HORTICULTURE
Q. Qu’entendez-vous par ces deux mots, jardinage ou horticulture ?
R. Ces deux mots signifient la même chose, à Savoir : l'art de cultiver les jardins.
Q. Qu'est-ce qu'un jardin ?
R. Un jardin est un espace de terre de petites dimensions dans lequel on cultive des légumes, des fleurs, certains arbres frnitiers ou d’ornementation.
Q. Sous quels noms désigne-ton ces diverses es. pèces de jardins ?
R. On désigne ces diverses espèces de jardins sons les noms de jardins /égumiers où polagers, jardins frui- Liers Ou vergers, jardins d'ornementation, Paysagers, etc.
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Q. Quels sont pour Le cultivateur canadien les plus importants de ces jardins ?
R. Ge sont le jardin légumier ou potager, et le jardin fruilier où verger.
Q. Le jardin légumier où potager en ce pays ne renferme-t-11 ordinairement que des légumes ?
R. Le jardin légumicr où potager en ce pays renferme nou-seulement des légumes, mais encore certains arbres fruitiers et des fleurs.
Q. Que pensez-vous de la valeur d’un jardin légumMier Où potager ?
R. C'est le meilleur de tous pour le cultivateur canadien, et celui que l’on doit recommander davantage.
Q. Quel nom conviendrait le mieux à cette espèce de jardin ?
R. Le nom qui lui conviendrait le mieux serait celui de jardin d'utilité.
Q. Quel est l’objet de ce jardin ?
R. L'objet de ce jardin est de faire produire au sol, sur un espace limité et restreint, la quantité de légumes et de fruits dont la consommation est de la plus grande importance pour la nourriture de l’homme et pour la conservation de sa santé.
Sols convenables au jardinage Q. Quelle espèce de sols convient le mieux à l’hor-
ciculture ou jardinage ?
R. Ce sont les sols légèrement sablonneux ou de
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terre franche légère; mais avec des soins convenables tous les sols peuvent convenir au jardinage.
Q. Lorsqu'on veut établir un jardin dans un sol trop sablonneux ou trop glaiseux, que doit-on faire ?
R. On doit commencer par pratiquer ce qu’on appelle l'amendement de ce terrain.
Q. Comment doit se pratiquer cetamendement ?
R. Cet amendement doit se pratiquer de la même manière que pour les terrains soumis à la grande culture. ? Sur les terres trop fortes ou argileuses, il faut charroyer du sable, du tuf brisé, ou toute autre substance qui a l'effet d’ameublir la terre; sur les terres trop sableuses ou trop légères, on transporte de la terre forte ou argileuse, de la terre de savane, du terreau.
Q. Est-il bien important d’amender le sol qu’on destine au jardinage ?
R. Oui, car si le sol n’a pas les propriétés physiques voulues ; en d’autres termes, s’il n’est pas bien amendé, le jardinage ne donnera qu'un faible rendement ou de chétifs produits.
Q. A part les mélanges de diverses espèces de terre ensemble, ou avec le terreau, quels autres moyens, pour amender le sol, le jardinier a-til à sa disposition ?
R. Le jardinier à à sa disposition les bèchages pro-
1 Voir Petit Manuel d'Agriculture, première partie,
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fonds et fréquemment renouvelés, surtout ceux d'automne, parfois les labours, et surtout le drainage, dans les terres fortes, basses et humides.
Dimensions et division du jardin
Q. Quelles doivent être les dimensions des jardins d'utilité en ce pays?
R. Les jardins d'utilité dont l’objet est de subvenir aux besoins d’une famille, doivent avoir des dimensions proportionnées à ces besoins, à la quantité de fumier où d'engrais dont on peut disposer, et au temps qu'on peut consacrer à leur entretien.
Q. Les jardins les plus grands sont-ils toujours les plus profitables ?
R. Bien souvent un jardin de grande dimension rapporte moins de profit qu'un jardin plus petit, parce qu'on ne peut pas lui consacrer tout le temps et tous Les soins qu’il requiert,
Q. Quelle est la forme la plus ordinaire qu’on donne au jardin légumier ou d'utilité?
R. La forme la plus ordinaire est la forme d’un carré plus où moins parfait, parce que cette forme permet de diviser le jardin plus facilement et plus économiquement.
Q. Lorsqu'on à choisi l'emplacement et déterminé les dimensions du jardin, et lorsqu'on a amendé le sol convenablement, que doit-on faire ?
R. On doit commencer par l’enclore convenablement, afin de le mettre à l’abri des incursions des
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animaux et des voleurs ; et pour cette raison, le jardin doit toujours être dans le voisinage de la maison, afin qu'on puisse mieux le surveiller.
Q. Comment se divise un jardin?
R. Un jardin se divise 1° en carrés ; 20 en planches ; 30 en plates-bandes ; 40 en allées, grandes et petites.
Q. Qu’est-te qu’un carré ?
R. Un carré est un espace de terrain plus ou moins grand sur lequel se pratique la culture des légumes.
Q. Comment se divise un carré?
R. Le carré se divise en planches ou simplement en lignes.
Q. Qu’entendez-vous par le mot planche ?
R. Une planche, en termes de jardinage, a la même signification que dans la grande culture : c’est un léger exhaussement du sol limité par deux petites allées, ou sentiers, lesquels facilitent les opérations du sarclage et de l’arrosage.
Q. Qu’entendez-vous par un carré divisé en lignes ?
R. Dans un carré divisé en lignes, il n’y a pas de petites allées ni de sentiers, mais les plantes sont disposées en lignes et espacées de.18 pouces à deux pieds, afin de permettre au jardinier de circuler librement entre chaque ligne.
Q. Quelle largeur, en moyenne, doit-on donner aux planches ?
R. Cette largeur ne doit pas dépasser quatre pieds. Il faut que la largeur des planches soit telle que la
main puisse atteindre facilement et sans fatigue le milieu de la planche pour les sarclages et les arrosages.
Culture du jardin
Q. Quelles sont les principales conditions à remplir dans la culture d’un jardin ?
R. Les principales conditions à its sont les suivantes: lo le terrain doit être léger ou ameubli, et nivelé ; 20 il doit être suffisamment fumé ou engraissé ; 30 il doit être arrosé ; 4 il doit être sarclé chaque fois que le besoin s’en fait sentir.
Des fumiers, de l’arrosage et des sarclages
Q. Quelle espèce de fumier convient le mieux au jardinage ?
R. Tous les fumiers conviennent au jardinage, pourvu qu'ils aient suffisamment fermenté ; un des meilleurs est celui de cheval ou de mouton, ou les deux mélangés à une moitié, ou à un tiers, de fumier de bètes à cornes.
Q. En quel état ce fumier doit-il être employé ?
R. Ce fumier doit être employé à moitié ou aux trois quarts pourri, et après qu'il a bien fermenté.
Q. Pourquoi vautil mieux n’employer que du fumier pourri ou bien fermenté pour le jardinage ?
R. Pour plusieurs raisons : en premier lieu, le fumier vert, où qui n’a pas fermenté, renferme une
foule de mauvaises graines qui, répandues sur le sol, ne tardent pas à germer et à infester le jardin ; en deuxième lieu, le fumier pourri ou qui à fermente est déjà réduit à l’état de sève, de sorte que les plantes y trouvent leur nourriture toute prète, tout élaborée, ce qui n’a lieu qu'à la longue avec les fumiers verts ou non fermentés.
Q. Quelle est la meilleure méthode à suivre pour préparer un bon fumier pour le jardinage ?
R. La meilleure méthode à suivre est la suivante : sous un abri construit avec quelques planches ou madriers, on dispose un tas de fumier de 6 à 10 pieds de largeur, de 5 à 10 pieds de hauteur, suivant l'étendue du jardin à cultiver. Au bout de six semaines ou de deux mois, le tas doit être remué à la fourche, divisé, brassé, de manière à renvoyer à l'intérieur du tas ce qui était à l'extérieur ; de cette manière le tas fermente ou chauffe également dans toutes ses parties, le fumier acquiert toute sa valeur, ettoutes les mauvaises graines qu’il renfermait sont détruites.
Q. Que pensez-vous de l’habituce qu'ont un grand nombre de nos jardiniers canadiens de transporter leurs fumiers verts par petits tas, dès l'automne, sur leurs jardins ?
R. Cette pratique est vicieuse, vu qu’elle expose à une grande déperdition de fumier, lorsque viennent les grandes pluies de l'automne et les dégels du printemps ; de plus, ce fumier, n'ayant pas fermenté ou chauffé, est rempli de mauvaises graines.
Q. Connaissez-vous quelques autres engrais qui peuvent être utilisés avec avantage pour les jardins ?
R. Ces autres engrais sont les cendres lessivées, ou non lessivées, les eaux sales de toute espèce, la suie, les urines etc. le tout mis en composts, c'est-à-dire, mélangé à de la terre, à de la terre de savane, à des feuilles d'arbre, aux sarclures, etc.
Q. Comment le fumier doit-il être mélangé à la terre ?
R. Le fumier doit être mélangé à la terre de manière qu'il ne soit pas enfoui à une trop grande profondeur, c'est-à-dire, à pas plus de cinq à six pouces. Si le fumier est enfoui à une trop grande profondeur, les racines des plantes ne peuvent pas l'atteindre pour y puiser leur nourriture.
De la lumière, de la chaleur et de l’eau
Q. La lumière, la chaleur et l’eau sont-elles bien importantes pour la végétation ?
R. La lumière, la chaleur et Peau sont indispensables pour la végétation de toutes les plantes ; sans elles les plantes ne peuvent se développer ni s’ac croitre.
Q. Quelle conclusion faut-il tirer de là pour le jardinage ?
R. La conclusion à tirer est que si l’on plante des arbres dans les jardins, ces arbres doivent être assez espacés pour ne pas gêner par leur ombrage l’action
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bienfaisante des rayons du soleil. Les petits arbres fruitiers, tels que gadeliers, groselliers, pommiers nains, pruniers nains, entremêlés de bouquets, sont les seuls qui conviennent sur les plates-bandes des jardins.
Q. Comment peut-on remédier à l’excès de chaleur et de lumière ?
R. On y remédie principalement de deux manières: 1° par les paillis ; 20 par l’arrosage.
Q. Qu'est-ce qu'un paillis ?
R. Un paillis est ordinairement un mélange de feuilles d'arbres et de pailles courtes avec du fumier, à peu près moitié des deux premiers et moitié du dernier, qu’on à laissé chauffer et pourrir pendant plusieurs mois. Un excellent paillis est le fumier qui a déjà servi aux couches chaudes.
Q. Comment emploie-t-on ce paillis ?
R. On emploie ce paillis en couverture pour protéger certaines plantes une fois qu'elles sont sorties de terre, ou peu de temps après qu'elles ont été transplaniées ; on dispose ce paillis sur les lignes ou sur les planches, de manière que la terre en soit complétement recouverte,
Q. Quelle précaution faut-il prendre avaut de couvrir le sol de ce paillis ?
R. La seule précaution à prendre est de biner le terrain, c’est-à-dire d’ameublir ce terrain à la binette où à la gratte, autour des plantes, parce qu'une fois le paillis étendu, on ne doit plus toucher au sol,
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Q. Quel est l'effet de ce binage ?
R. L'effet de ce binage est de rendre le sol très léger, de sorte que les moindres pluies d'orage ou la rosée des nuits peuvent parvenir sans difficulté jusqu'aux racines des plantes, même à travers le paillis.
Q. Quels sont les bons effets de l'emploi de ces paillis ?
R. Les bons effets de l'emploi de ces paillis sont les suivants : 10 ils protégent le pied des plantes contre l'action trop vive des rayons du soleil ; 20 ils entretiennent une humidité constante sur le terrain, et dispensent des arrosages fréquents; 30 ils empêchent les mauvaises herbes de pousser et dispensent des sarclages ; 40 peu à peu, les sels renfermés dans le paillis s'infiltrent dans le sol et contribuent à la nourriture des plantes.
Q. L'arrosage est-il bien important pour le jardinage ?
R. L’arrosage est de première nécessité pour le jardinage, surtout au départ ; sans arrosage, il est inutile de songer à obtenir de beaux et bons produits.
Q. Comment se pratique cet arrosage ?
R. Cet arrosage se pratique de diverses manières. D'abord, il faut avoir dans le jardin même, ou dans les environs, un puits, une source, une rivière, un réservoir d'eau quelconque. L’arrosage se fait soit À la main, à l’aide d'arrosoirs, soit à l’aide de pompes. Dans les jardins situés au bas des côtes,
on peut souvent établir de petits aqueducs au moyen desquels on arrose avec la plus grande facilité.
Q. L'eau des puits ou des sources peut-elle être toujours employée immédiatement pour l’arrosage ?
R. Cette eau est quelquefois trop froide pour être employée immédiatement; alors il faut la laisser s'échauffer au soleil dans des barils ou autres ré. servoirs.
Des Couches
Q. Qu'est-ce qu’une couche ?
R. Une couche est un lit plus ou moins épais composé de fumier recouvert de quelques pouces de terre préparée, dans laquelle on sème les graines d'un grand nombre de légumes et de végétaux pour en activer et assurer la végétation.
Q. Combien y a-til d'espèces de couches ?
R. Il y en a trois espèces principales : Lo la couche chaude ; 20 la couche tiède ; 30 la couche sourde ou froide.
Q. Laquelle de ces trois couches convient le mieux aux besoins de ce pays ?
R. C'est la couche chaude; mais la couche froide ou sourde est la plus convenable pour la culture du melon.
Couches chaudes
Q. Comment prépareriez-vous une couche chaude pour le jardin d'utilité d'un cultivateur ordinaire en ce pays, supposant que ce jardin ait un arpent Carré !
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R. Je commencerais par faire un premier lit de fumier frais qui aurait de 14 à 15 pieds de longueur, sur 7 de largeur, et 2? de hauteur. Ce fumier serait bien tassé et foulé avecles pieds. Avec des planches ordinaires je confectionnerais un cadre de 1? pieds de longueur, de 4 pieds de largeur, de 2 pieds de hauteur. Sur ce lit de fumier j'appliquerais ce cadre ou cette bâche, de manière que le lit de fumier dépassât le cadre d’un pied à un pied et demi, tant sur la longueur que sur la largeur; j'ajouterais du fumier tout autour de la bâche ou du cadre de manière que les châssis seuls fassent en vue ; je recouvrirais ce cadre avec des châssis ordinaires.
Q. Pourquoi le lit de fumier doit-il dépasser d’un pied à un pied et demi le cadre de bois ou la bäche qu'on applique dessus ?
R. C'est afin d’abriter contre le froid les semis qui sont contenus en dedans du cadre ou de la bäche.
Q. En quel sens, eu égard à leur exposition, ces couches doivent-elles être établies ?
R. Ces couches doivent être établies de manière que leur exposition soit du nord au sud. En d'autres termes, la couche, dans le sens de sa longueur, doit être dirigée de lest à l'ouest, et dans le sens de sa largeur du nord au sud, afin que les plantes soient mieux exposées à l’action bienfaisante des rayons du soleil, et mieux abritées contre les vents du nord,
Q. Les châssis doivent-ils être appliqués à plat sur les cadres, ou doivent-ils être inclinés et en pente ?
R. Les châssis doivent être inclinés, ou en pente,