CHAPITRE XXI
La Saint-François de madame Amélie Perronnet est un de ces tableaux-là : l’honnêteté des gens aimables et de la malice ; c’est le beau côté du féminin, la tendresse.
Quelques tableaux, le petit nombre, montrent l'ouvrier, oui, le forgeron dans l’atelier, à cause de l’effet pittoresque du feu de la forge. Le maréchal ferrant sous le hangar, pour la croupe luisante des chevaux... ça l’ouvrier !
Que l’ouvrier naïf! J’étais chez mon voisin le graveur ; il y entre une jolie ouvrière, mais jolie ! Elle apporte une bague et demande que l’on grave deux lettres, sa lettre « à lui», sa lettre «à elle», à elle la jolie fille. — Gomment ? demande le graveur. — Enlacées...
monsieur. Le joli tableau !
L’ouvrier est « sur ses fins » : il meurt. La mort de l’ouvrier dans la pièce unique, c'est ça qui est triste; il faut manger là tout près du mort, et quand on l’ensevelit, on fait aller la femme sur le palier. La couverture est de grosse toile; la femme ne le voit que depuis qu’il est mort ; elle la change, elle veut qu’il ne manque de rien ; elle fait de la dépense à
‘Pis TIT MANUEL D'A R T
l’église^ elle veut qu’on dise: C’était très-bien.
Et il y a toujours là quelque pauvre femme pas jeune qui écoute ce que dit la veuve : « Il était si fort, si bon ouvrier ! » Cette pauvre femme, une voisine, quel tableau !
Hum! l’ouvrier, ça ne se vendrait pas.
— Ça se vendrait ; le paysan se vend bien !
t-W\ ILfET-