TROISIÈME PARTIE
par une trop grande sécheresse, il sera peu efficace, puisque l'eau n'entraînera pas jusqu'aux racines des plantes les sels ammoniacaux, c'est-à-dire les principes actifs. De môme, si on le donne à un sol très-léger, par un temps tres-pluvieux, l'eau le dissoudra sans doute, mais elle ne fera que traverser le sol et l'entraînera loin de la plante à laquelle il était destiné.
168. Règle générale : Il faut, quand on répand le guano sur une culture, choisir une saison moyennement humide. Quant à la quantité qu'en demande un hectare de terre qui a reçu une demi-fumure de fumier d'étahle, on l'évalue généralement à 200 kilog., pourvu qu'il soit mêlé à une quantité égale de plaire ou de sel.
169. Cette difficulté a fait rechercher les moyens de rendre l'action du guano plus lente, c'est-à-dire de diminuer sa tendance à se dissoudre facilement dans l'eau. En Angleterre, on y mêle un cinquième de son poids de charbon en poudre ; en France, on y ajoute moitié de son poids de plâtre Ou a ainsi étendu à deux années l'influence du guano.
170. On a aussi conseillé le sel ordinaire comme moyen de retenir plus longtemps l'azote du guano. 11 parait que cet engrais, mêlé à un poids de sel égal au sien, prolonge beaucoup son action. Quelques fermier» pourraient être tentés de mêler aussi de la chaux au guano. Ce serait la plus mauvaise chose qu'on pût faire *.
> Le sulfate d'ammoniaque est moins soluble que les autres seU ammoniacaux; or le plâtre fait passer à l'état de sulfate d'ammoniaque les sels ammoniacaux du guano. — Le charbon agit autrement : ce corps a la l'acuité d'absorber les gai; il condense donc le carbonate d'ammoniaque et ne Le cède aux plantes que peu à peu.
! En effet, la chaui se substituerait à l'ammoniaque des sels ammoniacaux et forcerait celle-ci à se dissiper dans l'air, perdant
AMÉLIORATION SES SO\£
171. Il importe enfin de bien comprendre que le guano ne peut remplacer le fumier, ainsi que nous l'avons déjà dit pour l'urine (n° 462, à la note). Il complète celui-ci, et il ne faut rien lui demander déplus. N'est-ce pas déjà beaucoup pour un pays comme la France, qui généralement n'a pas assez de fumier, que de lui fournir le moyen de faire de suite ce qu'on ne pouvait autrefois espérer faire que par une longue suite d'années? Pour avoir beaucoup de fumier, il faut beaucoup de bétail, et pour avoir beaucoup de bétail, il faut beaucoup de fourrage. Mais comment un fermier peut-il obtenir beaucoup de celui-ci sans fumier, si ce n'est par le guano 1 ?
ainsi presque toute la valeur de cet engrais. Il en est de même si on mêle de la chaux à un engrais qui a commencé à fermenter. Ceci est essentiel à noter. — 11 serait à désirer que le maître pût Taire cette expérience devant les élèves. 11 suffit, pour cela, de mêler dans un verre à pied une cuillerée de guano et une cuillerée de chauï délitée. Immédiatement il se dégagerait de l'ammoniaque, ce dont il serait facile de s'assurer en faisant sentir l'odeur du mélange ou en mettant au-dessus du verre une plume dont les barbes seraient mouillées avec du vinaigre. Il est d'une importance pratique de graver dans les esprits des jeunes agriculteurs que la chaux chasse l'ammoniaque des fumiers fermenté», mais au contraire la fixe dans les fumiers frais, en empêchant ceux-ci de fermenter. On peut donc mêler de la chauxà de l'urine récente, et il serait très-nuisible de la mêler à de l'urine fermenlée.
1 II faut insister sur ce point, qui est de nature à donner aux élèves l'habitude de réfléchir. Pour augmenter laproduction du fumier dans une ferme, il faut tout un changement dans les assolements, une espèce de révolution que peu d'agriculteurs oseraient tenter. L'usage du guano permet d'augmenter les récoltes, et partant le fumier, sans rien changer. On insistera aussi sur le mode d'agir de cet engrais ajouté au fumier. Celui-ci, dès qu'il est enfoui dans la terre, agit sur les plantes en leur cédant ses principes assimilables; mais cette première action, très-vive, Fait bientôt place aune plus lente, parce qu'il faut que les principes non encore défi