upunin ne pouvaient arrêter
le cours de ses I. unies. Il se représentait
continuellement le honlieur dont il avait
ioui auprès de ce respectable vieillard, et
ne se dissimulait pas que jamais la maison de son frère ne lui ferait oublier la sienne. Le passe lui inspirait d'ailleurs une certaine défiance des sentiinens de M. Evroul, et tout en les croyant sincères , en ce moment , il comptait peu sur eux pour l'avenir. Tout cela lui fit prendre la résolution de voyager , assuré qu'avec son travail il trouverait à vivre partout. Benjamin fut le premier auquel il s'en ouvrit. Ce bon ami jugeant cette distraction propre à adoucir les regrets de Petit-Jules , approuva son désir et lui proposa de le suivre à Châteauroux.
— Là , lui dit-il , tu trouveras d'autant plus aisément à te placer , que mon négociant, à qui j'ai souvent parlé de toi , qui 3 lu la lettre et admiré le piésent-que tu
ri m- fin ta m'as f»ii , t'appuiera certainement de tout le poids de si recommandation. Je ni* te perle point <!<• l.i douceur que nom auront à demeurer dam la même ville , où il nom
xct.i f.n île de pi-Mi ensemble tons lei
murs de loisrri que nos occupations nous pet mettront . quoique je compte < el srauioiir beaucoup, et que j'espère qu'il sjtra aussi pour toi de quelque prix.
ISVn doute point, mon cher Benjamin , tte dernière considération sciait pour moi la plus puissante, et je me flatte de me rapprochei t<>t ou tard «le mon ineil- ]f«u ami ; mais il faut auparavant que j'aille en bourgogne.
BEIVJAMIir.
In Bourgogne ! et que pre'tends-tu faire
clans ce pays-là? Ne sais-tu pas que Joseph Aubcrt n'existe plus , que sa femme a quitté les environs de Sens , et qu'elle demeure chez des parens auxquels elle a donné tout son bien?
Je sais tout cela , mon ami , mais que m'importe? Ce n'est pas l'intérêt qui me Conduit. Je voudrais connaître cette excellente femme qui m'accueillit dans mon abandon, et prit pour moi les sentimens d'une mère. Ma présence ne pourra lui causer aucun regret, puisque, grâce aux bienfaits de ton oncle , je me trouve a l'abri de l'indigence. Sais-tu, Benjamin, qu'il y a bien long- temps que ce projet m'occupe. Je me contentais d'y iêrev
1)111 * Mil*
peu.l.mi l.i rie «le mon chw protecteur^
ut qu'il n'elt plus
1» i l.i \ <>i\ de Petit Jules fui étouffée par
: Son ami le sci uni dani lei
— Mi bien , para , lui dit-il , ton désir m. pai ii -m 1 1 sir bieq naturel , el je me natte qu'il obtiendra PasaenUinent «le mou « ependant voj i eul à ton
1 1 1 1 1 -.m 1 1 s .,\ . , \ ii .i, \té,
i h (juin je suis grand et fort.
BEHJAnm.
Ali î si je pouvait l'accompagner 1
1 l.l 1 I-Jll.LS.
I ker ami ! quelle consolation pour m<
SAutflUR. 3)
t|UG nous serions heureux l'un et l'autre*. .. Mais c'est une chose à laquelle nous ne" devons point songer, je le sens bien, l'intérêt de ton état te retient àChateaurouw.t Conviendrait-il , en outre, à un jeUne ne-» gociant, à Benjamin Evroul, de courir le monde avec un obscur ouvrier en serrurerie? Non, c'est assez pour moi que tu m'honores de ton amitié.
Benjamin lui reprocha d'un ton chagrin cette réflexion, à laquelle il ne Croyait pas avoir donné lieu ; puis examinant ensemble leur projet de faire de compagnie le voyage de Dijon , ils lurent obligés de reconnaître que de fortes raisons s'y opposaient et qu'il fallait y renoncer 3 mais Jules demeiu ferme dans sa résolution de s'y rendre): seul.
3S rr.TlT-JULKS
M. TmouI l'efforça de Ven dissuader >
non qu il \ «ni loi t loin dune province |
L'autre, ttaia pu le seul intérêt do leur
ainjtn: jM.nr lui ; néanmoins il céda s. tus
trop de i ésislarw :« . des qu'il i'mmtçicI
!.k h IÔB pupille tenait .1 te projet, luiiili'M vnd ni' ■•' d autant plus agréable à \\ tit-Jul. « , qi^il ainait eu lnMiumip dfl Heine .1 lui obéir , si l.i volonté de M. E>TffOUl 1m (Ml eh ■ .il» •iiliiiiirnl ( on li .ne. Li mai ha;
m 1. 1 . I.rii I.mii de redouter pour lui ». \ I > encouragea fort<'inent. Il
l'.issiiia une rien m* formait un ouvrier comme d m 11 le monde , qu'il l'avait
fut lui même dans sa jeunesse, el s'en était p. m 1 ntement trouve'. Enfin il lui donna des lettres de recommandation pour la ville
LE SAUTEUR. 3g
de Dijon, où j'ai déjà dit qu'il était né, de sorte qu'à son arrivée , Petit- Jules était certain d'y trouver de l'ouvrage chez les meilleurs serruriers de la ville.
l n vri 1 i;i: \i.
i s lut ( onau prUon , ( t quel tingulii B y v,n-
1 1 quelqw Foii qu'en ne faisant
que ce qu'il i i lit |i^ir «le taire , <>m s» trouve cependant I « dupe <i«- ion devoir , ..n moi ni en e. M us , quelque
ni ( Il .il i n lie doit |, illl.i,
u i de ><ii e bien conduit , puisque , •i l' - homme* ne nous rendent j>.is justice, i '. fini \(,n tout , n'abandonne jam lii
un. I n io< \d( ut qui inti i rompit notre Orphelin « I .tus le cours de son voyage, v-i
\rc//'r ttu/ttMtt/tt'h ru (t///u< /uni/ //ictt /j'/.)/< ■><•>'/.
LE SAUTEU*. 4l
démontrer à mes jeunes lecteurs la Tenté de ces réflexions.
Chargé d*un sac de cuir qui contenait quelques outils , et d'un paquet assez mince , attaché en sautoir avec le sac de cuir, Petit -Jules, un bâton à la main, s'en allait à pied vers l'ancienne capitale de la Bourgogne. Le motif qui le conduisait était non-seulement de connaître une personne qui lui avait servi de mère , mais encore de s'assurer si , depuis tant d'années, on n'avait eu aucune lumière sur son sort. L'obscurité répandue sur sa naissance le chagrinait d'autant plus qu'en repassant dans son esprit les circonstances de son abandon, il avait quelque raison de supposer que ses parens tenaient dans la société un rang fort au - dessus de la
voyait réduit. Il f.ill.tii .«u moins qu'il • fusses* i i< lu i . powi avoii mmedi isfrâtics
i 01 btille, Aules no i ,ii pomt
de mmi « i it , il tu reconnaissait même tous
i il. lit pas aussi qu ta! l'obligeait h \ ivre
Lion , qui i ,il ,m ni |( mi I \«i tm IOU8 uni' <mi-
èrt, « i il Matait quM
i »n lui «mail fait | I UM
.uitic Compaq nu'. II l'épui ii( i a < « i
• Icviin i j> m (j;u !! ,i on
,1 l'.nlllir .tu 1 1
i I m <• , « t bu même temps si
Dp Petit .Iules , qui suivait un
chemin de traverse, entre Ne vers et
I E SAUTEUB. t(Z
GJharité, entendit jeter des cris de détresse ail fond d'un bois le long duquel il marchait. L'orphelin , s'étant avancé à la hatc, entrevit deux hommes, dont l'un maltraitait une petite bergère d'environ douze ans , tandis que l'autre emportait sous son bras un agneau qu'il lui avait dérobé.
Transporté du désir de prêter son appui à un enfant opprimé , Jules , sans être arrêté par le danger qu'il courait, lui-même, tomba à 1 improviste sur celui qui fuyait, et qu'il rencontra le premier, l'obligea de lâcher sa proie, et vola aussitôt au secours de la bergère. Les deux voleurs se réunirent alors pour se venger , et quels que lussent son courage etsa force, il serait peut-être mort sous leurs coups , si quelques paysans , attirés par les cris de la
!\ | FETIT-JULES
bergère, ne fussent arrivés à son aide. Les deux fripons essayèrent alors <l ifttrret . mus les paysans iN opposèrent ,
les saisirent au collet , cl en\ o\ ércnt leurs
femmes chercher la gendarmerie, qui se trouvait heureusement dans le voisin i r oleur s y alarmes , donnèrent [un coup de sifflet d'appel, auquel on rit accourir leurs 1 imaradês,*a nombre de trois. Parmi
• ( ut un vieil homme d'une figure li-
e . que Petrt-Jales , au premier coupd'oeil, reconnut pour Brigace. Cela lui aida
à i < i «mu ilti <• iu>->i les autres , qui étaient
les enfant et les , avoués de Florentins. Il
ne se vit pis suis une extrême inquiétude au milieu de ses anciens persécuteurs ; mais la fuite était impossible dans un moment où son secours devenait si ne-
LE 5AUTETR. 4^
fccssairc aux paysans. Une rive violente s'engagea entre eux. Jules contenait un des sauteurs , repoussant avec force ceux qui s'efforçaient de le délivrer de ses mains. Brigace s'avança lui-même vers lui , en le iixant d'un air qui faisait frémir le pauvre Jules , tant la crainte qu'il lui avait inspirée dès son enfance avait laissé dans son esprit des traces profondes. Néanmoins il fit bonne contenance, et conservait son avantage, quand la gendarmerie arriva. Brigace et les siens pensèrent alors à leur sûreté , mais il n'était plus temps : les gendarmes se saisirent de toute la bande, attachèrent cliacun par une corde à la selle de leurs chevaux, et se disposèrent à les emmener. En ce moment, le méchant Brigace, regardaut Petit- Jules avec un sourire infernal ;
(6 ri.TIT- JULES
— Mes dit-il aux gendarmes, si Tous m'en croyce , vous ne laisserez pas ■lier non plus ielui-ei : ('est mon el.
< i (<• |uiis nous prolester qu'il n'a pas fait de moindres v\ plottl que son maître.
Petit Jules , in («relit , essaya de repousser << m ition.
— Pourquoi nie renierais, tu , Petil-
Jttlct, continu Brigtce) Tu vois bien
que, iu.'.k ii <1« ^«i luin , je ne t'ai pas <>til>lié.
!.<s pavsans s'écrièrent que c'était une
imposiui c ; que , bien loin de seconder les
gentil compagnon <:tait ac-
«uinu le premier au secours de la ber-
IN lit- Jules, de son côté, un peu
nu (le son saisissement, déclara que
ces misérables l'avaient enlevé dans son
LE SAUTEUR. 4jf
enfance, et qu'il y avait cinq ans qu'il ne vivait plus avec eux; mais Brigace et le9 autres, s'obstinant a le faire passer pour leur complice, les gendarmes s'emparèrent aussi de sa personne, en disant que ce n'était point leur affaire de discerner l'innocent d'avec le coupable , et que tout cela se débrouillerait au tribunal. Ainsi , le malheureux Jules , confus et désespéré de se trouver en si mauvaise compagnie, fut contraint de subir un traitement qu'il ne méritait pas, sans compter que, pendant tout le chemin , il essuya les railleries de ses anciens camarades , qui lui rappelaient des circonstances qu'il aurait voulu pouvoir oublier, et dont il rougissait dépuis fort long- temps.
A son arrivée à Revers , il demanda ins-
t.iuiinrtit .'» L'officier <1<* policé il<' ii point renfei mé ..\ ec léi tauteurt , dont il avait d'ailleurs tic ni.uivais traitement à utei . L'officier lui k i <>nl » d'autant rt cette i ititfiu lion , que Pcj in J ul et, • exprimant d un ton bien diffé- 1 1 m de celui de tet pi ti<-n<lii^ i omplii ne p >i ii uère d< onfondu
eux. ( ependant, faute de place, on le mit .iv. ( un prisonnier qui né \ niait p tnieui que I i ii qui d \ ail être jugd
mis eo c ;n ulation de la J.iusse
de iipK Jent< i iu lion <!<• Petit .1 ulet 1<>i squ'il eut • lii 1< ii lui I bli s \l'h
un affreux réduit 7
LE SAL'TEL'Jt. 4y
avec du pain et de l'eau , une botte de paille pour se coucher, et n'ayant d'autre % ompagnie que celle d'un voleur public , menace du dernier supplice. Il se jeta sur son lit de paille , qu'il arrosa d'un torrent de pleurs.
— 0 mon cher Benjamin! se disait -il intérieurement , quelle sera votre indignation en apprenant mon triste sort et 1 injustice dont on m'accable ! et vous , mon cher et respectable protecteur, votre ombre ne gémit-elle pas de mon infortune? Ah! j'avais bien raison d'être inconsolable de votre perte! Je n'ai pu être heureux et tranquille que sous vos auspices. Les rigueurs du ciel envers un malheureux orphelin ont paru s'apaiser tant
que vous avez vécu; maintenant elles se
m tlt-ltTLtl
réveillent et vont recoramen< et à un pour*
CV'^t ainsi que l<- |> mvre jeune homme
exhalait m d* >uli ni . Son im igination alar*
intentai! pas de mi uuuu pi é*
. elle lui «mi faisait ^ raindre de plui
, il .ij»|ii éhendait que L'innocent e
dei niéres années ne iï«t p.is snlli-
v inte pour 1»; faire absoudre des aaftres*
Apres avoir pleuré et géini pendant plu*
i | li. un | . m M Imiu , sou-
iu affliction devint plus i slme. Son
compagnon n'avait pas attendu ce mo-
i poui L'exhorter à montrer plus de
. mais Petit-Jules . prévenu contre
lui, eut il abord de !» répugnance ù lui mdre. Néanmoins, la contenance de lui i) irm si extraordiu
T. T. SAUTEUR. 5l
car il ne Faisait que chanter, et affectait autant de tranquillité sur son sort que s'il vnt été dans sa maison, que l'orphelin ne put s'empêcher de lui en faire l'observation. — J'admire, lui dit-il, comment, sous Je poids d'une accusation aussi grave \ vous trouvez cependant la force de conserver le calme de votre esprit. Il faut que vous soyez bien certain de votre innocence. Pour moi , malgré qu'on ne puisse me reprocher que des fautes commises à un âge où l'on ne discerne pas encore le bien d'avec le mal , je ne laisse pas de m'alarmer des suites de ma captivité. Peut-être ignorez-vous le péril où vous êtes.
LE PRISONNIER
Je ne l'ignore point. Je sais que si je
rit IULII
. .wi\ lincv il 3 \ i de m tête , et je \.u\ bien noon roui confetaof que < ■'est point mon innocence <|m dm rateun
11 n'est que tio|> viu que le desn <lc 1 p.uei un s pilifl '1 nis mon c ominene m'.i
pandre dani le public <1
dont (<• ( onii.i lft| il. h.h-rlr. .),
le dis, pan > aVentre nous de p iciK h i u sont s.nis conséquent
FE.TIT-II i
Grand Dieu! et dans une pareille si i nation , vous trouve/ le courage de rire, de chanter, de m'en parler enfin du ton que
vous le faite s '.
le rnisoivNii !..
C'est que, quand j< mille fois plus
coupable , je suis assuré de ne point péi i I
u rendu autrefois a l'un de. mes jugei un service d.mt il ne peut manquer d souvenir dans cette occasion , non pai connaissance peut-être, nids p^r iotél ce qui est bien plus solide pour moi.
FETIT-JULES.
>Li- ce juge ne compose pas seul le tribunal, il v a un jurv
LE rillSO>MER.
Oh! il ne sera pas assez imprudent pour me laisser aller jusque -la. El comment l'j exposerait-il ? d'un mot je puis I
r sa fortune et son honneur, et ce mot , il sait bien que je ne manquerai pas de le dire, s il m abandonne.
PET1T-JULLS.
11 faut que le service que vous lui avez
mi., iri
îrmlu soit d'une ii. Unie biOfl e\lia<»nliii. tire.
l.r prisonnier ne répondît DOÎDl a cela .
i) lit quelque* toui i en Mil ml . pu
dressant à P«tit* Jules :
— \ ou> nie |i.n aistei un lion
reprit-il, el je n'ai aucune peine à vous croire innocent. Que n'écriTei roui à vor
us l'embai rai <>u nous nous i i « .1» \ 1 1 iendi aienl roui i éclamei et tout si
PI l I i - il i h, donl l m.
Des parent! bêlai! il faudrait en avoir, et j<* nr suii qu'un malheureux enfant
trouve.
LE l'IUSOWNIER.
Que voulez- vous . la misère endurcit les Ça mil]
r-LTlT-JULES.
Non, ce ne peut être la misère. Mes Tttemens , la corbeille qui me servait de berceau , vingt - cinq louis déposés au fond
LE PRISONNIER , l'interrompant.
Vingt-cinq louis! une corbeille recouverte d'un rideau vert ?
PETIT-JULES , le regardant avec anxiété .
C'est ainsi qu'on me l'a dépeinte.
LE PRISONNIER
Vous avez été trouvé dans un chemin, à quelques pas d'une chaumière, aux environ de la ville de Sens
Oui , oui, achevez
Il I I 1 t. N N II I
l ne feuille de un 1 i«- empi ur I •
j unbe gauche
ii in »juli l i rotla — \.nis méconnaisse! — nom met-moi m< i naj ens<
le pmisoi vu i .
« i moi même qui rou i ai |><»i I
Iroil ou Idii vous .1 trouvi'-....; mais je dirai j>.is davai
mi. i -.n ii i
Quoi! w>u^ luriea La barbarie «le me t. m.- un lecret m important?
LE TRlSONMin.
le vous en ai déjà trop fait connaître, b*€Spe*rei pas que je m'engage j»]us avant.
IF. SAl'IEVR. R
Jules eut beau chercher à l'attendrir par les raisons les plus persuasives et les prières les pins touchantes , rien ne put l'ébranler. Il ne laissa pas néanmoins , pendant cinq jours qu'ils demeurèrent ensemble , de renouveler tous ses efforts. Tantôt il l'embrassait et se mettait même à ses genoux , le conjurant avec larmes de terminer tous ses malheurs; tantôt il essayait de l'éblouir par ses promesses , et, désespéré de son obstination , il passait tout-à-coup de la douceur aux menaces et aux injures ; mais le prisonnier ne se laissant ni effrayer ni séduire, notre orphelin ne retira de cette aventure que l'étrange mortification d'être continuellement avec un homme qui pouvait l'éclairer sur s.i destinée, et qui refusait opiniâtrement de
ri m h i il
le faire. Rnfin ce personnage disparut l.mt la nuit, sans que Petit -.lnlc<, plongé (i :ns le lotnmeil , s'en aperçût. Il ne douta point <|u<' !<• juge , sur lequel l'ini « amptaif , n'eût fai 01 îsé «on 1 i ision. ( e fut un nouveau chagrin pour Jules . qui perdait ai e< lm ^ 1 dernièi 1
: , 11, il ;i (: mhi inflexibilité , il itlait d\ h ù iomphei i<»i <>u lard* Au bout de deux mois L'orphelin fut remit enfin en liberté* , sans aroir miI>ï
I humiliation «l'un jugement ; l<s informations recueillief aui sou compte auprès de
I I 1 iinillr l \ roui « t <l< n autoi n<:s de leasr paya établissant stifiUammont son însmc 1 m e« IN tit-.liiK 1 d'obtenir du geôlier quelques éclaircii emens sur le prisonnier dont il avait pai Lagé la cap ti vit
LF. SAUTLUfti jj
iî aurait bien voulu connaître son nom , cl sa famille; mais on lui ferma la bouche à ce sujet, en lui conseillant, pour sa propre sûreté, de ne pas s'en occuper davantage.
il PETIT -JULEf
tuu\mu\u\ \ ww\ w\ w\ www w\ wwv
i il \ pj nu. \u.
ncis.il ion <|iiVut I Yi it -.1 ulrs .ni'C une lrininr qui I.n.ut «lu linge I nue lonl.ii ne.
On! qui pourrait exprimer dignemeut
tout le mépris e( l'indignation que mérite L'ingratitude! La colère et la vengeance «ont assurément d< a passions très-coo«
• l.imii.iiil s , mail « • 1 1 1 • s ne naissent du
munis que (Lins un COBUf oflrnsé, ou qui
I ne , .m lieu <jin* l'ingrat Gui «lu mal loi qui lui i I ùi du bien. Lei animaux , même l<-s plus f«:i 0( es , comv i \ i ai ourenir des bienfaits , et l'on ne trouve tt l'ingrat, dans toute la nature, ôntatre
Le sautlur. (jï
Symbole que le serpent, qui se retourne contre la main qui le réchauffe. Petit- Jules , loin de ressembler à ces âmes perverses, repassait souvent dans sa me-»
moire les soins et les bonte's dont il avait été l'objet, même ceux que la tendre Isabeau lui avait prodigués dans son enfance, maigre que son extrême jeunesse ne lui eût pas permis de les apprécier , et qu'il ne les connût que par le témoignage d'au* Irai.
A mesure qu'il approchait du village ou demeuraient les païens d'Isabcau , che* lesquels elle s était retirée, il éprouvait une émotion profonde, un mélange de sentimens confus qui l'attendrirent tellement que, ne voulant point se montrer en cet état , il se promeut un moment à Té*
FfTir-jri.ES
cartf pour sr donner le temps de se M* ne. ï.rs premier! froids « 1 «* L'faivef aommençaient a te laire Mntir , et même il «:t . 1 1 1 tombe Je U oeigt la nuit pi i dente. Petit Jnlei ai i ira s une fontaine où l r rieille femme la?ail «lu linge* Elle I- \ i la tête .«m lu mi «les paa «lu jeune voyageur, al lui laiaaa voie sou visage flétri couvert de larmes. Rien ne «lisjiosc ù 1 » » omp « lion comme d'être malheurtuv
Soi-im'im*.
— \ <m< l.i\ <•/ )» u un temps bien > igou- , m. i bonne mère , lui «lit l'orphelin
d'un ton qui donnait > <«• pou <!<■ mots une cxj'i < it i mi t(»m banie<
Pour toute réponse | la pauvre femme redoubl i les p)eui I.
— Je vois, continua-t-il , t[uc vous
IE SAt/TEl n. 6^
n'êtes pas heureuse, Je vous plains, si fa pouvais davantage pour votre service , j • le ferais de grand cœur.
— Que Dieu vous récompense de votre bonne volonté, mon cher enfant , répliqua-t-elle, en tirant^son mouchoir pour «'essuver les yeux. Il est vrai que je suis fort malheureuse, mais il n'y a point de remède à mon chagrin : plus je vivrai , plus mon sort sera déplorable.
Vous avez là une perspective bien cruelle ! ne seriez- vous pas trop prompte à vous exagérer vos maux?