Crapelet, op. cit., p
Plus que tout autre, l'art typographique est exposé aux erreurs, est soumis à l'humaine faiblesse : Typogvaphica ars nimis est erroribus obnoxia, disait le bibliothécaire et savant philologue Angelo Racca (1 Si')-! 620), qui posait aussi en principe qu' « il est impossible d'imprimer un ouvrage sans fautes* ».
Et le Virgile in-folio, imprimé au Louvre par Pierre Didot, en 1798, qui, comme le Racine de la même provenance (1801, 7) vol. in-folio), est réputé « chef-d'œuvre de la typographie française^ », contient un j dont le point manque, s'est détaché à la pression.
' \p. Crapelet, op. cit., p. 221 l't p. 192.
Amhroise Firmin-Didot, Essai sur ta typographie,
ni. 8.')8.
Vocabulaire technique de la reliure : plats, dos, tranches (tranches ébarbées, dorées, jaspées, antiquées), tèie. queue, gouttière, chasses, mors ou charnières, tranchefll<\ rnynrii\ signet ou sinet, coiffe, gardes (papier marbré, peiner, c.o-urgot, etc.)) nerfs, entre-nerfs ou compartiments, etc. — Cou-
■ ture : grecquage; machines à coudre les livres. — Reliure pleine; peaux : basane, pastgrain, chagrin, maroquin ; mauvaise qualité des peaux d'aujourd'hui ; peau de truie; I iiir de Russie, parchemin. —Reliures en velours, en soie, ! toile, etc. Reliure à queue ou aumônière. — Toile à -istre. — Pegamoïd. — Reliure à'art; fers, petits-fers, picin~or, fers à froid. — Livre gaufré ou estampé. Dentelle.
— Reliure double. — Suprématie des relieurs français; nos plus célèbres relieurs. — Reliures uniformes. — Inconvénients des couleurs claires. — Reliures « historiques » et l'iiures d'art : reliures monastiques ; — à compartiments ;
''H mosaïque; — au pointillé; — raxjonnantes; symbo- ""s ou parlantes ; — au porc-épic ; — à la salamandre ; — > barré ; — à la toison ; — à la janséniste ; — à l'oiseau ; — ' Fanfare ; — à la cathédrale ; etc. — Demi-reliure. — Cariiiiage; emboîtage. — Cartonnage bradel. — Reliure anglaise. — Encore la couture : couture de la brochure ; couture de la reliure; supériorité de la couture à la ma- 'tiine. — La reliure d'aujourd'hui et celle d'autrefois. — iilure sur nerfs ou sur rubans. — Couture métallique, llcliure arraphique. — Colles diverses. — Conseils pratiques : ne pas faire relier les livres récemment imprimés ; "^ choisir l'époque propice pour l'envoi d'un train ; — laisser au relieur un laps de temps raisonnable ; — pas de recueils factices; — gare au rognage ! — respecter les marges: • fausses marges, témoins, larrons ; — conserver les couvertures imprimées. — Titres à pousser; pièces ; — modèles à donner au relieur;— collationne?: vos volumes; défets.—
— Tarifs de reliures. — Du choix d'un relieur.
134 l'ETIT MANUEL DE L'AMATEUR DE LIVRES.
Examinons d'abord et définissons les termes que nous aurons à employer dans ce chapitre, les termes les plus usuels du vocabulaire technique de la reliure.
On nomme plais les deux surfaces planes du carton servant de couverture à un livre. Le plat de dessus porte les noms de plat supérieur ^plal recto ou premier plat; le plat de dessous, ceux de plat inférieur^ plat verso, revers ou deuxième plat. Chaque plat ayant deux faces, l'une en dehors du livre, l'autre en dedans, la première de ces faces est le ' plat extérneur, la seconde le plat intérieur.
Jadis, au lieu d'être en carton, les plats étaient en bois plus ou moins épais, recou- 1 vert de peau ou d'étoffe, avec plaques et clous | d'or, d'argent ou de cuivre, pierres précieuses, etc. Le bois avait l'inconvénient, non seulement d'accroître de beaucoup le poids du : volume, mais encore de servir de réceptacle ' aux vers, en sorte que « le livre portait dans sa couverture môme les germes de sa destruction* ».
1. Charles Rlanc, Grammaire des arts décoratifs, la Reliure, p. 432.
1 A RELIUHE. 135
i\(' dos est la paiiie arrondie du livre où se ruiive la couture et où s'inscrivent aujourl'hui le nom de l'auteur et le titre de l'ouragc, inscriptions qu'on mettait à l'origine ur le plat supérieur. La reliure est dite à los plein quand les cahiers qui composent le ivre sont collés directement ou indirectenent sur l'intérieur de ce dos, de manière à ormer corps avec lui. Quand le dos des •ailiers n'adhère pas à la peau du dos de la :ouvcrture et s'en sépare lorsqu'on ouvre le ■olume, en sorte qu'un vide se forme entre )es deux dos, la reliure est dite à dos brisé,
« tM'tains bibliographes prétendent que ce leniier mode de reliure, qui est aujourd'hui e plus fréquent, — on ne relie guère maintenant à dos plein — permet au volume de s'ouvrir plus facilement et de ne pas se reormcr de lui-môme ^ « C'est une erreur, » vpliqucnt très nettement et avec raison MM. Lenormand et Maigne, ainsi que le doc-
l. « Ce genre de reliure... permet au livre de se tenir 'uvert sur une table ou sur un pupitre, parce qu'on a supprimé la résistance qu'oppose le dos de la couverture luand il adhère aux cahiers. >> (Edouard Rouveyiœ, Connaissances nécessaires à un bibliophile^ t. IV, p. 66.)
teur Graesel* : on fabrique des reliures à dof plein qui s'ouvrent tout aussi bien — ou tou aussi mal — que les reliures à dos brisé.
C'est : 1 ' le peu d'épaisseur de la peau ci garniture du dos ; 2" la largeur du format o" la minceur du papier ; ¥ et enfin la cou ture faite sur nerfs ou rubans et non à h grecque (nous verrons dans un moment ci que signifient ces locutions), qui, seuls, peu vent faciliter l'ouverture d'un livre et lui pei mettre de demeurer de lui-môme et à toui pages complètement ouvert.
On appellejrcmc/ies « les trois surfaces d livre par où il a été rogné- ». La tranch horizontale supérieure porte le nom de tète la tranche horizontale inférieure, celui d queue ; la tranche verticale (qui affecte toù jours la forme concave, tandis que le d% auquel elle est opposée, est convexe), cek
1. Lenormand et Maigne, Manuel du relieur (Manuç Rorel), p. 64. — « ... Ouvrir coinplèteiiient le volume, ' à plat, ce qui ne peut se laire avec les livres reli» {(inAESEL^ Ma)iuel de Bibliothéconomie, trad. Jules Lai p. 373.) Gest en grande partie pour ce motif, afin le livre puisse mieux souvrir, que nous conseillons, les volumes inférieurs à l'in-H, le cartonnage bradel.