TROISIÈME PARTIE
il y a de nombreux moyens de les désinfecter. Sans expliquer ici comment certains sels décomposent et fixent les sels ammoniacaux (dont l'azote est l'élément principal), nous dirons que la couperose verte (sulfate de fer) est employée avec un grand succès pour désinfecter les fosses de vidanges, ainsi que nous l'avons déjà vu ci-dessus (n° 126).
160. A cet effet on dissout, dans 10 litres d'eau environ, 5 kilogrammes de couperose (dont le prix est de 1è> à 20 centimes ie kilog.), et on verse dans la fosse environ 90 grammes, par personne et par jour, de cette solution, soit jour par jour, soit pour plusieurs jours à la fois. Une ferme de dix personnes dépense ainsi en une année environ 36 francs de couperose pour s'assurer un engrais égal à 5,000 kilog. Un moyen encore plus simple consiste à jeter de temps à autre dans ia fosse aux vidanges du poussier ou des débris de charbon. L'engrais qu'on obtient ainsi est inodore et des plus efficaces.
161. Les cultivateurs établis aux portes des grandes villes apprendront, par ce qui précède, combien est avantageux l'emploi des urines, que quelques industries savent déjà réunir et vendre à bon prix. La manière de s'en servir est bien simple : on ajoute, selon la force de l'urine, de 3 à 4 barriques d'eau pour une. Cet engrais est répandu dès le printemps sur les prairies artificielles ou sur les prairies naturelles, au moyen d'un tonneau muni d'une pompe d'arrosoir. Les pommes de terre ainsi traitées, soit après la plantation, soit avant le buttage, les laitues et ies choux (surtout dans les sols légers et sablonneux), donnent quelquefois des récoltes monstrueuses. Il faut de 100 a 400 hectolitres d'urine par hectare ; et dans beaucoup de villes le prix de l'hectolitre n'excède pas 25 centimes.
162. Les céréales, au contraire, ayant besoin de silice (pour former leurs tiges), et n'en trouvant pas dans l'urine, cet engrais ne leur convient point. Aussi voit-on
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les récoltes qui ont été fumées par ce- procédé verser, parce que l'engrais-urine a fait exclusivement développer leurs feuilles et leurs graines. Il n'en serait pas de même si l'on associait l'urine au fumier, de façon qu'une fumure complète se composât de moitié l'un et de moitié l'autre
163. Au commencement de notre siècle, on signala en Europe une substance nommée kuano ou guano, employée au Pérou et au Chili pour fumer les terres. Cette substance, qui se trouvait dans certaines îles des mers du Sud, paraissait être. formée d'excréments d'oiseaux, et il y en avait des amas de 20 à 30 mètres d'épaisseur.
164. Il n'y a que quelques années à peine qu'on a commencé à importer le guano en Europe, et déjà l'Angleterre en consomme par an plus de 150 millions de kilog. La France aussi a adopté le guano, mais dans de bien moins grandes proportions ; cependant il est assez connu chez nous pour qu'il soit inutile d'insister sur ses qualités fertilisantes.
165. Le guano est composé de phosphates et de matières animales -, c'est-à-dire contenant beaucoup d'a-
1 II est superflu sans doute de rappeler au maître que la céréale trouverait dans le fumier la silice dont a besoin sa tige, et dans l'urine l'azote et l'acide phosphorique si essentiels à sa graine. 11 saisira cette occasion pour faire remarquer à ses élèves que nul engrais ne peut indéfiniment remplacer le fumier (Têtahle. Tous les. autres ne sont que ses auxiliaires, en lui apportant spécialement tel ou tel principe fertilisant. Le fumier, au contraire, s'il ne contient pas en abondance la substance qui convient le mieui à une plante ou à une autre, en renferme du moins un peu de toutes. De plus, il apporte au sol, plus qu'aucun autre engrais, l'humus qui est si essentiel à la boune croissance des plantes.
* La fraude, qui s'empare de tout, a tellement falsifié le guano qu'on ne pourrait dire au juste comment sont composés ceui qu'on trouve dans le commerce. Il faut reconnaître aussi que tous va-