent, et tous vont à l'autel dans Tordre qui suit; l'Acolyte portant le bénitier avec l'aspersoir marche le premier; après lui viennent les Acolytes portant leurs chandeliers avec des cierges allumés ; et enfin le Célébrant, les mains jointes devant la poitrine, entre le Diacre et le Sous-Diacre, qui relèvent le devant de sa chape, le premier de la main gauche, et le second de la main droite, l'autre main appuyée sur la poitrine (Caer. Ep.y lib. i, cap. xv, n. l^, et lib. ii, cap. XXXI, n. 3).
6. En arrivant, ils saluent le Chœur, s'il est devant l'autel, ou s'ils y passent ; et lorsqu'ils sont auprès de l'autel, ils se placent au bas des degrés de la même manière qu'à la sacristie ; les Officiers sacrés donnent leurs barrettes au Cérémoniaire, et tous font la génuflexion in piano, à l'exception du Célébrant, qui ne fait qu'une inclination profonde, si le saint Sacrement n'est pas dans le tabernacle. Ensuite le Cérémoniaire porte les barrettes sur la banquette. Les Acolytes vont à la crédence. Le Célébrant, avec le Diacre et le Sous-Diacre, se met à genoux sur le dernier degré. Le Porte-Bénitier s'approche à la droite du Diacre.
7. Le Diacre, ayant reçu l'aspersoir, le présente au Célébrant, en baisant l'aspersoir d'abord, ensuite la main du Prêtre, qui, entonnant Asperges me ou Vidi aquam, selon le temps, asperge Pautel par trois fois (Caer. Ep., lib. II, cap. XXXI, n. 3), d'abord au millieu, puis au côté de l'évangile, et enfin au côté de l'épître. Mais si le saint Sacrement était exposé, le Diacre présenterait l'aspersoir sans aucun baiser, et le Célébrant n'aspergerait pas l'autel.
8. Le Célébrant, étant encore à genoux, s'asperge lui-même, puis, s'étant levé, il asperge le Diacre et le Sous- Diacre {Ruhr, Miss, in Benedici, oguœ), qui sont restés à genoux sur le degré j puis le Diacre reprend
PART, l, CHAP. III.
l'aspersoir avec les baisers ordinaires, et le remet à l'Acolyte portant le bénitier.
9. On va ensuite faire l'aspersion du Chœur, après avoir fait à l'autel la révérence convenable, c'est-à-dire les Ministres toujours la génuflexion, et le Célébrant seulement l'inclination profonde, à moins que le saint Sacrement ne soit dans le tabernacle. En allant au chœur, le Porte-Bénitier marche le premier, et le Célébrant entre le Diacre et le Sous-Diacre, qui portent sa chape. Après qu'ils ont salué le Chœur, le Diacre présente de nouveau, de la même manière que la première fois, l'aspersoir au Célébrant, qui procède à l'aspersion dans l'ordre qui suit, disant avec ses Ministres submissa voce le psaume Miserere (JRubr, Miss.) en même temps que le Chœur chante.
10. Il asperge d'abord, en particulier, d'un coup chacun les Chanoines, ensuite le reste du Clergé, à commencer par le côté qui est le premier, selon l'usage des lieux : enfin il fait l'aspersion du peuple. Dans les églises paroissiales, le Curé seul est aspergé en particulier (du Molin, de VEau bénite, n. 11).
11. Après avoir fait l'aspersion du Chœur, le Célébrant va faire celle du peuple {Ruhr, Miss,). Il rein et ensuite l'aspersoir au Diacre, qui le reçoit avec les baisers ordinaires et le rend à l'Acolyte. Puis, ayant salué le Chœur, ils retournent à l'autel, et font en arrivant la révérence convenable. Ensuite, le Diacre présente de nouveau l'aspersoir au Célébrant, qui asperge les Acolytes et les autres Clercs qui seraient au service de l'autel.
12. L'aspersion étant ainsi entièrement terminée, le Célébrant devant l'autel dit, les mains jointes, le verset Ostende, etc., ceux qui suivent, et l'oraison {Rubr. Miss,) sur le livre que le Diacre et le Sous-Diacre, placés à ses côtés, soutiennent devant lui.
13. Les Ofliciers sacrés, ayant ensuite fait à l'autel la révérence convenable, vont à la banquette, où le Célébrant quitte la chape et prend le manipule et la chasuble, aidé par ses Ministres, qui prennent aussi leurs manipules {Caer. Ep., lib. i, cap. xv, n. 14, et lib. ii,
DB l'eau bénite.
cap. XXI, n. 3). Ils reviennent aussitôt à l'autel pour commencer la Messe.
14. Lorsque l'Évêque, dans son diocèse, est présent à l'aspersion de l'eau, voici ce que Von doit observer : 1^ après l'aspersion de l'autel, le Célébrant ne s'asperge pas ; mais, laissant ses Ministres au pied de l'autel, accompagné seulement du Cérémoniaire et de celui qui porte le bénitier jil va au lieu où est l'Evêque. Après lui avoir fait une profonde inclination, il lui présente l'aspersoir avec les baisers ordinaires. Le Prélat, s'étant donné de l'eau bénite, asperge le Célébrant et ses propres assistants, et rend au Célébrant l'aspersoir, que celui-ci reçoit en baisant d'abord la main, puis l'aspersoir ; ensuite, il fait à l'Évêque luie inclination profonde, rend l'aspersoir à l'Acolyte, et retourne devant le milieu de l'autel, où, après la révérence convenable à la croix ou au saint Sacrement, il asperge le Diacre, puis le Sous-Diacre ; 2^ il fait le reste de l'aspersion à l'ordinaire, mais accompagné seulement du Cérémoniaire et du Porte- Bénitier, et non point des Ministres sacrés, qui l'attendent au pied de l'autel {Caer. Ep.y lib. ii, cap. xxxi, n. 3).