‹ Petit cérémonial selon le rit romainChapitre 8 sur 168 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Régules g-ènèrales pour la tenue des Ecclésiastiques au Cliceur»

ARTICLE l.

Ih la manière de se rendre au Chœur.

1. Les Ecclésiastiques qui font partie du Chœur, revêtus de la soutane et du surplis, sortent de la sacristie deux à deux, et se mettent en marche sur deux lignes tellement rap;)rochées l'une de l'autre, que chacun d'eux touche prasqu3 ce'ui qui marche à son côté. Ainsi ran-

(1) Delle M:sne cantate. C e^t dans PAuteur la part. I du tome TI, sous ce titre Esposizione delle sacre Cerimonie nelle Mcf4J, e Ves' pri sederini..

PART. CHAP. Il, ART. ï.

gés, et chaque couple à égale dislance de celui qui le précède ou le suit, ils s'avancent avec un maintien grave et d'un pas égal, la tête déc ouverte et portant la barrette des deux mains au-dessous de la poitrine (1), 2. En arrivant au pied de l'autel, ils font la génuflexion à la croix (2), les deux qui vont ensemble ayant soin de bien s'accorder pour fléchir le genou et se relever en même temps, ce qu'ils exécutent lentement et posément: cela est essentiel pour l'imiformité et la beauté des cérémonies. Les deux premiers ayant ainsi fait la génuflexion, les deux qui viennent après eux la font de même et au même lieu : après le second couple^ vient le troisième, et ainsi de suite. Il faut donc que les derniers arrivent plus lentement, afin de donner aux premiers le temps de faire la génuflexion sans préeipitation. Les deux qui ont fait ensemble la génuflexion

(1) Quelques Cérémoniaux indi(^u>ent la manière smivaïite de porter la barrette. On la tient devant soi, les deux mains en dedans, et les deux poïiees en dessus, le droit croisé smr le gauche. On la tient ainsi par l'un des angles, de sorte que par devant les q^uatre pointes représentent une croix placée verticalement. Cette manière est très Bonne,, et lorsqu'on marche avec lane sorte de cérémonie, elle établit une régularité édifiante. Si la marche est processionnelle, les plus jeunes sont à la tête et les plus dignes vienneM les derniers, et Is marche est toujours processionnelle si le clergé fait cortège au Célébrant pour aller à Pautel. Mais si, selon les expressions du Cérémonial non esset processio sacra, les plas dignes seraient en tête et les plus jeunes les derniers. Ainsi, lorsque les Chanoines vont chercher l'Evêque, c'est le Prélat qui marche le premier (Lib. i, cap. v, n. 2 et 9).

(2) On suppose, comme on le voit, que le très-saint Sacrement n'est pas à l'autel, et néanmoins on prescrit une génuflexion. Cette disposition est conforme au Cérémonial des Eveques (lib. ii, cap. XVIII, n. 3) : il excepte seulement les Chanoines, lesquels ne font qu'une inclination profonde tant à la croix de Pautel qu'à l'Evêque ' Èegulariter quoties Canonici iransfMut directe ante altare vel ante Episcopwn, caput et humeros profunde inclinant ; beneficiati autem. et cœieri de Clero genufìectere dehent iranseundo tam ante altare quam ante Episcopum. Nous ferons observer que, dans plusieurs églises, cette dernière génuflexion ne se fait qu'à demi. Pans d'autres églises, toïis font simplement U'ue inclination ^rohnàe à la manière des Chan&ines, ce qui est contre le Cérémonial. Nous n'oserions pas dire que l'Evêque ne peut pas légitimer cette pratique emce qui le concerne ; mais certainement tous doivent toujours faire la génuflexion au très-saint Sacrement, même lorsqu'il est renfermé dans le tabernacle, et l'usage contraire a été plusieurs fois déclaré abusif.

DE LA TENUE AU CHŒUR

se tournent ensuite l'un vers l'autre et s'entre-saluent, puis s'en vont de chaque côté du chœur à leur place, où ils se tiennent tous debout (1).

ARTICLE II

De la manière de se tenir au Chœur,

3. Au chœur, on doit être ou debout, ou assis, ou à genoux. Quand c'est le temps d'être debout, tous doivent être sur leurs pieds, et personne ne doit demeurer ni assis ni à genoux. On doit garder le même ensemble pour s'asseoir ou s'agenouiller, et observer ainsi une parfaite uniformité de positions.

JSotn. Si l'élévation de quelques Messes basses avait lieu pendant l'Office, ceux qui sont au chœur ne se mettraient pas à genoux: ainsi l'a déclaré la S. Congrégation des Rites, le 5 mars 1667 (2). La même Congré-

(1) Nous pensons que l'Auteur a voulu dire qu'on se tient debout seulement jusqu'à ce que tout le monde soit à sa place ; car le Cérémonial des Evêques, et plusieurs décrets? de la S. Congrégation des Rites, prescrivent positivement de se mettre à genoux lorsqu'on est arrivé à sa place : Jpsi Canonici.... accédant ad loca sua in Choro, ubi genuflectunt et permanent orantes (quandiu Episcopus orai) (lib. I, cap. XVIII, n. 3). Mais si quelqu'un arrive, l'Office déjà commencé, il se met d'abord à genoux auprès de l'autel, puis se rend à sa place, après avoir salué le Chœur: Absque eo ut aliquos salutet,.., statini genuflectit versus altare, parumper or ans ; mox surgit, et facit reverentiain profundam (il s'agit d'un Chanoine) altari et Episcopo ; dnade salutat.... alios, et vadit ad. locum suum{ìhì(ì n. 4). Par alios il faut entendre le Célébrant en premier lieu, s'il est en vue et à portée d'êtie salué. Ces dispositions ont été confirmées par décret de la S. Congrégation des Rites du 3 octobre 1699.

Si l'on ne fait pas d'entrée solennelle, et que chacun se rende au Chœur isolément, en arrivant on fait la révérence convenable à l'autel ; puis, lorsqu'on est à sa place, on se met à genoux quelques moments. Si quelqu'un arrive après que l'Office est commencé, il se conforme aux dispositions précitées du Cérémonial des Evêques, et, en arrivant à sa place, il prend aussitôt la position du Chœur.

(2) Voici le texte même du décret (S. R. C. declaravit ) : Non esse genujlectendum, ne sacra quibus assislunt per actum privalum in^ terruinpantur ; sed, ad evitandum scandalum quod in populo et ads^ tantibus causari posset ob non genujiexionem , esse omittendam puisaiionem campanulœ in elevatione Sanctissimi in dictis Missis privatis. On df^vra donc veiller à ce qu'en pareil cas ce dernier point soit fidèlem*jnt observé, et on ne laissera point sonner aux Messes privées pendaut qu'un Office se fait au Chœur.

PART. 1, CHAP. ïï, ART. ÎU

gation a récemment commandé d'obéir au Maître des cérémonies en tout ce qui regarde ]e culte divin (4 juin 1817) (l).

4. Dans les Messes chantées, on est debout depuis le moment où le Prêtre monte à l'autel, jusqu'à ce qu'il ait dit le Kyrie avec ses Ministres ; depuis le moment où il commence le Gloria in excelsïs, jusqu'à ce qu'il soit assis ; pendant qu'il chante les oraisons; pendant que ]e Diacre chante l'Evangile (et à la suite on re&te debout jusqu'à ce que le Célébrant ait terminé le Credo)-^ pendant que le Prêtre chante Dominus vobiscum et Oremus pout rOlFertoire ; pendant qu'on fait l'encensement du Chœur ; pendant que le Prêtre chante la Préface (et alors on reste dans cette position jusqu'à ce (^u'il ait fini de dire le Sanctus avec ses Ministres) ; depuis Télévation jusqu'à la communion inclusivement; pendant la postcom'iiunion, et depuis lors on e^t debout jusqu'à la fin de la Messe (2).

(1) Voici le texte du décret: Capitulares omnes teneri obedire cC' remoniarum Magistro in Us qaœ divinum cultum respiciunt, eumdemque in sui muneris exercitio esse Capitularium directorem, non fa" mulum,

(2) Nous avons à taire plusieurs observations sur cette position du Chœur :

1^ Lorsqu'on est debout, quelquefois les deux côtés du chœur restent tournés vis-à-vis l'un de l'autre: ceux qui sont placés au côté de l'épître regardent ceux qui sont du coté de l'évangile et réciproquement ; c'est ce qu'on appelle être tourné en Chœur. D'autres fois on se tourne vers l'autel, vers le Célébrant, etc. Quoique, selon Bauldry, l'usage des Eglises détermine les moments où l'on doit se tourner vers l'autel, cependant, à raison d'un certain besoin de l'uniformité, nous voulons donner ici les pratiques qui nous paraissent les mieux fondées sur ce point. On se tourne vers l'autel quand le Prêtre entonne le Gloria in excelsis Deo et le Credo, quand il chante Dominus vobiscum, Oremus, les oraisons et la préface, à moins qu'alors on ne fasse l'encensement ; et pendant tout le temps qu'on est debout depuis la préface jusqu'à la communion, à moins qu'on ne*chante au Chœur. A l'Evangile, on est tourné vers le Diacre qui le chante. A la bénédiction de la fin de la Messe, on se tourne vers le Prêtre ou l'Evêque qui la donne ; et quand c'est l'Evêque, tous se mettent à genoux, à PexcepTion des Chanoines. Dans les autres circonstances, lor-squ'on est debout, on demeure tourné en Chœur ; ce qui arrive ; 1^ du moment où le Prêtre monte à Tautel jusqu'à ce qu'il ait fini de dire le Kyrie ; 2^ pendant qu'il récite à l'autel le Gloria et le Credo ; 3^ pendant qu'on chante au Chœur le Sanctus, V^gnus Dei,

DE LA TENUE AU CHŒUR

5. Le Clergé doit être à genoux : depuis le commencement de la Messe jusqu'à ce que le Prêtre monte à l'tiutel ; pendant que le Diacre chante Flectamus genua, se relevant quand le Sous-Diacre dit Levate ; lorsque le Sons-Diacre chante dans l'Epître ces paroles : In nomine Jeau omne genuflectatur, jusqu'à Infernorv/m inclusivement; au verset Adjuva nos, lorsqu'on le chante pendant le Carême ; au verset Ve?n, sanate Spiritiis, de la Pentecôte ; quand on chante Verhum. caro fa cium est, et V Incarnatus eòt du Credo, aux Messes de Noël et de l'Annonciation''de la bienlieurense Vierge Marie (si la fête de l'Annonciation est transférée, on ne se met à genoux que in die translationis tantum («S*. Congrég, des R. 16 juin 1663) (1); depuis le *S'«?2d^^ 5 jusqu'à l'élévation (2); pendant la comnuniion du Clergé, après que le Célébrant a dit Indidgentiam (S. C. R. 21 mars,

ou toute autre chose : 4^ pendant tout le tenaps qu'on fait l'encensement du Chœur.

2^ l'Auteur veut qu'au Sanctus on soit debout seulement jusqu'à ce qu'il soit entièrement récité à l'autel, et qu'on se lève aussitôt après l'élévation. Ces dispositions sont, en effet, en tout conformes au Cérémonial des Evêques. Aussi, en Italie, on ne donne pas de signe avec la clochette avant la consécration ni avant le Pater. En France, du moins dans quelques églises, un usage contraire est établi : on se met à genoux immédiatement avant la consécration et on se relève immédiatement avant le Pater ; dans ces deux circonstances, la clochette donne le signal. C'est à POrdinaire de chaque lieu d'examiner si l'on peut regarder cet usage comme une de ces pratiques immémoriales et louables que certaines églises peuvent conserver : ''S. R. C. declaravit" : Librum cceremonialem immemorabiles, et laudabiles consuetudines no a toile re (11 juin 1605).

(1) C'est-à-dire que, ces jours-là, tous, même ceux qui sontparati, même le Célébrant et ses Ministres, doivent se mettre à genoux; car c'est une règle générale consacrée par le Cérémonial des Evêques (lib. II, cap. VIII, n. 53), qu'à toutes les Messes tous ceux qui ne sont pas en habits sacrés doivent se mettre à genoux au verset Et incarnatus est; et ces dispositions regardent même ceux qui chantent et qui dirigent le Chœur, ainsi que la S. Congrégation des Rites l'a déclaré le 10 mars 1738. Lors donc qu'on chante Et incarnatus est, tous ceux du Chœur fléchissent les deux genoux, avec inclination de tête, et demeurent dans cette position de respect jusqu'à Homo factus est inclusivement (S. R. C, 23 mai 1846)

(2) Dans quelques églises, on ne se met à genoux qu'immédiatement avant la consécration, et on y reste jusqu'au signal donné avec la clochette avant le Pate,r. Nous avons donné les raisons de cette pratique dans une note préfrédente.

PART. I. CHAP. IT, ART. II

1711) (1). Alix Messes des fériés de l'Avent, du Carême, des Quatre-Tenips, des Vigiles, soit qu'on jeûne ou qu'on ne jeûne pas, aux Messes des morts, on se met en outre à genoux pendant les collectes, depuis le Sancius jusqu'au Pax Domini inclusivement, et pendant lis postcommunions. On excepte la veille de Pâques, celle de la Pentecôte, celle de Noël, et les Quatre-Temps de la Pentecôte (Ruhr,, Miss., part, ii, tit. xvii, n. 3 et 5).

On est assis et couvert tout le temps qu'on n'est pas debout ou à genoux (2).

On doit se découvrir toutes les fois qu'il faut se lever (3) 5 toutes les fois qu'on est salué par les Ministres

(1) Nous n'avons pas trouvé ce décret; mais en voici un du 11 mars 1684 : Canonicos paratos semper tempore sacrœ coinmunionis generalis in genua provolulos mansisse. Ces dispositions sont à plus forte raison applicables à ceux qui ne sont pas parati.

(2) On est donc assis : 1^ depuis le moment où le Célébrant a fini de réciter le Kyrie avec ses Ministres, jusqu'à ce qu'il entonne le Gloria Ì7i exceìsis ou chante Vominus vobiscum ; 2^ pendant le chant du Gloria et du Credo, après que le Célébrant les a récités à l'autel, observant de ne s'asseoir qu'après que le Célébrant est assis luimême, et de se lever à la fin lorsqu'il se lève lui-même ; 3^^' depuis le commencement de l'offertoire jusqu'à la préface, ou jusqu'à ce que le Diacre vienne au chœur faire l'encensement ; 4" depuis la communion jusqu'à Dominws î;oôzscw?/i qui précède la postcommunion. Il faut avoir l'attention de ne s'asseoir qu'après la communion, et, s'il y a communion du Clergé ou des fidèles, seulement après que le saint ciboire est renfermé dans le tabernacle.

Relativement à ce qui est de s'asseoir, il se présente une difiiculté assez sérieuse à raison des stalles des églises de France. Le Cérémonial romain suppose toujours des bancs. Dans les églises où l'on s'en sert, comme en Italie, rien n'est plus simple que de suivre ses prescriptions à la lettre. Mais en France, pour s'asseoir, faut-il que la stalle soit abaissée ? ou suffirait-il, lorsque le siège est relevé, de s'appuyer sur la miséricorde i Dans beaucoup d'églises on n'abaisse le siège que pendant l'épître, et dans toutes les autres circonstances où l'on doit être assis, c'est seulement sur la miséricorde qu'on s'appuie. Cette manière d'appliquer les règles du Cérémonial a de graves inconvénients : 1<^ on ne voit pas sur quoi l'on se fonde pour distinguer deux manières de s'asseoir, et déterminer les moments où l'on adoptera l'une plutôt que l'autre; 2^ lorsqu'on est seulement appuyé sur la miséricorde, on n'est point véritablement assis, on est plutôt debout ; 3*^ il suit de là que la différence des positions n'est pas assez marquée. Nous croyons que, toutes les fois que l'on doit s'asseoir, il faut le faire sur le siège abaissé.

(3) En règle générale, on est couvert toutes les fois qu'on est assis, et seulement quand on est assis. On s'assied avant de se couvrir, et on se découvre avant de se lever.

DE LA TENUE AU CHŒUR

sacrés de l'autel ou par quelques autres qui entrent au chœur ou qui en sortent, afin de leur rendre le salut (1), et enfin toutes les fois qu'il faut faire quelques inclinations. Dans toutes ces circonstances on se découvre en ôtant la barrette seulement. On doit aussi ôter sa calotte lorsqu'on est encensé. Ce point a été décidé par la S. Congrégation des Rites le 25 novembre 1665.

7. Pendant la Messe on doit s'incliner au Gloria Patri jusqu'à Sicut erat exclusivement, lorsqu'il est chanté pir le Chœur ; au très saint nom de Jésus, à celui de Marie, à celui du Saint dont on fait l'Ofiice ou bien mémoire, à celui du Souverain Pontife 5 pendant le Gloria

in excelcis, à ces paroles : Jldoramus te, Graiias agi-

mus tibi Jesit Chrisie Suscipe deprecationem nos-

tram] pendant le Credo, à celles-ci: Jesum Chris-

tum Simul adoraiur ; pendant la préface, Graiias

agamus Domino Deo nostro. Toutes ces inclinations sont de tête seulement. On s'incline profondément pour recevoir la bénédiction du Célébrant à la fin de la Messe.

8. Quand c'est le temps de chanter, tous doivent chanter, mais en s' accordant bien, sans élever ou baisser la voix les uns plus que les autres. Et lorsque quelqu'un ne peut pas accorder sa voix au ton du Chœur, il vaudrait mieux qu'il se tût que de détonner. On doit aussi prendre garde d'aller plus vite ou plus lentement que les autres, et faire en sorte de former avec eux un ensemble parfait, tant pour la prononciation des mots que pour la justesse de la note. Il faut donc écouter attentivement ceux avec qui l'on chante, afin de se tenir toujours d'accord avec eux.

!I3= 9 Tout, le Clergé fait le signe de la croix à la fin du Gloria in excehis, lorsqu'on chante au Chœur les paroles In Gloria Dei Patris : à la fin du Credo, à celles Et vitam venturi sœculi ; et à la fin du Sanctus à Benedidus qui venit, etc. (S. Congr. des Rites, 3 octobre 1851).

(1) On rend le salut toujours aux Ministres sacrés de Pautel et à ceux qui sont d'un ordre supérieur ou d'un ordre égal (Cœrem. Ep. lib. I, cap. xviii, n. 5). L'Evêque lui-naême répond au sahit des Chanoines, en les bénissant, nriais saos se découvrir. {Déc, S. Coup-des R,, 10 Januar. 1604). Les Chanoines n'ont pas de salut à rendre à aux d'un ordre inierieur qui salueraient en entrant au chœur (terem. Ep.j lib. i, cap. xviii, n. 6).

PART. I, CHAP. II, ART. lî.

10. Au mot nobis des trois Agnus Dei y tout le Clergé se frappe îs poitrine (décret du même jour).

13 . Quand le Sous-Diacre porte la paix au premier du Chœury celui-ci lui fait d'abord une inclination de tête 5 puis, mettant les mains sous les coudes du Sous-Diacre^ en même temps que le Sous Diacre met les siennes sur les épaules de celui à qui il porte la paix (1), ils approchent mutuellement la joue gauche : le Sous-Diacre dit : Pac& îecum ; celui qui reçoit la paix répond : Et €um spiritu iuo, fait de nouveau une inclination au Sous-Diacre, puis, se tournant vers son voisin, il lui donne la paix de la même manière qu'il l'a reçue ; cet autre k donne également à son tour à un troisième, etc.

12. Ceux qui sont au chœur doivent toujours s'y tenir dans le silence, avec modestie et recueillement^ se gardant bien de tout ce qui pourrait marquer de la légèreté ou, quelque défaut de respect, comme il arriverait si on lisait des lettres, si l'on causait ensemble, si l'on s'offrait du tabac l'un à l'autre (2), si l'on avait les yeux peu retenus et qu'on les tournât de tous côtés, si l'on se croisait les jambes, si l'on se tenait couché sur son siège, etc. Puisque le Concile de Trente veut que tous les Ecclésiastiques montrent une gravité religieuse dans toutes leurs actions, même sur les places publiques

(1) Il y a e2:ception quand il s'agit d'un Prélat: eelui qui lui donne la paix ne met point les mains sur ses épaules.

(2) Urbain VIII {BulL Cum Ecclesia, SOjanuar, 1641) a interdit tout usage du tabac dans les églises du diocèse de Séville; il Fa même défendu sou.s peine d'excommunieatioa iyso facto aax Prêtre» de ce diocèse lorsqu'ils célèbrent le saànt Sacrifice. Deux Conciles^ tenus, l'un à Lima et l'autre à Mexico, et qui ont été toïis deux approuvés à Rome, ont détendu très-sévèrement d'en prendre avant la Messe. Il faut avouer que ces sévères prohiMtions n'ont pas été faites seulement à cause des ineonvénieMs qu'offre en Imi-mème l'usage du tabac, mais encore à raison de ce qu'avait d'odieux et de choquant une pratique qui était surtout celle des soldats ou de gens trop peu honorables. Aujourd'hui ces raisons n^ont plus la même force, et les ordonnances en question ne font pas loi pour nous ; néaiimoias il est bon de se les rappefer pour régler sagement sa conduite sur ce point. On doit au moins sentir combien il serait inconvenant que le tabac devînt un lien de politesse frivole et mondaine, dans un temps et un; lieu où l'on parle à Dieu au nom de l'église, et où l'on doit éviter avec le plus grand soin tout ce qui peut distraire de ce grave et sérieux exercice, et présenter aux fidèles ua sujet de mauvaise édifica—

DE LA. TENUE AU CHŒUR

et dans les mes, Mil nisi grave, moderatum, ac religione plenmn prœ se feranf, ils doivent comprendre combien ces recommandations leur sont plus applicables quand ils sont au chœur pour le service actuel et direct de la divine INInjesté.

ARTICLE m.

Dispositions intérieures pour bien assister au Chœur.

13. Intention pure. Il faut apporter au chœur l'intention droite de faire cet acte de religion uniquement pour la gloire de Dieu, sans intérêt personnel, sans vaine complaisance. On ferait preuve d'être mû par ces indignes motifs, si l'on venait au chœur volontiers quand il y a quelque émolument, et qu'on s'en absentât facilement lorsqu'il n'y en a pas ; si l'on faisait bien son Otîice lorsqu'on est vu des hommes, et qu'on le fit d'une manière défectueuse lorsqu'on n'en est pas observé.

14'. Prévoyance de ce qu'ion doit faire. Elle est nécessaire pour prévenir les inadvertances qui donnent lieu à beaucoup de fautes. Avant donc d'aller au chœur, il faut prévoir à l'avance son Office, lire les instructions qui le concernent, ou se les remettre à l'esprit par un instant de recueillement sérieux, et même dans le chœur, lorsqu'on n'est pas occupé, lorsqu'on est assis, par exemple, se dire : Après ceci f aurai à faire cela, et cela se fait de telle et telle manière. Par ce moyen, rien ne sera imprévu, et toutes choses se feront bien.

15. Attention. Il iaut avoir l'esprit sérieusement appliqué à ce qui se fait, et ne pas s'occuper de pensées étrangères, qui, même en les supposant bonnes de leur nature, en cette circonstance ne viennent pas de Dieu, mais d'un principe mauvais, puisqu'elles tendent à nous distraire du bien qui doit se faire actuellement. Ce qui vient bien en aide pour maintenir cette attention, c'est la présence de Dieu et le soin d'accompagner de l'esprit ce qui se dit ou ce qui se fait, en tâchant de comprendre le sens des paroles et de conformer les affections de son cœur aux sentiments qu'expriment les paroles, conformément au bel enseignement que nous donne saint Augustin dans sa glose sur le psaume 10 : Si orat psal-

PART. I, CHAP. II, ART. IV

mus, orate ; et si gémit, gemile ; et si timet, iimete. Omnia enim, quœ hic conscripta suiit, spéculum nostrum sunt. Et ce que saint Augustin nous dit qu'il faut faire en chantant les psaumes, nous devons le pratiquer dans tout ce que l'on récite ou ce que l'on chante, soit à la Messe, soit en tout autre Office.

16. Dévotion, Elle a pour effet de nous donner le goût intérieur des saints exercices de la religion : ils en manquent certainement, ceux qui s'en acquittent négligemment et avec ennui ; c'est sur eux que tombe cet anathème de Dieu : ÂMedictus homo qui facit opus Dei fraudu tenter,

ARTICLE IV

De P Ordre guHlfaiit garder pour la sainte Communion,

17, Après que la paix est distribuée à tous ceux du Chœur, ceux qui doivent communier, laissant leur barrette, s'en vont au milieu, deux à deux, les mains jointes, se mettent à genoux, s'inclinent pendant le Confiteor y se frappent la poitrine, etc. Les Ministres sdicrès, parati, qui assistent le Célébrant, se présentent les premiers à la communion, ainsi que les autres Prêtres, s'il y en a (1). Ceux-ci portent l'étole de la couleur du jour ; et s'ils sont Prélats, ils la portent çur la mozette ou la manteletta ; ensuite viennent les Acolytes (2). En même temps que ceux-ci descendent des deux côtés de l'autel, les deux Clercs qui doivent communier immédiatement après eux montent aussitôt au milieu d'eux, ayant auparavant fait la génuflexion in piano ; et quand

(1) L'Auteur suppose que les Ministres sacrés sont Prêtres, puisqu'il ajoute: ainsi que les autres Prêtres; mais lors même qu'ils ne seraient pas revêtus de ce caractère, nous croyons qu'ils devraient encore recevoir la communion les premiers, ratione paramentoruin (16 mars 1700).

(2) Sous cette dénomination, on comprend tous les Clercs qui servent à l'autel. On veut qu'ils reçoivent la communion avant ceux du Chœur. Un décret de la S. Congrégation des Rites, quoique donné pour des circonstances particulières, semble, en effet, prescrire cette pratique : In casu prœdido Ministrum Sacrifica, non ratione prœeminentiœy sed ministerii prœferendum esse cœteris quamvis digniorihus (die 3 jul.1658). Les chapiers, toutefois, feraient exception, et recevraient la communion avant les Ministres non parati.

DE LA TENUE AU CHŒUR

ils sont descendus, ils font de même la génuflexion très posément, en ligne droite avec les deux qui suivent, ceux-ci toujours au milieu, et ceux qui suivent font de même (1). Tous reçoivent la communion sur le bord du marchepied. Après, chacun s'en retourne à sa place du chœur, où, tout en arrivant, il prend la position du reste du Clergé.

Les laïques, s'il y en a pour la communion, la recevront à genoux à la balustrade du chœur, ou sur le pavé au pied de l'autel ; et, enee dernier cas, on descend sur le dernier degré pour la leur donner : ce que l'on fait en commençant toujours par le côté de l'épître.

18. On observe le même ordre lorsqu'on va recevoir les cierges bénits, les cendres, les rameaux, baiser les saintes reliques, et en autres circonstances semblables : alors chacun porte à la main sa barrette, et personne ne garde de calotte sur la tête ; on baise d'abord le cierge ou le rameau bénit, ensuite la main de celui qui le donne.

ARTICLE V

De la Sortie du Chœur

19. Personne ne doit sortir du chœur sans nécessité ; et, lorsqu'elle se rencontre, celui qui en sort se rend d'abord au miheu, où il fait la génuflexion \ puis il salue

(1) Il est important de bien comprendre cette cérémonie, pour ne pas trop prolonger la communion du Clergé lorsqu'il est nombreux. Aussitôt donc que deux Clercs ont communié et qu'ils se lèvent pour descendre, les deux premiers arrivés au bas de l'autel, et qui doivent déjà avoir fait la génuflexion, montent au milieu d'eux et prennent leurs places tout de suite, tandis que les deux qui suivent s'approchent de l'autel et font la génuflexion en même temps que ceux qui descendent. Ainsi on fait la génuflexion quatre à quatre, en même temps que deux reçoivent la communion, ce qui fait que le Célébrant la distribue sans interruption. L'Auteur ne dit pas à quel moment ceux qui se présentent à la communion se lèvent, puisqu'ils sont tous à genoux et inclinés pendant le Confiteor. Le texte semble indiquer qu'ils se lèvent de>ix à deux, au fur et à mesure que cela devient nécessaire pour se présenter au pied de l'autel et y faire la génuflexion avec les deux qui en descendent après avoir communié. Cependant, pour plus de facilité et d'uniformité, nous pensons que le Cérémoniaire peut faire lever tout le monde en même temps. Il le faut même pour qu'il n'y ait pas d'interruption.

PART. I, CHAP. II, ART. V

le Chœur, d'abord du côté de l'évangile, et ensuite du côté de l'épître, à moins que le Célébrant ne soit du côté de l'épître ; car alors on devrait commencer par saluer ce côté, et finir par celui de l'évangile (1). jDe même, celui qui entrerait, l'Office étant commencé, après s'être mis à genoux, et avoir fait une petite prière, devrait faire la génuflexion et saluer le chœur, comme nous venons de le dire (2).

Jfota, Il y a des moments de la messe où l'on ne doit ni entrer au Chœur ni en sortir, savoir : depuis le commencement de la Messe, jusqu'à ce que le Prêtre monte à l'autel ; pendant qu'on chante les oraisons, le Gloria

Patri, les versets. Et incarnaius est Veni, sancte Spi-

ritus Mjuva nos. Si quelqu'un se trouvait alors au

milieu du Chœur, il devrait s'arrêter et se mettre à genoux ou se tenir debout, en même position que le Chœur; si c'est au commencement de la Messe, il doit rester à genoux jusqu'à ce que le Prêtre monte à l'autel.

20. Lorsque l'Office est terminé, les Acolytes étant sortis du Chœur, les deux qui occupent la dernière

(1) L'ordre à suivre, dans le salut qu'il faut faire en sortant du chœur comme en y entrant; dépend de la disposition du chœur et des règles établies relativement à celui des deux côtés qui doit être considéré comme le plus digne et salué le premier. Dans les églises paroissiales, on regarde commele côté le plus digne celui où est placé le Curé. Dans beaucoup de cathédrales et de collégiales, c'est le côté du Chanoine de semaine ; et alors, en règle générale, chacun des côtés est alternativement le premier. Un grand nombre de décrets de la S. Congrégation des Rites ont approuvé et comme consacré cette disposition. Dans les lieux où elle est adoptée, il est bon d'avoir ce qu'on appelle la Table du Chorus : c'est une inscription de ce mot CHORUS, que l'on place chaque semaine au côté qui est régardé comme le premier. C'est de ce côté que l'on fait d'abord les saluts, les encensements, etc. Quant à ce que dit l'Auteur, que, lorsqu'on sort du chœur, il faut d'abord aller au milieu et faire la génuflexion, cela dépend encore des dispositions des lieux : si, par exemple, on doit venir à l'autel, passer devant ou auprès, on salue le chœur seulement lorsqu'on est descendu de sa stalle, et on réserve la révérence convenable à l'autel pour le moment où on s'en approchera. Mais si le chœur était partout disposé conformément aux règles du Cérémonial des Evêques, et comme nous le dirons plus tard, la plupart des difficultés relatives aux saluts disparaîtraient.

(2) Il arrive quelquefois qu'à raison de la disposition des lieux, on doit saluer le Chœur avant l'Autel (^Ccerern, Ep, lib. i; cap. xviii, n. 13).

DE LA TENUE AU CHŒUÏU

place, l'un du côté de l'évangile, l'autre du côté de l'épitre, s'en vont aussitôt directement se rejoindre au milieu, font la génuflexion au même endroit, et, s'étant retournés, se mettent à la suite des Acolytes ; tous les autres font de même successivement, et l'on s'en retourne à la sacristie comme l'on est venu (1). En arrivant, ils se partagent, l'un d'un côté, l'autre de l'autre, et forment ainsi comme une aile de chaque côté. Lorsque le Célébrant est arrivé, il les salue tous d^une inclination de tête, à laquelle chacun répond par une autre salutation ; ensuite tous quittent leurs habits de chœur avec modestie et gravité, et en silence.

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