SOUVENIRS DU PEINTRE BESNUS : THÉODORE
ROUSSEAU JUGÉ PAR JULES DUPRÉ. — JULES DUPRÉ JUGÉ PAR LE PEINTRE FLERS.
J’ai reçu cette lettre du peintre A. Besnus :
« C’était en i852 ou 53, à l’Isle-Adam. Je commençais à faire de la peinture sur nature, et, à cet effet, j’étais allé voir dans ce charmant pays un de mes presque compatriotes, Nicolas Moreau, d’Etampes, peintre de
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chasses, pour faire des études avec lui et sous sa conduite. Il y avait alors là un de ses amis, Georges Prieur, peintre paysagiste, un homme charmant, intelligent, instruit, beau causeur, du talent, mais malheureusement trop fortuné pour franchir le saut de loup qui sépare l’artiste de l’amateur. Tous les soirs, nous nous réunissions chez lui. La compagnie se composait ordinairement de Nicolas Moreau, de Victor Dupré, de Fiers quelquefois, et de moi, tout jeune homme. Dominant l’assemblée, la belle figure de Christ d’un grand artiste plein d’inspiration, de fougue, de sentiment et parlant aussi bien qu’il peignait, Jules Dupré, l’éminent paysagiste, un des chefs de l’école moderne, avec Théodore Rousseau, Eugène Delacroix, Diaz, etc., la pléiade de i83o !
oc Or, au milieu d’une atmosphère bleutée par la fumée, on causait art, littérature, livres nouveaux et maîtres peintres anciens. J’écoutais de mes deux oreilles ces conversations animées et colorées.
« Tout à coup le silence se faisait. Jules Dupré, monté au plus haut diapason, s’ani-