TROISIÈME PARTIE
meilleure manière de les employer sera donc de les alterner avec des fumures.
241. On exploite dans plusieurs départements de la France, notamment dans la Tour-aine, des amas de sable presque entièrement composés de coquilles réduites en poussière fine, que l'on nomme falun, et qui dans ce pays tiennent lieu de marne. En efi'ei, le falun est riche en carbonate de chaux (ou calcaire). On se sert aussi dans les départements des Cûtes-du-Nord et d'Ille-et-Vilaine d'une substance analogue connue sous le nom de soi ton calcaire, ou plus simplement de sablon.
242. Le falun et le sablon sont excellents pour les terres fortes et peuvent rendre le mflme service que la chaux, la marne et la tangue. Inutile de répéter que le falun et le sablon ne sont complètement utiles que si on les alterne avec le fumier. Il convient enfin de ne pas enfouir l'un et l'autre avant qu'ils n'aient été désagrégés par l'exposition à l'air pendant deux ou trois mois. Le sablon convient aux terres fortes; il rend les terres légères encore plus brûlantes. Quant à son dosage, on en donne de 10 à 60 mètres cubes par hectare. Dans le premier cas, son action se fait sentir 5 à G années , et 25 à 30 dans le second.
243. Après les calcaires de toute espèce, nous devons parler du plâtre ou gypse, appelé par les savants sulfate de chaux. C'est une substance solide, blanche, surtout quand on l'a calcinée dans un four, et formée d'acide sulfurique et de chau^ *.
' 40 kiL d'acide sulfurique et 28 k. 5 gr. de chaux forment 68 k. 5 gr. de plâtre cuit. Si on ajoute, par la pensée, 18 k. d'eau, on a le plâtre tel qu'il est à l'état naturel, ou comme on dit vulgairement, plâtre cru. Si le maître peut se procurer un peu de plâtre cristallisé que l'on nomme dans la droguerie h pierre à Jêau»,» il fera bien de le brûler dans un petit tube au-iiessus
AMÉLIORATION DES SOLS
244. Le plâtre est employé pour les terres qu'on des- 4ine à recevoir toutes les légumineuses (voy. n° 205), et entre autres le sainfoin, les pois, les fèves, et aussi le colza, les choux, la navette, le chanvre, le lin et le sarrasin. Il semble, au contraire, peu favoriser les graminées {voy. n° 208, à la note}. Ou recommande aussi avec raison d'en saupoudrer les tas de fumiers en fermentation, ou bien encore les terres humides des étables, dans le but de fixer l'ammoniaque 1 qui se forme dans l'un et l'autre cas, c'est-à-dire d'amener cet agent précieux à un état dans lequel il n'est plus autant susceptible de se répandre dans l'air. Cependant il est sans action sur les sols trop humides.
245. C'est sur les prairies artificielles que le plâtre doit surtout être répandu à l'époque où les plantes ont acquis un certain développement. Il procure alors , pour peu que l'épandage soit suivi d'une pluie légère, un rapide développement aux légumineuses (voy. n D 20a), qui sont la base de la prairie artificielle.
246. Les cendres contenant tous les principes minéraux des plantes d'où elles proviennent, il va sans dire qu'elles peuvent être utilement employées comme engrais. Aussi sont-elles excellentes, surtout dans les terres qui ont besoin d'alcalis. Appliquées aux herbages, elles
d'une lampe ou même sur la lame d'un couteau. Il fera remarquer aux élèves que de brillant qu'il était ce minéral est devenu terne, et qu'il peut se réduire aisément en une poussière fine. C'est cette poussière qui, mêlée avec un peu d'eau, se durcit et sert à faire des plafonds, etc.
' Le plâtre, étant un sulfate de chaui, convertit le carbonate d'ammoniaque, qui est volatil, en sulfate d'ammoniaque, parce qu'un peu d'acide sulfurique abandonne la chaui pour se porter sur l'ammoniaque. Le nouveau sel n'étant pas volatil, ou peut dire que l'ammoniaque y est fixée.
TIUMSlkME PARTIE.
détruisent les mousses et augmentent la luxuriance de la végétation. Elles sont également bonnes répandues sur les jennes blés ou enfouies avec les pommes de terre.
257. La cendre de goémon ou varech esl aussi un bon engrais, principalement pour les . jeunes blés, les herbages, les navets et les pommes de terre. On l'emploie soit seule, a raison de 6 à 700 kilogrammes par hectare, soit en moitié moindre quantité, mais avec une demifumure de fumier deferme. Cette cendrene vautjamais le varech d'où elle provient, et mieux vaut se servir de celui-ci ; mais on pourrait l'essayer dans les terres éloignées de la mer.
248. "Les cendres contenant toutes des principes solubles qui les rendent précieuses à quelques industries, on s'en sert peu sans en avoir préalablement séparé ces principes. Ce qu'on vend sous le nom de charrée n'est donc que des cendres qui ont été lessivées. La charrée contient encore de la chaux, des phosphates et des silicates, dans l'état où les plantes peuvent se les approprier, et, dès lors, si elle est moins active que la cendre, elle a cependant une certaine valeur. Par la même raison, il faut on donner aux terres en bien plus grande quantité.
249. A côté des cendres, nous devons signaler la suie. Cette substance se compose de principes qui, imparfaitement décomposés par le feu, faute d'air ou de chaleur, ont échappé à une complète combustion Ré-
1 La suie qui provient du bois contient 1 i/i % d'azote ; celle du charbon de terre en contient 1 2/3;cel!e delà tourbe 1/î seulement. Elle contient en outre du sulfate d'ammoniaque, sol trèsefficace comme engrais, et dont nous n'avons pas parlé parce qu'il n'est pas encore d'un usage asseï répandu.
AMÉLIOBAT10N J1I5S BOLS.
pandue sur les jeunes récoltes, elle leur donne une verdure luxuriante, et, comme on dit vulgairement, elle les: rend juteuses et succulentes.
250. Nous avons parlé plusieurs fois, dans le courant de ce chapitre, de l'utilité de la chaux pour former dans le sol des nitrates qui nont des substances salines Eresazotecs. La principale d'entre celles-ci est le nitrate de soude, sel blanc, qu'on trouve naturellement dans quelques parties du Pérou, et que l'on commence à employer en Europe pour renforcer les jeunes blés et les pâturages '. Nou3 avons dit souvent que les plantes ont besoin d'alcalis (soude et potasse), ainsi que d'azote; or le nitrate de soude est formé en grande partie de soude el d'azote.
.251. L'Angleterre, est le pays qui emploie le plus de nitrate de soude. On y a constaté que 130 à 200 kilog. par hectare augmentent le produit du blé de 3 à 4 hectolitres. Il semble que ce sel ait plus d'effet encore lorsqu'on le mélange avec les os traités par l'acide sulfurique et aussi avec le sel marin ordinaire. Cependant ce dernier procédé peut fltre dangereux, en ceci qu'il favorise la fraude qui se commet déjà très-fréquemment par L'addition de sel marin au nitrate de soude *.