CHAPITRE I
aurait de tels écarts d’intensité entre les parties lumineuses et les parties d’ombre, que nos couleurs chimiques seraient parfaitement impuissantes aies rendre. Eh bien, dans cetesprit, M. Manet a réussi quelques ouvrages. Sans altération il a rendu avec fermeté, avec vérité, avec justesse, des effets, — non des effets, car le propre de cette peinture est nécessairement de fuir l’effet, — mais des sujets choisis consciemment ou non, dans les limites que j’ai indiquées plus haut : des objets inanimés posés sur une table d’intérieur, des scènes prises au dedans à la lumière du nord. »
— Et le réalisme?
— Le réalisme c’est quelque chose, et votre dédain ce n’est rien. A ce sujet, je vous dirai que l’on n’a jamais pu bien exactement définir le réalisme, le naturalisme, le classicisme, le romantisme.
Devant le superbe tableau de Courbet :
la Femme nue couchée , présenté au Salon de 1872 et repoussé par le jury, le jeune Lagouette dit, daigna dire :
— Il y a quelque chose.
TE TI T MANUEL D’ART
A propos du réalisme, j’ai lu dans Y Artiste un compte rendu où se trouvent ces lignes (Salon de 1842) :
« Dans la Flagellation, par M. Henri Lehmann, un homme crache à la face du Christ une salive épaisse, visqueuse... »
M. Lehmann n’a pas été dépassé.