MUDARRA TUE BUY VELASQUEZ
[Primavera y Flor de romances, t. I, p. 70.)
A la chasse va don Rodrigo, don Rodrigo^ de ^ Lara. Par la grande chaleur qu'il fait, il
(I) Je crois devoir faire suivre l'intéreesant épisode que termine ce romance de quelques lignes de mon livre les Vieux Avteurs castillans :
« Cette histoire des sept infants de Lara me semble un des
s'appuie contre un hêtre, maudissant Mudarillo, le fils de rinfidèle : s il le tenait en ses mains, il lui arracherait Tâme. I^ seigneur en était là, quand Mudarillo se présenta. — Dieu te garde, chevalier qui es sous ce hêtre vert. — Ainsi te £asse-t-il écuyer, sois le bien venu, — Me diras-tu, toi le chevalier, qui tu es? — On m*appelle don Rodrigo, don Rodrigo de Lara, beau-frère de Gonzalo Gustios et frère de dona Sancha. J'eus pour neveux les sept infants de Salas. J'attends ici Mudarillo, le fils de rinfidèle : s'il était devant racÀ, je lui arracherais rame. — Si Ton t'appelle don Rodrigo, don Rodrigo de Lara, on me nomme Mudarra Gonzalez; je suis le hls de l'infidèle, le fils de Gonzalo
plus beaux épisodes que puissent offrir les romanceros. Il est empreint d'une énergie sauvage, d'une raderse antique; ces caractères d'ancienneté se remarquent même dans plusieurs des romances qui furent écrits au quinzième siècle sur ce tragique sujet, et qui sans doute ne sont que la transformation de chants appartenant à des dates beaucoup plus lointaines... Là point de vestiges d'imitation comme dans l'épisode de Bernard del Carpio, point de traces d'influence française. C'est du moyen âge castillan dans toute sa crudité. Une scène vraiment émouvante est la présentation à don Gustios des tètes de ses fils
Quelle différence entre ce magnifique morceau et d'autres romances plus modernes aar la même situation ? Dans ceux-ci, ce sont des phrases prétentieuses, des hyperboles outrées, d'intempestives réminiscences dassiques. Ici ce sont des vers d'une simplicité extrême. N'y a-t-il pas quelque chose d'homérique dansas mots que prononce don Gustios lorsque, tenant chaque tète, il rappelle les qualités les plus saillantes de celui qui la porta?.... Le romance dans lequel est racontée la rencontre de Rodrigo et de Mudarra appartient aussi à la vieille poésie populaire. Il a paru assez beau à M. V. Hugo pour qu'il l'imitât dans ses Orientales. » {Les Vieux Auteurs castillans^ t. II, p. 285-286.)
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Gustios, le beau-ffls de dofia Sancha. Je les eus pour frères les sept infants de Salas. Tu les as vendus, traître, au val d'Arabiana ; mais si Dieu m'est en aide, ici tu laisseras la vie. — Attends, don Gonzalo, j'irai prendre mes armes. — L'attente que tu accordas aux infants de Lara! Ici tu mourras, traître, ennemi de dona Sancha.