TROISIÈME PARTIE
172. Le guano est souvent fraudé, el il peut arriver, tant cet engrais est puissant, que, même fraudé, il donne de bons résultats. C'.est donc avec raison que l'autorité a établi, pour cet engrais notamment; des services de surveillance. En général, il ne faut en acheter que chez les marchands qui annoncent la composition de celui qu'ils vendent, et mieux encore chez ceux dont la réputation est a l'abri du soupçon
173i. Lo'guano étant formed'eïcréments d'oiseaux, on, pourrait penser que l'engrais des poules (dit poulette) et celui des pigeons (dit colombiné) sont aussi puissants, que lui. Il n'en est rien cependant, et cela vient probablement de ce que la poulette (nous ne parlons pas de la colombiné, qui devient de plus en plus rare par la suppression des colombiers, tandis que la poulette augmente de jpur en jour) contient 70 kilog, d'eau pour 100 kilog. Toutefois cet engrais est aussi trc&-puissant, mais il en faut beaucoup plus que de guano. Pour l'orge, il en faut de 10 a 20 keclolitres par hectare; et en: Flandre, on an emploie jusqu'à 2,500 kilog. parhectare> pour produire les belles récoltes de lin.
composés deviennent peu à peu aptes à être absorbés par les racines. En donnant alors du guano à la terre, c'est, comme si on remplaçait soudain les principes actifs, qui ont été d'abord, absorbés, par d'autres principes également fertilisants. De là son action puissante : il continue ce que le fumier.a commencé.
i II peut être bon que le maître fasse comprendre à ses élèves l'une des fraudes les plus difficiles à découvrir. Les analyses du guano expriment des proposons prises sur des échantillons desséchés au bain-marié. Or certains marchands closent leur guano à l'humidité et lui font absorber de 12 à 15 u / 0 d'eau. C'est une fraude qui échappe au contrôle. Aussi il importe de n'acheter que du guano bien sec el de stipuler avec le vendeur qu'il livrera du guano du Pérou; car celui-ci contient généralement 14 % d'azote, et mieui vaut payer plus cher un guano sec et riche en azote, que bon marché un guano humide et pauvre de cel élément.
AMÉLIORATION DES SOLS
174. La poulette est'raremertt mélangée avec d'autres engrais. Pour l'employer On la mêle à du terreau {ou à de la iterre) et on la répand sur le sol par un temps sec et ealme. Souvent on la sôme en couverture, après hersage de'k semence; mais, en général, s'il ne pleut pas peu de temps après qu'on l'a répandue, on n'obtient pas de très-bons résultats. Par Une longue -sécheresse, elle brûle les récoltes.
175. Les poulaillers ne sont pas, en général, beaucoup mieux tenus que les étables. Le plus souvent on les'laisse six mois ou un an sans être nettoyés; la fermentation qui s'y développe affaiblit la puissance de' l'engrais, et il s'y engendre des insectes qui tourmentent -la volaille. Il faudrait les nettoyer souvent et mêler avec du plâtre les excréments qu'on en retirerait ; ou bien encore les recouvrir toutes les semaines d'une couche de terre criblée, dans laquelle la fiente s'incorporerait, ce qui retarderait de beaucoup la fermentation et permettrait de ne nettoyer a fond que tous les six mois.
176. Le bon Usage'quel'on forait de la poulette serait une des causes qui permettraient aux fermiers d'augmenter l'exploitation des poules et la production des œufs, qui coûtent peut-être au cultivateur plus qu'ils ne lui rapportent, quand les animaux de basse-cour ne sont pas tonus renfermés et quand leurs excréments ne sont pas utilisés comme engrais.
177. Les effets Surprenants du guano ont attiré toute l'attention des agriculteurs sur l'emploi, comme engrais, des détritus animaux. Aussi utilise-t-on maintenant'le sang des abattoirs 1 et la chair des animaux morts, que
1 Dansbeaucoup de pays on mèic au sang que fournissent les abattoirs de la chaui délitée, jusqu'à Ce qu'on obtienne un mélange presque solide. Ce sang chailé produit les meilleurs résultat? quand on l'emploie tn - couverture, à peu près comme le'guano.