TROISIÈME PARTIE
joui en agriculture de la plus grande réputation est le sel marin Aujourd'hui on regarde toujours cette substance comme utile, mais on ne lui accorde pas l'importance exagérée qu'autrefois on lui donnait. Toute cendre contenant les éléments du sel marin, on ne peut nier que celui-ci ne soit utile aux plantes ; mais il ne leur est pas assez nécessaire pour qu'on puisse le comparer à 1% silice, a la chaux, aux alcalis, aux phosphates. D'un autre coté, toute terre contient du sel marin. On peut donc dire que l'employer en quantité modérée ne saurait fitre que bon. Mais on ne pourrait exagérer son emploi, comme on le fait pour la chaux, sans les plus graves inconvénients.
253. D'ailleurs sa grande solubilité dans l'eau modifie beaucoup son action. Sur un sol incliné ou très-léger, la pluie peut l'entraîner loin des racines des plantes. Une saison trop sèche peut aussi rendre son action nulle, puisqu'il manquera de l'humidité quï devait le porter dans les racines des plantes En général cependant, on
soude. Quand il y a mélange des deux, le sel marin produit d'abord la décrépitation, puis le nitrate de soude produit la déflagration. — Le sulfate de magnésie pourrait figurer ici parmi les engrais minéraux. Mais il est jusqu'à ce jour trop peu répandu -pour qu'on en surcharge la mémoire des élèves.
1 Pour les chimistes le sel marin est du chlorure de sodium, c'est-à-dire une combinaison du chlore (voy. n° 64) avec le sodium, métal qui par sa combinaison aven l'oxygène forme la soude (voy. n° 56). 60 k. de chlore et 40 k. de sodium combinés produisent 100 k. de chlorure de sodium.
* Voici encore un de ces cas où il importe, comme nous le disions tout à l'heure (n° 230 à la note), de se placer dans les mêmes circonstances, k tout moment le climat et le hasard peuvent sans cela mettre le cultivateur dans une complète erreur au sujet d'un engrais ou d'une culture. Le maître exercera ses élèves à se rendre compie de ce qu'ils font ainsi et de ce qui leur arrive.
AMÉLIORATION DES SOLS
reconnaît que le sel marin est bon pour toutes les racines fourragères, le grand chou à vaches, les asperges, etc. Quand on en donne aux céréales, il contribue à rendre les grains plus pesants ; mêlé à la chaux vive et répandu sur les terres, il donne de la force aux pailles 1 .
254. Dans toutes les terres peu éloignées de la mer le sel marin est loin d'être aussi utile que dans celles qui en sont éloignées, parce que les vents qui passent sur la mer et en balayent l'écume, l'emportent et la répandent sur le sol a plusieurs kilomètres du rivage. 11 n'en est pas ainsi pour celles qui sont loin de la mer ou abritées par des collines contre les vents qui ont passé sur celle-ci. En tout cas, il faut éviter de le donner à trop forte dose, car appliqué en excès il peut être fatal.
§ 5, ÉCOBUAGE.
255. On ne saurait traiter ailleurs qu'ici d'un procédé connu sous le nom d'écobuage, puisqu'il consiste principalement, nous allons le voir, à donner des cendres aux
1 C'est une bonne pratique que de mêler le sel marin à 1s chaui ou à un calcaire. L'acide carbonique rte celui-ci se portant (par un concours de circonstances particulières) sur la soude, il se forme un carbonate de soude, c'est-à-dire un de ces sels alcalins qui, ainsi que nous l'avons dit, sont un des agents les plus utiles aux plantes. — Ce que nous apprenons ici vient encore confirmer la note précédente : supposons, on effet, qu'un cultivateur ait mis du sel dans une terre tri; s -calcaire : il obtiendra un excellent effet, par suite de la décomposition que nous venons d'indiquer, et il préconisera le sel; tandis que le lendemain, et dans une autre terra, cet engrais pourra être sans aucun résultat.
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plantes. Pour écobuer, on enlève des couches de plusieurs centimètres d'épaisseur de la surface d'un sol couvert d'herbages appauvris, et on dispose les plaques ainsi obtenues, après les avoir laissé sécher au soleil, .en une : sorte de four que l'on remplit d'herbes sèches, auxquelles on met le feu : on brûle les racines des mauvaises plantes et les insectes que la terre pouvait contenir, et l'on répand plus tard sur le sol la cendre ainsi obtenue mélangée de la terre qui s'est calcinée par cette cuisson. .
256. 1,'écobuage fait à propos produit de bons effets. On sait depuis longtemps qu'il faut surtout y recourir pour les terres fortes ou marécageuses dont certaines plantes, telles que les bruyères et les ajoncs, se sont emparées. Depuis peu la science a démontré pourquoi cette pratique est bonne 1 ; il faut s'en souvenir et ne point appliquer l'écobuage aur terres maigres, qui ne peuvent que s'empirer encore par l'application de ce procédé.
' Il a été démontré qu'une argile chauffée au rouge sombre acquiert de nouvelles qualités. Ainsi une argile qui ne se laisse attaquer qu'avec peine par les acides puissants (acide azotique, acide sulfurique, etc.), qui forme avec l'eau une pâte plastique susceptible de durcir par la dessiccation, etc., deviendra, quand elle aura été calcinée, facilement attaquable par les acides, trèshappante à la langue, formera une pâte maigre et, quoique des 1 séchée, sera poreuse et par conséquent peu compacte. — Qu'estce à dire sinon qu'une terre trop forte (ou qui, nous le savons, renferme beaucoup d'argile) deviendra, par l'écobuage, modifiée dans ses propriétés physiques ? au lieu d'être compacte elle sera poreuse et perméable aux agents extérieurs, ce qui est une condition de succès pour les récoltes. ■— Par la môme raison, que peut faire cette pratique sur une terre légère et aride, si ce n'est la rendre plus légère et plus aride encore î Mieui vaut pour celle-ci une récolte enfouie en vert.
AMÉLIORATION DES SOLS
SECTION 111
Amendements proprement dits. — Drainage.