‹ Petit dictionnaire raisonné des difficultés et exceptions de la langue françaiseChapitre 313 sur 520 · KIL · texte numérisé non relu

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teftantérlenres & la naissance de J. C, on écrit nUlle} en second lieu , c^est que ce n^est point faire une faute que d'écrire nulle pour toutes les ères.

MUXE. s. m. Mesure Itinéraire. Il prend un s au pluriel.

U courut dix milles.

MHiLE-FBUILLB. s. f. Plante.

L'Académie écrit ainsi ce mot, mais le sens indique qu'il faut un s kfeuiUe, Au pluriel, le mot prend néeessairemrat un s.

MICLE-FLEtJRS. s. f. plur. Il ne s'emploie guère que comme terme de llquoriste. Rossolis de nUile-fleurs , et daps ces locutions : Eau de mille-fleurs. Huile de mille-fleurs.

MILLÉNAIRE, ad], des deux genres. On fait sentir les deux l sans les mouiller. Qui contient mille. Il est aussi subst., et dé* signe dessectaires chrétiensnqui croyaient qu'après le Jugement dernier, les élus reviendraient passer mille ans sur la terre.

BflLLB-PKRTUIS. s. m. Sorte de plante. Le plur. s'écrit comme le singulier.

HflLLB -PIEDS, s. m. Nom d'une famille d'insectes. Le pluriel s'écrit comme le siog.

MILLÉSIME, s. m. On fait sentir les deux /.

MILLET, s. m. Les deux l sont mouillés. On dit aussi mi7.

MILLIMÉTRÉ, s. m. On fait sentir les deux /.

BULLION, MILLIARD, s. m.

Ces mots ne sont pas , comme mille, des adjectifs numéraux, ce sont des substantifs; Us pren»

nent un s au pluriel. Trois mil- Uards, quaù'e millions.

MINÉRAL, s. m. Lé plmlel masc. est minéraux.

MINEUR, adj. Son fém. est mineure. — Mineur, désignant un ouvrier qui travaille aux mines, est substantif et n'a point de fém. correspondant.

MINIATURE, s. f. On prononce ordinairement tnJgnature, dit l'Académie ; cette prononciation vicieuse n'est donc pas de rigueur, et l'on ne saurait blâmer ceux qui disent miniature.

MINIMUM, s. m. On prononce mittimome (Acad.). Il n« s'em^ ploie pas au plur.

MINISTRE, s. m. Racine a dit:

. . . Une troape jiuoknU, D'un fier usurpaleiir «imnjiB violmtb.

C'est une faute; ministre, appliqué à un substantif du féminin, ne cesse pas d'être du masculin. Une troupe insolente est le ministre 'violent, et non la ministre violente; de même qu'elle est le cruel auteur d'tm forfait, et non la cruelle auteur.

MINIUM, s. m. T. de Chimie.

Oxyde rouge de plomb. On prononce miniome. Il ne se dit pas au pluriel.

MINUIT, s. m. Voir Mi»i,

BUNUTIE. s. f. On proneace minucie.

MI-PARTI , MI-PARTIE. adJ.

Voir Mi.

MfitMIDON. Si m. Quelquesuns, pour se conformer à l'étymologie, écrivent myrmidon (Acad.). Jeune homme de tr^ petite taille; homme à préteo- UoDS exagérées et ridicules, qui

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veut paraître supérieur à lulmfime et aux autres.

MISE. s. f. Dans le sens de Manière de se mettre, de se vétir, ce substantif est français, mats de mauvais ton; il faut le remplacer par pamre ou toilette. — Mise , part, passé de mettre, se dit très-bien. Elle est mise de bon goût.

MISERERE- s. m. Ce mot, ainsi écrit avec un accent sur les é, peut prendre un s si on l'emploie au plur.

MISÉRICORDE, s. f . Il a un pluriel dans cette locution : f^es miséricordes de Dieu, c.-à-d.

les bontés de Dieu.

MISTRAL, s. m. Vent du N.

0. en Provence. Quelques-uns disent et écrivent maestral (Acad.). Cette dernière forme n'est plus usitée aujourd'hui.

Mistral, ou maestral, ne se dit qu'au slng.

MIXTION, s. f. - MIXTION- KER. V. a. ou transit Dans ces mots, ti conserve sa prononciation naturelle, c.-à-Kl. celle qu'il a dans le mot menti.

MODE. s. f. Usage passager qui dépend du goût et du caprice. Il se dit au pluriel pour signifier. Les ajustements , les parures à la mode. Au singulier, il signine aussi . Manière, fantaisie : A la mode d'Espagne.

Chacun 'Vit à sa mode.

MODE. s. m. Manière d»étre , forme, méthode; T. de Musique.

MODE. s. ita. T. de Grammaire. Se dit Des inflexions générales du verbe, qui forment la conjugaison, et qui

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servent à exprimer les différents points de vue sous lesquels on considère l'existence ou l'action (Acad.).

11 y a cinq modes dans la ' conjugaison française : L'indicatif, le conditionnel, l'impératif, le subjonctif et Pinflnitif.

(Voir les grammaires pour connaître la nature de ehaque mode.)

Emploi dM mode*.

INDICATIF, FOTU» et C<MI»I-

TiONNEL. Il faut bien prendre garde, en écrivant, de ne pas confondre la forme de quelques personnes du futur avec celles du conditionnel. On écrit au futur: Vous emmenez touf vos amis avec ntous , sexaA-je des nôtres? et au conditionnel :

Serais v'e venu en poste, si Vaffaire n'eût pas été pressanite? Dans la première phrase.

Il n'y a point de eondltloii exprimée; dans la seconde, au contraire, on dit que U manière d'être n'aurait pas eu lieu si telle condition n'eût pas existé.

On met encore le verbe au conditionnel , lorsque , so«s la forme d'exclamation , on veut faire entendre que l'on considère la chose comme Impossible, ou que l'on serait fâché qu'elle fût : Pourrais-je à cette loi ne pas me confonnerl Serais-je venu trop tard.' — En mettant le verbe au pluriel, le sens indique s'il doit être au conditionnel ou au futur : Serions-noMj -vc/ïrtf en peste, si l'affaire n'eût pas été pressante ? Serions - nous venus trop tard! On reconnaît de la même manière qu'il faut écrire; Si vous allez à Rome» VOUê

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iecoinpagnerai-y^ ? et Si vous alliez à Rome, vous acctmpagnerals-Je ?

SCBJOWCTIP. Le subjonctif est le mode du doute, de rincertitude. II s'emploie dans une proposition qui sert de complément à une autre proposition I^eine ou elliptique , pour exprimer une attrU>iitioii que Ton considère comme douteuse, Incertaine, ou peu probable. De ce principe général découlent plusieurs règles ou observations particulières.

Règle I. Comme le doute, l'incertitude. l'Indécision, la supposition , la volonté , le désir, la crainte, ne portent que sur des choses non positives , on emploie le subjonctif après les verbes ou les expressions qui réveillent ces idées.

Exemples :/£ doute qu'il vienne. ,Pense-t-on qu'il 'vienne?

Supposez qu'il vienne. Je veux qu'il vienne. Il faut (je veux ou on veut) qu*il vienne. Je prétends qu'il vienne. Je dé' sire qu'il vienne. A moins cependant que celui qui parle ne veuille exprimer une chose sur laquelle il n'a point de doute, et qu'il considère comme certaine, positive , incontestable:

Je prétemls que deux et deux font quatre, f^ous supposerez facilement que Je ne veux pas vous tromper (Acad.)*

On dirait de même : Je te donnerai des raisons qui te convaincront (Je suis certain qu'elles te convaincront); et, Je te donnerai des raisons'' qui te convainquent (c.-à-d. dési" rant qu'elles te convainquent , mais Je n'en suis pas certain).

Je veux acheter une robe qui

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m£ plaise beaucoup ( Je ne sais pas encore quelle sera cette robe qui doit me plaire); et.

Je veux acheter une robe qui me plaît beaucoup ( je connais cette robe , et cette robe me plaît beaucoup ).

II. Le verbe de la proposition complétive est ordinairement au subjonctif . après une proposition principale n^ative ou Interrogative : Il ne pense pas que personne veuille lui dresser des pièges (La Bruyère).

Penses-tu qu'en effet Zaïre me trahisse? (Voltaire.)

Mais il faut pour cela que la proposition négative ou interrogative exprime le doute , l'incertitude, comme dans les exemples cités : l'homme de La Bruyère doute qu'on veuille lui dresser des pièges , mais il n'est pas certain qu'on ne lui en dressera pas ; Orosmane dit à son confident Corasmin :

Penses-tu , c.-à-d. es-tu bien certain qu*en effet Zaïre me trahisse? pour lui, il est encore dans le doute à cet égard; il désire même que cela ne soit pas. On dira, au contraire, avec l'Indicatif : Je ne m'aperçus pas que je parlais à lui' même (le fait est certain , je lui parlais).

PiMU-voM qu'il «'iaiT d'un tatt^ii^ai-

(cralilef On t»ln brait, aa aonpcon tou» le rend

(vraiMfnblalilc (CZaiaiBa.)

c.-à-d. quand vous pensez, si vous pensez qu'il s'agit, etc.

L'interrogation n'est ici qu'un tour oratoire, sans être dans la pensée de celui qui parle.

Ne trouves-tu pas quej*di raison? (moi, J'en suis convairtcu).

HI. On met letubjoncttf après les verbes qui expriment la sotislkction, U trtetesse, l'asaentiment , llmprobatlon , le mécontentement, la surprise, sentiments qui présupposent un acte de U volonté (l" règle).

Je suis étonné qu'il ne revienne pas(]t voudrais quHl revint).

/e suis ravi qu'il vienne (donc Je désire, Je veux bien qu'il vienne). Je suis fdché. Je vois tt^e peine qu'il t'en aille ( le ne voudrais donc pas quni s'en allât). Je consens que <vous le ftssiez (Je le veux blen^. Je défends qu'il sorte souvent (je ne le veux pas).

rv. Après un verbe impersonnel : // serait bon qu'on obéit aux loU. Il faut que je fasse tt!tU ehosfi.

Remarquons cependant que les verbes impersonnels n'exigent le verbe suivant au subjonctif que lorsqu'il exprime une idée de volonté, de nécessité , de convenance , de doute, etc. Bn effet:

P Les impersonnels U résulte, a s'ensuit^ il est évident que»

it est probable que , il parait que, il y a, il est certain, etc., non accompagnés d'une négation, expriment une certitude, ou tout au moins une vraisemblance à laquelle on croit , et dès lors 11$ veulent mndlcatlf :

n résulte de là que ces deux angles sont égaux. Il est évi' dent qu'il fait Jour. Il est probable quUl viendra.

2o Après // n'y a que, on met Itndicatif , pour exprimer un fait incontestable, n n'y a que dix ans que Je le connais.

3** U suffU que, il me sujfit qw» peuvent être suivis d&

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l'indicatif lorsqu'à s'agit d« faits positife, de simples énoBdations, comme dans cette phrase : Ne vous suj^il pat que Je l'ai condamné... que Je le bals (Racine); e.-à-d., N« vous suffltpll pas de savoir que je l'ai condanmé... que je le hais? C'est ainsi qu'on trouve dans Molière est^l possible, suivi de l'indicatif: Est^l pos^ sible que vous serez toujour»

embéguiné d'apothicaires et de médecins! Le sens de cette phrase est à peu près celui-ci :

Est-il donc vrai, iV est donc vrai , que vous serez toujours , etc.; pour celui qui parle, la chose n'est pas douteuse : Argan, le malade imaginaire, sera toute sa vie embéguiné d'apothicaires et de médecins.

é?> U temJUe que ne veut le subjonctif que lorsqu'il équivaut à cette phrase : Les apparences veulent. Exemple : li semble qu'on soit convenu que la bonne foi ne serait plus une vertu (Massillon). Lorsqu'il a le sens de // est certain que, n veut l'indicatif : // setnUe que la rusticité n'est qu'une t^fnorance grossière des convemm" ces (La Bruyère). L^auteur est pMSuadé de ce qu'il dit, et te donne pour vrai; Il aurait pu supprimer // semble, et dire:

La rusticité n'est qu'une igne^ rance grossière, etc. — Cette observation s'applique aux I*cutions il me semble que, OJt dirau que : Il me semble qmê mon cœur veuille se fendre pap la moitié (maàame de Sévig&^v // me semble que Corneiiie a

I donné des modèles de tous Ise^ genres (Voltaire). Madame de Se vigne sait bien que son cœnf

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M M finidra pas ; «lest comme st elle disait : Je suis tentée de croire que mon eœnr veuille se •fSendre: le subjonctir veuille était donc nécessaire. Mais Voltaire avanee vn fait positif, dont U ne doute nullement ; il joet donc Tindloatif a donné.

Ce dernier* oas est le plus ordinaire : // me semble, U wnw semble^ etc., annonce presque toujours un fait positif; il est donc ordinairement suivi de l'indicatif.

Boiteau a dit :

Oa oiiun <B« le cUI, ^ai— tamà U1 m «mi, Tboiub laonlar om litn ifaa àUaft aon-

Jnonder d'un déluge nowttemul Texpression est exagérée} et Bossuet : On dirait que le Uvre des destins ait été ouvert à ce jprophète; c'est une suppost- ^on, une hypothèse. Mais Boileau a dit avec PindioaUf :

MOD

Oh msait, fiUAd ta «cm, fn'allc t»T«aii? («hOTchar,

parce que Boilaau croit efEeetivement que Molière ne cherche point la rime, que la rime Tient souasa plume quand U le Teut.

h** SHl est fvrai que prend ordinairement le subloncttt; il équivaut alors à si ton suppose que, si l'on admet que :

S'il est vrai qu'Homère ait fait F'irgile, if est son plus bel ouvrage (Voltaire). Mais quand 11 «'afflt d'un fait certain. Incontestable, n veut l'indicaUf : S'il est vraf que /ai chassé les ennemis de votre territoire, etc, (▼ertot).

y. On emploie le sublonctff apvés na pronom con]oncttf, on Pwlverbe où précédé de le

seul» lei premier, le dernier, wx d'un comparatif, comme le plus parfait, le meilleur, etc.

Cest Ja seule place oft «om puissiez aspirer (Acad.). Xéron est le premier empereur qui ait persécuté rÉglise (Bossuet).

Racine sera regardé eomme le poète le plus parfait ^t' ait Jamais écrit (La Harpe}.— Mais si Ton présente le fait cmnme positif, incontestable , le ved>e doit être k l'Indicatif: La seule loi qu'il fbnt suivre (Acad.).

Les Ty riens fUrent\eA^veaie!ÊB 9»/ domptèrent lesjiou (Féaalon). rai fait de mon héros le portrait le plus majestueux st le plus brillant que J'tA pu (Voltaire).

VI. Quand la proposition complétive est liée à la principale par l'un des pronoms conjonctlfs qui, que, dont, lequel, ou par l'adverbe oA, le verbe de cette proposition ae met à l'indicatif, si la pevsonae qui parle exprime une chose sur laquelle elle n*a point de doute » une chose certaine , positive, du moins dans son esprit; dans le cas eontralre, le verbe se met au subjonctif.

Exemples : J*tre/ dans une r»traite où Je serai tranquille (je connais cette retraite, je suis sûr d'y être tranquille).

J*irai dans une retraite où Je sois tranquille (dans le but d'y être tranquille ; mais cette retraite n'est point encore trouvée);

vn. On met toujours le lubjoocttf après quel que, quelque... que, quoi que, quoique :

Un trône, quel qu'// soit, n*est point à dédaigner* Quelques if" forts quo vous liassiez. Quoi qoe

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