‹ Petit romanceroChapitre 34 sur 55 · VIRGILE · texte numérisé non relu

VIRGILE

{Primavera y Flor de romances^ t. II, p. 1 1.)

E roi ordonna de saisir Virgik et de le mettre en lieu sûr pour une déloyauté qu'il avait faite dans le palais; parce qu'il avait outragé une damoiselle nommée Isabel, le roi le tint sept ans prisonnier sans penser à lui ; mais un dimanche^ comme il était à la messe, il se le rappela. — Mes chevaliers, Virgile, qu'a-t-on fait de lui? — Alors parla un chevalier qui voulait du bien à Virgile : — Ton Altesse le tient captif, tu le gardes dans tes prisons. — Allons manger, chevaliers ; chevaliers, allons

(i) Ce romance, dont les derniers vers ont beaacoap de grâce, est ancien. Il ajoute un nouvel épisode au roman si bizarre qu'au moyen âge on fit sur Virgile et qui a fourni au savant Comparetti le sujet de son beau livre : Virgilio nel medio evo. Dans cet ouvrage d'un très-grand intérêt, Comparetti a étudié à fond toutes les légendes d'origine populaire ou érudite dont on a fait Virgile le héros. Le lecteur, désireux de plus de détails sur cette vaste étude, pourra recourir à la Revue des questions historiques, où nous en avons donné une analyse, livraison d'avril iSyB, p. 624. Comparetti, dans son tome II, p. i58, parle de notre romance et en donne une traduction en italien. Il croit qu'il faut traduire ce vers :

* E un domingo estando in misa

par un un dimanche étant à table; mesa au lieu de misa. Il nous semble que le premier sens est le meilleur; il est justifié par ce fait que c'était un dimanche et que le roi s'écne ensuite : Allons manger.

manger ; quand nous aurons dîné, nous irons voir Virgile. — Que faites- vous ici, Virgile ? Ici, Virgile, que faites- vous? — Seigneur, je peigne mes cheveux et ma barbe aussi, c'est ici qu'elle est née, c'est ici qu'elle doit blanchir, car il y a aujourd'hui sept ans que vous m'avez fait arrêter. — Tais- toi, Virgile, tais-toi, il manque trois ans pour qu'il y en ait dix. — Seigneur, si Ton Altesse le veut, je resterai ici toute ma vie. — Virgile, pour ta patience, tu viendras dîner avec moi. — J'ai des vêtements déchirés, je ne suis pas en état de paraître. — Je t'en donnerai, Virgile, je commanderai qu'on- t'en donne. — Cela fit plaisir aux chevaliers et aux damoiselles aussi. Mais cela plut surtout à une damoiselle appelée Isabel. Aussitôt on apelle un archevêque et on la marie à Virgile. Il la prit par la main et il la mena dans un jardin.

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