POSTFACE
Poussin a écrit : « Le chant du cygne est plus doux quand il est près de sa fin. » Ce texte ne semble-t-il pas s'appliquer au dernier inédit de Jamot ?
Daté de 1938, alors qu'il était ravagé par une cruelle maladie qui devait l'emporter les premières semaines de la guerre, et dont il cachait les souffrances à tous, cet « Eloge de l'Àrt Français » est comme un défi à la catastrophe, qu'il savait venir. En effet, lucide, et grand voyageur jusqu'à la fin, Paul Jamot ne nourrissait aucune illusion. Ce court essai, resté manuscrit, devint comme un espoir et une consolation dans les années sombres. Ainsi fut-il lu par ceux, nombreux parmi ses amis, qui en prirent connaissance alors.
Cette publication, qui semble achever le cycle des « postmortem » de Jamot (elle en est la onzième), ne peut recevoir de meilleure épigraphe que deux autres textes de Poussin « le plus intellectuel peut-être de nos grands peintres » : « Il faut nous faire entendre quand le pouls nous bat encore un peu. » Et cet autre, qui est le plus célèbre et le plus beau de tous ceux contenus dans la correspondance du Maître : « C'est le rameau d'or de Virgile que nul ne peut trouver ni cueillir, s'il n'est conduit par la fatalité. » (Lettre à M. de Chambray, 1^^ mars 1665).