CHAPITRE Vil l'art d’avoir un bon portrait
Jedisà Lagouette : — Chose difficile, lechoix du peintre. M. Gounod a choisi M. Dubufe ; M. Alexandre Dumas a choisi M. Dubufe aussi. Pour votre père, votre mère, Gaillard, le peintre exact, vous convient; Henner a un genre de talent qui le rend propre à peindre votre sœur ; Baudry, votre femme; Carolus Duran, votre maîtresse. Je vous recommande Chaplin pour les petits enfants; il leur donne des petites mines colères d’une absolue vérité.
64 TET IT MANUEL D'ART
Chaplin a écouté parler les mères : — Le mien n’est pas bon ! — Le mien est bien plus méchant! Dans l’art contemporain, la spécialité domine : Chenu réussit la neige; Moul- Jion, les blés. A l’un, le chien; à l’autre, le cheval. Descendons : j’en connais un qui s’est fait une spécialité, la brioche. Le choix fait, laissez au peintre toute liberté; il aura à décider de la pose convenable, de la couleur de la robe. S’il veut une fleur dans les cheveux, il a ses raisons pour cela et n’est pas tenu de vous les dire. N’invitez personne à venir à l’heure de la pose ; nfinsistez pas pour prendre séance chez vous : l’atelier est mieux disposé au gré du peintre. Pendant le travail, faites grâce à l’artiste de vos conseils; réservez votre opinion : le blâme est sans autorité; les louanges n’ont pas de prix. Ne faites pas au peintre cette condition de mettre le portrait au Salon, ce qui pourrait le mettre dans l’embarras ; il peut avoir pour n’en rien faire des motifs sérieux, des motifs difficiles à exposer sans toucher à la vanité du modèle. Nous devrions ne faire peindre que