‹ Petit glossaire du patois de DémuinChapitre 6 sur 9 · I.iTER, V. a., plafonner, enduire d'un second mortier · texte numérisé non relu

I.iTER, V. a., plafonner, enduire d'un second mortier

Liu, s. m., lieu; n'avoir nefu ne liu, être sans asile; la première lettre de ce mot tombe dans la locution conjonctive au iu que.

LivE, s. f., livre, franc, monnaie d'argent.

Lo ou Élo, adv., là, ici; — pr. dém., cela, comme lo.

LoAGER, s. m., celui qui donne en location.

Loc, s. m., ocre; V peint aveu du loc.

LocART, adj. employé dans cette locution ; blè locart, blé barbu, triticum monococcum.

LoNGiNER, V. n., lambiner.

LoNGiNEu, oiRE, S. m. et f., celui, celle qui travaille lentement, qui marche sans se presser,

LoNGivo, s. m., se dit de celui qui est lent, tardif, long dans ce qu'il fait.

LoQUER, s. m,, marchand de chiffons; ceux qui veulent parler français disent locher ; — ces industriels ambulants, qui faisaient autrefois leur commerce avec de mauvais chevaux, s'arrêtaient souvent au cabaret lorsqu'ils rencontraient quelque confrère; ils laissaient à la porte leurs haridelles qui, pour attendre, essayaient de se manger le poil à la têle et sur le cou, d'où est venue l'expression suivante appliquée à deux personnes qui se font des caresses sans fin : V s'enbrasseté comme des guevo de toquer.

LoRGNARD, oiRE, S. m. ct f. et adj., celui, celle qui regarde en dessous ou de côté, qui épie sans avoir l'air de le faire; — se dit également des chevaux et des vaches.

LoTÈE, S. f., réunion d'un certain nombre d'objets composant un lot.

LoucHET, s. m., bêche.

LouFER, LouFRER, V. a., manger avidement.

Loulou, s. m., lolo, lait, terme enfantin.

LouvET, s. m., gourmand, glouton.

LouvicHE, s. m. et f. et adj., qui mange goulûment, à la façon du loup; comme aile est louviche!

LoYACHE, s. m., action de lier, de faire une ligature.

LoYEN, s. m., lien.

Loyer, v. a., lier, nouer.

LoYEU, oiRE, s. m. et f., celui, celle qui lie.

Loyure, s. f., ligature.

Lu, s. m., lumière, vx. V. Fu.

LuRLURE (À), loc. adv., travailler sans goût, sans soin, tout en prenant son temps, aller à l'aventure; — se dit aussi d'une réception faite sans façon, sans cérémonie.

LuMMERON, s. m., lumignon.

LuMMiON, s. m., lumignon.

LuNNE, s. f., lune; lorsqu'un individu annonce qu'il va se marier, pour lui exprimer qu'on n'en croit rien parce qu'on le considère comme peu propre au mariage, on réplique : Tu te mariera aveu la lunne pour engendrer le bieu temps.

LuRONGNiER, S. m., lambin, musard, qui s'amuse en travaillant, qui s'occupe de travaux insignifiants.

Luron lurette, loc. adv,, doucement, lentement; j'irai tout luron lurette, je prendrai mon temps.

LuRONNACiiE, s. m., se dit de travaux qui font passer plus de temps qu'ils ne donnent de profit à ceux qui les exécutent.

Luronner, V. a., s'amuser en travaillant, perdre son temps en allées et venues inutiles.

LuRONNEu, oiRE, S. m. et f., celui, celle qui luronne.

LusET, s. m., cercueil.

M remplace b dans jambe, gamme.

M se double après u : légumme, plumme, fnmme, fummier.

Machoqueler, V. a., heurter, gêner, incommoder avec les pieds ou les jambes.

Machoquer, V. a., bosseler, meurtrir, briser.

Machurquer, V. a., culbuter des objets.

Macreu, s. m., maquereau, scomber scombrus.

Madame, s. f., femme bien mise, qui aime à se parer, enne belle madame; qui parle plus ou moins purement le français, qui tient à être respectée, ch'est enne madame; — libellule ; — aconit.

Mado, s. m., nom donné aux femmes lourdes, maladroites, inhabiles, inintelligentes ; ch'est enne grosse mado.

Maflè, èe, adj., bouffi, ch'est un grou majlè.

MAGi<iER (man-gnier), s. m., meunier; — hanneton dont les élytres sont fort gris ; — fîg., noyer che magnier, c'est faire une pâte trop liquide, c'est employer trop d'eau pour la quantité de farine dont on dispose pour faire du pain ou de la pâtisserie ; — risée de magnier, rire forcé; — on dit : mangner sans ieu, pour désigner un meunier peu occupé, de même qu'on dit d'un boulanger qui a peu de clients : boulenger sans pain ou sans pâte.

Magniére (man-gniére), s. f., manière.

Magrite, s. f., contraction de Marguerite; — reinemagrite, reine-marguerite, callistephus chinensis.

Mahon, s. m., coquelicoi, papaver rhœas.

Mahonner, V. a., bredouiller, mal prononcer.

Mainge-profit, s. m., surnom donné à celui qui dépense tout ce qu'il gagne, qui ne travaille que pour dissiper.

Mainger ou Menger, V. a., manger.

Maingniape, adj., maniable.

Mainier, V. a., manier, toucher, prendre.

Mainiére, s. f. pi., manières.

Maintien, s. m., partie du fléau des batteurs en grange que l'on tient à la main.

Mairerie, s. f., mairie.

Maladiu, iusse, s. m. et f. et adj., celui, celle qui est maladif, qui est souffrant, qui est dans un état passager de maladie.

Malagréape, s. m. et f. et adj., celui, celle qui n'est pas complaisant, qui est d'un abord peu agréable.

Malaisse (à), loc. adv., à plus forte raison; t'es recranne pour avoir foi deux iue, à malaisse si tu n'n acoifois cinq comme mi; — signifie aussi je comprends, je m'explique telle chose; à malaisse é-que je le vois toujours entrer lo, dit-on d'un jeune homme qui entre fréquemment dans la même maison pour faire la cour à une jeune fille, ce que l'on vient d'apprendre.

Malapatte, s. m. et f., celui, celle qui est maladroit, peu habile de ses pattes, employées ici pour mains : m.al à pattes.

Mal-baptisiè, èe, adj., qualification injurieuse; c'est une façon détournée de dire à quelqu'un qu'on le met au rang des bêtes, qu'il n'aurait pas dû être baptisé.

Maldire, v. n., médire.

Maldisant, ante, s. m. et f. et adj., médisant, médisante.

Maldonne, s. f., terme du jeu de cartes indiquant que l'on s'est trompé en donnant les cartes; — fig., ne pas réussir dans une affaire, être trompé.

Mâle, s. m., homme; s'emploie surtout pour désigner celui qui est porté au plaisir; que mâle!

Maléclou, s. m., le dernier né d'une couvée; dans certains villages, on prononce marléclos, marliclou, parce que le dernier né de la couvée est presque toujours un mâle, marie ; — fig., maladroit, chétif.

Malému, usse, s. m, et f. et adj., de mauvaise humeur, maussade, lourdaud.

Malentente, s. f., malentendu, erreur involontaire, discorde, désunion.

Malfachon, s. f., travail mal exécuté, mal façonné.

Malfoi, s. m., surnom donné à celui qui est laid, difforme au physique ou au moral.

Malgrace (en), loc, adv., en défaveur, en désunion, en dissentiment; il o quittiè sert moite en malgrace; s'emploie indifféremment avec en, de ou par.

Malheur (foire un), loc. signifiant commettre une maladresse, occasionner un accident, se rendre coupable d'une mauvaise action, tuer un porc, une volaille, etc.

Malmette (se foire), loc, adv., s'attirer des reproches, se faire malmener, maltraiter.

Malou, s. m., bourdon, apis agrorum.

Malplaquè, èe, s. m. et f. et adj., qui se tient mal, qui est négligé dans sa mise ou sa tenue.

Mal prin, adj,, se dit de celui qui est dans l'embarras, qui ne réussira point dans son entreprise; o n'êtes point mal prin, vous y arriverez assurément, vous réussirez sans difficulté.

Malsoufflè, i^:E, s, m. et f. et adj., jouffiu, bouffi, disgracieux, mal bâti.

Malva, interj. signifiant cela va mal, on ne réussira point dans son entreprise, on court à la ruine; excla-

mation poussée lorsque l'on apprend que quelqu'un est gravement malade.

Malvélè, èe, s. m. et f. etadj., lourdaud, malhabile, qui manque d'activité, d'énergie.

Malzan, ANNE, S. m. et f. et adj., malfaisant, qui se plaît à nuire, à faire le mal; — flg., rusé, malin, qui aime à taquiner, qui prend des privautés.

Mamo (man-mo), s. m., terme enfantin signifiant mal, bobo.

Manche, s. f. dans toutes ses acceptions : enne manche é-de coutieu.

Manchette, s. f., foire des manchette, c'est frotter le poignet de quelqu'un entre le pouce et l'index, ce qui cause une douleur fort vive.

Manchon, s. m., maçon; — mancheron de charrue. Mandelèe, s. f., contenu d'une manne.

Mandelette, s. f., petite manne. ■ Mandier, s. m., fabricant ou raccommodeur de mannes, vannier; les ouvriers ambulants de cette petite industrie qui parcourent de temps à autre les rues de Démuin sont presque tous originaires de Béhcncourt ou de Rubempré.

Mandionner, v. n., demander quelque chose avec insistance, demander sans cesse, tantôt un objet, tantôt un autre.

Mandionneu, oire, s. m. et f. et adj., qui mandionne. Manèe, s. f., quantité de blé que l'on remet en une fois au meunier pour la convertir en farine et en son; cache-manèe, garçon meunier qui recueille les manèe à domicile.

Manet, ette, s. m. et f . et adj., (jui a pei-du la couleur vive etanimée, en parlant du visage et de la peau; pâle, pâlot.

Mangon, s. m., qui bredouille, qui parle mal. Mangonner, V. n., bredouiller, contrefaire sa voix. Mangonneu, oire, s. m. et f., a le même sens que mangon.

Manon, s. m., le gros bout d'une queue de billard, jue du mannon.

Manotte, s. t., petite logette des colombiers qui sert de nid aux pigeons; — petite main.

Man QUE; loc. conj., seulement que; favois dix glinne, j'é n'n ai pus man que trois ; on dit quelquefois aussi ma que.

Mantieu, s. m., manteau.

S'i' foi bieu, Pren ten mantiéu, S'P pleut, Pren-le si tu veux.

Maquard, s. m., gourmand, glouton.

Maque-a-part, s. m., surnom donné à celui qui n'invite jamais personne à sa table.

Maquefer, s. m., mâchefer; — fig., grand mangeur, gourmand.

Maquelotte, s. f., grumeaux formés par la farine mal délayée.

Maquer, V. a., mâcher, manger et surtout manger gloutonnement.

MÂQUERIE, s. f., grand repas, festin.

Maqueron, s. m., se dit en mauvaise part du menton, ^07?^ maqueron.

MÂqueu, oire, s. m. et f., celui, celle qui mange beaucoup, gloutonnement.

Mâquie, s. f., le contenu de la bouche lorsqu'elle est pleine d'aliments.

MÂQUiLLEfî, V. a., mâcher lentement, mordiller, manger du bout des dents.

Maquillonner, V. a., manger sans appétit, avec diflficullé, maquiller; —f]g., v. n., parler mal, manger les mots.

Maouillonneu, oire, s. m. et f., celui, celle qui bredouille en parlant, qui mangonne.

Marcander, V. n., marchander, comme t' marcanne.' — fig., v. a., hôsiler sur un parti à prendre.

Marcandeu, dire, s, m. et f., celui, celle qui marchande.

Marcher (se), v. pr., s'emploie dans cette locution : se marcher bien, marcher bien, avec élégance.

Margoulette, s. f., menton, mâchoire, tu vos te foire casser la margoulette; — pi., petites grosseurs qui se développent au cou, sous les oreilles ou sur le menton des enfants; — mouchoir en margoulette, mouchoir passé sous le menton et retenu sur la tête pour préserver le menton et les oreilles du froid.

Marguet, s. m., bouc; — fig., homme porté au plaisir, paillard.

Marguette, s. f., chèvre; — fig., femme d'une maigreur extrême; aile o enne tête é-de marguette à boire da ches orgniére; pour boire dans les ornières, il ne faut pas avoir une grosse tête.

Mariache, s. m., mariage; — fig., /oire unmariache, briser un objet fragile tel qu'une vitre, une bouteille, une pièce de vaisselle, etc.

Marichau, s. m., maréchal-ferrant.

Marieu, oire, s. m. et f., celui, celle qui est marié nouvellement.

Maringote, s. f., petite charrette légère.

Marioler (^se), V. pr., se dit ironiquement dans le sens de se marier.

Marioleu, oire, s. m. et f., celui, celle qui est sur le point de se marier ou qui est nouvellement marié; s'emploie ironiquement.

Marister (maris-tére), s. m., magister; on dit d'un illettré : il o 'tè à l'école da ches courts Jour et pi che marister V vardoi les cochon à remontée.

Marlou, s. m., jeune mâle.

Marmousu, usse, s. m. et f., celui, celle qui paraît être constamment de mauvaise humeur et qui fait la mine aux gens.

Marsier, V. a., faire les semailles du printemps.

Masœur (ma çeur), s. f., religieuse et plus particulièrement religieuse chargée d'instruire les jeunes filles, eni(e maseur, des maseur.

Massac, s. m., ouvrier inhabile, massacre, qui exécute mal un travail, ch'est un vrai massac.

Massaveur (cœup de), loc, mauvais coup donné sans intention, coup maladroit.

Mastoc, s. m., lourdaud, pataud, informe.

Matin K, èe, s. m. et f., mélangé, métis : cochon matinè; terme d'amitié donné aux petits enfants.

Maton NER (se), v. pr., se dit du ciel lorsqu'il se forme un amoncellement considérable de petits nuages qui lui donnent une apparence grumeleuse, qui les font ressembler à la laine du mouton ; é-che temps se m.atonne.

Matouflè, èe, s. m. et f. et adj., celui, celle qui est gros et court, qui est mollasse.

Matronne, s. f., femme qui est aux petits soins auprès des enfants; grosse matronne, d\i-on d'une femme bien portante, à la face réjouie et à l'air placide.

Matroule, s. f., femme très grosse et de petite taille, qui prend le temps comme il vient; ch'est enne grosse matroule.

Mau fmo), s. m,, mal, douleur, peine.

Mauvaisetè fmo-vaisse-tèj, s. f., méchanceté.

Mawais, aisse, s. m. et f. et adj., méchant, mauvais.

Me, adj. posses., ma; ch'est me plache, — vlo me grand'mére.

Mé, pp. posses., moi; donnez-mé du pain.

Mécœurant, adj., répugnant, qui fait mal au cœur, en parlant d'aliments, de médicaments ou d'odeurs.

Méfoire, V. n., méfaire.

Megniè, èe, p. p. du verbe Megnier; s'emploie très souvent dans les locutions suivantes, qui sont de véritables noms composés : Megniè à dette, — megniè à pou, — megniè à puche, dans le sens de criblé de dettes, rongé à poux, etc.

Megnier, V. a., manger avec avidité; — fig., v. n., dissiper; i' vo megnier tout sen bien.

Megnieu, oire, s. m. et f., celui, celle qui mange beaucoup, gloutonnement; —fig., dissipateur.

Meile, s. f., nèfle, fruit du mellier (V. ce mot).

MÉLiE, s. f., aphérèse d'Emilie ou d'Amélie.

Mellier, s. m., néflier, mespilus germanica; cet arbrisseau, qui pousse naturellement dans les bois, est quelquefois transplanté dans les jardins pour y recevoir ensuite des greffes de poirier; avec les pousses du mellier, on fait d'excellents manches de fouet qui sont très flexibles et qui valent les perpignans.

MÊME, s, m., terme enfantin pour désigner les brebis et les moutons; onomatopée.

Mémére, s. f., grand'mère, femme d'un certain âge; — fig., jeune fille ou jeune femme qui a de l'embonpoint, ch'est enne grosse mémére; on dit d'une fillette qui paraît plus âgée qu'elle ne l'est ou qui est attifée comme une vieille femme : aile o l'air d'enne quiote mémére.

Men, adj. posses., mon; Ve s'élide devant un mot commençant par une voyelle ou une h muette; dans ce dernier cas, il est des deux genres, m'n ormoire, r)i'n ami.

Ménager, s. m., petit cultivateur qui fait faire son labour parce qu'il n'a point assez de terres pour avoir des chevaux, mais qui fait la récolte de ses propres mains.

Mener, v. a., faire aller. Imp., os menoime, os menoite, V menint. Fut., é-je marai, os marons. Cond., os maroime, V marint. Subj., qu'os menonche, qu'os menéche, qu'i mennechete (minn'ch't'J.

Menger. V. Mainger.

Menteu, oire, s. m. et f. et adj., menteur, menteuse; on dit fréquemment qu'i' n'o pjoint pus de menteu que da l'hiver, parce, que lorsqu'une personne entre dans un appartement, on l'invite à s'approcher du poêle ou

du feu en lui disant : Cauffez-vous. — Merci, je n'ai point froid, répond-elle en grelottant et en s'avançant pour se chauffer.

Mentir, v. n., a les mêmes acceptions qu'en français, mais, en picard, il se dit en outre d'une vache qui vêle quelques jours ou même quelques semaines plus tard que le jour où elle aurait dû mettre bas; quand une vache ment longtemps, on dit qu'elle donnera un BOUDKU (V. ce mot).

Mentirie, s. f., mensonge.

Mentongniére, s. f., crochet de la crémaillère qui sert pour suspendre le chaudron, la marmite ou la

MÉQUIGNETTE (V. ce mOt).

Menu, s. m., petite botte faite avec la courte paille ramassée au râteau dans l'aire d'une grange après le battage et quand la longue paille est liée en gerbée; — trétin, à Hornoy, blanmain aux environs de Roye.

MÈQUE, s. m., petit lait provenant du fromage mou, sérum.

MÉQUIGNETTE, S. f., ccrclc dc fcr muni d'une anse que l'on suspend au crochet de la crémaillère et sur lequel on place une casserole ou autres ustensiles de ménage pour la préparation des aliments.

MÉQUiNNE, s. f., servante, vx; — femme qui relève le blé derrière le faucheur et qui forme les javelles; — sorte de dévidoir sur lequel les faiseurs de bas enroulent les écheveaux de laine pour les mettre en bobines.

Mer (vent de), loc, vent d'ouest; — aZ^e o passé le mer rouche, dit-on d'une femme qui a passé l'âge critique.

Méraleresse, s. f., vieux mot signifiant sagefemme, nourrice ; n'est plus employé aujourd'hui que dans l'expression suivante appliquée à une femme dont le corsage est fort proéminent : ch'est comme enne méraleresse.

MÉRANCE, s. f., aphérèse d'Émérance.

Merler (se), V. pr., se mêler, s'occuper d'une chose étrangère à sa profession, à ses habitudes, etc.

Merleu, oire, s. m. et f., celui, celle qui se mêle de tout, qui s'occupe d'affaires auxquelles il n'entend pas le premier mot.

Merlin, s. m. V. le mot précédent.

Merque, s. f., marque; peu usité.

Mesure, s. f., vaisseau en bois de forme cylindrique pour le mesurage des grains, d'une contenance d'un demi-setier ou vingt-cinq litres; la mesure équivaut à deux quartiers (V. ce mol"); — d mesure, loc. adv., quelquefois, de temps à autre : Vos-tu au cabaret? — A mesure.

Mettre, v. a., a les mêmes acceptions qu'en français. Imparfait, os métoime, os métoite, V métint. Conditionnel, os métroime, os métroite, V métrint. Subjonctif, qu'é-je mèche, qu'os métonche, qu'os météche, qu'V mèchete (mèch'f).

Meu, s. m., malva sylvesiris; les racines et les feuilles de cette plante sont d'un grand usage pour le traitement des chevaux lorsqu'ils ont des tranchées.

Meucuit, ite, p. p., mal cuit, mal cuite, en parlant du pain, d'une pâtisserie; — fig., s. m. et f., celui, celle qui n'a pas de forces, qui est mollasse et ne peut se livrer à un travail fatigant; ch'est un grou meucuit.

Meudimen, adv., d'une façon regrettable, répréhensible, blâmable, ch'est de l'argent dépensée meudimen.

Meulin, s. m., moulin; —fig., voiture chargée de récolles qu'un charretier maladroit laisse verser dans les champs; les deux roues de la voiture versée sont alors dans le sens horizontal comme les meules de moulin; les charretiers qui font des moulins sont l'objet de mille plaisanteries.

Meupe, s. m., meuble; employé au singulier, signifie mobilier en général, et non pas, comme en français, meuble d'appartement; i' peut bien se marier, il o assez de meupe.

Meur, te, adj., mûr, mure.

Meure ou Meurre, v. a., moudre, V foi meure sert blè. Indic, é-je meut, ost meuions, i' meule-te; imp., é-je meulois, os meuloime, i' meuUnt; cond., é-j'e meuleruis, os meuLeroime, os meuleroite, i' meulerint ; subj., qu'é-je meule-che, qu'os meulonche, qu'os meuléche, quH' meuleche-te.

Meurir, v. n., mûrir.

Meurison, s. f., maturité des grains, des fruits; ches blè sont d'enne belle meurison.

Meuron, s. m., mûre, fruit de la ronce; — la ronce elle-même.

Meute, s. f., mouture provenant d'une certaine quantité d'orge, de seigle et d'avoine moulue grossièrement pour être donnée aux porcs ou autres bestiaux.

Meuture, s. f., mouture, meute.

Mi, pr. pers,, moi; V n'o que mi à nou maison qui di moi; — à part mi, loc. adv., seul, moi-même, en moimême.

Mianner, v. a., miauler.

MicHÉ, Michel, nom d'homme.

Micmac, s. m., a la même acception qu'en français, mais il désigne en outre un mets préparé malproprement ou composé d'aliments dont le mélange paraît singulier; pendant la guerre de 1870-1871, les noms des généraux français et étrangers étaient estropiés de plaisante façon; on entendait couramment dire : Micmac, Jacque Mahon, Grambetta, Crochu, pour Bismarck, Mac-Mahon, Gambetta, Trochu.

MiE, adv., pas, point; j'é ne l'ai mie mis, mi, je ne l'ai pas mis, moi; — seulement, i' n'en /eut mie qu'un.

MiÉ, s. m., miel; au lieu d'employer le mot de Cambronne, celui qui se respecte dit du miél

MiÉLASSE, s. m., mélasse; les enfants fabriquaient autrefois des tablette é-de miélasse avec des cartes à jouer dont les bords étaient relevés, et faisaient couler dans cette espèce de récipient un mélange de mélasse,

de farine et de cassonade qu'ils avaient mis sur le feu au préalable.

MiÉLÈ, p. p., blé atteint par la rouille; cites biè von ête miélè.

MiÉLER, V. n., produire le miélo.

MiÉLO, s. m., brouillard funeste aux blés auxquels il passe pour donner la rouille ou les rendre noirs.

Mienne, adj. et pr. poss. des deux genres, mien, mienne, le mien, la mienne.

MiEssÈ, ÈE, p. p., sucré, doux comme du miel, du chite miessè ;—fig., s. m. et f., celui, celle (jui a beaucoup d'idée de sa personne, qui est prétentieux, qui s'écoute parler.

MiESSER, V. a., sucrer, rendre mielleux; — fîg., prendre une douceur affectée.

MiESSEU, adj., doucereux, flatteur, mielleux.

Miette, s'emploie adverbialement, et a le même sens que fistule (V. ce mot).

MiEUF, adj., mutin, vif, alerte, turbulent, mièvre,

MiLER, V. a., viser, mettre en joue, mirer, miler enne pertrix; — lorgner, regarder sans faire semblant, espionner; — i' mile da le chamme; — v. n., brdler, avoir un beau poli, tes seuler V mile-té bien, — é-ie sarpe aile mile comme enne glace.

MiLEU, oiRE, s. m. et f., celui, celle qui guigne, qui espionne, qui épie; on dit fort couramment :

Des acouteu et pi des mileu, Ch'est pire é-que des voleu.

MiLoiR, s. m., miroir.

MiMiNE, s. m., terme enfantin désignant le chat.

MiMiR, s. m., diminutif de Casimir.

Mine! mine! interj., cri pour appeler le chat.

Minette, s. f., luzerne lupuline, medicago lupulina; — chatte; — fig., terme amical donné à une petite fille.

MiNiQUE, s. m., aphérèse de Dominique; cli'est un grand Minique, c'est un grand nigaud.

MiNMiN. s. m., diminutif de Firmin.

MiNON, S. m., fourrure, poil doux, duvet produit par certaines fleurs ou certains arbres ou arbrisseaux; — mite, asticot ; il o des minon da se tête.

MiNOTTE, s. f., terme enfantin désignant la main des enfants; — main délicate.

MiOTTE, s. f., miette;— fig., un brin, un peu, une petite quantité.

Mi-Plein. V. Plein.

MiRAC (miracle), foire un mirac, a le même sens que foire un mariache (V. ce mot).

Misère, s. m. et f., celui, celle qui est pauvre, misérable, qui mérite peu de considération; ch'est un misère.

MisÉRÉRÉ, interj., miséricorde! malédiction! quel malheur!

MiTACLÈ, ÈE, adj., tacheté, moucheté, bariolé.

MiTAN, s. m., moitié, milieu; en mitan quemin, à mi-chemin ; tu n'es point un mitan de béte; — en mitan voie, au milieu du chemin, en désordre, dans l'embarras; i' laisse tout en mitan voie, il ne range rien.

MlTAQUELÈ, V. MlTACLÈ.

Mitoyen, s. m., hermaphrodite.

MiTRONNER, V. a,, faire la cuisine; — se dit surtout d'un homme qui s'occupe de travaux plus particuliers aux femmes.

MiTRONNEU, oiRE, S. m. et f., celui, celle qui s'occupe de petits travaux et les fait avec soin.

Miu, adv., mieux.

MoFE, s. m,, petite meule de foin, de fourrage ou de blé non bottelé; — fig., se dit de celui ou de celle qui a de l'embonpoint, il est grou comme un m,ofe.

MoFLu, ussE, adj., moelleux, doux au toucher.

MoGNEU, MoGNOu, S. m., moignon.

Moi (mo'e), s, m., branche d'arbre plantée la veille du premier et du troisième dimanche de mai sur la toiture des maisons où se trouvent des jeunes filles;

on interprète ainsi les différentes essences d'arbres ou d'arbustes :

Moi de cerisier, Fille à marier.

Moi d'épinne, E-je t'aime, E-je te dégratinne Jusqu'à te Ijoutinne.

Moi d'ormieu, Cirest enne pieu.

Moi do cheui, Ch'est eiiue truie.

Moi de fusain, Ch'est enne put...

Autrefois, tous les moissonneurs plaçaient une branche d'arbre, aussi nommée moi, sur lu dernière voiture de récoltes ramenée des champs.

MoiE (moé), s. f., pétrin, maie; on dit i)laisamment aux ouvriers peu courageux qui cherchent du travail dans l'espoir de n'en point trouver : « l'n o enne plache mon un tel. — Pourquoi foire ? — Pour bercher un vieu d'enne moie. » — Meule de blé, de fourrage, d'avoine, de gerbées ou de fagots; dans cette acception, ce mot se prononce moè.

MoiRiLE, s. f., morille.

MoiRiR, V. n., mourir, — v. pr.,imp.,y'é-me moroi, os nous moroime, os vous movoite, V se moriné; cond., fé-me moroi, os nous moroime; subj., que J'é-me meurche, qu'os nous moronche, qu'os vous moréche, qu'V se meurche-te.

MoisiLLON, s. m., jeune fille de constitution chétive ou qui ne pense qu'à sa toilette et dédaigne les travaux du ménage et des champs.

MoisoN, s. f., maison; — prép., chez, firai moison Saint-Jean, j'irai chez Saint-Jean, mais, dans ce cas, on dit de préférence mon : J'irai mon Saint-Jean; moison désigne plus spécialement la première pièce dans laquelle on entre, où l'on fait la cuisine et où l'on se tient aux heures des repas et quand on est en repos ; la pièce voisine s'appelle boutique (V. ce mot); à la suite se trouve la chambre.

MoisoNNÈiî, S. f., famille, maisonnée.

Moisson, s. f., quantité de lait donnée par une vache ou une chèvre chaiiuo fois ([u'on la trait.

Moite, s. m., maître, patron; — magister, maître d'école, vx; — une femme dit en parlant de son mari : nou moite.

MoLET, S. m., petite quantité, un peu, un brin; donne-mé un quiou molet de bure; — j'en ceu un grou molet.

Mollasse, adj., a la même signification ([u'en français;— f]g., s. m., se dit d'un homme sans énergie, endormi; cette dernière acception est tout à fait picarde.

MoLLiAN, adj., souple, mou, doux.

MoLLiER, V. n., mollir au figuré, n'opposer qu'une faible résistance.

Mon, adv., chez, maison, j'irai mon Jacque ; — je mon, loc, je vais; je mon menger, je mon m'en aller, je vais manger, je vais m'en aller.

MoNCHET, s. m., monceau, tas, amas.

MoNCTioN, s. f., léger mouvement; on dit par exemple que le baromètreyb?" e/me quioie monction.

MoNEu, EUSSE, adj., triste, abattu, penaud, déconcerté; — se dit aussi des oiseaux et des animaux qui ont perdu leur queue ou qui a été écourtée; — on dit au figuré : o ne peut point coper le queue del diape s'il est moneu; — objet d'ornement dont le pendant a disparu.

Monnaie du pape, s. f., lunaire, lunaria biennis.

MoNNE, s. m., monde; ête sus le lanque du monne ou le bavardache du monne, c'est être l'objet de la médisance des gens.

Monsieur, s. m., cochon, parce qu'il est habillé de soies; à propos de ce jeu de mots, j'ajouterai qu'on dit d'une personne qui sort sans avoir passé ses bas qu'elle est en bas de soies.

Mont, s. m., tas, monceau; mont de fien, terme de mépris adressé à celui ou à celle qui se montre inhabile, incapable.

Montée, s. f., escalier, -montée de gairgnier; — côte, penchant d'une colline.

MoNTiNNE, s. f., montagne.

MoNTOiR, adj., s'emploie dans cette locution : pied montoir, pied gauche du cheval, parce que c'est de ce côté que l'on monte à cheval.

MoRciEU, s. m., morceau.

MoRCiLLER, V. a., mordiller, couper en petits morceaux, morciller du pain, du bou, etc.

Mord, p. p., s'emploie dans ces locutions : a te mord, a li mord, à vous mord, etc., pour signifier qu'on éprouve des démangeaisons.

MoRDAiLLER, v. a., mordiller.

MoRDURE, s. f., morsure.

MoRGNON (foire des), OU MoRNON, loc, faire des imprécations, des jurons; — se dit du chat qui grogne lorsqu'il est vexé.

MoRGNONNER, V. a., jurer, blasphémer.

Mort (à), loc. adv., beaucoup, extrêmement, en grande quantité, en abondance; i' ji'o du blè à mort.

MoRTiN, s. m., jeune enfant décédé; — adj., qui a l'air chélif, malingre.

MoRVATE, s. f., morve, mucus nasal.

MoRVATiER, s. m., petit polisson, morveux.

MoRZiF, adj., ivre-mort.

MoRzuRE, s. f., morsure.

MoTTER, V. a., relever la terre en forme de moite de chaque côté des rangées de pommes de terre, butter.

MouFLU, ussE, adj., pain, pâtisserie qui a bien levé à la cuisson, oreiller ou édredon bien garni de duvet, étoffe douce au toucher.

Mouillette, s. f., a le même sens (ju'en français; il désigne de plus des tas de gerbes de récolles élablis dans les champs; — mèche de cheveux.

Moule, s. m., se dit au figuré pour visage, figure et même le corps tout entier; hele que bieu moule! dit-on ironiquement à celui qui vous importune; ch'est un moule à béte, homme d'une grande laideur.

MouNET, s. m., moineau, et, par extension, tous les oiseaux de petite espèce; — ancolie, aquilegia, plante de la famille des renonculacées.

MouQUER, V. a. et pr., moucher, se moquer.

MouQUEu, EUSSE OU oiRE, S. m. et f. et adj., celui, celle qui aime à se moquer des autres; fes-t-enne béte mouqueusse, dit-on par ironie à celui qui vous raille, ce à quoi ce dernier répond : un mouqueu de béte.

MouRONNER, V, 3., remuer fréquemment la mâchoire comme si l'on mâchait quelque chose, quoiqu'on n'ait rien dans la bouche; — fig., murmurer, bougonner.

MousART, oiRE, S. m. et f. et adj., celui, celle qui boude à tout propos, souvent pour une vétille, maussade, renfrogné, qui fait la moue.

MousER, V. n., bouder, faire la moue.

Mousse, s. f., visage; — pi., lèvres; belles mousse, dit-on par ironie à un mousart;/oire des mousse, faire la moue, n'être pas content.

MousTAFA, s. m., terme de mépris adressé à un gros benêt, à un malotru.

Mousu, ussE, oiRE, S. m. et f. et adj., celui, celle qui n'a jamais l'air d'être content, qui fait la moue, qui est toujours de mauvaise humeur, grognon, hargneux.

Mouvance (en), loc. adv., changement dans l'atmosphère ; é-che temps est en mouvance, il se produit un changement dans l'air qui amènera de la pluie.

Moyen, enne, adj., a les mêmes acceptions qu'en français et signifie, de plus, chétif, qui ne jouit pas d'une bonne santé; — aroir moijen, loc, être riche, dans l'aisance; — V n'o point moyen de moyenncr, loc, il n'y a point moyen de réussir, de tourner la difficulté.

Muche, s. f., souterrain, cachette, petit réduit.

MucHER, V. a., cacher, couvrir ; mwc/ie-^é bien da ien lit, dit une mère à son jeune enfant, pour avoir boin et cœud. On dit plaisamment :

Que le bon Diu vou? tuche

Et que la Sainte Vierge vous muche,

Os serez bien tué

Et pi bien muché.

MucHETTE, S. f., petite cachette.

iVIuciiE TEN POU (Â), loc. adv., en cachette, littéralement à cache ton pot.

MuGou, s. m,, magot, boursicaut, amas d'argent que l'on a caché;— fig., trouver che mugou, découvrir le pot aux roses.

MuGOTER, V. n., mijoter, bouillir à tout petit feu; — V. pr., se dorloter, se mignoter, être aux petits soins.

Muguet a cloquette, s. m., muguet de mal, convallaria maiolis.

MuLER, V. a., mugir, beugler.

Muloire, s. f., vache qui beugle fré([uemment; — fig., fille ou femme qui pleure en criant.

MuLou, s. m., mulot; — tas de récolles composés de trois ou quatre javelles mises debout lorsqu'il ]jleut longtemps.

Munir, v. a., corriger un enfant pour le rendre obéissant; — dresser un cheval.

Muret, s. m., mur en terre surmonté d'un chaperon en chaume; — giroflée jaune des murailles, cheiranthus cheiri.

MURISON, V. Meurison.

Musette, s. f., musaraigne, sorex araneus.

MusiÉRE, s. f., muselière.

Musir, V. n., moisir.

Mutation, s. f., changement dans l'atmosphère , MOUVANCE (V. ce mot).

MuTERNE, S. m., odeur qu'exhale la moisissure; a sent le materne ou le muternè.

MuTERNER. V. n., moislr, pourrir par excès d'humidité.

MuTiEU, s. m,, mélange de son, de pommes de terre cuites et de petit lait que l'on donne aux porcs; — fig., mal habillé, mal fait; on dit d'une femme qui se tient mal : cli'est un vrai mutieu.

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N s'ajoute dans pris et ses dérivés, prins, surprins, — dans maçon et ses congénères, manchon, manchonner.

N se double dans la plupart des terminaisons en ine, faminne, bobinne.

N s'ajoute euphoniquement à tous les temps de l'impératif des verbes de toutes les conjugaisons, foi n'n est, fais-en; demandons n'n est, demandons-en; prendez n'n est, prenez-en.

N remplace g dans la terminaison igné, vinne, indinne, pour vigne, indigne.

Nac (avoir boin), loc, avoir bon nez; se dit aussi bien des chiens qui ont l'odorat très fin que des personnes qui arrivent fort à propos à l'heure du repas.

Naguei^, V. a., flairer, chercher en flairant, en parlant des animaux; — fig., se dit des personnes qui cherchent après quelque chose sans en avoir l'air.

Nagueu, oire, s. m. et f., celui, celle qui cherche après quelque chose sans faire de bruit et sans se laisser voir.

Nainte, adj., féminin de nain.

Naïu, usse, s. m. et f. et adj., naïf, naïve. Nampongnier, s. m., conteur de sornettes, amuseur, CACouiLLEux (V. ce mot);— surnom donné à un mar-

chand de vaches d'Hangard, de ce qu'il tire principalement ses vaches de Nempont et des environs.

Namponne, s. f., se dit d'une race de vaches fort petites provenant de Nempont ou des environs de ce village; — fig., femme ou fille de petite taille.

Nappe, s. f., pan de chemise; — fig., sale nappe, saligaud, saligaude.

Naquecieu, eusse, s. m. et f. et adj., (^ui éprouve de la répugnance à manger certains aliments ou avec des personnes malpropres, qui est dégoûté de boire dans le verre d'un autre; la chèvre est un animal réputé fort naquecieu.

Nasieu, s. m., naseau; — fig., nez.

Nason, s. m., morve.

Nasse, s. f., morve, mucosité nasale.

Nasu, usse, s. m. et f, et adj., celui, celle qui est morveux.

Navieu, s. m., navet, vx.

Ne, adv., ni ; i' ne craint ne Diu ne diape.

NÉLE, s. f., nielle, It/chnis githago.

Nenne part, loc. adv., nulle part.

Nen pus, loc. adv., non plus, pas davantage.

Nenque part, loc. adv., nulle part.

Nerbudrom, s. m., excrément; mot que l'on jette à la face de celui qui vous importune; ce mot doit être lu à rebours, de droite à gauche.

Nette, adj. des deux genres, propre ; aile est nette comme torquette; net, nette se disent des petits enfants qui ne font plus leurs nécessités dans leur lit.

Nettiache, s. m., nettoyage.

Nettier, V. a., nettoyer.

Neu, neufe, s. m. et f. et adj., neuf, neuve, nouveau.

Nichou, s. m., petit nid, cavité disposée en forme de nid; — fig., lit des petits enfants.

NiFLART, s. m., celui qui flaire en faisant du bruit avec les Narines.

NiFLER, V. n., respirer bruyamment par le nez, flairer avec bruit, reniller.

NiFLE'iTE, s. f., rhume de cerveau, enchifrènement.

NiFLEu, oiRE, s. m. et f. et adj., celui, celle qui renifle; — fig., se dit de celui ou de celle qui semble toujours être en quête de ce (jue font les autres, curieux, importun, indiscret ; ch'est un grand nijXeu.

NiQUEDOULE, s. dcs 2 g., simple d'esprit, sot; grand niquedoule, granne niquedoule.

NiVANNE, s. m., propre à rien, nonchalant, lambin, qui aime à muser; ch'est un grand nivanne.

NivELET, s. m., qui a peu d'expérience, jeune prétentieux ; ch'est un joine nicelet.

No, pron. démons., cela, comme no.

NoÉ, s. m., Noël.

NoiRTE, adj., fém. de noir.

Nom des oui interj., juron.

NoNORE, s. f., diminutif d'Éléonore.

NoNOTE, s. f., petite main, terme enfantin.

Noque, s. m,, gouttière.

NoQUÉRE, s. f., gargouille.

NoRiR, V. a., nourrir.

Note (é-le), pr. pos. des 2 g., le nôtre, la nôtre.

Noter-Dame belle heure (à), loc, très tard; il arrive toujours à Noter-Dame belle heure.

Nou, adj. poss. sing., notre; nous, nos; nous, pr. poss., a la même acception qu'en français, mais il est à remarquer (|ue nou, adjectif, se prononce comme en français, tandis que nous, pronom, est fortement nasalisé et se prononce à peu près comme si l'on écrivait noun.

Nou FOI, loc. adv., non, pas du tout.

NussE, adj., fém. de nu.

N'y-ver-goutte, s. m., n'y voit goutte; se dit en mauvaise part de fiucl(|u'un (uti est myope, et, au figuré, de relui qui est peu prévoyant, (|ui ne voit pas plus loin que le bout de son nez.

O s'ajoute dans lier et ses dérivés, loier, — dans scie, scier et ses dérivés, sçoie, sçoier.

O remplace a dans baisser, baiser et leurs dérivés, boissier, boisier, — dans gosier, qui fait gasiou, — dans armoire, que l'on prononce ormoire, — dans maison.

O remplace a dans les terminaisons des verbes qui font ais, ait, que l'on prononce oué ou onè, Je voyais, V finissait.

O se supprime dans soupçon, soupçonner, souscripteur;—dans jouer et ses dérivés, — dans moi, toi; — dans voir et ses dérivés, asseoir, qui font vir, revir, assir.

Oi remplacent eu dans jeune, rajeunir, qui font^ome, rajoinir.

Les diphthongues oi, ois, oit, oij ont toujours le son oué : pouére, moue, troué, droué. Gode/roué, pour poire, mois, trois, droit, Godefroy, — excepté dans la finale oi et dans coi, coitir, qui se prononcent comme en français. Toutefois, il est bon de remarquer que, dans les verbes, la finale de la première personne du singulier de l'imparfait de l'indicatif et du conditionnel a un son tout à fait différent de celle de la seconde et de la troisième personne des mêmes temps; ainsi j'aimoi, faimeroi se prononcent la bouche très ouverte : faimou-è, faimerou-è, et faimoi, il aimoi.

faimeroi, il àimeroi, avec la bouche presque fermée et en nasalisant : faimmou-é, il aimmou-é, t'aimmerou-é, il aimmerou-é.

Om se suppriment dans la plui)art des mots commençant par com, c'men, c'mander, c'menchemen, pour comment, commander, commencement.

Les finales o, op, os, ot font ou, trou, grau, bientou, pour trop, gros, bientôt.

Occasion, s. f., ce qu'il faut, ce qui convient; ch'est Vn occasion, dit-on à un jeune homme en lui parlant d'une jeune fille dont la dot est à peu près égale à la sienne.

ŒUILLÉRE, s. f., V. EUILLÉRE.

L)'enne file unique et fiére, D'eiine vaque œuillére, D'emie file é-de cabaretier, r ne feut point se cairquer.

Ojouque, s. f., ne s'cmjiloie que dans cette locution : Beie que belle ojouque! ce (jui signifie : « Vois-tu cette effrontée, cette étourdie », en parlant d'une femme ou d'une fille.

Olliette, s. f., œillette.

Ome (on-me), s. m., ombre, i' se met au l'orne; on dit ironiquement : i'n o granmen de béte au l'orne quant é-che soleil il est couché.

Ong, s. m., oncle, ongle.

Orméle, s. f., merle, merula vulgaris.

Ormieu, s. m., orme, ulmus.

Ormoire, s. f., armoire.

Orteu, s. m., orteil.

Ortile, s. f., ortie, urtica.

Ortillè, èe, p. p., être piqué par des orties; — tig., éprouver des démangeaisons sur la peau comme si l'on avait été piqué par des orties; — ête ortillè, ne pas tenir en place, être énervé.

Os, pr. poss., nous, vous ; os irons, os irez.

OsiÉRE, s. f., osier, salix.

OsoiR, V. a., oser.

Ou, V. NOM DES ou.

OuBRiEu, s. m., faucon hobereau, /a^co subbuteo; — fig., individu rapace, qui se plaît à faire du mal ou à causer de la peine.

Ouche! ouche! interj., cri pour chasser ou pour appeler les porcs.

Ouin! interj., non, pas du tout, bast; ironiq., oui.

OuTiu, s. ni., outil; — fig., nialadroit, propre à rien, (jui comprend difficilement; quel ouiiu! V ne sait rien foire.

OuvRACHE, s. m., a les mêmes acceptions qu'en français; employé après quel, il a un sens admiratif ou marque l'élonnement, la surprise; quel ouvraclie I il a pour synonymes qtjbire et tour; — s. m. pi., on dit d'un objet entouré de beaucoup d'ornements : V n'o grammen d'ouorache autour; on dit dans le même sens : i'n o tout plein d'ouorache, il y a beaucoup de choses que l'on ne saurait déterminer.

Ouvrier, adj., yoar ouvrier, jour ouvrable; il est en Jour ouvrier' (sous-entendu habillé), il est habillé en jour ouvrier; — ête habille à le dimenche, c'est être revêtu de ses plus beaux habits.

P remplace b dans abcès, — / quand cette dernière lettre est précédée de a, a^rape pour agraffe, — 6/ et hr dans les finales able, abre, èble, èbre, euble, erbe, èpre, ible, oble, obre, ouble et upre : nope, ape, meupe, risipe, octope, salupe, etc., pour noble, arbre, meuble, risible, octobre, salubre, etc.

Pacant, ante, s. m. et f. et adj., terme injurieux appliqué aux paysans, à ceux qui ont des manières gauches, communes, empruntées, lourdes.

Padesous, prép., par-dessous.

Padesus (padeçus), prép., par-dessus.

Paf, s. m., s'emploie dans cette locution : il est paf, il est soûl, il reste étonné, surpris : Ves reste paf.

Palèe, s. f., pelletée.

Palotis, s. m., mur construit en terre ou en paillis.

Palou, s. m., pelle de bois creuse propre à vider l'eau, ou servant à remuer les grains, la farine, etc.

Panchart, s. m., qui est pansu, qui a un gros ventre; — saint Panchart, le mardi gras.

Panche, s. f., panse, ventre; pour exciter à manger celui qui se plaint que les mets sont peu recherchés et peu appétissants, on lui dit : Quant é-se panche aile est pleine, o ne co mie vir chan qu'i'n o dedens.

Panchette, s. f., diminutif de panche; — se mette à panchette, se coucher sur le ventre.

Panchie, s. f., plein le ventre; V n'en prend des panchie à crever sur plache, il se gorge d'aliments, il en emplit son ventre.

Panchu, usse, s. m. et f. et adj., celui, celle qui a un gros ventre.

Panée, s. f., panade.

Paour, s. m. et adj., lourdaud, rustre.

Papare, s. m., prunelle de l'œil.

Papart, s. m., petit enfant, poupart ; vois-tu tous ches papart? Terme enfantin.

Papa sans nez, loc. burlesque pour désigner le postérieur; — papa qu'i' n'o qu'un eul, même sens.

Papeter (se), V. pr., se délecter à manger quelque chose de bon.

Papin, s. m., colle de farine, bouillie.

Papineu, adj., visqueux, gluant, collant comme du

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