‹ Petit manuel d'art, a l'usage des ignorantsChapitre 61 sur 117 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

baissée, elle vit le bleu du ciel sur le vernis de sa bottine ; cela suffit à l’égayer.

Elle fait peu de cas de l’homme. Cette variante au grand poëme de la création est de Mlle Héloïse : Dieu dit : Que la lumière soit, et la femme fut.

Propos de femme !

Devant un lion de Barye,elle avait dit : Il n’y a qu’une bête féroce : c’est l’homme.

Pour amener Mlle Héloïse à venir au Salon , je lui avais dit :

— Ne craignez rien, vous n’aurez pas à entendre une dissertation dogmatique. Je vous fais grâce d’un parallèle savant entre Rome et Madrid, Anvers et Paris; je n’ai pas voyagé ; j’ai dû demander la science au voisin.

— Et l’amour à la voisine ?

Nous entrons.

Je savais Mlle Héloïse douée du sens critique. Elle avait pour ami un petit auteur connu par cette apostrophe à l’or vainqueur, ce vers étonnant :

Souviens-toi, souviens-toi que tu n'es que poussière!

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Elle est aussi de lui cette nouvelle qui commence ainsi : « Une personne dont le sexe n’était plus pour moi un mystère , une femme, etc. »

Ce petit auteur avait écrit un drame en vers, et quel drame ! Le premier acte se terminait par ce vers prodigieux :

Et les chefs ennemis échangèrent la mort.

Le petit auteur lut ce premier acte à Mlle Héloïse; arrivé au dernier vers, à ce vers sublime :

Et les chefs ennemis échangèrent la mort,

le poëte s’écria :

— On sent la griffe du lion !

— Oui, mon chat, dit-elle.

La femme et l’amour. — La guerre.

Ce qqe chercha d’abord au Salon Mlle Héloïse, ce fut la femme; elle voulut savoir si

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