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LA CAPTIVE

ROMANCE CATALAN iCans(m$ </« la terra^ t. V, p. 95.)

L y avait une belle infante à TomlM-e d'un chêne. Les Mores la font prisonnière, un jour de bon matin. Ils vont en faire présent à la reine de la Morerie. — Tenez, madame la reine, voici une captive. — Remmène-la, bon More, dans r endroit où tu Tas prise, car si le roi la voyait, il deviendrait amoureux d'elle. — Alors répondit une servante des douze que la reine avait. — Laissez, madame la reine, laissez faire, nous l'enverrons laver les linges sur le bord de la mer; avec le soleil et le serein elle perdra bientôt ses couleurs. Avec le soleil et le serein ses couleurs devenaient encore plus belles. Pendant qu'elle lavait les linges, elle soupirait à faire peine. Elle tourna les yeux vers la terre pour voir si le soleil se couchait. Elle vit venir un cavalier qui montait un cheval tout blanc. — Dieu vous garde, belle Moresque, Dieu vous garde, madame, voulez- vous m'accompagner? — Cela me plairait beaucoup. — Comment voulez-vous monter, en croupe ou sur la selle? — En croupe je veux monter, cela convient plus à une dame. — Ils marchèrent pendant sept jours et ne se disaient rien. Tout en s*en allant ainsi, ils aperçoivent le champ

d'oliviers. Quand la belle infante le vit, du fond du cœur elle soupira. — Ah ! si je pouvais retourner au lieu d'où je suis partie! — Dis-moi, belle Moresque, comment connais-tu le champ d'oliviers? — Je ne suis pas Moresque, non, je suis rinfante Polida. — Si ce que tu me dis est vrai, tu es ma propre sœur.

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