‹ Petit manuel de l'amateur de livresChapitre 11 sur 72 · Louis P'icriEi',, op. cit., p. '2W · texte numérisé non relu

Louis P'icriEi',, op. cit., p. '2W

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collé, mettre, par exemple une dédicace sur le faux litre d'un livre imprimé sur du papier de ce genre, il suffit de déposer à l'endroit où l'inscription doit être faite un peu de sandaraque, qu'on étend en frottant avec le doigt : la sandaraque, qui n'est qu'une variété de résine, colle l'endroit frotté, en obstrue les pores, et empêche l'encre ordinaire d'y pénétrer trop profondément et de s'y étaler trop largement.

Le papier collé prend aussi moins bien, par la même raison, l'encre d'imprimerie, mais il a plus de solidité et de résistance que le papier non collé. Il est aussi moins susceptible de se piquer et de s'altérer dans un air humide.

Le papier non collé a ses partisans : aux yeux de certains, l'impression, plus pénétrante, plus onctueuse, y a meilleur aspect, surtout quand l'ouvrage est accompagné d'illustrations. Pour essayer de contenter tout le monde, les fabricants ont adopté un moyen terme et créé le demi-collé.

Les papiers de couleur se fabriquent en ajoutant, dans la pile raffineuse, au mo-

mcnl de l'encollage, la matière tinctoriale : le jaune s'obtient avec le bichromate de potasse et le sous-acétate de plomb ; les rouges et les roses proviennent de la cochenille (qui produit la belle couleur connue sous le nom de carmin), des bois de Fernambouc, etc.

Les papiers se lissent, se glacent et se satinent à l'aide de feuilles de carton ou de feuilles métalliques (acier, zinc ou cuivre) et de presses et de cylindres appelés, selon leur forme, laminoirs ou calandres. Bien que les mots glaçage et satina ge s'emploient souvent l'un pour l'autre, ils ne sont pas, à vrai jilire, absolument synonymes. « En fabrique, le satinage consiste à faire passer sous un cylindre, entre des plaques généralement en zinc, le papier dont on veut faire disparaître le grain, et auquel on veut donner un lustré plus ou moins prononcé. On dit que le papier est g^acé. En imprimerie, au contraire, le moi salinage désigne l'opération qui consiste à faire passer entre des feuilles de carton lisse ad /toc le papier, apr^ès tirage et séchage. Ce travail a pour but de rendre le brillant au

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papier, et d'abattre le foulage produit par l'impression ^ »

Les filigranes, que nous avons vus^ se produire dans le papier au moyen d'une marque placée sur le châssis, sur la foynne avec laquelle on puise la pâte, s'obtiennent aussi à l'aide du laminoir. « On fdigrane au laminoir en posant les feuilles entre des plaques de zinc et des cartons contenant le dessin en relief, ou entre des plaques métalliques sur lesquelles les rais désirés ont été reproduits en relief par la galvanoplastie; les plaques d'acier donnent, dans ce cas, les filigranes les plus nets. On se sert de (ils de soie ou de coton dressés sur un instrument spécial pour reproduire sur le papier ces lignes droites, aux dispositions variées, qui constituent le papier quadrillé ^. »

Le papier couché est un papier, d'ordinaire très glacé, qui s'obtient en recouvrant une feuille de papier bien collé d'une couche de colle de peau et de blanc de Meudon mélan-

1. Georges Olmer, Du papier mécanique et de ses apprêts^ p. 53-54.

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