ROMANCE DU ROI MORE
[Primavera y Flor de romances^ t. II, p. 3o.)
OhI Valence I Valence! ohl Valence valencienne ! Un temps tu fus aux Mores, mainte* nant tu es chrétienne. Il ne se passera pas beaucoup de jours et tu seras revenue aux Mores. Je couperai la barbe au roi des chrétiens, je prendrai la reine sa femme pour esclave. De sa elle je ferai ma maîtresse. Le roi du ciel voulut que le roi des chrétiens entendît. Il va au palais de rinfaute qui se reposait dans son lit : — Fille de mon cœur, oh! fille de mes entrailles, lève-toi, tout de suite, prends ta robe de Pâques et va-t'en jusqu'au roi more [et occupe-le par tes paroles.
— Me diras-tu, jeuife fille, pourquoi tu es si abandonnée? — Mon père est à la guerre et ma mère est toute seule, et Ton a tué mon frère aussi dans la campagne. — Me diras»tu, bonne fille, quel est le bruit que j'entends? — Ce sont les pages de mon père qui donnent de l'orge au cheval, — Me diras-tu,bonne fille, ce que c'est que toutes ces armes? — Ce sont les pages de mon père qui reviennent de la campagne. — Une heure ne se passe pas qu'ils enchaînaient le roi more. — Me diras-tu bonne fille, quelle peine m'est réservée? — La peine que tu mérites, tu mérites d'être brûlé vif et ta cendre sera jetée au vent.
CHEVALERESQUES DÉTACHÉS. l63