CHAPITRE IX
I>e l'Office des Acolytes (2).
1. Un quart d'heure avant la Messe, les Acolytes, qui doivent être autant que possible de taille égale {Cœrem, Episc,^ lib. ï, cap. XI, n. 8), s'étant revêtus de surplis, se rendent à l'autel, et prévoient tout ce qui est nécessaire. Ils allument les cierges de l'autel, à moins que, pour plus de commodité, quel qu'autre ne soit désigné pour cela. Si c'est à eux à le faire, ils le font l'un d'un côté, l'autre de l'autre, en commençant par les cierges les plus rapprochés de la croix. Quand on les éteint, on commence au contraire par les plus éloignés. Si un seul les allume, il commence par le côté de l'épître, et finit par le côté de l'évangile ; c'est le contraire lorsqu'on les éteint. En cette circonstance, on prendra garde de laisser tomber de la cire sur la nappe de l'autel. Les Acolytes, après avoir prévu ce qui est nécessaire à Pautel, aident au Célébrant à s'habiller.
(1) Les Cérémoniaux en usage ici disent généralement que, lorsque le Thuriféraire porte son encensoir avec quelque solennité, il le tient de la main droite, mettant le pouce dans le gros anneau, et le doigt annulaire dans le petit. Cette manière est la plus commode ; il est plus facile de porter le poids de l'encensoir avec le pouce qu'avec le petit doigt.
(2) Si l'on doit faire avant la Messe l'aspersion de l'eau bénite, les Acolytes pourront consulter pour leurs fonctions le chapitre vu pré cèdent.
DE l'office des ACOLYTES.
2. Le second Acolyte emporte à la sacristie de quoi allumer les cierges de tous les deux.
3. Au sigile du Cérémoniaire, ils prennent leurs chandeliers, et se rapprochant, ils font à la croix ou à l'image de la sacristie la révérence convenable ; puis, les yenx modestement baissés, ils s'en vont à l'autel, précédant le Clergé d'un pas grave et modéré (Rubr,, Miss. part. II, tit II, n. 5).
4. Le premier i\colyte marche à la droite du second, et tient son chandelier de la main droite par le nœud, en même temps qu'il le soutient de la gauche par le pied. Le second le tient, au contraire, de la gauche par le nœud, et delà droite par le pied. (Cœrem, Epzsc, ibid.)
5. En arrivant à l'autel, ils font in piano la génuflexion d'un genou, et se retirent aux deux côtés à l'angle des degrés, tournés en face l'un de l'autre (1).
6. Lorsque le Célébrant est arrivé, les Acolytes se tournent vers l'autel, et font avec lui la génuflexion, ])uis déposent leurs chandeliers sur le second degré, à chaque coin de l'autel, vont se mettre à genoux, in piano, un peu derrière le Célébrant, tournés vers l'autel, les mains jointes et répondent à VIntroïbo et à la confession du Prêtre (2), Quand celui-ci monte à l'autel, ils relèvent le devant de son aube jusqu'à ce qu'il soit monté sur le plus haut degré, descendent, font
(1) On suppose une entrée solennelle du Clergé, et en ce cas on demande deux génuflexions des Acolytes ; celle qui est marquée ici et celle dont il sera parlé au n. suivant. Mais si les Acolytes précèdent seulement le Célébrant, cette dernière génuflexion suffit.
(2) Les Cérémoniaux ajoutent ordinairement les développements qui suivent : Les Acolytes font le signe de la croix toutes les fois que le Célébrant le fait sur lui-même. Ils s'inclinent comme lui vers Ja croix à ce mot Oremus avant les oraisons, comme aussi au nom de Jésus et au verset Gloria Patri ; ils s'inclinent simplement devant eux aux autres paroles, auxquelles s'incline le Célébrant. Il font la génuflexion lorsque le Célébrant la fait en disant certaines paroles, comme Adjura nos etc. ; Venij sancte Spiritus, etc. ; Ut in nomine Jcsu, etc.; Et procidentes adoraverunt eum ; Et procidens adoravii eurn ; Et incarnatus est, etc.; Et Verhum caro factum est. Ils se conforment en outre au Chœur pour les inclinations et les génuflexions à deux genoux, quand ils ne sont pas occupés d'ailleurs comme quand on chante Adjuva nos, etc. ; Veni Sancte Spiritus, etc. ; et aussi daris les Messes des morts et aux fériés majeures durant le« oraisons, et depuis le ò'andws jusqu'à Pax Domini^
PART. I, CHAP. IX
la génuflexion en même temps que le Prêtre baise l'autel, puis prennent leurs Chandeliers et vont à la crédence. Au premier encensement, le premier Acolyte ôte le livre de dessus Pautel, fesant la génuflexion avant et après.
8. Lorsque le Célébrant, avant l'évangile, met de l'encens dans l'encensoir, les Acolytes prennent leurs chandeliers ; et quand le Thuriféraire, ayant descendu les degrés de l'autel, se rend au milieu, ils le suivent, puis se placent de chaque côté de lui, et font en même temps la génuflexion à l'autel. Dans cette circonstance et dans toutes les actions où plusieurs ont à prendre part, on doit faire attention de bien s'accorder pour faire toutes ces actions en même tenips et de la même manière, comme si l'on ne faisait qu'un seul corps qui se meut ou s'incline.
9. Ensuite les Acolytes vont au coin de l'évangile, in plano^ et s'y placent de manière à avoir le Thuriféraire au milieu d'eux, le premier Acolyte à sa droite, le second à sa gauche, tous en ligne droite et tournés du côté du Prêtre. Pendant qu'on chante l'évangile, ils ne se mettent jamais à genoux (Rubr. Miss., part., i, tit. XVII, n. 4). Ils ne font pas non plus les signes de croix en commençant, mais ils restent immobiles.
JO. Quand on a fini de chanter l'évangile, ils retournent au milieu du sanctuaire, à trois ou quatre i)as de distance des degrés antérieurs de l'autel, selon la disposition des lieux, font la génuflexion, et vont reprendre leurs places à la crédence. Ayant posé leurs chandeliers, ils se tiennent debout comme auparavant. A Vincarnatusesty ils fléchissent un genou seulement lorsque le Célébrant le dit ; ils fléchissent les deux lorsqu'il est chanté par le Chœur.
11. Après le Credo, lorsque le Célébrant a chanté Oremus, le second Acolyte va recevoir le voile du calice et le porte à la crédence. Il a soin de faire une génuflexion à l'autel en arrivant et en partant ; le premier porte les deux burettes, il les présente successivement au Célébrant. Après que le vin et l'eau ont été mis dans le calice, il remporte le tout et se tient debout à sa place.
DE l'office des ACOLYTES.
12. Pendant que le Thuriféraire encense le Célébrant, les Acol}^es s'apprêtent pour le lavabo. Le premier Acolyte prend le manuterge; le second, la burette d'eau avec le bassin. Aussitôt que le Thuriféraire s'est retiré, ils prennent sa place devant le Célébrant, qu'ils servent en versant l'eau sur ses doigts et en lui présentant le manuterge (Rub,, ibid., n. 10), avec les saluts convenables avant et après. Après que le Célébrant leur a remis le manuterge, ils reportent toute chose à sa place et restent debout à la lenr.
13. L'un et l'autre salue le Thuriféraire avant d'être encensé par celui-ci, et encore après avoir été encensé , et le premier Acolyte fait une inclination à son compagnon immédiatement avant d'être encensé lui-même.
14. Au Sanctus, ils prénnent leurs chandeliers et marchant à côté l'un de l'autre, ils vont d'abord devant le milieu de l'autel, font la génuflexion, se séparent et se mettent à genoux in piano à chaque coin des degrés de l'autel. A l'élévation tous deux relèvent la chasuble, et se comportent comme aux autres messes.
15. Après l'élévation, s'il ne doit pas y avoir de communion, si ce n'est pas non plus un jour de jeûne ou quelque autre jour privilégié par la Rubrique, ils se rapprochent, font la génuflexion, et vont à la crédence. Si l'on devait donner la communion, ils resteraient à genoux avec leurs chandeliers, et après qu'elle serait distribuée, ils se retireraient comme nous venons de le dire.
17. Le premier Acolyte porte, quand il en est temps, les burettes à l'autel pour la purification du calice et l'ablution des doigts ; en même temps, le second porte le voile du calice sur l'autel au côté de l'évangile, et fait la génuflexion d'un genou lorsqu'il passe devant le milieu en allant et en revenant. S'ils cc^nservent leurs chandeliers jusqù'àprès la communion, le Thuriféraire les remplace.
18. Pour la bénédiction à la fin de la Messe, ils se mettent à genoux utroque genu ; au commencement de l'évangile ils se lèvent et font les signes de croix ordinaires à Initium sancii Evangelii.
PART. I, CHAP. IX
JST ola. Si le Clergé reste au Chœur, les Acolytes, après l'évangile, ayant pris leurs chandeliers, vont tous deux devant le milieu, font la génuflexion et saluent le Chœur en même temps que le Célébrant.
19. Vers la fin de l'évangile, ils prennent leurs chandeliers, vont devant le milieu de l'autel, et, après avoir fait la génuflexion à ces paroles Et Verbum caro, ou si c'est un autre évangile, après qu'il est fini, ils partent aussitôt pour la sacristie. En arrivant, ils font d'abord une inclination à la croix, puis attendent le Célébrant, en conservant leurs chandeliers (1). Lorsque celuici esc arrivé, les Acolytes font une nouvelle inclination en même temps que tous les autres (2) ; ayant éteint les cierges, ils vont éteindre ceux de l'autel, quand il n'y a personne assigné pour cela.
JVota, Les Acolytes sont toujours debout à la crédence, à l'exception des temps où nous avons marqué pour eux une autre position, ou à moins qu'ils ne soient ailleurs occupés à remplir quelques fonctions (3). En règle générale, ils ont les mains jointes devant la poitrine toutes les fois que le Célébrant chante ou lit quelque chose ; et quand il ne chante pas ou ne lit pas, ils les tiennent appliquées contre leur poitrine (4). Lorsqu'ils saluent le Chœur, ils commencent par le côté le plus digne, qui est ordinairement celui de l'évangile. Lorsqu'ils portent des flambeaux, ils les tiennent à la
(1) Si les Acolytes sont immédiatement suivis du Célébrant et non du reste du Clergé, en arrivant à la sacristie, ils se placent tout de suite à chaque côté, et ne font à la croix que l'inclination dont il est parlé dans la phrase suivante.
(2) Après avoir salué la croix, les Acolytes saluent aussi le Célébrant.
(3) Un décret de la S. Congrégation des Rites permet aux Acolytes de s'asseoir lorsque le Célébrant est assis : In Missa solemni, quando Célébrons et Ministri sacri sedent, possunt etiam in gradibus prèsbyterii sedere Acolythi, et etiam Thuriferarius, quando non gerit vicem Cœremoniarii (18 décembre 1779). Seulement il est d'usage ici qu'ils s'asseyent sur des tabourets. Mais ils ne peuvent jamais se couvrir, et ils doivent se lever aussitôt que le Célébrant est debout.
(4) Il s'agit ici de la lecture à voix haute. Le Manuel des Cérémonies romaines excepte le temps où le Célébrant chante l'épître et le graduel : il veut qu'alors les Acolytes aient les bras croisés. Mais au temps que l'Auteur leur assigne ici pour les mains jointes, il ajoute celui de la consécration à la communion.
DE l'office du cérémoniaire.
main du dehors, le premier Acolyte de la main droite, puisqu'il est à droite, et le second de la main gauche. Quand ils ont une main occupée, ils tiennent l'autre étendue et appuyée sur la poitrine. Lorsqu'ils présentent quelque chose au Célébrant, ils baisent d'abord l'objet présenté ; quand ils en reçoivent quelque chose, ils le baisent après l'avoir reçu : ces baisers n'ont pas lieu à la Messe des Morts, ni à celles chantées en présence du St. Sacrement exposé. S'ils doivent communier à la INIcsse, ils le font au rang qu'ils occupent ordinairement au Chœur, et ils ont soin de faire la génuflexion d'un genou avant de communier, et encore après.