‹ Petit romanceroChapitre 36 sur 55 · SEVILLA · texte numérisé non relu

SEVILLA

[Primavera y Fîor de romances^ 1. 1, p. 35.)

EViLLA est sur une tour, la plus haute de Tolède. Elle est belle à merveille, parce que l'amour pour elle est aveugle. Elle s'est placée entre les créneaux pour voir les rives du Tage, et comme la plaine couverte d'arbres est remplie de fleurs. Par un large chemin elle vit venir un chevalier armé de toutes pièces et monté sur un cheval aubère. Il conduisait sept Mores prisonniers et enchaînés. A sa poursuite s'avance un chien de More, couvert de lourdes armes, sur un cheval léger. La contenance qu'il a est celle d'un bon guerrier. Invoquant Mahomet et plein de fureur, il jetait de grands cris : — Attends, chien de chrétien, de ces captife que tu conduis, mon père est le premier, les autres sont mes frères et des amis que j'aime bien. Si tu demandes une rançon, jeté donnerai un denier ; et si tu ne le veux pas, tu seras mort ou prisonnier. — En l'entendant Peranzueles retourna lestement son cheval, il mit la lance en arrêt et se précipita

(i] Ce romance pourrait se rattacher par le nom de Sevilla aa cycle carlovingien. Galienne ou Halia, après avoir épousé Cbarlemagnef prit le nom de Sevilla. (V. Gran conquista de Ultramar^ cap. X, Vieux Auteurs castillans^ t. I, p. 43 1). Il pourrait se rattacher aussi au règne d'Alfonso VI, par le nom de Peranzueles. 11 peut y avoir là un exemple du mélange des traditions espagnoles et françaises.

sur le More avec autant de fureur et de rapidité que la foudre. A la première rencontre il l'a jeté sur le sol ; il descend de cheval, lui met le pied sur le cou et lui coupe la tête. Après qu'il eut fait cela, U se remit en route et entra dans Tolède.

CHir^LERESQUES DÉTACHÉS. I2Q

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