‹ Petit romanceroChapitre 53 sur 55 · LA BONNE VEUVE · texte numérisé non relu

LA BONNE VEUVE

ROMANCE CATALAN {Gansons de la terra^ t. III, p. iSp.)

IL y a une dame, une dame de Galice. Son mari est dehors, en pèlerinage. II a dit qu'il serait absent un an et un jour. La dame accouche avec grande joie. Son mari arrive pendant qu'elle est en couches ; en montant l'escalier il tombe mort. — Mère, ma mère, j'entends grand bruit dans l'escalier. — Ce sont les servantes qui chantent et rient. Il y a un grand de la ville qui est mort, on lui fait un enterrement avec de la musique. — Mère, ma mère, quand irai-je à la messe ? — Ma fille les paysannes sont quinze jours avant d'y aller pour leurs relevailles, les femmes d'artisans sont quarante jours. Toi, comme princesse, un an et un jour. — Mère, ma mère, quel habit mettrai-je? L'habit de soie, ou celui d'argent fin? — Si tu mets le noir, il te siéra mieux. — Au sortir de la maison, elle entend les gens qui disent : A présent voilà la dame, à présent voilà la veuve. — Mère, ma mère, écoutez ce que ces gens disent. — Ce sont des enfants ; ils ne savent ce qu'ils répètent. — Ce qu'ils entendent dire aux grands, les petits aussi le disent. Les cloches sonnent, pour qui sonnent- elles? — Elles sonnent pour un grand de la ville. — Le fossoyeur creuse; pour qui

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creuse-t-il? — Fille, ma fille, il faut que je te le dise: ton mari est mort en pèlerinage. — Mère, ma mère, voilà ma fille^ car )t m'en vais au ciel avec celui quêtant j 'aimais.

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