A1IKI.10RATI0-Y DES SOLS
fois dans le sol, elle ne tarde pas a s'emparer de l'acide carbonique dont lea terres arables sont toujours imprégnées, et elle revient à l'état de calcaire, c'est-à-dire à ce qu'elle était avant qu'on ne la fit passer dans les fours a chaux.
207. Sous celte nouvelle forme, elle ne pcntpliisdës- ' organiser les détritus animaux et végétaux ; elle n'attaque presque plus les argiles pour en séparer les alcalis, mais elle est encore susceptible d'empêcher le sol d'être acide et de servir d'aliment à certaines plantes '. Enfin elle agira comme les marnes, la tangue et les calcaires, et elle aura encore plus d'énergie que ceux-ci, parce qu'elle sera à l'état d'extrême division
208. Il est essentiel de bien comprendre ce que nous venons de dire de la chaux, parce que cela seul peut servir à se bien rendre compte de ce qu'on Fait dans les divers cas où on s'en sert. On peut dire en général que toute terre qui est envahie par les fougères, les bruyères, le petit jonc, l'oseille rouge, les mousses, les chiendents, les petites graminées 3 et l'avoine à chapelet, ne peut que se trouver bien du chaulage. .
1 La chauï, même à l'élat de carbonate, contribue h la formation spontanée des nitrates dans le sol : ces sels sont très-favorables <i l'agriculture et souvent tirent leur azote de l'air.
s Ces mots extrême division doivent être expliqués aui élèves. Plus uuo substance est en poudre line, plus elle est divisée. Ainsi, la farine qui sort du moufin est plus divisée qu'elle ne l'est dans le grain de blé; et la. farine blutée est plus divisée encore que le
3 Voici encore un cas où l'on est forcé d'employer le nom minéral d'une famille et de l'expliquer. Les graminées sont ces herbes, si- nombreuses dans nos champs, dont la tige ordinairement cylindrique, creuse, marquée d espace en espace par des nœuds solides, d'où part une feuille en gaine, fendue en long et
TROISIÈME PAHTIE.
209. On l'a conseillé aussi, quoique trop généralement, pour les terres froides et humides. Cependant d'excellents agriculteurs disent qu'elle ne rend jamais en ce cas la dépense qu'elle occasionne, surtout quand il s'agit de prairies.
210. Il arrive pourtant qu'elle produit de bons résultats dans les landes humides. Mais cela vient de ce que ces landes sont improductives, moins à cause de leur humidité qu'à cause de leur acidité. Or la chaux fait disparaître celle-ci et rend les landes nouvellement défrichées propres à la culture. 11 n'en serait pas de même si elles étaient humides et depuis longtemps cultivées.»
211. Une longue expérience a démontré que le chaulage réussit bien, surtout dans les terres légères, sableuses et perméables. Dans les terres fortes, il ne produit un bon effet qu'à une dose très-grande et lorsque le sous-sol est bien perméable, e'est-à-dire ne retient pas les eaux. C'est donc une bonne pratique que de chauler les terres compactes qui sont drainées, puisque, comme nous le verrons plus tard, un des mérites du drainage consiste à rendre les terres perméables.
212. On emploie rarement la chaux seule. On la mêle le plus souvent à de la terre, à du terreau, ou bien à des substances végétales avec lesquelles elle forme un corn-
enveloppant la tige, à laquelle, dans cette classe de plantes, on donne généralement le nom de chaume. Les fleurs des graminées sont pour la plupart en épis et enveloppées de petites écailles ou balles, sont vertes et n'ont pas ces jolies couleurs qui semblent l'apanage de ce qu'on nomme habituellement les fleurs. Les froments, les avoines, les orges, la plupart des herbes de nos prés sont des graminées à hautes tiges. Les terres incultes sont aussi couvertes d'autres graminées à basses tiges, qui, si on les regarde avec soin, présenteront les caractères que nous venons d'indiquer. C'est de celles-là que parle le n° 208.