TROISIÈME PARTIE
céréales; mais elles y trouvent moins l'azote et l'acide phosphorique que contiennent ces deux litières, et qui sont les éléments de ia bonne nourriture des végétaux. Il faut donc bien se garder d'imiter la vieille routine, qui conseille de brûler la paille du sarrasin ; car 100 kilog. ne rendent guère que S kilog. de cendres, contenant plus de 1 kilog. b00 de chaux carbonatée, et à peine 500 grammes d'alcalis. Mis a faire du fumier, ces 100 kilog. en auraient produit ISO qui eussent servi à fumer un demi-are. Qu'est-ce, en comparaison, que quelques poignées de cendres l l
J35. Dans quelques pays on brûle le chaume de seigle après l'avoir laissé paitre par les animaux. En principe, c'est une mauvaise pratique. En général toute paille rend plus quand on la fait servir de litière, parce que tous ses éléments rentrent dans le sol. Au contraire, quand les animaux l'ont mangée, nous savons qu'une partie de leur nourriture revient à l'air par la transpiration et la respiration *.
136. Les pailles ne servent pas seules à faire des litières; on utilise aussi la bruyère et le genêt. C'est bien, parce que ces plantes sont très-azotées 3 ; mais leur dureté est un obstacle à leur prompte transformation en fumier. La meilleure manière est de mêler ces litières
i En brûlant une paille, on convertit en fumée tout ce qui eût produit de l'humus, si on en eût fait du fumier. Ce qu'on dit ici de la paille de sarrasin peut s'appliquer à toutes les autres.
* On peut cependant faire exception pour la paille d'avoine, que les animaux mangent avec plaisir, et qui est si riche en matières grasses, qu'aucun fourrage (foin, trèfle, ciioui, betteraves, et à plus forte raison les fanes de celles-ci) ne peut lui être comparé. ,
3 Selon M. Girardin, 7,000 kilog. de feuilles de bruyères sèclies et 10,000 kilog. de genêt [tiges et feuilles) équivalent à 30,000 kilog. de fumier ordinaire.
□ igilized b'/ Cl
AMÉLIORATION DES SOLS
encore fraîches (hachées ou écrasées si on le peut) aux pailles ordinaires. Voici la manière de procéder : on creuse de 50 centimètres Je sol des étables, on y met 20 centimètres de bruyère ou de genêt, et par-dessus une litière de paille Quand celle-ci est bien imprégnée d'excréments on en met une seconde, et quand il y a nécessité d'enlever toute cette paille on remet une nouvelle couche de 20 centimètres de bruyère ou de genfit; ainsi de suite jusqu'à ce que la position du bétail devienne gênante. Alors on enlève tout l'engrais de bruyère et de genêt; on le met en tas, en ayant soin de l'entremêler de couches de fumier ordinaire. Ce procédé peut aussi être appliqué à beaucoup de débris de plantes, dont la plupart sont assez riches en azote pour être utiles à la culture *.
137. I.a tourbe, qui nuit à l'agriculture dans son état naturel, devient un bon engrais quand elle est employée
1 La partie liquide des incréments est ainsi moins vite absorbée par la paille, et celle-ci reste plus longtemps bonne comme litière.
1 Voici un état de l'azote contenu dans les divers débris de plantes qui peuvent servir de lilière :
Aiota rar 100.
Feuilles de poirier 1,36
— de hêtre 1,17
— de chêne 1,17
Buis (rameaui et feuilles). ... 1,17
Balles de froment 0,85
Paille de colza 0,75
Feuilles d'acacia 0,72
Sciure de chêne (sèche). . . . 0,54
Feuilles de peuplier 0,53
Gazon des prairies 0,53
Titres de topinambour 0,37
Sciure d'acacia sèche 0,20
— de sapin sèche 0,16
Titoi.-uLuE l'AnriE.
CDmrae'litièreJ ICIle est spongieuse et absorbe bien les excréments; elle contient en outre beaucoup d'humus et même ile l'azote. On peut donc s'en servir avec avantage comme litière, car cet usage corrige ses défauts; Il faut seulement y ajouter G à 7 kilogrammes de bon noir animal par 1,000 kilog.
138. Quelques agriculteurs ont même essayé de mélanger directement la tourbe avec du fumier d'écurie (dans la proportion de 3 parties de tourbe et i de fumier) et prétendent avoir obtenu de ce mélange un engrais presque égal à un fumier ordinaire. Une telle pratique peut Ctre bonne; mais il vaut mieux eu tout cas employer la tourbe comme litière, après l'avoir fait d'abord sécher à l'air.