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VI PAUL PARFAIT

Paul Parfait était évidemment né pour le Ihéâlre. Il avait non seulement l'esprit de mots du journaliste, mais aussi la gaieté vraie, le sens du comique, le trait qui passe la rampe et va droit au public.

Lorsqu'il donna, en 1868, aux Bouffes-Parisiens, en collaboration avec M. Edouard Lockroy, ce vaudeville spirituel et d'une belle humeur si française, le Zouave est en bas ! nous applaudîmes tous à cette verve franche et si charmante. Les deux collaborateurs s'étaient connus, je pense, avant l'expédition de Dumas en Italie; mais c'était là, en Sicile ou à Naples, qu'ils s'étaient liés profondément, définitivement. Edouard Lockroy a publié sur cette épopée de la campagne de Sicile un livre tout enflammé de l'enthousiasme des vingt ans et d'une langue alerte et ferme, d'une alacrité pittoresque, d'un esprit original et pénétrant. C'est dans ce volume, plein d'une ardeur entraînante, qu'il faut aller chercher le rayon de soleil de notre jeunesse. Nous avons tous goûté à ce vin du Vésuve. Oii sont les ivresses d'antan?

Paul Parfait, l'expédition finie, revint à

PAUL PARFAIT YII

Paris, tandis que Lockroy reportait pour un autre voyage , celui-là tout scientifique : il accompagnait M. Ernest Reuau dans sa misson de Phénicie. Le maître-livre de Renan est illustré de savants dessins de Lockroy. Le député en lui — chose trop rare pour ne pas la signaler — est doublé non seulement d'un écrivain d'un rare talent, mais encore d'un artiste remarquable.

Paul Parfait, lui, de retour à Paris, débutait dans le journalisme, faisait allègrement la petite guerre de la chronique dans la Vie à la Campagne de ce gentleman f armer lettré, notre ami M. Georges de Cherville, le tin conteur que Noël Parfait avait connu chez Dumas, à Bruxelles; puis dans le Journal amusant^ dans le Charivari , dans les journaux militants oii l'on brûle parfois le meilleur de sa poudre. Esprit curieux des choses vraies et vues, Paul Parfait donnait au Siècle, au Figaro, à la Petite Presse de nombreux et amusants articles sur les industries parisiennes, observées de près; puis, en i868, à la fondation du Gaulois, à l'Univers illustré, à VÉpoque, au Paris-Journal, un peu partout, il semait, avec une prodi-

VIII TAUL PARFAIT

galité d'improvisateur, les articles de genre ou d'observation.

Le polémiste devait apparaître plus tard, au Voltaire et à la République française^ oh il se divertissait à railler non point la foi, mais la fausse dévotion, la bigoterie. Ses livres à grands succès, publiés par G. Decaux, lArsenal de la dévotion y la Foire aux reliques, le Dos^ sier des pèlerinages ont paru là, en partie, pour la première fois. Des hommes d'Etat se sont servis plus tard, pour se faire applaudir, des railleries sans fiel de Paul Parfait : ils les ont rendues acerbes. Ces trois volumes représentent d'ailleurs un long et minutieux travail de recherches; Paul Parfait poussait le scrupule jusqu^à ne vouloir parler jamais d'une chose sans avoir entre ses mains les preuves mêmes de ce qu'il affirmait. Il a assemblé des monceaux de notes pour arriver à grouper tous ces menus faits. Point de méchanceté, d'ailleurs, encore une fois, dans sa raillerie. Point de lourdeur non plus. Ce n'est pas la plaisanterie grosse et grasse d'un Ilomais, ce chantre de la libre pensée, ni l'exploitation argent comptant d'une haine ou d'un scandale,

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