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LA RECONNAISSANCE

(Prîmaveray Flor de romances^ t. II, p. 88.)

HEVALiER des pays lointains, approchezvous, plantez votre lance en terre, attachez votre cheval : j'ai à vous demander si vous connaissez mon mari. —

Votre mari, Madame, dites, comment est-il?

— Mon mari est jeune et blanc ; c'est un

(i) Ce romance paraît rimitation d'un autre plus ancien qui est lui-même imité d'un des chants relatifs à Gaïferos que nous avons donné. La poésie populaire de tous les pays a souvent traité un sujet identique. Plusieurs chants grecs roulent sur le retour d'un époux; trois d'entre eux ont été traduits par Mar- ' ^Wms {Chants populaires de laGrèce^ p. i55, 162, i63). En Portugal, le romance A bella infanta {Cantos populares de Archipelago^ rom. 14 et i5), en Allemagne la ballade Liébes probe [Deutsche Balladenbuckj p. 14), ont la même donnée- Impossible de citer tous les recueils qui offrent une situation de ce genre. J'indiquerai cependant Observaciones sobre la poesia popular de Milâ y Foutanals, p. 119, le Bandas Brei\ de la Villemarqué, t. 1, p. 242, le Gwer\iou f^ek p. 197, les Gansons de la terra de Pelay Briz, t. I, p. 173, les Chansons des provinces de France^ p. igS, les Chants pop. des provinces de VOuest^ t. II, p. 21 5, les Canti Monferrini, n» 37, les Etudes sur la poésie pop. en Normandie^ p. 76, les Chants du Pays messin^ p. 8 et suiv., les Volkslieder ans Venetien^ p. 59, n« 81, le Romancero de Champagne^ t. II, p. 2 et 221. Il faudrait probablement remonter à l'Odyssée et à la reconnaissance d'Ulysse et de Pénélope pour découvrir l'origine d'une situation tant de fois exploitée. On pourra voir à ce sujet les Vieux Auteurs castitUnSy t. II, p. 389 et suiv.

courtois gentilhomme. Il aime beaucoup à jouer aux tables et aux échecs. Sur le pommeau de son épée, il porte des armes de marquis, sa robe est de brocart doublé de cramoisi. Au fer de sa lance il porte un pennon portugais qu'il gagna dans une joute à un vaillant Français. — A ces signes, Madame, votre mari est mort : il a été tué à Valence dans la maison d'un Génois ; un Milanais Ta tué sur le jeu des tables. Beaucoup de dames Tout pleuré et de chevaliers ; mais surtout Ta pleuré la fille du Génois. On disait généralement que c'était sa maîtresse. Si vous voulez chercher d'autres amours, ne me laissez pas pour un autre. — Ne me le demandez pas, seigneur, ne me le demandez pas; avant que cela arrive, vous me verrez religieuse. — Ne vous faites pas religieuse, Madame, car vous ne le pouvez pas : votre mari bien-aimé est devant vous.

CHEVALERESQUES DÉTACHÉS. lij

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