‹ Petit cours de chimie agricole, à l'usage des écoles primairesChapitre 22 sur 116 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

89. Une cendre qui, traitée de la même manière, perdra à peine un dixième de son poids, est présumablement calcaire. On s'en assurera en la niellant en contact avec un acide (eau-forte ou vinaigre très-for!), qui, si la cendre est réellement calcaire, occasionnera une vive effervescence Telle sera la cendre du peuplier d'Italie et de presque tous les arbres.

90. Supposons encore une cendre qui, après avoir été lessivée, n'ait perdu que 1.1 à Jfi °/o de son poids, et qui ne fasse pas fortement effervescence quand on la mettra en contact avec un acide. Elle, ne sera ni alcaline, ni calcaire : que sera-l-elle donc? Qu'on ajoute un peu d'eau à l'acide dont on s'est servi pour essayer s'il y a effervescence; qu'on chauffe, qu'on filtre et qu'on sèche; alors de deux choses l'une : ou la cendre aura perdu les six à sept dixièmes de son poids, et cela démontrera qu'elle est phosphatée, ce qui a lieu si on opère sur la cendre de blé ; ou elle ne perdra que peu à ce nouvel essai, et cela établira qu'elle est silicatée; cas qui se produirait si la cendre provenait, par exemple, de paille de blé *.

91. A quoi peut servir ce que nous venons d'apprendreï Un exemple nous fournira une réponse facile. Nous avons vu (n° 48, à la seconde note) que le trèfle rouge demande beaucoup de potasse et de calcaire, de même que le ray-

1 On iitvive effervescence, parce qu'il s'en produira toujours un peu dans une cendre lessivée; il faut, pour qu'une cendre soit décidément calcaire, qu'elle donne une effervescence très-prononcée.

* l.e maître exercera rintelli^cnci- Hcs élèves en leur faisant remarquer qu'il peut arriver qu'une cendre appartienne à deui des divisions à la l'ois. Ainsi ii est possible qu'une cendre laisse dissoudre d'abord 20 à 25 0/0 de substances aln.iliiies et liLSse, npi-ôs lessivage, une forte effervescence, parce qu'elle renfermerait en outre 20 à 23 0/0 de calcaire; il faudra dire nus Slève* que cette cendre eat alcalimxalcatre, etc.

ÉTUDE DU SOL

grass veut beaucoup de silice. Eh bien, avant de donner de la cendre comme engrais à une (erre deMinée à recevoir du trèfle rouge, n'est-il pas évident que le cultivateur intelligent voudra s'assurer si elle est alcaline et calcaire tout à la fois? N'est-il pas également certain que, s'il veut appliquer de la cendre à une culture de raygrass, il cherchera si elle est silicatée? Enfin, qui ne comprend que donner indifféremment de la cendre de, paille au trèfle rouge, ou delà cendre de peuplier d'Italie à dù ray-grass, c'est aller au rebours du bon sens, et faire ce que ferait le père qui donnerait à manger à son enfant qui aurait soif, et à boire à celui qui aurait faim?

92. On le voit donc, la chimie est plus utile à l'agriculteur qu'on ne le croit généralement, et ce n'est pas pour lui perdre son temps que de chercher à se rendre compte de ce qui se passe chaque jour sous ses yeux.

SECTION VI

Propriété» physique* de* terre» amble*.

93. Bien que la chimie s'occupe principalement de l'action des corps les uns sur les autres, elle ne peut pas, en traitant de l'agriculture, s'empêcher de donner quelques notions sur d'autres propriétés inhérentes à la substance du sol, et qu'on appelle physiques 1 , propriétés qui contribuent puissamment à ses mérites ou à ses défauts.

1 On entend \mv propriétés physiques la faculté qu'ont les corps de se modifier traiisitoirement sans rien changer ni à leur nature ui à leur composition. La propriété qu'a l'eau de passer à l'étal de vapeur est une propriété physique, puisque la vapeur ne diffère de l'eau que par son état ; la vapeur une fois liquéfiée redevient eau. La force avec laquelle la terre retient l'eau est encore une propriété physique*

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