ROMANCE CATALAN
[Gansons de la terra^ t. IV, p. i6i.)
'E roi de France est parti un lundi au matin; il est parti pour prendre l'Espagne, et les Espagnols Tont pris. Ils Tont mis dans une prison très-obscure, où Ton ne sait quand il fait jour et quand il fait nuit, sinon par une fenêtre qui donne sur le chemin de Paris. Il met la tête à la fenêtre, il voit venir un voyageur : — Voyageur, bon voyageur, en France que dit-on de moi? — A Paris et en France, on dit : Notre roi est mort ou pris (2).
(i) Ce romance, qui a été publié pour la première fois en catalan par M. Miîâ y Fontanals [Observaciones sobre la poesia popular, p. 142}, semble d'origine française. M. de la Villemarqué a bien voulu m'en communiquer une version recueillie par lui dans la partie de la Bretagne où l'on parle gallo. M. Leroux de Lincy en a donné une autre rédaction dans ses Chants historiques français (t. II, p. 192.)
Dans le département du Nord M. Favier en a découvert deux variantes, dans l'une desquelles il s'agit d'un roi Louis, au lieu de François I«% et où Maestrick a remplacé Madrid. Je les ai données toutes deux à la suite d'une rédaction en patois béarnais dans les chants populaires de la vallée d'Ossau {Romania, 1874» p* 92).
(2) Nostre rey ez mort o pris.
Dans tout le romance comme dans toutes les versions fran çaises l'assonance est en i et c'est pour conserver cette asso*
SUR L* HISTOIRE d'eSPAGNE. 78
—Voyageur, retourne en France; tu y porteras de mes nouvelles, tu diras à mon épouse qu'elle vienne me tirer d'ici ; s'il n'y a pas d'argent en France, que Ton aille à Saint-Denis, qu'on vende la courte-pointe d'or (i), qu'on vende la fleur de lis, et s'il n'y a point assez d'argent en bourse, que l'on aille à Saint- Patrice .
nance d'origine étrangère que le poëte a dit pris au lieu de près, qui est la forme catalane.
Son rey qu'ey mourt ou pris,
dit le chant béarnais.
(i) Que venguin la contxa d'or
Telle est la leçon donnée dans les Cansom de la terra. Milâ y Fontanals dit coucha, et croit que ce mot signite la courte-pointe du lit royal. Il n'est question de la concha de Saint-Denis et de Saint-Patrice que dans le texte catalan.