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sont la terre de savane, la terre forte, les fougères, les feuilles d'arbres et la sciure de bois.
Q. En quel état doivent être employées ces cinq substances ?
R. Elles doivent être employées aussi sèches que possible,
Q. Comment s’'emplotent les /itières ?
R. Quelques liières, comme les pailles, les mauvaises herbes, les fougères, les jones, etc., sont étendues sous les animaux, et leur servent de lit. D'autres, comme Ja terre forte, la terre de savane, et toutes les substances terreuses, dnivent être étendues dans lallée qui se trouve en arrière des animaux. Ges dernières litières n'ont d'autre objet que d'absorber la partie Hiquide du fumier, et d’en augmenter la quantité.
Q. Comment agissent les litières ?
R. Lex lifières agissent de plusieurs manières : [9 les Ditières prullenses, employées sous les animaux en assez grande quantité, contribuent à les tenir dans un grand état de propreté ; 2 les litières pailleuses, de mème que la terre ordinaire, où les substances terreuses, retiennent les urines et la partie liquide des fumiers qu'on appelle purin ; 34 elles augmentent la quantité des engrais @t leur qualité,
Q. Les urines des animaux et la partie liquide des fumiers ont-elles une grande valeur ?
R. Les urines et la partie liquide des famiers, ou purin, ont beaucoup plus de valeur que la partie solide, et on ne doit rien négliger pour les recueillir et les conserver,
Q. A part l'emploi des litières, connaissez-vous quelque autre moyen recommandé pour recueillir ces parties liquides ?
R. À part l'emploi des litières, on recommande les fosses à purin.
Q. Qu'entendez-vous par fosses à purin ?
R. Les fosses à purin sont des réservoirs en maçonneries dans lesquels s'écoulent et tombent, au moven de dalles placées dans le pavé des étables, les urines et le purin. Au lieu de ces réservoirs en maçconneries, on emploie quelquefois dés tonnes bien étanches.
Q. À quel usage emploie-t-on le purin ainsi recuellli ?
R. A l'aide de seaux, ou d’une pompe qui plonge dans ces réservoirs ou dans ces tonnes, on arrose les tas de fumier placés sous des abris, ou des tas de terre ordinaire ou d'autres substances, lesquels prennent alors le nom de composts. Dans certains pays on arrose les terres ensemencées ou les jardins avec ces liquides mélangés d’une certaine quantité d’eau.
Traitement des fumiers
Q. Qu'entendez-vous par ces mots : traitement des fumiers ?
R. On entend par ces mots tout ce qui a rapport à leur conservation, à leur charroï et à leur étendage,
Q. Quels sont les. meilleurs moyens à employer pour conserver Les fumiers ?
R. Ces moyens varient suivant les saisons. Durant l'hiver, il n’y a aucun inconvénient à laisser les engrais dehors, vu que la neige et la gelée ne peuvent pas les endommager, Mais quand surviennent les grosses pluies du printemps et de l’automne, les chaleurs et les averses de l'été, il importe de protéger les fumiers contre l’action de ces pluies et des rayons du soleil.
Q. Par quels moyens peut-on remédier à ces inconvénients ?
R. On peut remédier à ces inconvénients en établissant, en avant ou en arrière des étables et écuries, des abris sous lesquels on jette les fumiers jusqu'au moment de leur transport ; ou bien encore, on établit sous les étables des caves dans lesquelles on jette les fumiers, au moyen de trappes pratiquées dans les allées.
Q. En quels temps convientil de charroyer les fumiers ?
KR. Lorsque les fumiers doivent être employés sur des pièces de terre qui se trouvent dans le voisinage des étables, on peut attendre pour les charroyer jusqu'au moment où on est prèt à s’en servir, Mais si les fumiers doivent être employés sur des pièces éloignées des étables, il vaut mieux les charroyer d'avance, et le meilleur temps pour ces charrois au Canada, est l'hiver, l'automne et le printemps,
Q. Quelles précautions fall prendre dans ces charrois ?
R. D'abord, les funiers doivent être déposés en gros
tas de 25 à 30 voyages au moins, et ces tas doivent être placés dans le voisinage des pièces où ils doivent être employés. Aux endroits où ces fumiers doivent être déposés, il faut avoir soin d'établir, d'avance, des plates-formes de terre ordinaire ou de terre de savane, ayant plusieurs pouces d'épaisseur; on jette le fumier sur ces plates-formes de terre ou de terre de savane.
Q. A quoi servent ces plates-formes ?
R. Ces plates-formes de terre ordinaire on de terre de savane servent à retenir les liquides qui s’'écoulent des fumiers,' et qui, sans elles, seraient perdus. Cette terre elle-même devient un excellent engrais,
Q. Si le fumier ne doit être employé qu'à l'automne, quelles précautions doit-on prendre ?
R. Si le fumier ne doit être emplové qu'à Pantomne, il faut le disposer en tas mesurant environ quatre pieds de hauteur sur vingt-cinq pieds de largeur. Les côtés de ces tas doivent être aussi à pic que possible, et les tas doivent être éloignés des toits des étables pour n'être pas exposés à recevoir l'eau des gouttières; 1ls ne doivent pas êire placés surun terrain en pente, parce que, dans les grandes pluies, le purin pourrait en être enlevé; enfin, 1 faut avoir soin de les recouvrir d'une couche de terre ordinaire ou de terre de savanne épaisse de trois à quatre pouces, ou de paille, ou de feuilles,
Q. Pourquoi employez-vous cette couverture de terre ou de paille ?
R. C’est d’abord pour protéger les fumiers contre
l’action des rayons du soleil et contre les pluies, et ensuite, comme ce fumier chauffe pendant plusieurs mois, il s'en échappe des gaz fertilisants que la couverture retient et empêche de se perdre. Cette couverture devient elle-même un excellent engrais. # Q. Quel autre moyen pouvez-vous employer pour diminuer la fermentation du fumier ?
R. L'autre moyen consiste à tasser le fumier, en le battant avec des pelles et en le piétinant.
Q. Comment agit ce tassement du fumier ?
R. Ce tassement agit en empêchant l'air de pénétrer dans le fumier ; Car moins il entre d'air dans le fumier, moins 1l © hauffe.
Q. Que Js sont les défauts Les plus ne que l'on observe en ce pays dans le traement des fumiers ?
R. Les défauts les plus remarquables dans le traitement des fumiers sont les suivants : 1° on n’emploie que peu ou point de litières ; on néglige d’employer à cet effet les feuilles d'arbres, les mauvaises herbes, les sarclures, les fougères, la terre de savane, la terre ordinaire, qui auraient l'effet de retenir les urines et les parties liquides des fumiers, et en doubleraient la quantité ; 29 le fumier est jeté avec négligence devant les étables, et l’on ne se donne même pas la peine de disposer d'avance des plates-formes de terre pour recevoir les tas ; 3 l'endroit où l'on jette ces fumiers est souvent creusé d'avance, ou consiste en terre légère et sableuse ; de sorte que l’eau des pluies, en lavant le fumier, entraine le purin,
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c’est-à-dire la partie liquide du fumier, à plusieurs pieds sous terre ; 4° les cultivateurs disposent souvent leurs fumiers par petits tas sur la neige, ou dans leurs pâturages durant les chaleurs de juin et de juillet, de sorte que quand le temps de l’enfouir est venu, ce fumier est tout lavé, en éponge, et ne vaut guère mieux que de la paille ; 3 on voit souvent les cultivateurs disposer de gros tas de fumiers dans le voisinage des fossés ou des ruisseaux dans lesquels s'écoule tout le purin.
Diverses espèces de fumiers
Q. Combien y a-t-il d'espèces de fumiers ?
R. Il y a quatre espèces principales du fumiers : 19 fumiers longs, verts ou pailleux ; 2 fumiers pourris, ou beurre noir ; 3° fumiers froids ; 4° fumiers cauuds.
Q. Quelle différence y a-t1l entre les deux premières espèces de fumiers ?
R. Le fumier long, vert ou pailleux est le fumier frais qui n’a pas encore chauffé; le fumier pourri ou beurre noir est celui qui a vieilli et chauffé.
Q. Lequel de ces deux fumiers est le meilleur ?
R. En règle générale on peut dire que le fumier qui a un peu chauffé et commencé à pourrir est le meilleur de tous.
Q. Y a-til quelque inconvénient à laisser le fumier chauffer trop longtemps ?
R. Oui; car le fumier qui chauffe trop longtemps perd par là même beaucoup de son poids, de son volume et de sa valeur.
Q. Dans quels cas emploie-t-on de préférence les fumiers verts où pailleux ?
R. On les emploie de préférence parfois pour la culture des pommes de terre (patates), du blé-d’inde ; pour celle des navets, des carottés, des navets de Suède (choux de Siam). Dans les terres fortes, les fumers longs où pailleux ont l'avantage d’ameublir la terre, tout en Pengraissant, |
Q. Dans quels cas donue-t-on la préférence aux furmiers pourris ?
R. Ou donne la préférence aux fumiers nourris dans la culture de la carotte, de la betterave, des choux, etc., et quand on veut recouvrir d'engrais une prairie déjà faite.
Q. Quels inconvénients présentent les fumiers verts?
R. Les fumiers verts présentent linconvenient de contenir souvent de mauvaises graines qui plus tard germent et infestent les champsen culture; de plus, ils ne sont pas aussi riches en principes fertilisants que les fumiers qui ont commencé à chauffer.
Q. L'emploi des fumiers verts sur les champs qui doivent ètre ensemencés en légumes présente-til au mème degré cet inconvénient?
R. Non, car les sarclages nombreux auxquels ces champs sont soumis ont Pettet de détruire les mauvaises herbes ; mais, même dans ce cas, les fumiers qui ont commencé à chauffer valent beaucoup mieux.
Q. Les mauvaises graines se rencontrent-clles aussi dans les fumiers pourris ? ù
R. Les mauvaises graines ne ne trouvent pas dans
les fumiers pourris parce que, pendant la putréfaction du fumier, ces graines se décomposent.
Q. Qu'entendez-vous par fumiers froids et fumiers chauts ?
R. Les fumiers froids sont ceux qui chauffent et se pourrissent lentement et difficilement ; les fumiers chauts sont ceux qui chautfent et pourrissent vite.
(Q. Donnez des exemples de ces deux espèces de fumiers.
R. Les fumiers de vache, de porc, sont des fumiers froids ; Les fumiers de cheval, de mouton, sont des fumiers chauds.
Q. Quel est le meilleur moyen à employer pour hâter la putréfaction des fumiers froids ?
R. Le meilleur moyen consiste à mêler ensemble les fumiers froids avec les fumiers chauds.
Engrais verts
Q. Qu'entend-on par engrais verts ?
R. On entend par ces mots l'enfouissement dans la terre, à laide de la charrue, de plantes encore vertes et en fleurs.
Q. Quelles sont, de toutes les plantes, celles qui conviennent le mieux comme engrais verts en Ce pays ?
R. Le trèfle et le sarrasin.
Q. Comment feriez-vous un engrais vert avec le sarrasin ?
R. J’ensemencerais le terrain au commencement de juin, après Pavoir bien ameubli. Lorsque le sarrasin aurait atteint sa hauteur, C'est-à-dire lorsqu'il
serait en fleurs, je passerais le rouleau sur la pièce pour abattre les tiges. Ensuite, je labourerais la pièce et enfouirais le sarrasin (*). Quand le sarrasin doit être ainsi employé comme engrais vert, il doit être semé très-fort.
Q. Commtnt feriez-vous un engrais vert avec le trefle ?
R. De la même manière qu'avec le sarrasin ; il doit être enfoui quand il est tout en fleurs.
Q. Laquelle de ces deux plantes enrichit le mieux le sol ? |
R. C'est le trèfle; mais il exige une terre déjà assez riche pour lui permettre de pousser, et le sarrasin, au contraire, vient bien dans les sols pauvres.
Q. Quelle objection les cultivateurs ont-ils ordinairement à l'emploi des engrais verts ?
R. Leur plus grande objection est qu’il leur en coûte d’enfouir dans la terre une récolte de trèfle ou de sarrasin qui leur rapporterait un certain profit.
Q. Ne crovez-vous pas que cette objection est parfois fondée ?
R. Oui, si le cultivateur est bien pauvre, et si cette récolte est nécessaire pour les besoins pressants de sa famille, Si, au contraire, le cultivateur peut se passer de cette récolte, il trouvera à la fin qu'ily a bénéfice pour lui de lPenfouir.
(*) Un autre moyen excellent el très simple consiste à attacher à la charrue, au moyen d’une chaîne, une pesée en fer ou en pierre qui, traînant le long du versoir (oreille), couche le sarrasin avant de l’enterrer.
Q. Comment expliquez-vous le gain par suite de l’enfouissement de ces plantes ?
R. A la suite de l’enfouissement de ces plantes, la pièce de terre rapportera deux ou trois fois plus l'année suivante, et pendant plusieurs années à venir.
Q. Les engrais verts agissent-ils seulentent comme engrais ?
R. Les engrais verts agissent encore Comme amendements : ils ameublissent les terres fortes. et lorsqu'ils sont réduits en terreau, ils donnent de la cousistance aux terres légères.
Chaux et chaulage
Q. Que pensez-vous de la chaux comme engrais ?
R. La chaux est un des principaux engrais à employer en ce pays : d’abord, parce qu'elle est nécessaire à la nutrition des plantes, et ensuite, parce que la plupart de nos terres en sont dépourvues.
Q. La chaux convient-elle à toutes les espèces de terres ?
R. La chaux convient à toutes Les terres qui n’en contiennent pas, et surtout aux terres fortes et aux terres franches, parce qu’elle agit sur elle non-seulement comme engrais, mais aussi comme amendement,
Q. N'y a-til pas des terres qui contiennent déjà trop de chaux ?
R. Ces terres sont rares en ce pays.
B. En quel état cette chaux doit-elle être employée ?
R. On doit l’employer fraichement éteinte et réduite èn poudre très-fine.
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Q. Comment éteignez-vous cette chaux ?
R. On peut l’éteindre de trois manières : 19 en mettant la chaux sous un hangar ou sous un abri, et la laissant s'étendre peu à peu à laide de Phumidité de l'air; 2? en la mettant sous un abri ou en plein airset l'éteignant avec de l’eau jetée en pette quantité ; 3° en la mettant en tas sur la terre, et la recouvrant de terre ordinaire, de terre de savane, de mauvaises herbes, etc. ; c’est ce qu’on appelle faire des composts.
Q. Qu'arriverait-il si vous arrosiez la chaux avec une trop grande quantité d’eau ?
R. En arrosant la chaux avec une trop grand quantité d’eau, on courrait le risque de la noyer, c'est-à-dire qu'elle ne s’éteindrait pas ; ou, si cette eau était ajoutée après que la chaux fût éteinte, cette chaux se prendrait en masses, et formerait une espèce de mortier.
Q. Gomment employez-vous cette chaux ?
R. On peut employer cette chaux de deux manières différentes : sur la semence, ou sur la terre avant le labour.
Q. Comment emploieriez-vous a chaux sur la semence ?
R. La meilleure manière d'employer la chaux sur la semence est de la répandre à la pelle, lorsqu'elle est fraîchement éteinte, sur les grains mêmes aussitôt après qu'ils ont été ensemencés, et de herser ensuite.
Q. Estal toujours bien facile de répandre cette chaux ?