TROISIEME PARTIE
jadis on ae bornait à enfouir. En Bretagne, notamment, on vient de créer des établissements où l'on transforme en engrais les débris, jadis perdus, des poissons que l'on pêche sur les côtes Cet engrais-poisson remplacera peutêtre un jour le guano, qui nécessairemeut finira par s'épuiser. Il renferme 12 "/» d'azote et ,14 de phosphate; et comme 100 kilogrammes de guano du Pérou renferment moyennement 12 d'azote et 28 de phosphate, il en résulte que 200 kilogrammes d'engraïs-poisson répondront à 100 de guano pour le phosphate, mais représenteront le double d'azote. Or le guano coûte de 40 à 45 fr., et l'engrais-poisson de 20 à 24 fr.; ce dernier serait donc plus avantageux pour le fermier K
178. L'azote contenu dans l'engrais-poisson n'est pas, comme celui du guano, à l'état de sel ammoniacal soluble. Il ne peut donc pas agir aussi promptement que le guano J ,
179. Les animaux morts dans une ferme, ou ceux qui, étant malades, sont reconnus inguérissables doivent être utilisés comme engrais. Dès qu'on désespère de rétablir un animal, on le conduit dans un champ, et, après lui
J On cuit à la vapeur les poissons et débris, puis on les porte bous des presses pour extraire l'eau. La chair qui reste, après avoir été ripée, est desséchée à l'étuve et réduite eu poudre par un moulin. Des millionsde kilogrammes d'engrais facile à transporter sont ainsi préparés à Concarneau (Finistère) et à la côte de Terre- Neuve.
1 Les Anglais ont calculé que, pour être profitable à l'agriculture, l'azote ne devrait coûter que 1 fr. 25 le kilog. et le phosphate 25 c. Le guano et l'eug rais-poisson seraient donc eucore trop chers.
3 Eu Angleterre, où l'on emplois aussi beaucoup de débris de poissons sans leur faire subir aucune préparation, on les mêle avec quatre ou cinq fois leur poids de terre, avant de les répandre sur le sol. On évite ainsi l'odeur infecte qu'exhalent cas débris.
AMÉLIORATION DES SOLS
KM
avoir ouvert les veines, on le fait marcher jusqu'à ce qu'il tombe. Alors on lui enlève la peau, on le dépèce, on enfouit les morceaux dans une fosse, sous une couche épaisse de terre mêlée de chaux, et on les y laisse jusqu'à ce que la chair se sépare facilement des os, ce qui a lieu auboutd'un mois environ, si la quantité de chaux a été assez forte. On ouvre alors la fosse, on enlève les os, et on ajoute de la terre sèche, à raison de 4 à 5 kil. pour i de matière animale. Au bout d'un mois, on recoupe plusieurs fois de suite le mélange avec une bêche, et on le rend ainsi propre à âtre employé à l'époque des semailles comme un riche engrais ».
180. II est enfin un engrais animal connu sous le nom de not'r animal, résidu des raffineries i , substance qui a
1 Sans parler de la perle d'engrais qu'un cultivateur fait en laissant les cailavres des animaux morte se dessécher à l'air, ou en se bornant à les enfouir au pied d'un arbre, il faut aussi remarquer que les chiens sont portes à se jeter sur les charognes ou à les déterrer si elles sont peu recouvertes. Ces animaux peuvent ainsi contracter les germes de maladies charbonneuses et les inoculer aux bestiaux dont la garde leur est confiée.
* Quand on calcine les os en vases clos, on détruit toute leur partie azotée, et il ne reste plus que leur principe minéral (phosphate de chaux), plus un peu de carbonate de chaux mélangé de charbon. Ce résidu, très-poreux, est broyé et réduit en poussière fine; sous cet état, il jouit au plus haut point de la faculté décolorante. On l'emploie donc, dans les raffineries de sucre, à décolorer les sirops, et comme ceux-ci ont été clarifiés déjà avec du sang de bœuf ou du blanc d'œuf, il en résulte que le noir animal des raffineries sort de cette opération tout imprégné de principe animal, c'est-à-dire riche en azote. Le maître devra se procurer autant que possible, chez un droguiste, quelques grammes de noir animal (qui n'ait pas encore servi) ; il les mettra dans un vase où il aura introduit un liquide coloré, du vin, par exemple, et au bout de quelques instants il fera voir, en filtrant, que la liquide est devenu incolore, ce qui démontrera la faculté décolorante du noir animal.