‹ Petit cours de chimie agricole, à l'usage des écoles primairesChapitre 7 sur 116 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

et l'azote, dans une telle proportion que S litres d'air renferment à peu près 1 litre du premier et 4 du second.

15. L'oxygène est un gaz sans odeur ni couleur, comme l'air que nous respirons , et qui fait brûler avec activité les corps allumés qu'on y plonge'. Il est un peu plus lourd que l'air et se trouve mêlé dans celui-ci à l'azote, qui, au contraire, est plus léger que l'air. Cet autre gaz, loin de jouir de la propriété de ranimer la lumière d'un

de bois, et si on la chauffe (à l'aide d'une lampe à alcool) dans un tube de verre ayant 5 à 7 millimètres de diamètre, on verra bientôt se former de l'eau en vapeur, une matière huileuse qui se condensera dans la partie supérieure du tube et une substance charbonneuse qui restera à la place de la sciure de bois; ce corps était donc composé d'autres corps, dont les deux premiers pourraient être montrés composés eui-mêmes par une autre série d'expériences. Si, au contraire (ceci est un exemple d'un corps simple), on agit de la même manière sur du soufre, il ne distillera que du soufre. Il ne faut pas conclure de ce dernier fait cependant que tout corps qui distille sans se décomposer soitsimple. L'eau et beaucoup d'autres corps qui sont composés (ainsi que nous le verrons pour celui-ci) sont dans cocas.

1 Le maître devra autant que possible faire saisir par quelques expériences cette propriété remarquable de l'oxygène. — La plus facile manière de préparer ce gaz est la suivante : On fait un méi 1 1 & I lange par parties égales de chlorate de potasse J Jj ^ (se trouve chez tous les droguistes) et de pé-

roiyde de manganèse (ibid.); on met le tout dans un ballon à col droit A (fig. 1), et l'on chauife sur une lampe à esprit-de-vin (alcool) B. Au bout de quelque temps on peut introduire dans le col du ballon une bougie dite ) rat de cave, attachée à un fil de fer recourbé C, et ne présentant plus qu'un point en ignition; elle se rallumera instantané- ■ ment, et brûlera avec un vif éclat.

On peut aussi fermer le ballon avec un bouchon traversé par

Figure, i

de l'aih atmosphérique et de l'eau. 17

corps qui brûle, l'éteint immédiatement. De ce que l'azote éteint les corps qui brûlent, alors que l'oxygène les ranime, il faut conclure que, si les corps brûlent dans l'air, c'est grâce à la présence de l'oxygène. Donc l'oxygène est le soutien de la combustion. Il est aussi le soutien de la respiration, car un animal périt immédiatc-

une des extrémités d'un tube recourbé A (fig, 2), dont l'autre extrémité B plonge dans une grande cuvette, à demi pleine d'eau; on renvarse, au-dessus de l'extrémité B, un flacon C plein d'eau; à mesure que le gaz se forme, il monte dans ce flacon et en déplace l'eau.

Quand il est plein de gai, on le retire; on le renverse en teaant l'ouverture bouchée avec !a paume de la main gauche; on y plonge un charbon ayant un petit point en ignition et attaché, comme nous l'avons dit pour la bougie, à un fil de fer recourbé (fig. 3). Ce charbon brûlera aussitôt avec une vive lumière. Plus loin nous verrons ce qui résulte de cette combustion. Le maître ne fera cette expérience quo s'il a quelque habitude ou quelque idée des préparations chimiques. Dans le cas contraire, il vaut mieux se borner à la première.

Il y a encore une manière assez élégante de préparer l'oxygène. On introduit de l'oxyde do Fig. 3. mercure (à prendre chez un droguiste) dans un gros tube de verre coudé à angle obtus K et bouché par une de ses extrémités B (fig. 4) ; puis on chauffe avec une lampe à esprilde-vin. Au bout de quelque temps on peut démontrer le phénomène ci-dessus, en introduisant une petite bougie ilansletube.

Dans cette expérience, le merenre se volatilise et vient se condenser en petites gouttelettes brillantes à la partie supérieure du tube. — C'est une excellente occasion pour le maître de revenir sur la définition des corps simples et des corps composés. —

meut s'il est forcé de respirer de l'azote et il continue à vivre au contraire s'il est forcé de respirer de l'oxygène seul*.

L'oxyde de mercure est composé de mercure et d'oxygène : la cha-

est un métal. — Enfin on pourra faire observer que l'on nomme affinité la force qui lient réuni l'osy^ùne au mercure, force tout à fait distincte de celle qui lient réunies entre elles les particules de l'oxyde de mercure, et qu'on nomme cohésion, il faut insister

1 11 sera essentiel do faire voir ans éli'ives ',w propriété» négatives de l'azote. A cet effet, l'on prépare ce gaz par le procédé suivant : On dissout environ 30 grammes de vitriol vert (sulfate de fer) dans 130 à 135 grammes d'eau. Cette solution est mise dans un flacon de V t litre, avec environ 20 grammes d'alcali volatil (ammoniaque liquide) [se trouve chez les droguistes]. On bouche avec un bon bouchon, puis ou agite. De temps à autre, on tourne le bouchon de façon à ne pas l'enlever entièrement, mais assez seulement pour que i'air rentre dans le flacon, en produisant un petit sifflement. Quand ce bruit, semblable à celui qu'un homme produit en serrant les dents et respirant vivement, ne se fait plus entendre, l'opération est terminée, et le gaz contenudans la bouteille n'est presque plus que de l'azote; on aura eu soin de prendre celle-ci assez largo d'entrée pour qu'on puisse y introduire, à l'aide d'un fil de fer recourbé (fig. 1), une bougie allumée, et l'aire remarquer qu'elle s'éteindra aussitôt,

» Il aérait bon d'introduire dans deui bocaux d'égale capacité,

Fig. 4.

leur le décompose, et les deux corps simples dont il était formé se manifestent par leurs propriétés respectives, qui sont faciles à observer. — Séparer ainsi deui corps, c'est faire une analysa, ou, comme on dit plus scientifiquement, procéder par voie analytique (voir ce que l'on entend par synthèse, n° 22, a la fin de là note). — Il sera bon aussi de dire, à la suite de celte expérience, qu'on nomme oxydes certains corps composés d'oxygène et d'un autre corps simple, qui, le plus souvent.

DE l/jUB ATMOSPUÉRKjLE ET DE L'EAU.

16. L'oxygène, avons-nous dit, est le principe delà respiration et de la combustion. Ces deux faits identiques dans le fond ne diffèrent que dans la forme. Tandis que la combustion est accompagnée de lumière et de chaleur, la respiration ne présente rien de remarquable; cependant la bougie qui brûle et l'homme qui respire donnent naissance tous les deux i\ de la vapeur d'eau et à de l'acide carbonique

1 Ces deux faits sont faciles à démontrer, en procédant comme il suit : 1" Ou prendra une bougie allumée et fixée à un fil de fer recourbé, et on la fera brûler dans un Qacon plein d'air. On devra d'abord faire remarquer la formation d'une espèce de rosée dans l'intérieur du flacon, et quand la bougie s'éteindra, on versera dans le flacon un peu d'eau de chaux (nous verrons plus bas comment on la prépare). Aussitôt on verra cette eau devenir laiteuse, preuve qu'il s'est formé, par la combustion, un corps (acide carbonique) qui a la faculté de troubler l'eau de chaux. 2° On prendra un tuyau de pipe et on soufflera, pendant quelque temps, avec ce tuyau, dans un verre contenant de l'eau de chaux. Celle-ci deviendra laiteuse comme dans le cas précédent, preuve qu'il s'est formé dans nos poumons (d'où est sorti l'air qui a passé à travers l'eau de chaux) une substance pareille à celle qui s'était formée par la combustion de la bougie dans le flacon, — Sans faire d'expériences, il faudra rappeler aux élèves le fait très-connu que, si on respire dans un verre bien transparent, les parois en deviennent troubles, à cause de l'humidité qui s'y dépose : nouvelle preuve que la respiration et la combustion engendrent les mêmes produits. —

h larges goulots et pouvant être fermés hermétiquement [flg.SJ, deux petits oiseaux. Un des bocaux contiendra de l'osy-

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