‹ Petit cours de chimie agricole, à l'usage des écoles primairesChapitre 78 sur 116 · PRINCIPES IMMÉD. DES PLANTES · texte numérisé non relu

PRINCIPES IMMÉD. DES PLANTES

cîpes '. Au contraire le froment restitue beaucoup mieux au sol, par l'enfouissage de son chaume î . D'où la conséquence qu'il vaut mieux confier d'abord au sol la plante qui l'épuisera le moins, et qui en outre permettra de le mieux nettoyer.

289. Ce que nous venons de dire suffit pour démontrer aux jeunes agriculteurs l'avantage qu'il y a de faire succéder le froment, plante épuisante, à une plante sarclée améliorante. Il est superflu d'ajouter que mettre céréales après céréales, c'est la plus mauvaise des pratiques agricoles, puisque c'est faire succéder une plante épuisante aune plante épuisante.

290. Si donc on veut demander à une terre deux récoltes de froment, il faut 1° oului donner de nouveau du f\bmier ; 2" ou la mettre en jachère; 3" ou faire entre la première et la seconde une culture améliorante.

291. Donner de nouveau du fumier n'est guère possible qu'aux portes d'une grande ville ; d'ailleurs ce serait faire du jardinage et non de l'agriculture ; et dès lors il n'y aurait pas à se préoccuper des assolements, qui sont un moyen d'économiser les engrais sans diminuer les récoltes.

292. Améliorer par la jachère est le moyen complètement inverse du précédent. Labourer une terre qui dans l'année ne rapporte rien, est pour le fermier une trop grande dépense; au surplus c'est contraire au principe agricole, qu't'i faut obtenir des produits dans le-

> Les fanes de la récolte de pommes de terre, mentionnées dans le tableau précédent, cèdent au sol 583 Ml. de principes organiques, contenant 10 kit. d'azote.

* Le chaume du froment restitue au sol 551 kil. de matière végétale ne renfermant que 2 kil. 5 d'azote. 11 est bon de remarquer que l'azote des pommes de terre provient en partie de l'air; et qu'au contraire celui du froment provient presque entièrement du fumier.

QCATiUfcSE PARTIE.

moins de temps possible; il n'y a lieu de recourii' à la jachère que dans le cas où l'on manque de fumiers; c'est dire qu'elle n'est guère pratiquée que dans les pays où les terres ont peu de valeur et où les populations sont peu nombreuses en même temps que pauvres. Partout où la population est considérable, les terres ont beaucoup de valeur, et il ne peut être indifférent d'eu laisser une partie inculte chaque année

293. Hesle donc le troisième moyen, et c'est celui que nous avons démontré bon, a faire précéder toute culture d'une céréale par une culture améliorante. » En se renfermant dans ce principe, il y a diverses variétés d'assolement à adopter. C'est à l'agriculteur intelligent de juger quels sont ceux qui lui conviennent le mieux. La question rentre dès lors dans l'agriculture pratique 2 . Nous ne

' Le maître s'efforcera de détruire une erreur assez répandue, qui consiste è. confondre la friche avec la jachère. Une terra abandonnée à elle-même, ou, comme on dit ordinaire meut, laissée en repos, est une terre en friche ; mais nue terre qui est labourée, et quelquefois mémo fumée pendant un certain temps, sans qu'elle reçoive d'ensemencements et produise de récoltes, est une terre enjachère. Dans tous les cas, ta terre qui reste temporairement improductive se prépare à donner des récoltes ultérieures; mais taudis que la préparation de la terre en friche est très-lente et exige des années, celle de la terre en jachère est plus prompte et plus efficace. Enfin, la préservation par friche ou par jachère consiste dans la décomposition des principes minéraux et orga» niques du sol, et le résultat en est de rendre les uns et les autres assimilables. La préparation par friche s'opère grlce à t'influence des agents naturels (air, eau, froid, chaud, gelées, dégel, engazonnement spontané, etc.), qui ue coûtent rien à l'agriculteur; la préparation par jachère s'effectue grâce à ces mêmes agents, et de plus par le travail de l'homme.

s lt sera nécessaire d'insister auprès des élèves pour qu'ils n'envisagent pas la culture des plantes sarclées comme indispensable à tout assolement.

La convenance d'un assolement dépend des circonstances, et il

Dl^'l'Zûd C<X

ASSOJ.F.YJF.NTS. — PRINCIPES 11(11 ÉD, de* PLANTES. 159

finirons pas toutefois sans rappeler que les plantes à feuilles peu développées doivent succéder aux plantes dont les feuilles sont abondantes, et que deux cultures qui ont des besoins pareils ne doivent jamais se suivre.

SECTION m.

Principe» ImmÉdlnl h tics plan (ch.

Amidon. — Gluten. — Matière grasse et huite. — Pectine.

294. Les substances qui préexistent dans les plantes, et qu'on peut eu extraire par des procédés particuliers, s'appellent principes immédiats végétaux Celles qu'il

peut se faire qu'une jachère et même une friche soient, dans quelques cas, plus profitables qu'une culture de betteraves, de carottes, etc.

Les plantes sarclées supposent beaucoup do fumier ou une haute fécondité du sol : dans des conditions opposées, elles ruinent.

Si nous en avons parlé, c'est pour mettre en relief ce principe, que du blé, par exemple, ne réussira jamais très-bien que dans des terres parfaitement préparées, et non pour ét.iblir que ia culture des plantes sarclées doit être le commencement indispensable de tout bon assolement. On ne saurait assez insister sur ce point pour éviter que de fausses idées s'enracinent dans l'esprit des en-

1 Les éléments des principes immédiats végétaux sont l'oxygène, l'hydrogène, le carbone, et souvent l'azote. Ces éléments se combinent entre eui sous l'influence de la vie végétale. Plus la vie ser.i vii^oufLuse, plos grande sera la quantité de c- f principes, Une céréa'.e dont le développement aura et.': énergiqi.i'. deunerj des graine; p'.u- fa ri couses ^j'une. céréale i-héluc; 'es fruits d'un be! Olivier donneront phi d hi;;le que le; îru;ls d un olivier rabougri.

Étudier La uature des principe» immédiats végétaux, c'est ap-

QUATRIÈME l'AUTlE.

importe à un agriculteur de bien connaître, sont la fibre ligneuse, l'amidon, le gluten et V huile, ou corps gras des végétaux.

295. On donne le nom de fibre ligneuse 1 à la matière qui constitue en majeure partie le bois, la paille, le foin, l'enveloppe des noix, le coton, le lin, le chanvre, etc.

296. L'amidon est cette poudre blanche qui forme presque en totalité la pomme de terre et les racines alimentaires, et pour moitié le maïs, la farine du blé, et toutes les céréales cultivées pour la nourriture de l'homme l .

297. Le gluten est une substance qu'on ne peut mieuï comparer qu'à la glu, et qui accompagne presque toujours l'amidon. On l'obtient en pétrissant de la pâte de farine sous un filet d'eau 3. Cette substance ne se trouve

prendre à connaître le résultat définitif des dindes précédentes. Il faut insister sur cette connexion, pour que les élevés puissent coordonner leurs travaux, et rattacher le présent au passé.

1 Le maître eipliquera ce mot, trop scientifique, et dira aux élèves qu'il est emprunté au mot latin lignum, qui signifie bois.

- Le maitre peut se rappeler qu'en parlant de l'iode, nous avons dit qu'il était un réactif infaillible pour indiquer dans un corps la présence de l'amidon. H ferait liieu de montrer a ses élèves la vive couleur bleue qu'on obtient en touchant, avec de l'iode en dissolution dans l'eau, une pomme de terre fraîchement coupée. •

s II faut faire un peu de pâte avec de la fleur de farine, la renfermer dans un sachet en calicot, qu'on soumettra à un filet d'eau s'échappant d'un robinet d'une fontaine à laver les mains. L'amidon sera entraîné par l'eau, à travers les mailles du tissu, dans une terrine, et se réunira dans celle-ci, ce que le maître fera voir à ses élèves. Il ne restera plus, dans le sachet, après un lavage prolongé jusqu'à ce que la pâte ne donne plus d'eau blanche, il ne restera plus qu'un corps mort, assez semblable à de la gomma

ASSOLEMENTS. — PRINCIPES 1MHÊD. DES PLANTES. tU

nulle part en plus grande quantité que dans le froment, et c'est ce qui rend celui-ci très-approprié à l'alimentation des hommes.

298. Enfin l'huile (ou corps gras des végétaux) se trouve dans toutes les plantes, bien qu'elle ne soit trèsapparente que dans quelques-unes d'où on l'extrait, (elles que la graine de lin, celles de navette, de colza, de fèves, le fruit de la noix.

299. En général, la fibre ligneuse est plus abondante dans la tige des végétaux que dans leurs graines ; au contraire l'amidon existe en plus grande quantité dans celle-ci Cent kit. de blé contiennent de 55 à 67 kil.

élastique; c'est le gluten. Cette substance est analogue à la fibre animale, et correspond à celle-ci dans le règne végétal. De même, dans l'eau qui a entraîné l'amidon, il pourrait se trouver une substance <jui ressemble au blanc ifœuf. Le maitre devrait lâcher de l'aire saisir au* élèves le lien providentiel qui rattache le règne animal au règne végétal : celui-ci prépare les principes que l'autre s'assimile.

1 Si on examine au microscope la manière dont l'amidon est réparti dans les diverses graines, on remarque qu'en effet il en est le principe le plus abondant. Le maitre ferait bien de tracer, par exemple, sur un tableau, la coupe des trois graines que voici :

i. Froment. 3. Orge.

L'huile réside dans les parties marquées a au, elle y est dans de petites cellules formées de gluten; l'amidon occupe les parties

QUATRIÈME TAIITIE.

d'amidon, de 8 à 20 kil. de gluten, environ 2 kil. de. matière grasse. Cent .kil. de seigle contiennent 6'à kil. d'amidon, 13 à 14 de gluten et environ 2 kil.de matière grasse; l'orge en contient un peu plus que celte dernière; l'avoine ne contient que 60 kil. d'amidon,. 14 de gluten, mais de 5 à 0 kil. de matière grasse

300. Le riz est de tous les grains celui qui renferme le plus d'amidon, puisqu'il en contient jusqu'à 83 p. 100. En revanche, son gluten ne dépasse guère 7 p. 100 et sa matière grasse n'atteint pas à 1.

301. Au contraire les fèves et les pois renfermen! jusqu'à 24 p. 100 de gluten, % de matière grasse et seulement 45 d'amidon -.

b b b; enfin le germe indiqué pur les lettres soc, renferme beaucoup de gluten. Ces figures montrent aussi quelles font dans ces trois graines les quantités comparatives de ces trois substances, le gluten, Yhuile, l'amidon.

1 Les proportions ne- sont jamais pareilles entre les mêmes graines d'une céréale; c'est pour cela que nous aTons dit, par eiemple, que le bté contient de 55 à G7 d'amidon, etc. Il est bon que le maître sache qu'il y adeui grandes divisions dans les blés: les uns, dits blés tendres, sont plus riches en amidon et moins en gluten; les autres, dits blés durs, sont plus riches en gluten et moins en amidon. La nature du climat et celle du sol sont pour beaucoup dans ces différences. Ainsi, c'est dans les pays chauds surtout que ies blés contiennent le plus de gluten; et l'orge contient plus d'amidon quand elle est venue sur un sol léger et bien drainé. D'ailleurs il ne faut pas perdre de vue que le bié d'une même variété n'est pas toujours identique, et il varie selon le? circonstances où il s'est développé. L'époque à laquello on le coupe influe beaucoup sur sa composition. En général, on ne comprend pas encore assez en France que l'époque la plus profitable pour couper le blé est deux semaines avant sa pleine maturité. 11 faut également couper l'avoine une semaine avant qu'elle soit complètement mûre.

* Le sarrasin ou blé. noir peut être classé, comme substanco alimentaire, entre le blé et le riz.

ASSOLEMENTS. — PHINC1PES IMMLD. DES PLANTES. 163

302. Après les plantes oléagineuses, c'est-à-dire dont les graines sont susceptibles de donner de l'huile quand on les soumet à une certaine pression *, telles sont les graines de lin, de colza, de navette, etc., les graines qui renferment 3e plus de matières grasses en huile sont l'avoine et le maïs. Les pois et les fèves renferment plus de gluten et moins d'huile ; mais les graines oléagineuses proprement dites sont les plus riches à la fois en gluten et en huile.

303. Le gluten n'est pas contenu dans les graines seulement, on en trouve aussi dans les récoltes vertes*;

1 Le uiaitre fara 1 > I ■ ■ 1 1 d\;x|jliqiier à ots lilives que la? huiles se font eu général en soumettant à l'action d'une forte presse les graines que nous venons Je citer. Ou en obtient aussi, chacun le sait, des olives et du fruit du noyer. Parmi les huiles, les unes sèchent plus ou moins promptement au contact de l'air et sont dites siccatives; les autres conservent longtemps leur fluidité, et sont dites non siccatives. Selon leur goût ou leurs qualités, les huiles sont employées à «les Ub^cs Iris-divers : il y en a dont l'on

Fart cijJiiMii: c iniff-til;!':.-, tcl!f-.i •;.nt les iniih's d'olives, do noiï,

d'teillelte; il y en a que l'on emploie comme médicament, telles sont celles de ricin et d'amandes; la parfumerie emploie les huiles de noisette, d'amandes amères; l'éclairage se sert des huiles de navetie, de cameline, de colza; les huiles de chènevis, d'olives, de mûrier, servent à faire les savons; l'huilo de lin, enfin, est plus spécialement utilisée pour les vernis et la peinture. On nomme lour/enux ce qui reste sous las presses où l'on a fait l'huile. Ces tourteaux servent dans les formes à la nutrition des bestiaux. Parfois aus^i on les fait sécher et on les réduit en farines qui sont employées le plus généralement commo engrais.

s Les récoltes vertes contiennent des substances azotées ayant à peu près la même composition du gluten, et peut-àtre la même faculté nutritive, mais non pas la màme forme et les mêmes pro-, priétés physiques. Pour ne pas surcharger la mémoire des élèves par des noms qui ne leur sont pas familiers, on a préféré désigner ces diverses substances par le nom générique de gluten.

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