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LE CID

e Cid est aussi populaire au delà des Pyrénées que Roland Va été pf-'deçà, mais on a sur le premier plus de renseignements historiques que sur le second.

Certains historiens pourtant sont allés jusquà nier V existence du héros ; c'était pousser V incrédulité trop loin, et d^asse:^ récentes découvertes permettent de raconter ce qui/ut la vie réelle d*un personnage d'ailleurs singulièrement idéalisé dans les chants populaires.

Rodrigo, appelé souvent Ruy ou Roy Dia^ (Rodrigo fils de Diego), et surnommé le Cid (le seigneur) et le Campeador {le champion ou peut-être celui qui court la campagne, du verbe campear) naquit vers la moitié du xi* siècle, à Burgos ou à Bivar, Son père s'appelait Diego Laines[ et descendait d'un des deux anciens juges qui gouvernèrent la Castille au temps de Froila, Ruy Dia^ fit ses premiers exploits en Navarre. Il prit ensuite part aux guerres que don Sancho, roi de Castille y fit à son frère don Alfonso roi de Léon, Sancho ayant été assassiné devant Zamora, où il assiégeait sa sœur dona Urraca, Rodrigo exigea, dit-on, de don Alfonso le serment qu il n' avait point participé à la mort de don Sancho, auquel il succédait. Peu

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après, leCid épousa Ximena, fille de Diego comte dOrviedOy et ne tarda pas à tomber dans la dis-' grâce du roi. Banni, il trouva un asile à Saragosse cheT[ Youssouf-al-Montamin^ et combattit dans de nombreuses circonstances pour son protecteur ^ tout arabe que fût ce dernier, A Ifonso rappela Ruy Dia^, mais, frappé bientôt par une nouvelle disgrâce, le Cid retourna d Saragosse, Comme nous l'avons dit ailleurs : « D'autres expéditions, d'autres victoires consolèrent le proscrit; guerroyant tantôt pour les uns, tantôt pour les autres, n'oubliant jamais ses intérêts, combattant pour gagner du butin, pour gagner son pain, comme dit le vieux poème, tombant sur les chrétiens sans plus de scrupules que sur les Mores, pillant les mosquées et même les églises, le Cid retrouva plus de puissance que don Alfonso ne lui en avait enlevé, n Un nouveau raccommodement se fit entre Ruy Dia^ et le roi, mais il fut de peu de durée, et le puissant vassal se retira dans le château dePenacastel, aux environs de Valence, dont il finit par s'emparer, après la mort d'Al-Kadir, roi de cette ville et Vun de ses anciens alliés. Le Cid mourut en 1099, ^^^^ ^^ qu'on pourrait appeler sa capitale de Valence, Il laissa un fils, qui périt dans un combat contre les Mores, et deux filles, Maria qui épousa Raymond, comte de Barcelone, et Cristina mariée à don Ramiro, infant de Navarre,

Voilà, en aussi peu de mots que possible, la vie véritable de Ruy Dia^, Ce sont souvent des documents d'origine arabe qui en ontfourni les éléments; aussi il se peut que le Cid n'y soit pas toujours représenté sous des couleurs asse^ favorables. Ce qui

£St certain, c'est que le personnage de t histoire n'est pas le beau paladin que Cerneille nous a fait ndmhrer et aimer. Ce Cid tui-méme ne ressemble pas toujours à cekii (^s anciennes chansons de geste et des romances. Là il' n'est pas question de r amour du fils de T&ffensé peur ta fille de roffènseur. C*est à Gtnllen de Castro que revient Vhonneur d'^avoir mis Corneille sur fa voie de ce grand combat de deux sentiments si opposés. Mais Guillen n'avait faii qu'entrevoir cette lutte si pathétique. La mort du comte- de Gormas, du comte Lo^anOy comme rappellent les romances, 7ie figure pas dans Vkistoire vraie du Cid, et sa Ximenaétaity comme on Pa vu, la fille du comte d'Orviedo, L'imagination des trouvères espxxgnols et celle du peuple ont ainsi créé à côté de lo' réalité toute une histoire qui tour à tour s'en inspire, s'en ■écarte^ et qui quelquefois^ tout en s' éloignant de la vérité y a inventé des épisodes d'une asse^ grande vraisemblance pâur avoir embarrassé la critique. En 1147, c*est'à-dire une cinquantaine d'années ^près sa mort, le Cid était le héros de chants latins. Au siècle suivant il devint le sujet de deux ckan" sons de geste^ incomplètes malheureusement. De ces chansons, des traditions orales et aussi et plus tard des chroniques, le Cid passa aux romances. Il en existe sur lui un très-grand nombre, mais ceux qui offrent des caractères d'ancienneté sont en quantité relativement restreinte. Cest parmi ces derniers chants surtout que nous ferons un choix (i).

(i)On peut consufter sur la vie du Cid -. Rechercha ^ur l'histoire politique et littéraire de l'Espagne^ par Dozy. Leyde,

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