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Mais, dans la vie courante, on suivait la vieille mode : on prenait pour unité de temps une nuit et le jour suivant, c'est ce qu'on appelait le nychthémère (w/ôfl- ^Eoov). Le jour légal des Grecs commençait donc au coucher du soleil; il était subdivisé en sept parties, à savoir : trois pour la nuit et quatre pour le jour. Les trois divisions de la nuit étaient : ÎTn&po;, quand on allumait les lampes; f^i^at vtec;, les heures mortes de la nuit; S.Bpo;, l'aurore, quand les coqs commençaien à chanter. Les divisions du jour étaient : le point du jour {np<.i) ; la matinée, quand la place du marché commençait à se remplir {mpl TrHôou^av àyopàv); midi (t^ç fxsTe^uSpta,-), et l'après-midi (irepl (Jea^jv). Les heures chaudes de la journée étaient consacrées à la sieste, au repos, au farniente. Le Grec se levait de très bonne heure, ordinairement avec le soleil. Rarement il se lavait le matin, et l'on ne voit nulle part qu'on prît des bains à cette heure. D'ailleurs ses habitudes de proprecé ne doivent pas être comparées aux nôtres. La coiffure, les soins à donner à la barbe devaient prendre assez de temps, car primitivement le Grec portait les cheveux longs , et nous voyons sur les médailles que la coiffure était compliquée. Ce ne fut guère qu'au temps d'Alexandre que se répandit la mode de se raser; mais, même alor«, quiconque se rasait trop souvent ou avait les dents très blanches passait pour un petit maître.
Emploi de la matinée. — Une fois habillé, le Grec prenait un très léger repas appelé «z'jaTiTuoç^ destiné seulement à tromper la faim jusqu'à Theure tardive du déjeuner. Ce repas consistait, dit-on, en pain et en vin (dans «xoaTiTuo; se retrouve le mot ôx/iaro;, vin pur). Après cela, le Grec allait chez ceux de ses amis qu'il désirait voir avant qu'ils eussent quitté leur maison. Ensuite il faisait une promenade matinale soit à pied, soit à cheval, et, s'il habitait la ville, il allait visiter ses fermes, ses récoltes et donner des instructions à son régisseur. Si, au contraire, il vivait à la campagne, il partait de bon matin pour arriver à la ville à l'heure où la place du marché se remplissait, car, en cas d'affaires importantes, l'assemblée se réunissait de fort bonne heure. C'était là également qu'il pouvait rencontrer ses amis, se tenir au courant du marché, voir les boutiques; bref, s'il était marchand, il lui fallait ôtre à la bourse à sept heures.
Les heures des repas. ~ A midi, toutes les affaires s'arrêtaient. Quand le Grec rentrait pour déjeûner ('^..ttov, le déjeuner), toutes les places publiques étaient désertes. Les hommes des classes pauvres, dînant plus tôt et sans doute foisant un premier déjeuner plus copieux, ne rentraient point chez eux; ils passaient ces heures de forte chaleur chez un barbier ou sous un portique, à causer ou à dormir. Il est probable que les procès, où il fallait prononcer dos plai-
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doiries et ouïr des témoins, continuaient pendant cotto partie de la journée. Les classes riches faisaient un repas substantiel, qui, pour les enfants, tenait apparemment lieu de dîner. On y servait probablement, comme chez les Grecs modernes, des mets chauds et du vin. Cependant faire deux bons repas par jour était un véritable luxe, et boire beaucoup de vin avant l'heure du diner paraissait tout à fait blâmable.
La grosse chaleur passée, les hommes sortaient de nouveau : ils allaient au gymnase s'exercer, ou, en spectateurs, pour regarder et causer avec leurs amis. Vers le coucher du soleil, ils retournaient.chez eux pour le dîner ('Jû>rvov). C'était le principal repas de la journée, et le seul auquol on conviât ses amis.
Quiconque ne s'adonnait ni à l'étude ni à la politique passait la soirée en famille ou avec des amis, à causer et à faire de la musique. Les hommes d'étude se couchaient de bonne heure; les hommes politiques restaient souvent debout toute la nuit, couraient de fêto. eu fête avec de bruyants amis, et. comme il n'y avait point de cercles ni de cafés ouverts, allaient de maison
en maison.
Les heures des repas furent de plus en plus reculées
au fur et à mesure que le luxe augmentait. Au temps
d'Homère, si les hommes avaient à sortir pour unq
rude journée de travail, le .?««vov était souvent avant
midi, jamais plus tard; lo soir on rentrait pour iQ
^o>7rov. A l'époque historique, le JstR-vo» ou dîner n'avait pas lieu chez les Athéniens avant quatre heures du soir. Mais le JîîTrvov ne fut jamais un souper, et il ne faut jamais traduire ce mot autrement que par dîner. Plus l'heure du ^eî^rvov fut reculée, moins le <Jdo;rov eut d'importance; c'était tout naturel.
Le costume. - Le costume d'un noble grec était
fort simple ; une chemise et un manteau. La chemise
ou vêtement de dessous s'appelait x^'wv ou imùtti; ; elle
n'avait pas de manches; elle était serrée autour de la
taille par une courroie. Avec les progrès du luxe, on
remplaça la laine par du linge. Les Ioniens portaient
un chiton traînant jusqu'aux pieds et parfois garni de
manches. Le pantalon fut toujours regardé comme
une mode étrangère. Par-dessus le chiton on jetait
le manteau (cuàriov), large châle carré (riTpàywvov) qui
laissait libres la tête et le bras droit. C'était là le
véritable vêtement : aussi n'était-il pas convenable de
l'entr'ouvrir. Bien plus, avec un chiton, mais sans hima-
tion, on était nu (-/u^vôç) ; sans chitm, c'est-à-dire sans
chemise, mais avec un himation, c'est-à-dire avec un
manteau on était habillé. La plupart des statues
d'hommes célèbres, qui nous sont parvenues, ne sont
pas autrement vêtues (1). Les vêtements étaient gêné-
ralement blancs; cependant les étoffes teintes, et
(l) Par exemple, la statue de Sophocle du mueée de Latrwi a Kome.
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surtout bariolées de rouge, bleu foncé et vert, étaient fort à la mode.
Le double chiton était un costume de travail : on l'attachait sur l'épaule avec une agrafe ou une épingle; il avait la forme des manteaux courts et épais (x>«tv«. xX«f4v,-), peut-être arrondis, empruntés à la Thessalie ou à la Macédoine (1). On portait le double chiton à l'armée et en voyage.
Les Grecs allaient ordinairement nu-tête. En cas de mauvais temps, ils mettaient un bonnet de fourrure ou de cuir (xuvïj) qui prenait exactement la tête. C'était la coiffure habituelle des esclaves. En voyage, pour se garantir du soleil, on portait le chapeau de feutre à larges bords (jréT«ffoc, mli^iov), qui ressemblait beaucoup au nôtre.
Les Grecs allaient souvent nu-pieds; cependant ils portaient aussi chez eux des pantoufles ornées (îf*€à<ye;), et dans la rue des sandales (zoôopvot), rattachées avec d'élégantes courroies. Pour la chasse et la guerre, ils avaient des brodequins (xoôoovoi) de différentes formes, montant très haut sur la jambe. Enfin, ils ne sortaient point sans une canne (/SaxT^p^a), laquelle même fut obligatoire à Athènes jusqu'à Démosthène; a Sparte, on l'avait toujours. Une bague à cachet («r^/sayt;) complétait la parure d'un Grec de la classe riche.
(I) Voir le Phocion du musée Pio OlementiDO.
PETW MANUEL d'ARCHÉOLOGIB *•
3t LES ANTIQUITÉS DE LA GRKCE.
Une épomide ou tunique; au temps de Socrate, coûtait dix draclimes (environ 9 fr. 30); un Mmation ou manteau de seize à vingt drachmes (de 15 à 18 fr.); une paire do souliers, huit drachmes.
Les classes inférieures, les laboureurs, les femmes et les esclaves ne portaient que le vêtement do dessous, mais avec des manches. Dans les campagnes on s'habillait de peaux tannées. En définitive, une foule grecque devait être assez bigarrée : un fond d'un blanc terne, relevé de taches cramoisi, vert sombre et bleu foncé.
La nourriture.— L'alimentation variait beaucoup suivant les pays et la fortune; il est donc difficile d'en donner une idée générale.
D'abord mettons à part les héros d'Homère dont la nourriture ne ressemble pas du tout à celle de Tépoque historique. Ils faisaient plusieurs repas par jour; Homère en a apparemment exagéré le nombre. Ils mangeaient de la viande rôtie ou grillée, mais jamais bouillie, et du pain ; ils buvaient du vin. Bœuf, mouton, venaison, porc, voilà les viandes le plus souvent nommées. Le poisson et le fromage sont la nourriture des pauvres gens, les héros n'en mangent qu'à défaut de viande.
Cette alimentation animale ne tarda pas à déplaire à la majorité des Grecs : l'usage n'en fut conservé que par les athlètes, et peut-être^ aussi par les habitants