‹ Petit manuel d'agriculture, d'horticultre et d'arboriculture [microforme]Chapitre 4 sur 10 · NE · texte numérisé non relu

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R. Non ; car pour que cet épandage soit fait d’une manière régulière et uniforme, il faut que le temps soit Calme, où qu'il y ait peu de vent. Lorsque le vent est fort, il emporte la chaux au loin.

Q. D’après quelle autre méthode la chaux peutelle encore être employée ? ‘

R. La chaux est employée encore avec succès de la manière suivante: supposons qu'il s'agisse de relever une vieille prairie couverte de mousse et de maurvaises herbes ; aussitôt avant le passage de la charrue, on répaud sur l'herbe la chaux éteinte, qu'on enfouit le plus tôt possible. L'automne suivant, avant le deuxième labour, on fait un nouveau chaulage de la même manière. Si cette pièce reçoit un troisième labour, on fait un troisième chaulage.

Q. Quels sont les principaux avantages que présente la chaux employée d’après ces deux méthodes ?

R. Les principaux avantages de la chaux sont: 1° d'agir comme amendement et sur les terres fortes et sur les terres légères, lorsqu'elle est employée en assez grande quantité; 2° de détruire les mauvaises herbes et les mousses, et de faire périr plusieurs insectes et animaux nuisibles; 39 d'agir comme engrais.

Q. Quelle quantité de chaux doit-on employer en suivant l’une ou l’autre de ces deux méthodes ?

R. En suivant la première méthode, la quantité de chaux à employer varie de 30 à 50 minots par arpent. En suivant la deuxième méthode, il en faut employer de 30 à 50 minots sur chaque labour, c’est-àdire de 90 à 150 minots.

Q. Quels résultats pouvez-vaus attendre de la chaux employée d'après ces deux méthodes ?

R. En employant la chaux d’après ces deux méthodes, on peut s'attendre à obtenir des récoltes deux, trois, et même quatre fois plus considérables que si on navait pas chaulé; sans compter que les bons elfets de cette chaux se font sentir longtemps.

Q. La chaux dispense-t-elle d'employer le fumier ou les autres engrais ? |

R. Non, ilest indispensable de fumer toutes les terres; et c'est une excellente pratique de fumer les: pièces chaulées l’année qui suit le chaulage. Si la pièce est en prairie, on étend le fumier en couverture après la première coupe de foin.

Q. Quelles sont les pièces de terre que vous chauleriez de préférence ?

R. Les picces de terres fortes ou franches qui doivent être converties en prairies ou en pacage.

Cendres

Q Combien y a-til d'espèces de cendres ?

R. Il y à deux espèces principales de cendres: cendres vives el cendres éteintes.

Q. Quelles différences y a-tilentre ces deux espèces de cendres ?

R. Les cendres vives sont en nature, c'est-à-dire telles qu’elles sortent des poêles et des fourneaux ; les cendres éteintes sont celles qui ont servi à la fabrication de la potasse, du savon, ou à la lessive,

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Q. Lës cendres vives sont-elles toutes de la même force ?

R. Ces cendres varient dans leur force et dans leur valeur suivant les bois dontelles proviennent; ainsi, les cendres de bois, franc ou mou, ont plus de force que les cendres de savane ou de houille (charbon de terre.)

Q. Quelle est la valeur comme engrais des cendres vives ou éteintes ?

R. Les cendres vives ou éteintes sont un des meilleurs engrais qu’on puisse employer; leur action est très-prompte,.

Q. A quelle espèce de plantes conviennent-elles surtout ?

R. Elles conviennent à toutes les plantes, surtout au blé, au seigle, à l'orge, à l'avoine, au mil et au trèfle, etc.

Q. Comment se fait l'épandage de ces cendres ?

" R. Cet épandage se fait ordinairement à la pelle, après la semence, et sur le hersage.

Q. Quelle quañtité de cendres emploie-t-on à l’arpent ?

R. On emploie de 30 à 60 minots à l'arpent, suivant la force et la valeur des cendres, et suivant l'effet qu'on veut en obtenir.

Q. Dans quels cas recommanderiez-vous surtout l'emploi des cendres ?

R. Je le recommanderais surtout sur les pièces destinées à être converties en prairies, et je les répandrais sur ces pièces aussitôt après les avoir ensemencées en graines de mil et de trèfle, et après le hersage,

Lun DE de Plâtre

Q. À quelle espèce de plantes convient le plâtre ?

R. Le plâtre convient surtout au trèfle, aux pois, au tabac, aux choux, au chanvre, au lin et au sarrasin.

.Q. Quel est l'effet du plâtre sur les céréales, comme le blé, l'orge, le seigle, etc. ?

R. Son effet sur ces plantes est à peu près nul. Q. Comment s'emploie le plâtre ?

R. La meilleure manière d'employer le plâtre est de le répandre sur les feuilles des plantes lorsqu'elles sont sorties de terre. On choisit de préférence, pour cet épandage, le temps où les feuilles sont humides, comme le matin après la rosée, ou après une petite pluie. Cependant, pour les pois, il vaut mieux en rouler la semence dans le plâtre apres l'avoir mouillée: cette méthode donne d'excellents résultats. Le plâtre jeté sur les tiges des pois leur est quelquefois nuisible, en les faisant pousser en orgueil.

Poissons, Varech

Q. En quelle partie du pays le poisson et le varech sont-ils employés comme engrais ?

R. Le poisson et le varech sont employés comme engrais dans le bas du fleuve principalement, car là ils sont très-abondants. Ce sont des engrais précieux que les cultivateurs doivent utiliser partout où ils peuvent se les procurer. Ils conviennent aussi bien aux grains qu'aux légumes.

Eaux sales, Balayures, etc.

Q. Comment pouvez-vous utiliser les eaux sales et les balayures comme engrais?

R. Le cultivateur soigneux doit toujours avoir, à une certaine distance de sa maison, un tas de terre ordinaire, de terre de savane, etc., sur lequel 1l ordonne de jeter toutes les eaux sales et les ordures de la maison : eaux de plancher, eaux de Cuisine, savonnures de toute espèce, urines, balavures, suie, ete.

Q. Connaissez-vous un excellent moyen pour empêcher ces tas d’exhaler de mauvaises odeurs ?

R. Oui; ce moyen consiste à jeter de temps en temps quelques pelletées de terre sur ces tas, De cette manière les tas grossissent rapidement et ne donnent pas de mauvaises odeurs.

Q. Les tas de terre 1mprégnés de toutes ces matières forment-ils de bons engrais ?

R. Ces tas de terre constituent d'excellents engrais qu'on ne devrait jamais négliger d'employer. Le cultivateur qui ne les utilise pas, perd ainsi plusieurs iouis par année.

Engrais chimiques

Q. Qu'entendez-vous par ce mot engrais chimiques ?

R. Onentend par ce mot certains engrais fabriqués artificiellement qui sont destinés à remplacer, en tout ou en partie, les engrais ordinaires, notamment le fumier d'étable,

Q. Quel est l'engrais chimique le plus apprécié aujourd'hui ?

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R. L’engrais chimique le plus apprécié est le superphosphate de chaux qui est préparé avec les os broyés et avec de l'huile de vitriol.

Q. Ces engrais ont-ls aujourd'hui une grande valeur ?

R. Ces engrais ont aujourd'hui une très grande valeur, et en acquièrent tous les jours une plus grande.

Appropriation des semences aux terrains

Q. Toutes les variétés de terre conviennent-elles également bien à toutes les espèces de graines de semences ?

R. Non, chaque variété de terre convient à telle ou telle espèce de semences, et ne convient que peu, ou pas du tout, à d’autres. |

Q. Quelle espèce de graines convient-il de semer dans les terres fortes ou franches ?

R. Les graines qu’il convient de semer dans les terres fortes ou franches sont surtout le blé, les pois, ‘le blé-d’inde, l’avoine, l'or, certains légumes comme ‘les betteraves, les navets, les carottes, les choux de siam, les choux, etc. Ges terres conviennent surtout au trèfle et au mil, et ce sont elles que l’on doit se hâter de convertir le plus tôt possible en prairies.

Q. Est-ce que la préparation de la terre est la même pour toutes ces espèces de semences ?

R. Il s’en faut que la préparation de la terre soit la même pour toutes ces espèces de semences. Ainsi,

pendant que l’avoine pousse bien dans une terre forte peu ameublie, l’orge, au contraire, et tous les légumes ne viendront bien dans ces terres que quand elles auront été parfaitement ameublies.

Q. Donnez des exemples.

R. Sur un seul labour, dans une prairie de terre forte, l’avoine donnera un bon rendement ; pour obtenir, au contraire, une bonne récolte d'orge ou de légumes sur la même pièce, il faut auparavant que cette pièce ait été soumise à plusieurs labours et à des hersages répétés, et que la couenne soit pourrie.

Q. Quelles sont les semences qui conviennent le mieux aux terres légères ?

R. Les semences qui conviennent le mieux aux terres légères sont surtout le seigle, le sarrasin, les pois, les fèves et l'orge ; et parmi les légumes, les pommes de terre, les carottes, les choux de siam, etc.

Q. Les sols légers conviennent-ils pour les prairies ?

R. Ces sols ne conviennent pas aussi bien que les terres fortes pour les prairies. Le trèfle et le mil n'y poussent qu'avec beaucoup d'engrais; les prairies sont de plus courte durée, et elles exigent de fréquentes couvertures d'engrais. |

Q. Quels sont les principaux défauts que l'on remarque en ce pays dans l'appropriation des semences aux terrains ?

R. On voit un grand nombre de cultivateurs faire tous des ans des pertes considérables de temps, d'engraiset d'argent, uniquement parce qu'ils confient des semences à des terrains qui ne leur conviennent pas.

Q. Donnez des exemples.

R. On en voit qui essaient de cultiver les betteraves, le blé ou l’avoine dans des terres trop légères et trop sableuses ; de l'orge, dans des terres pauvres ou qui ne sont pas assez ameublies, etc. On en voit souvent qui s’épuisent à vouloir faire pousser le foin sur des terres sèches, lorsqu'ils ont à leur disposition de belles pièces de terres fortes ou franches qui ne demanderaient que peu de soins pour être converties en bonnes prairies de longue durée.

Ensemencements et récoltes

Q. Quels soins doit-on apporter dans le choix des graines de semence ?

R. On doit apporter le plus grand soin dans le choix des graines de semence, et les meilleures graines doivent être employées à cet objet.

Q. À quoi doit-on s'attendre quand on sème Je mauvaises graines ?

R. On doit s'attendre à une pauvre récolte, parce que les mauvaises graines jetées sur la terre sont perdues, vu qu’elles ne peuvent germer.

Q. Quel est le défaut le plus général, en ce pays par rapport à l’'ensemencement ?

R. À part le peu de soin qu'on apporte dans le choix des graines de semences, on peut dire que le défaut le plus général est qu’on sème ou #rop clair ou trop fort.

Q. Quelles sont les graines que l’on doit semer fort ?

R. Les principales graines que l’on doit semer

fort sont : le blé, l’avoine, l'orge, le seigle, le mil et le trèfle,

Q. Quelles sont les graines qu’on doit semer clair ?

R. Les graines que l’on doit semer clair sont le sarrasin et les légumes qui doivent être suffisamment espacés.

Q. La quantité de graines à semer doit-elle varier suivant les qualités du sol ?

R. Oui, dans les terres bien engraissées, la semence doit être plus claire ; dans les terres peu engraissées, la semence doit être plus forte.

Q. Quelle quantité de blé doit-on semer dans un arpent de bonne terre ?

R. Environ un minot et demi par arpent.

Q. Quelle quantité d'orge :

* KR. D'un minot et quart à un minot et demi.

Q. Quelle quantité d'avoine ?

R. De deux minots et demi à trois minots par arpent,

Q. Quelle quantité de sarrasin ?

R. D'un demi-minot à trois quarts de minot paf arpent.

Q. Quelle quantité de mil et de trèfle ?

R. La quantité de mil doit être d'un quart de minot mèlé à deux livres de trèfle rouge. Il y a des cultivateurs qui ajoutent avec profit douze livres de trèfle au mil.

Q. A quels signes reconnaît-on qu'il est temps de couper le blé, l'orge, l’avoine, le seigle et le sarrasin ?

R, Tous ces grains, excepté ceux qu'on destine à

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