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la semence, doivent être coupés un peu avant leur / complète mäturité. Ainsi, le blé est bon à couper lorsque le grain n'étant plus en lait, est néanmoins assez tendre pour se laisser rayer par l’ongle. Dans cet état, la paille est encore verte auprès des nœuds. Tous les autres grains doivent être aussi coupés avant qu'ils soient complétement mûrs. Le grain coupé un peu vert a plus de volume et de poids.
Q. Quel inconvénient y a-til à couper ces grains trop tard, et lorsqu'il sont très-müûrs ?
R. I] y a alors l'inconvénient que les grains égrènent, et qu'une grande quantité de ces graines reste sur la terre où elles sont perdues.
Q. Y at-il quelques précautions à prendre après la coupe du blé, du seigle et de l'orge ?
R. Le blé, le seigle et l'orge devraient être engerbés et liés aussitôt après avoir été coupés, et disposés en moyelles Où quintaur.
Q. Dites comment vous feriez ces moyettles ou quintaux.
R. On commence par mettre une gerbe debout les épis en haut. Autour de cette première gerbe etun peu iuclinées, de manière à s'appuyer sur elle, on dispose quatre autre gerbes avec les épis également en haut. Ges gerbes ne doivent pas mesurer plus de trois pieds de tour sur le lien, sans quoi lintérieur pourrait chauffer. Sur ces cinq gerbes ainsi disposées, on place une grosse gerbe les épis en bas, et la moyelle est prête.
Q. Connaissez-vous une autre manière de faire ces moyettes ?
R. Une autre manière fort usitée est la suivante : on place ensemble deux petites gerbes qui s'appuient de la tête l’une sur l'autre, et qui sont éloignées du pied d'à peu près dix pouces. On en place ainsi dix en deux lignes, en leur donnant autant d'aplomb que possible, On recouvre ces dix gerbes avec deux autres qu'on couche soigneusement sur la moyette et qui lui servent de chapeau.
Q. Quels avantages présentent ces moyettes ou quintaux ?
R. Les avantages que présentent ces moyeltes ou quintaux sont considérables ; le grain ainsi disposé peut rester dehors, et par tous les temps, pendant plusieurs semaines, sans être nullement endommagé. Bien plus, disposé de cette façon, le grain continue à se nourrir et à mürir.
Q. Est-il aussi nécessaire de disposer l’avoine en quintaux ?
R. Il n’est pas aussi nécessaire de disposer l’avoine en quintaux, parce que l’avoine germe difficilement ét peut endurer beaucoup de mauvais temps avant de se détériorer ; mais le blé, le seigle et l'orge germent si facilement et si promptement qu'on doit toujours les mettre en quintaux à mesure qu'on les coupe. Dans les années pluvieuses, le seul moyen de sauver même l’avoine est de la mettre aussi en quintaux. La paille des grains mis en moyettes est bien meilleure et plus nourrissante pour les animaux
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que celle qui est restée étendue sur la terre pendant plusieurs jours.
Culture des légumes
Q. Quels sont les principaux légumes cultivés au Canada ?
R. Les principaux légumes cultivés au Canada sont : la pomme de terre (patate), les navets, les choux, les carottes, les betteraves, les choux de siam, etc.
Q. Quelle espèce de terre convient le mieux à la culture des pommes de terre ?
R. L'espèce de terre qui convient le mieux à la
culture des pommes de terre est la terre légère, sableuse ou tufeuse.
Q. Que pensez-vous de la culture des pommes de terre dans les terres franches ou fortes ?
# R. Ces pommes de terres sont souvent aqueuses et sujettes à pourrir promptement ; néanmoins, elles peuvent être employées avec avantage pour les engrais d'automne ou pour la nourriture des animaux à l’étable jusqu'au milieu de l'hiver. Dans les terres fortes drainées, les pommes de terres sont excellentes, et leur produit abondant.
Q. Dans quelle espèce de terre cultive-t-on ordinairement les navets, les carottes, les betteraves et les choux ?
R. La culture de ces légumes, servant ordinairement à préparer la terre pour la culture des grains
et pour la confection des prairies, se fait de préférence dans la terre franche ou un peu forte.
Q. Les divers travaux de préparation à donner à la terre pour la culture de ces divers légumes diffèrentils beaucoup ?
R. Ces travaux sont les mêmes pour tous.
Q. En quoi consistent ces travaux de préparation ?
R. Ces travaux de préparation consistent en. labours profonds et souvent répétés, suivis de hersages et de roulages nombreux, pour bien ameublir et pulvériser la terre. Les pièces qui doivent être en semencées avec ces légumes doivent aussi recevoir une fumure considérable.
Q. Supposant que vous vouliez ensemencer en légumes une pièce de prairie usée et vieillie, quels travaux préparatoires feriez-vous ?
R. La première chose à faire est un premier labour d'automne, aussi profond et aussi bien conditionné que possible. Le printemps suivant, cette pièce doit être ensemencée en avoine ou en blé. Le deuxième automne, nouveau labour profond ; le deuxième printemps, un, deux, et même trois labours, avec autant de hersages et de roulages, suivant la force de la terre. Lorsque l’ameublissement est bien complet, la pièce est prête à recevoir la semence et l’engrais.
j Q. Connaissez-vous un instrument qui remplace avantageusement la charrue pour ameublir la terre après un premier labour ?
R. Cet instrument est le bouleverseur ou scarifica-
teur. Il a, en outre, l’avantage de ramener à la surface toutes les mauvaises herbes qui, étant exposées au soleil, ne tardent pas à périr.
Q. Quelle quantité de fumier faut-il mettre à l’ar- “pent pour la culture de ces légumes ?
R. Cela dépend de la nature du sol et de son degré de fertilité. Quelquefois, trente voyages suffisent, mais souvent il en faut soixante ou plus.
Q. Quel fumier emploie-t-on à cet usage ?
R. On emploie ordinairement le fumier de l'hiver. Si ce fumier a commencé à pourrir avant d’être employé, cela vaut mieux.
Q. Que faites-vous ensuite ?
R. On procède ensuite de deux manières différentes, suivant qu'on sème la graine, ou qu’on transplante les légumes eux-mêmes, après qu'ils ont levé dans des couches chaudes.
Q. Toutes ces variétés de légumes peuvent-elles être plantées ?
R. Les choux et les choux de Siam se transplantent ; les navets@rdinaires, les carottes se sèment à demeure ; les betteraves $e sèment ou se transplantent.
Q. L’ensemencement des graines de navets, de carottes et de betteraves présente-t-il quelque différence ?
R. L’ensemencement de ces trois espèces de graines est le mème.
Q. Comment se fait cet ensemencement ?
R. Il se fait var rangs ou à la volée.
Q. Quelle est la meilleure de ces deux méthodes ?
R La meilleure est celle qui consiste à faire le semis par rangs; le semis à la volée doit être laissé complétement de côté. d
Q. Comment semez-vous la graine ?
R. La graine se dépose à la main, ou mieux à l’aide de petits instruments peu couteüx qu’on appelle semoirs.
Q. Décrivez la manière de semer à la main.
R. On prend une cheville pointue, ou un bois garni de plusieurs de ces chevilles placées à une distance de 10 pouces les unes des autres. Avec cette cheville, ou avec*ce bois garni de plusieurs chevilles, on fait dans la plate-bande des trous ayant
# à peu près un pouce de profondeur. Chacun de ces
trous doit être au moins à la distance de 10 pouces Pun de l’autre. Dans chacun de ces trous on dépose
“ deux ou trois graines. Ces trous sont ensuite remplis
et les graines sont enterrées avec la main, avec un râteau, ou avec une pièce de bois qu'on promène sur la plate-bande.
Q. Quel inconvénient présente cette méthode ?
R. Cette méthode est longue, fait perdre beaucoup de temps, et ne fait pas un semis régulier.
Q. Comhien v a-t:il d'espèces de semoirs ?
R. Il y a deux espèces de semoirs : le semoir à brouette ou à bras, et le semoir à cheval.
Q. Quel est celui qui convient le mieux pour les usages ordinaires ?
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R. Pour les usages ordinaires, Le semoir à bras convient le mieux.
Q. Décrivez ce semoir à bras.
R. Ce semoir n'est autre chose qu'une petite brouette contenant une boîte où l’on met la graine, et un petit couteau ou rayonneur qui trace sur les billons les lignes où la graine doit être déposée, La boîte à graine étant remplie, il suffit de promener le semoir sur les billons, et les lignes se tracent, et la graine se dépose d'elle-même, suivant la quantité voulue, et aux distances convenables. Un petit mécanisme placé dans le semoir permet d'obtenir tous ces résultats. Les graines sont enterrées par le semoir lui-même.
Q. Combien de temps faut-il aux diverses graines de légumes pour lever?
R. Le temps nécessaire pour qu’elles lèvent varie beaucoup avec les différentes espèces. Ainsi, pendant que les navets sont sortis de terre 9 ou 10 jours après leur ensemencement, les carottes, bien souvent, n'apparaissent qu'au bout de 30 à 40 jours.
Q. Une fois que les navets sont sortis de terre, quels soins exigent-ils ?
R. Aussitôt que les navets sont sortis de terre et qu'ils ont quatre petites feuilles, on donne un pre- .mier sarclage pour détruire les mauvaises herbes.
Q. Comment faites-vous ces sarclages ?
R. Ces sarclages se font ou à la main, à l’aide de pioches, grattes, etc., ou mieux avec un instrument peu coûteux qu'on appelle houe à cheval.
Q. En quoi la houe à cheval est-elle préférable ?
R. Elle est préférable an ce qu’elle permet de nettoyer et d’ameublir un arpent de légumes en moins d’un quart de jour. Plus on répète cet ameublissement, plus on augmente la récolte. De bons cultivateurs emploient la houe à cheval jusqu'à quatre fois sur la même pièce avec le plus grand avantage,
Q. La houe à cheval opère-t-elle le sarclage sur la ligne même où se trouvent les navets ?
” R. La houe à cheval n'opère pas le sarclage sur ces lignes ; il faut le pratiquer à la main avec une espèce > de gratte appelée houe & la main.
Q. En même temps qu'on opère le sarclage sur ces lignes que faut-il faire ?
R. En même temps qu’on opère le sarclage sur les lignes on éclaircit, c'est-à-dire qu’on arrache tous les plants qui se trouvent dans le même trou moins un; celui qu'on laisse doit être le plus vigoureux. Cet éclaircissement se fait souvent à la main, mais une personne habituée le fait très-bien à la houe,
Q. Que faut-il faire ensuite ?
R. Quinze jours, ou trois semaines après ce dernier sarclage, on en fait un deuxrme, si le besoin s’en fait sentir, pour détruire de nouyeau les mauvaises herbes qui ont pu pousser durant cet intervalle. Quand les feuilles sont bien développées et qu’elles couvrent tout le terrain, on ne sarcle plus, et on laisse la végétation se faire jusqu’au moment de la récolte.
Q. Si, durant les premiers sarclages, vous vous
apercevez que la levée des graines manque en certains endroits, que devez-vous faire ?
R. On doit remuer profondément les espaces vides et semer de nouvelles graines dans ces endroits, ce qui peut se faire jusque vers la fin de juillet,
Q. Quand se fait la récolte des navets ?
R. Les navets, que l’on doit semer en ce pays entre le 10 et le 20 juillet, sont bons à récolter à la fin d'octobre.
Q. Comment se fait larrachage des navets ?
R. Cet arrachage se fait ordinairement à la main.
Q. Comment se conservent les navets ?
R. On Les conserve de plusieurs manières ; parfois dans des caves fraiches, d’autres fois en silos, c'està-dire en les recouvrant de terre.
Q. Quel est l'usage des navets ?
R. Les navets sont vendus, où mieux employés pour la nourriture des animaux.
Q. Quelles préparations faut-il faire subir à la terre pour la culture des choux de Siam ?
R. Absolument les mêmes que pour la culture des : navets,
Q. Exigent-ils des soins particuliers ?
R. Les soins qu'ils exigent sont absolument les mêmes que pour les navets, avec cette exception qu'on peut les semer du 1er au 15 de juin ou bien les transplanter.
Q. Comment se fait cette transplantation ?
R. Elle se fait absolument comme pour les choux. On choisit de préférence un temps pluvieux ou
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sombre, et on met les plants à une distance de 10 pouces les uns des autres.
Q. En quel temps doivent être plantés les choux de Siam ?
R. Ils doivent être plantés vers la fin de mai ou le commencement de juin.
Q. Comment les conserve-t-on ?
KR. On les conserve comme les navets. Ils présentent sur ces derniers l'avantage de chauffer moins aisément, et de se conserver tout l'hiver avec facilité.
Q. A quelle époque doivent se semer les betteraves, les carottes et les navets ?
R. Dès que la terre est ressuyée au printemps. Il faut que les pièces qu’on destine à cette culture soient nettoyées et ameublies l’année précédente.
Prairies
Q. Attachez-vous une grande importance à la préparation des prairies ? ,
R. Oui; car le cultivateur qui a de nombreuses et bonnes prairies et qui récolte beaucoup de foin, est toujours un cultivateur à l'aise et mûme riche.
Q. Quelles sont les pièces de terre qui conviennent le mieux pour les prairies ?
R. Les pièces qui conviennent le mieux pour les prairies sont les pièces de terres fortes où franches, Les terres très légères ne peuvent être converties en prairies qu’à force d'engrais, et encore sont-elles toujours de courte durée.
Q. Comment vous y prendriez-vous pour faire une belle et bonne prairie ?
R. La première chose à faire est de choisir une pièce de terre convenable, c’est-à-dire une pièce de terre forte où franche, où de bonne terre légère, et ensuite de la bien égoutter, en pratiquant ou creusant des fossés, si mieux l’on n'aime avoir recours au drainage. Geci étant fait, Les moyens à prendre sont de deux espèces, suivant qu’on veut préparer la pièce à l’aide seule des labours, ou qu’on veut la préparer à l’aide de la culture des légumes.
Q. Décrivez la méthode à employer avec l’aide seule des labours.
R. Supposons que la pièce que je veux traiter soit une prairie vieillie, couverte de mousse et usée, la première chose à faire est un bon jabour d'automne. Le printemps suivant, semence en avoine ou en blé, avec mil et trèfle, et vigoureux hersage.
*Q. Que pensez-vous de cette méthode ?
R. Cet méthode est de toutes la plus écouomique, vu qu'elle exige peu de travail et nul engrais. Dans les terres très-bonnes et fertiles par elle-mêmes, cette méthode suflit pour façonner d'assez bonnes prairies qui durent pendant cinq ou six ans. Cest la méthode que peuvent employer les cultivateurs trèspauvres qui mont que très-peu ou point d'engrais, et n’ont pas les moyens de s’en procurer. Le grand inconvénient de cette méthode est que les mauvaises herbes ne tardent pas à pousser,
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Q. Pouvez-vous, à peu de frais, améliorer cette méthode ?
R. On peut, sans beaucoup de frais, améliorer cette méthode, en ayant recours à Pune ou à l'autre des deux espèces de chaulages; alors la prairie rendra beaucoup plus, et beaucoup plus longtemps.
Q. Supposons que le cultivateur puisse disposer de trente à quarante voyages de fumier, peutil en suivant cette méthode utiliser ce fumier pour augmenter le rendement de la prairie et sa durée ?
R. Oui, et ce qu'il a de mieux à faire alors est de laisser pourrir ce fumier avec les précautions don: nées plus haut. Aussitôt après que le grain aura été enlevé, il étendra ce fumier bien également sur sa
prairie ; et bientôt il verra le trèfle et le mil repren dre une vigueur extraordinaire. S'il ne pouvait faire cette couverture la première année, il pourrait la faire la seconde ou la troisième si la terre 1était pas trop compacte.
Q. Le fumier peut-il être étendu en couverture sur toutes les espèces de terres ?
R. Le fumier en couverture n'agit bien que sur les terres ameublies ; sur les terres trop compactes, le jus du fumier ne peut pas pénétrer dans la terre el s'écoule dans les raies, ies rigoles et les fossés.
Q. Comment prépareriez-vous une prairie à l'aide de la culture des légumes ?
R. Pour préparer une prairie à l'aide des légumes, on procède d'abord comme il a été dit plus haut à propos de leur culture. Le printemps qui suit la ré-
colte, on laboure, on ensemence en orge, en avoine ou en blé, avec graine de mil et trèfle. Une prairie faite de cette manière pousse avec une vigueur extraordinaire, donne de trois à quatre cents bottes à l’arpent, et dure sept, huit, et dix ans.
Q. Quels inconvénients rencontre-t-on dans la préparation des prairies, surtout lorsque la terre n’est pas préparée d'avance par la culture des légumes ?
R. Les inconvénients que lon rencontre sont, d'abord, la difficulté de bien conditionner le labour, le hersage et le roulage, vu que ces opérations, ayant lieu de bonne heure le printemps ou tard l'automne, l'humidité trop grande du sol s'oppose à ce que ces travaux soient bien faits; ensuite, par la culture des légumes, la terre est bien mieux ameublie, et surtout mieux débarrassée des mauvaises herbes de toute espèce.
Q. Connaissez-vous un moyen économique qui permet de remédier à ces inconvénients ?
R. Un moyen qui permet de remédier à ces inconvénients et qui, en même temps, nous met en état de faire de belles et bonnes prairies, est la méthode dite de zachère,
(). Décrivez cette méthode,
R. Supposant qu'il s'agisse de traiter en jachère une prairie déjà vieille et usée, on commence par en tirer une ou deux récoltes de grains, à l’aide de labours d'automne, comme il a été dit plus haut. Après la deuxième récolte d'avoine, nouveau labour d’automne ; et le troisième printemps, cette pièce est
hersée, mais pas ensemencée. Durant la morte saison de l'été, et jusqu'au mois d'août, on laboure de nouveau cette terre, on bouleverse plusieurs fois, on herse et on roule.
Q. Quel est l’objet de tous ces labours, hersages et roulages ?
R. L'objet de tous ces labours, hersages et roulages est Lo de bien ameublir la terre; 2 de détruire toutes les mauvaises plantes qui, étant déchaussées à mesure qu'elles poussent, se trouvent exposées à l'action du soleil qui les détruit.
Q. Que feriez-ensuite ?
R. Après le dernier labour, vers le commencement ou le milieu d'août, on ensemence cette pièce en mil et trèfle, à raison de # de minot de mil et ? livres de trèfle au moins, bien mèêlés ensemble, à l'arpent, La graine est enterrée par un hersage. Si, avant de semer la graine, le cultivateur à pu faire un chaulage, ou s’il peut répandre sur ce terrain en couverture immédiatement sur la semence, 20 ou 30 tombereaux de fumier pourri, ilest sûr de faire une prairie de premier ordre, et qui durera longtemps.
Q. Quelle est votre opinion sur la valeur de toutes ces méthodes ?
R. La première méthode avec un seul labour, sans couverture, et celle par la jachère sans chaulage et sans couverture, ne conviennent qu'aux cultivateurs #'tellement pauvres qu'ils ne peuvent pas disposer de quelques voyages de fumier ou de quelques piastres pour l’achat de cinq ou six barriques de chaëx , et
ces cas sont rares. La première méthode avec chaulage ou fumier en couverture, et la méthode par la jachère avec chaulage ou fumier en couverture, sont peut-être les meilleures à employer pour ün grand nombre de cultivateurs qui commencent à améliorer et qui n'ont pas beaucoup d'engrais à leur disposition. Mais, aussitôt que le temps et les moyens de faire la culture des légumes le permettront, et dès lors que la connaissance des avantages que présente la culture des légumes sera suffisamment répandue, le cultivateur devra se hâter d’ensemencer en légumes au moins un arpent par année,
Q. Quels soins réclament les prairies une fois qu'elles sont faites ?
R. Le premier soin à donner aux prairies, une fois . qu’elles sont faites, est de bien voir à ce que l’égouttement soit parfait. Pour cela, il faut bien veiller, tous les automnes, à vider les raies, les rigoles et les fossés, et voir à ce que rien ne s'oppose au libre écoulement des eaux.
Q. Quel est l'effet du séjour de l’eau sur Les prairies?
” R. Cet effet est désastreux à cause des gelées.
Q. En quel temps convient:l de couper le foin ?
R. Le meilleur temps pour couper le foin est lorsque les fleurs du mil commencent à tomber. Ceux qui ont beaucoup de foin à faire feront mieux de commencer un peu plus tôt.
Q. Quels sont les principaux défauts que l’on remarque, au Canada, dans l'entretien des prairies ?
R. Ges défauts sont nombreux: 10 dans bien des
arrondissements, les prairies sont trop vieilles et
n’ont pas été levées depuis 16, 25, et même 40 ans;
à ces prairies, couvertes de mousses et de mauvaises
herbes, ne rapportent plus que quelques voyages de
mauvais foin; 3 on ne veille pas à l'entretien des
raies, des rigoles et des fossés, de sorte que l’eau séjourne sur ces prairies et détruit les racines du foin ;
4° on ne procède à la coupe du foin que quand il est
trop mûr, de sorte que ce foin, ayant perdu toute sa
graine, ne vaut guère mieux que la paille.
Pacages
Q. Est-il important d’avoir de bons pacages ?
R. Il est très-important d'avoir de bons paeages, parce qu’il ne suffit pas de bien entretenir les animaux pendant l'hiver, il faut encore les bien nourrir durant l'été.
Q. Comment doit-on préparer les pacages ?
R. On doit préparer les pacages comme on prépare les prairies ; les pièces de terre qui ont été en prairies pendant quelques années forment de bons pacages.
Q. Quels sont les défauts les plus remarquables que l'on observe dans les pacages de ce pays ?
R. Les pacages, en ce pays, sont généralement pauvres ; cela dépend de ce qu’on ne se donne pas la peine d'ensemencer les pièces en mil et trèfle, et que nos pacages ne sont généralement que les chaumes des années précédentes.
Q. Quel avantage y aurait-il à ensemencer les pacages en mil et en trèfle ?
R. Ces avantages consisteraient surtout en ce que l'herbe étant bien plus fournie, on ne serait pas obligé de laisser en pacage d'aussi grandes étendues de terre qu'on le fait aujourd’hui; et ensuite, les animaux, ayant une nourriture plus abondante, donperaient plus de revenus.
Q. Les prairies et les bons pacages sont-ils assez considérables dans la Province de Québec ?
R. Tout bon cultivateur, s’il veut s’enrichir, doit
avoir au moins la moitié de sa terre en prairies et en bons pacages (*}.
Animaux
Q. Quels sont les principaux animaux que l’on élève en ce pays?
R. Les principeux animaux que l’on élève sont les chevaux, les vaches, les porcs, les moutons et les volailles.
Q. Comment tire-t-on le plus grand profit des animaux ?'
R. En les nourissant abondamment pendant toute l'année, en leur donnant tous les soins qu’ils exigent, et en n’en gardant que le nombre que l’on peut ainsi nourrir et soigner.
(*) Un excellent moyen d'assurer au bétail une nourriture abondante, même quand les pacages sont desséchés par les grandes chaleurs de l'été, consistent à semer, près des étables ou des pâturages, en lentilles ou on blé-d’inde, une petite pièce bien préparée et engraissée. Quand l'herbe vient à manquer, on coupe dans cette pièce la quantité de nourriture nécessaire au bétail, et on empêche ainsi les mauvais effets de la sécheresse,
— 61 — Vaches
Q. Quelle quantité de lait doit donner une bonne vache ?
R. Une bonne vache doit donner au moins cinq ou six pots de lait, et doit le conserver pendant dix ou douze mois, si elle est convenablement nourrie. Ce lait doit être blanc et fournir une bonne quantité de crème.
Q. Quelle quantité de lait donnent, en moyenne, les meilleures vaches ?
R. Les meilleures vaches donnent de huit à neuf pots de lait. Quelques-unes donnent jusqu’à dix et douze pots; mais ces vaches sont rares. Les vaches qui donnent le plus de lait ne sont pas toujours les meilleures: car il arrive quelquefois que ce lait très-abondant est pauvre et donne peu de crème.
Q. Comment juge-t-on ordinairement de la qualité du lait ?
R. Ou en juge ordinairement par la couleur : le lait riche est blanc, le lait pauvre est bleu.
Q. Quelles sont les races de vaches étrangères qui conviennent le mieux à ce pays ?
R. Au dire des connaisseurs, les races étrangères qui conviennent le mieux à notre climat sont les races Ayrshire et Alderney.
Q. Que pensez-vôus de notre race canadienne ?
R. On trouve d'excellentes vaches de race canadienne, lorsqu'on se donne la peine de les bien choi-
sir. Les vaches moitié ayrshire et moitié canadiennes sont excellentes.
Q. Quels soins particuliers exigent les vaches ?
R. Durant la saison de l'été, elles doivent avoir de bons pacages et de l’eau en abondance ; durant l'hiver, elles doivent avoir une bonne nourriture, et être tenues proprement.
Q. Comment les vaches doivent-elles être nourries à l'étable ?
R. Les vaches doivent être nourries à l’étable avec de bon foin et de bon paille, et avoir un repas de légumes au moins, on une bouette, ou une soupe, par jour.
Q. Quels sont les légumes qui conviennent le mieux à la nourriture des vaches ?
R. Les légumes qui conviennent le mieux aux vaches sont les betteraves, les carottes, les choux de Siam, les navets, les pommes de terre, etc.
Q. Quelle précaution fautil prendre avant de donner ces légumes aux vaches ?.
R. Il faut avoir soin de les couper par tranches ou par petits morceaux; si l’on ne prend cette précaution, il arrive quelquefois que les vaches avalent de trop gros morceaux et s’élouffent.
Q. Comment coupe-t-on ces légumes ?
R. On les coupe à l’aide de couteaux, de tranches, ou mieux avec un instrument particulier appelé COupE-TACInes
Q. Croyez-vous qu'il soit bien important de donner un repas de ds aux vaches par jour ?
R. Cela est très-important. Ce repas de légumes est le plus sûr moyen de tenir les vaches en bonne santé ; sans Compter qu'avec ces légumes, les vaches donnent beaucoup plus de lait, et le gardent bien plus longtemps ?
Q. Qu'entendez-vous par ces mots : tenir les vaches proprement ?
R. J'entends que les vaches doivent être écurées tous les jours, qu’elles doivent avoir assez d'espace dans l’étaule pour y respirer un air pur, et que de temps à autre on doit les étriller.
Q. Est-il important de traire les vaches avec soin ?
R. Oui ; il faut avoir soin d'égoutter le pis complétement, car s'il y restait du lait même en petite quantité, les vaches diminueraient considérablement ; il faut encore les traire à‘des heures régulières, et toujours les traiter avec douceur, sans bruit,et les tenir dans la plus grande propreté.
Porcs
Q. Que pensez-vous de la valeur de nos porcs canadiens ?
R. La race de nos pores canadiens est bien inférieure, et généralement dégénérée. Ces porcs mangent beaucoup, et engraissent lentement.
Q. Quelles sont les principales races étrangères introduites en ce pays ?
R. Les principales races étrangères sont celles de Suffolk, Berkshire, Yorkshire, Essexz et White Chester, etc.
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Q. Quels avantages présentent ces porcs de races étrangères sur nos porcs canadiens ?
R. Ils engraissent beaucoup plus facilement, beaucoup plus vite, tout en mangeant beaucoup moins.
Q. Quelle est la meilleure saison pour l’engraissement des porcs ?
R. La meilleure saison est l'été et le commencement de l'automne ; d'abord, parce que ces animaux eugraissent beaucoup mieux à la chaleur qu’au froid ; ensuite, parce que durant l'été, une bonne partie de l'engraissement peut se faire avec le lait des vaches.
‘Moutons
Q. Que pensez-vous de notre race de moutons canadiens ?
R. Notre race de moulons, comme celle de nos porcs, est dégénérée, et doit être renouvelée.
Q. Quelles sont les races étrangères qui conviennent le mieux à ce pays ?
R. Après de nombreux essais, les connaisseurs parissent s’accorder à dire que ce sont les races connues sous les noms de Cotswold pour les laines longues, et South down pour les laines courtes.
Q. Quels soins exigent les moutons à la bergerie ?
R. Les moutons doivent être tenus fraîchement et sèchement. La porte de leur bergerie doit être laissée presque toujours ouverte dans le cours de l’hiver, excepté dans les froids très-rigoureux ; et une bonne précaution est d'avoir un enclos, en avant de la ber-
gerie, où ils puissent sortir en plein air quand bon leur semble,
Q. Quelle nourriture convient le mieux aux moutons ?
R. La nourriture qui convient le mieux aux moutons est le trèfle, le foin, le pesa, et de temps à autre la lentille en petite quantité ; et si on peut leur donner un repas de légumes chaque jour, ils donneront plus de laine, et auront beaucoup plus de chance de se tenir en bonne santé.
R. Quand le cultivateur doit-il songer à faire l’achat d'animaux améliorés ?
R. Le cultivateur ne doit songer à faire l’achat d'animaux améliorés que lorsqu'il est sûr que les produits de sa terre suffiront à les bien nourrir et à les entretenir convenablement. Ainsi il ne doit songer à élever ou à acheter des vaches améliorées que lorsque ses prairies donneront un assez fort rendement pour lui permettre de donner à ses vaches une quantité suffisante de bon foin durant l'hiver, et lorsqu'il aura d'assez bons pacages pour qu'elles puissent y trouver wie abondante nourriture durant l'été.
Q. Que deviennent les animaux améliorés lorsqu'ils ne sont pas bien nourris et entretenus convenablement ?
R. Ils dégénèrent promptement, et perdent toute leur valeur.
Instruments agricoles
Q. Enumérez quelques-uns des instruments agricoles nouveaux ou perfectionnés qui sont peu coûteux, et qu'un cultivateur intelligent doit avoir.
R. Ces instruments sont : les faucheuses, les moissonneuses, le javelier, le rateau-à-cheval, et un instrument bien commode, mais peu connu, qui sert à engerber et porte le nom d’engerbeur. Ceux qui cultivent les légumes (navets, choux de Siam, etc.) doivent se munir d’un semoër à bras et d'une houe à cheval. Pour lenlèvement des mauvaises herbes (chiendent, marguerites, etc.) l'ertirpateur où cultivateur est un instrument bien précieux. Get instrument sert aussi à ameublir le sol profondément et à enterrer les semences de pois. Il remplace avantageusement la charrue dans les jachères (labours d'été) et devrait se trouver chez tous les cultivateurs.
Rotations
Q. En quoi consiste la rotation ?
R. La rotation consiste à faire succéder les diverses plantes les nes aux autres sur une même pièce de terre, de manière à retirer du sol la plus grande masse de produits avec le moins de dépenses possible.
Q. Qu'entendez-vous par ces mots : faire succéder les diverses plantes les unes aux autres ?
R. Ges mots signifient qu'à part de très-rares exceptions, on ne doit pas semer la même graine, ou des graines du même genre, deux ou plusieurs années de suite sur la mème pièce,