‹ Petit manuel d'art, a l'usage des ignorantsChapitre 102 sur 117 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

l’ouvrier a l’atelier

U prend la bonne position, celle qui laisse toute la force; le pied porte bien d’aplomb; il s’assoit sur les hanches, et hop ! Il travaille de l’avant-bras; il tient l’outil d’une main légère, mais solidement ; un outil qui échappe à l’ouvrier, est-ce que ça se voit, ça ! Dans ses yeux il y a quelque chose qui dit : Attention là, ouvrons l’œil, ajustons, encore un coup de rabot, gare à ce nœud ! un coup de ciseau, serrons la vis, plus que ça, ça y est ! Et il se paye par de petits mots doux :

— C’est mal fait ! — On est maladroit ! —

On ne sait pas son métier ! — Non, on est bête !

Et il réprend :

— Tiens, si on me mettait tout de même à 5 fr. 5 o ! Oui, compte dessus ! on ne sait pas ! on verra.

Il y a l’atelier où la vapeur fait tout marcher; les accidents arrivent. J’ai vu ça. Un ouvrier atteint par un volant tombe, le crâne ouvert; il râle. Le médecin arrive, le prêtre, le commissaire. Le patron explique : il s’est trop approché... il avait des sabots... il a glissé...

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