‹ Petit manuel d'agriculture, d'horticultre et d'arboriculture [microforme]Chapitre 7 sur 10 · COMPTABILITÉ AGRICOLE · texte numérisé non relu

COMPTABILITÉ AGRICOLE

Q. Qu'est-ce que la comptabil lé?

R. La comptabilité est l'art dé bien tenir les comples. Elle consiste à inscrire régulièrement dans des livres ou cahiers le montant des dépenses, des pertes, des gains ou profits que l’on peut faire.

Q. La comptabilité est-elle une chose bien importante pour le cultivateur ?

R. La comptabilité est aussi importante pour le cultivateur que pour le marchand ; car, sans elle, il ne peut savoir s'il s'enrichit ou s’appauvrit; grand nombre de cultivateurs,se ruinent sans s’en apercevoir, faute de comptabilité,

(Q. Dites quel autre avantage résulte d’une bonpe complabilité.

R. Une bonne comptabilité est un des moyens les plus efficaces pour apprendre à pratiquer l’économie, parce que quand on a toujours sous les yeux le montant de Ce qu’on possède et de ce qu'on doit, on se tient plus sur ses gardes, et on est moins porté à s'endetter ou à faire de folles dépenses.

Q. Une bonne comptabilité agricole doit-elle se borner seulement à faire linscription des dépenses et des gains ou profits en argent ?

R. Une bonne comptabilité agricole doit s'étendre à

toutes les opérations qui concernent la culture, en d’autres termes, à toutes les dépenses et à tous les gains où recettes en argent, en produils, et en travail.

Q. Donnez un exemple.

R. Supposons que je veuille établir le compte des dépenses à faire pour renouveler une prairie vi'ille et usée et celui des gains ou profits qu'elle va me rapporter : à une des pages du livre ou du cahier intitulée Dépenses ” que je consacre à cette pièce et que j'appelle No. 1, j'écris :

Prèce No. 1.

Oct. 15 & 16 Labour : deux hommes et deux chevaux pendant deux jours,

1875. fossés, rigoles etc................ tant. Mai 15 Hersages, ensemencement, rou- * lage, fossés, rigoles etc... tant.

à Prix de graines de semence... tant.

Août, 1, Coupage du grain, liage, rentrée, (51 À ER EE NT land.

Oct. 20, Battage et vannage du grain 1875, (tant d'heures ou de jours)... tant.

Dec. 3, 4 Dépenses d'un voyage à la ville pour la vente du grain (bateau, voiture, pension, etc)... tant.

En additionnant le montant des dépenses ci-dessus, je trouve exactement la somme que m'a coûtée cette pièce en argent ou en travail, (ce qui revient au même), durant cette première année.

Q. Comment tiendrez-vous compte des profits que vous aura rapportés cette pièce ?

R. En resard de la page intitulée “Dépenses,” je réserve une autre page que jintitule “Gain”? «ou « Recette,” et J'y écris:

Pièce No. 1.

1875—Déc. 3 Vente de tant de minots de grains récoltés sur pièce No. [. tant.

Q. Que ferez-vous les années suivantes ?

R. Les années suivantes je tiendrai la même comptabilité pour la même pièce et pour toutes les autres de ma terre pendant toute la durée de la rotation.

Q. Peut-on toujours, après la première ou la deuxième année, se rendre un compte exact des dépenses et des profits d'une pièce de terre?

R. Non; le plus souvent, ce n’est qu'au bout de la sepiième ou Auitieme année qu'on peut se rendre compte de ces dépenses et profits. Gar, bien souvent, plus la pièce aura coûté cher en frais d'améliorations la première et la deuxième année, plus elle rapporera de profits les années suivantes,

(Q. Supposons que vous ne ve ndiez pas les s produits de votre terre, mais que vous les fassiez consommer par votre famille et jar vos animaux de ferme, com-

ent les évaluerez-vous ?

R. Dans ce cas, je me vends ces produits à moiméme, ei je Les évalue aux prix Courants comme si je les vendais à un autre. Le plus souvent même il arrive que ces produits consommés par les animaux

CR Le

de la ferme rapportent plus sous forme de lait, fromage, viantle, beurre, fumier, -étc., que s’ils avaient été vendus en nature.

Q. Tiendrez-vous compte également des achats faits chez les marchands, au comptant ou à crédit ?

R. Oui, et j'aurai toujours une liste exacte de tous ces achats, surtout de ceux faits à crédit. En revoyant souvent cette liste, cela nous rappelle nos dettes et nous empêche d’en contracter de nouvelles.

Q. Ne croyez-vous pas que tous ces détails exigent beaucoup d'écriture et font perdre un temps précieux ?

R. Il n’y a pas de temps mieux employé que celui que l'on consacre à tenir ses comptes. Une fois qu'on en a pris l'habitude, il faut très peu de temps pour faire ces calculs et ces écritures ; pour un cultivateur ordinaire, cela prendrait au plus un quart d'heure tous les soirs. De plus, en tenant ainsi compte de tout, cela apprend à calculer ; et celui qui calcule le plus et le mieux est celui qui a le plus de chance de s'enrichir. Enfin, le jeune cultivateur qu,au sortir de l'école, s’habituerait à tenir ses compies, n'oublieraii pas l'écriture, chose qui arrive si souvent aujourd'hui.

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