V. DE FACTO
Delenda Carthage .
f II faut détruire Carthage)-
Paroles par lesquelles Caton l’Ancien (Florus, flist. rom.. II, 15) terminait tous ses discours, sur quelque sujet que eo fût. S’emploient pour rendro une idée fixe que l’on a dans l'esprit, dont on poursuit avec acharnement la réalisation, et à laquelle on revient toqjours.
De rainimis uou eural prietor.
{Le préteur ne t'occupe pas de* petite* affaire*).
Axiome que l'on cite pour signifier qu’un homme dans une certaine situation n'a pas A s'occuper de vétilles.
Dfule lu ptis.roruu tauruapetit.
{Le loup attaque de la dent, le taureau des cornet).
Mots d'Horace (Satires, II, 1, SI). Chacun se sert des armes que la nature lui a données; chacun se défend comme il peut.
Dente superbe .
( D'une dent dédaigneuse).
Expression figurée d'Horace t Satires , II, G, 87), pour peindre le dédain avec lequel le Rat de ville goûtait au repas frugal du Rat des obampa.
Dentibus atbls .* .
(A dent* blanches).
Un satirique aimable fronde, persifle, mais toujours en riant, comme
Horace, sans mordro jusqu'au sang : demîbu» albU.
Deo grattas .
( tiràcc* soient rendue* à Dieu).
Mots qui reviennent fréquemment dans les prières liturgiques. Ils s'emploient familièrement pour faire entendre qu'on est content qu'une chose, qu'un discours, qui duraient dopuis fort longtemps, soient finis.
Deo iguofo .
(Au dieu inconnu).
Saint Paul, prêchant l'évangile à Athènes, lut sur un temple l'inscription : • Au dieu inconnu »; il déclara aux Grecs que le dieu des chrétiens était précisément celui-là. (Actes de* Apôtre*, XVII, 22 etsuiv.)
Deo jnvanfe . . .
(Dieu aidant).
Locution latine, qui a passé littéralement en français.
De onsni re arihili, et qui-, luisdam allia .......
{De toute* tes chose s qu'on peut savoir, et w'me de plusieurs autres).
Do omni re ■eibili était la devise du fameux Pic de La Mirandolo, qui *o faisait fort de tenir tête à tout venant sur tout ce que l'homme peut savoir; et quibuadam allia est une addition d'un plaisant, peutêtre de Voltaire, qui critique d'une manière piquante les prétentions du jenno savant. La devise a passé en proverbe avec son complément, et sert A désigner ironiquement un profond érudit, — ou plutôt un homme qui ne sait rien et qui croit tout savoir.
De ptaao .
( Aisément ; San* difficulté).
Faire une chose de piano. Dans le lançage juridique. Tout de suite, sans enquête, formalités, débats préliminaires : Divorce prononcé de piano. Etre exproprié de piano.
De profuudla [s.-ent. elamavi ], (De* profondeur* de l'abime (j'ai crié]).
Premiers mots d’un psaume de la Pénitence (ps. cxxix), que l’on dit ordinairement dans les prières pour Ica morts. — S'emploie substantivement (V. part. lang.).
Deslnit lu piseem .
( Finit en queue de poisson)
Allusion au passnge de l Art poétique d'norace (4), où le poète compare une oeuvre d'art sans uDité’à un beau buste de femme qui se terminerait en queue de poisson :
Drainit In piaeem mulicr formosa super ne.
Se dit des choses dont la fin ne répond pas au commencement-
Deeipere la loco .
(Oublier la sagesse à propos).
Fin d'un ver* d'Horace (Odes, IV, 12, 28). Le poète y conseille à
Virgile de miter à la sagesse m*i grain de folie.
De stereore Emill .
(Du fumier d'Ennius).
Virgile (d’après Donat) disait avoir tiré des perles du fumier d'Ennius, pour s'excuser de lui avoir emprunté quelques-uns de ses vers.
De te fabula narralur ...
(CVjI délai qu'il s'agit dans celte histoire).
Expression d'Horace (Satires, I. 1, 69) qui, après avoir peint la folie de l’avare, s'adresse à son interlocuteur supposé. S'emploie pour faire observer à une personne que c'csl d elle qu'on parle, que c est d'ellemême qu'un fait le portrait, quand elle parait ne pas s en apercevoir-
II
LOCUTIONS LATINES ET ÉTRANGÈRES
••ai, •<•• du»! .
(Le dieu, voici te dieuf).
Dans ri machina. . . . .
(Un dieu (descendu] au moyen d'une machine).
•rai aobla kae «Sla facil. .
{Un dteu noue a fait cct loisirs).
Dr «Iris. . .
{bci hommes).
Dr «Isa ........
(Pour l'avoir eu).
Dira prrdidl .
{J'ai perdu rua journée).
Dtei Ira . . . . .
(Jour de ta co tire).
DlfOrlIra M|i ......
{Uu bagatelles laborieuse *}.
Dl« uni ••( ftalran .
(Il est digne denlrer).
DI mrllora pila .
(Que lesdieux donnent demeilleurf s destinées aux hommes pieux).
DI r l*ara«l«a delta brriaeela.
Dire l'oraison du linge).
Dli allier «laaas .
(Les dieux en ont jugi autre ment).
Exclamation prêtée par Virgile (Enéide, VII. 16) h la sibylle de Cumes qui *e sent pénétrée par t'influence prophétique d'Apollon. Elle est restée le symbole de l'inspiration poétique.
Expression désignant l'intervention, dans uneriêce de théfclrc, d’un dieu, d'un être surnaturel descendu sur la scène au moyen d'une machine, et, au figuré, le dénouement plus heureux que vraisemblable d'une situatiun tragique.
Mots que Virgile ( Eglogues.1,9 ) met dans la bouebe du berger Tilyre sous le nom duquel il raconte à un autre berger comment il a obtenu d'Auguste la restitution de son patrimoine.
Premiers mots d'an livre élémentaire, le De viris illutlribus urbit Itomæ (Des hommes illustres de la ville oe Rome), par Lhomond, ou dans les lycées et colleges, on commence à apprendre 1e latin.
Parler d’une chose d»
Paroles de Titus (selon Suélone), lorsqu'il avait paaaé un Jour aana trouver l' occasion do taire du bion.
Premiers mots et titre d'une des quatre prose* du missel romain, qu'on chante à l'office des morts.
Martial ( Epigrammes , II. 16) so moque des gens qui s’appliquent sérieusement k dea enfantillages, et suent à faire do l'esprit.
Formule emprualée k la cérémonie burlesque du Malade imaginaire. de Molière, et qui s'emploie toujours par plaisanterie, quand il s'agit d'admettre quelqu'un dans une corporation ou une Société-
Exclamation de Virgile, k la fin do sa description de la Peate (Grorgigues, III, 513). On l'applique d'une façon générale : (Jue tavenir nous soit plus favovaôle, Di ■•H»ra.
Proverbe italien : Marmotter des paroles inintelligibles ; Faire semblant de prier, et remuer seulement les livres.
Phrase de Virgile (Enéide, II, 428). Réflexion mélancolique du poète à propos du Troyen Riphée qui aurait mérité par ses vertus d éebupper à la ruine de Troie.
Dlaeita jMlilisB moaiti, et leasrre dl*M .
(Apprenez à connaître la justice aprts cet avertissement, et à ne pas mépriser les dieux).
DUjeett Membre porta» . .
(Les membres dispersés du poète).
DUpli rail laa» . . .
(Ton nés a déplu).
DWliugM»
(Je dislingue).
Divlde ai . .
(Dioûs, afin de régner).
Dlti. • ».•••■•..»
(J ai dit).
Doetor la alrtqst . .
Dorlua cum libre. • • . • .
(Savant avec fs livre).
Vers de Virgile (Enéide. VI, 620). Phlégiss, roi de Béotle, ayant pillé le temple de Delphes, fut précipité par Apollon dans les Enfers, et condamné k répéter k haute voix cet avertissement.
Mots tirés d'un patsaee d'IIorace (Satire*. I. 4, 62). Un poêle traduit en prose n'est pas rendu tout entier, mais on en retrouve encore les membre* épars : diajeeli membra ports».
Hémistiche de Juvénal ( Satires , VI. 496). Le poêle vient do rappeler les mauvais traitements que parfois les dames romaines faisaient subir à leurs servantes. Il ajoute : • En quoi cette jeune fille est-elle coupable, si ton nés t'a déplu ? »; c'est-à-dire : • Est-ce sa faute, ai aujourd hui tu te trouves laide? « Dans les applications, on donne à cet hémistiche un sens beaucoup plus général, p«ur faire entendre k quelqu'un qu'il est la victime du caprice, de l’arbitraire : Son nés a déplu.
Mot qui, dans l'arsenal de la scolastique, eat le pendant de Ceacodo, J'accorde, et de N«a«, Je nie.
Maxime politique énoncée par. Machiavel, qui a été celle du sénat romain, de Louis XI. de Catherine de Médicis. La forme la plua générale est : Di vide ut imperes, et Uividt et impera (Divise et règne).
Formule par laquelle on termine ordioairement l'exposé de aes preuves, un raisonnement, un plaidoyer; etc.