ARTICLE VI SUPPLÉMENTAIRE
Des Chantres tt des Chapiers.
21. C'est un très grand abus dans beaucoup d'églises de revêtir de chapes des chantres laïques. Le Cérémonial suppose toujours que les Chapiers sont ecclésiastiques. Aucune Rubrique ne prescrit la chape, si ce n'est pour l'Officiant, îe Prêtre-assistant, et quelques Officiers sacrés, comme le Prêtre-assistant. Le Cérémonial des Evêques concède cet habillement aux Dignitaires, Chanoines, etc. 11 vaudrait donc beaucoup mieux célébrer l'Office divin sans Chapiers, que de profimer en quelque sorte un vêtement essentiellement ecclésiastique, en le faisant porter à des hommes qui n'ont pas le droit de s'en revêtir, et dont la conduite et la tenue constrastent trop souvent avec les fonctions saintes qu'on leur fait remplir sous un habit sacré. C'est, un préjugé de croire que les Offices sont plus majestueux, parce qu'on s'est procuré par ce moyen des chapes au milieu du chœur. Et lors même que cet appareil extérieur produirait, sous ce rapport, l'effet qu'on prétend, avant tout, il faut garder les règles de l'Eglise,
(1) De même qu'on peut entrer au chœur isolément et sans cérémonie avant l'arrivée du Célébrant et des Ministres sacrés, ainsi on peut en sortir de la même manière après qu'ils ont quitté l'autel, et ï>ont eux-mêmes sortis. Alors on a seulement soin, en quittant le chtfjur, de faire à l'autel la révérence convenable.
PART. ï, CHAP. II, ART. Vï.
qui jamais n'ont supposé un pareil usage, ou plutôt un semblable abns de la chape.
22. A Rome, il n'y a pas, comme dans la plupart des églises de France, des Chapiers pour la Messe (1), même solennelle, mais seulement pour les Vêpres. Le Cérémonial des Evêques, après ayoir parlé du Célébrant, du Diacre et du Sous-Diacre, ajoute expressément : J{ec alïi prœter ipsos erunt parati (lib. i, cap. xv, n. 13). Cependant nous n'oserions pas dire que l'usage bien établi de revêtir decha])es des Ecclésiastiques pou? chanter la Messe est entièrement réprouvé ; on pourrait peut-être même s'appuyer d'un décret de la S. Congrégation des Rites du 13 mars 1700, pour soutenir qu'il est implicitement toléré ; mais nous sommes en droit d'affirmer qu'ils ne doivent point se promener, et ne peuvent annoncer au Célébrant le Gloria ni le Credo, d'après une déclaration de la dite Congrégation, du 31 juillet 1663.
23. Les Chapiers doivent être aspergés et encensés et recevoir la paix après tous les Chanoines, mais avant le reste du Clergé (f). Ainsi l'a décidé la sainte Congrégation des Rites, le 30 août 1662. Mais ils sont encensés, comme les Chanoines, de deux coups, et, dans les processions ou autres cérémonies, ils ont le pas même sur les Chanoines, à moins que ceux-ci ne soient également revêtus de chapes {Décr, de la S. Congrég, des Rites^ 13 mars 1700).
24. Si les chapiers, ainsi que cela est convenable quand il n'y a pas de raison pour agir autrement, viennent au chœur avec les Officiers sacrés, ils précèdent immédiatement le Sous-Diacre. En arrivant, ils font la génuflexion, puis saluent les Officiers sacrés, ou s'entre-saluent s'ils sont seuls, et se rendent à leurs places, chacun par son côté, après toutefois avoir salué le Chœur en lieu convenable, selon la disposition des églises (2),
(1) La S. Congrégation, récenannent consultée sur la question des Chapiers à la Messe, a répondu non esse in usu (3 octobre 1851).
(f) Si les Chapiers étaient Chanoines, ils seraient aspergés et encensés, et recevraient la paix avant les autres Chanoines.
(2) Il est à remarquer que, lorsque des Chapiers ou d'autres, mar-
DE LA TENUE AU CHŒUR
25. Lorsque le Célébrant commence la Messe, les Chantres, ayant fait le signe de la croix, entonnent l'introït, après lequel ils chantent la moitié du verset du psaume, le Gloria Patri, etc., et reprennent le commencement de l'introït. Ils commencent le Kyrie, le graduel, V Alleluia ou le trait, l'Olfertoire, le Sanctus, le Benedicius (1), r Agnus Dei, la communion. Ils continuent aussi le Gloria in excelsis, par ces paroles, Et in terra, etc., et le Credo par celles-ci, Patrem omnipotentem (2).
26. Les Chantres gardent, en général, la même position que le Chœur ; seulement ils sont debout lors même que le Chœur serait assis, toutes les fois qu'ils chantent seuls quelques morceaux. Ils se mettent à genoux comme le Chœur kV Incarnatus est du Credo, et à la bénédiction de l'Évêque, s'ils ne sont pas Chanoines.
27. Quand ils doivent quitter le chœur, avant de sortir de leurs places, ils saluent de part et d'autre chaque côté, et s'entre-saluent en dernier lieu.
chant ensemble, doivent saluer, par exennple, l'autel ou le Chœur, et se séparer ensuite, ils saluent d'abord soit l'autel, soit le Chœur, et s'entre-saluent ensuite avant de se séparer.
(1) Le Cérémonial des Evéques (lib. r, cap. viii, n. 70 et 71) dit en principe général qu'on chante le Benedicius après l'élévation. On avait pu croire ce principe nnodifié par la S. Congrégation des Rites. A cette question : jîn in elevatione SS. Sacramenti in Missis solemnibus cani possit Tantum ergo, etc.,\el aliqua antiphona tanti Sacramenti propria, la S. Congrégation à répondu : Affirmative et amplius (14 aprii. 1753). Cependant plus tard on adressa la question suivante à la même Congrégation : Ubi cantus chori non producitur usque ad
elevationem hostiœ, Benedictus cantarine débet post Eleva-
tionem, an immediate post primu m iïbsanna in excelsis.^^ Et voici la réponse : Cantari débet post Elevationem (12 novembre 1831)."
(2) Dans les Messes où l'on touche de l'organe, les Chantres suivront les usages des lieux pour ce qui leur reste alors à chanter. Mais aussi on ne devra pas perdre de vue cette prescription du Cérémonial des Evêques (lib. t, cap, xviii, n. 7) : Advertendum erit ut, quandocumqueper or^anumfiguratur aliquid cantali seu r esponderi., ab aliquo de Clioro intelligibili voce pronuncieiur id quod ab organo respondendum est. Et laudabile esset ut aliquis cantor conjunctim cum organo voce clara idem cœntaret. Les Chantres qui seraient chargés de lire les paroles en même temps que l'orgue touche, tout en prenant un ton trés-modéré, le feraient de manière à être entendus du Chœur et auraient soin d'éviter d'être en désaccord avec l'instrument.
PART. I, CHAP. m.